‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 4)Chapitre 21 sur 251 · Voir Dictiunii., l · texte numérisé non relu

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DALMATIE

observe encore les soubassements de la chaire Cpiscnpale et des sièges destinés au clergé, subselliri '.

« Sous la nef transversale comprise entre le srpliim d'une part et le mur terminal et l'abside de l'autre, et dont le milieu au moins formait le prcsbi/tcrium, se trouvait la confessio (A B). C'est là qu'étaient ensevelis la plupart des martyrs de Salone, les évoques Venance et Domnio. le prêtre Asterius, le diacre Septimius et ses compagnons, Victoricus et Hermogenes, les soldats Gaianus, Antiochianus, Paulinianus et Telius, peut-être Félix, plusieurs évoques des iv et v siècles, Primus, Gaianus, Sympherius, Hesychius, probablement Honorius 1'"', le chorévêque Eugraphe, et peut-être d'autres. Honorius y déposa aussi la memoria snncti Pétri dont il a été question précédemment.

« Sur la nef latérale sud s'ouvraient deux portes (-' 7:^) qui devaient être, à en juger par les restes des murs retrouvés en cet endroit (FF' P-). protégés par un petit porche recouvert de tuiles. Du même côté, à la hauteur du narthex intérieur, une vasque (J) recueillait l'eau du toit delà basilique; un vestibule (K) prolongeait encore au midi le narthex, avec lequel 11 communiquait par une porte, tandis qu'une autre donnait sur le bassin; on pourrait se demander s'il n'y avait pas là un petit baptistère; mais c'est peu probable, vu les dimensions trop réduites de ces annexes.

« Comment déterminer l'époque à laquelle remonte cet important édifice ? Le terminus ante non quem extrême pour sa construction est l'année 431 ; c'est la date que porte l'inscription du sarcophage de Vadvocatus Vietoricus, sarcophage que coupe le bord de la schola Cdntorum, et qui fut par conséquent placé en ce lieu avant la construction de la basilique. Mais les malheurs de la moitié du v siècle et l'abandon au moins partiel du cimetière de Manastirine, qui en fut l'effet, obligent à retarder cette érection jusqu'au début du siècle suivant. L'architecture diffère peu de celle de la basilique urbaine, qui est, elle, du v siècle: il y a cependant quelques différences, et une des particularités remarquables propres à l'église de Manastirine est l'emploi de contreforts autour de l'abside; on en retrouve quelques-uns le long du mur méridional entre les deux portes latérales; ceci est l'indice d'une basse époque. En outre, on a découvert dans l'abside différents fragments architectoniques, tels que croix sculptées, qui ne doivent pas être antérieurs au vi" siè-

peut-être l'oeuvre de la reconquête s'achevait-elle seulement alors, et la prière adressée à Dieu demandct-elle d'abord un triomphe définitif pour les armes romaines, et ensuite le maintien d'une [laix heureuse et glorieuse pour l'empire. La destruction du royaume goth fut un fait accompli, définitif en .5.55. L'inscription serait donc d'une date toute voisine de cette année-là; en tout cas elle ne doit pas être beaucoup plus ancienne que 550. Ainsi la restauration de la basilique de Manastirine eut lieu vers le milieu du vi' siècle et il convient sans doute d'en attribuer l'érection au premier quart.

« Quelques inscriptions funéraires retrouvées dans le dallage du narthex confirment indirectement que la basilique date du vF siècle. Elles montrent en même temps que les ensevelissements ont repris alors à Manastirine, et d'autres, beaucoup plus nombreuses, venues à la lumière hors de la basilique, achèvent de prouver que l'usage du cimetière redevint alors très fréquent.

« Les inscriptions relevées dans le narthex de l'église sont au nombre de trois, l'une est grecque et une autre bilingue, fait où l'on pourrait voir un signe des progrès de l'influence orientale en Dalmatie à cette époque. Mais toutes celles qui proviennent du cimetière luimême sont rédigées en latin. L'épitaphe bilingue (-) est celle d'un personnage de haut rang. Theodorakis. fils du comte Euphrasios '. L'année n'est pas indiquée.

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mais il y a la mention du mois et la date par l'indiction ; en outre la première et la cinquième ligne, début du grec et début du latin, sont précédées d'une croix, cette façon de dater et cette particularité paléographique sont à Salone une marque du vii? siècle. L'inscription grecque (t') également datée par l'indiction est celle d'une femme nommée Photiné. Le texte latin est une inscription métrique mutilée où l'on n'a pu lire aucun nom propre *, et il serait, à vrai dire, dlfTicile de le dater par lui-même; c'est plutôt le lieu de sa découverte qui permet d'en déterminer l'âge ' : •

[in lueem li"]SJQVfi.N\\te fiidit cc/.sr; PJOLVNTAS

[annos et vir]\DES POSTQVAM DOCTRINA REPLE

\heu lacrimal]ys ABIS TVNG GAVDIA LARGA PARENTVM

[spes lael(is]MESJO TECVM SVB PVLVERE CONDIS

[omnipoten^iiue] DEVS QVI TE FORIVIAVIT ET AVFERT

[clemens iueipi\fi,j SERVETQVE AD GAVDIA MEMBRVM

cle. Il paraît donc hors de doute que la basilique date seulement de cet âge.

« Il est même possible de préciser un peu davantage. Lors de la restauration qui ajouta à la basilique son narthex, on grava sur l'architrave de la porte principale de ce dernier l'inscription suivante mesurant "2 ""26 de longueur sur O^sg de hauteur et 0"»72 d'épaisseur ' :

fn

EVS « NOSTER il El Ja PVBLIGAE il

PROPITIVS ES I/o,

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fVI A N A E

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« Il paraît évident qu'au moment où elle fut gravée, la Dalmatie était redevenue province impériale; mais

■ Cil», iin/i. di sior. daim., 1002, l. xxv, pi. x; 1903, t. XXVI, p. 65.; Biilic, Guidn di Spalatn e Salnna, p. 2.58; Il cimitern aniico cristiano di Manisinac, dans Ephemeris Saloniiana, l.Si)t, p. 11. fis. 1-7. — ' Corp. inscr. lut., t. m, n. 9626; J. Zeiller, op. cil., p. 1.57. — ' (.or;), insir. lui., t. m,

XIX. Marusin.\c. — Deux saints martyrs avaient captivé la dévotion de leurs concitoyens : Domnio et Anastase. Le premier était évêque de Salone, l'autre simple artisan venu d'Aquilée. Cependant ce pauvre foulon venu à Salone chercher le martyre l'y trouva et la gloire avec lui. On lui composa une passion qui racontait fort en détail son voyage, son supplice et la pieuse audace d'une riche matrone nommée .\sclepia qui sut faire retrouver le cadavre jeté à la mer. et, après l'avoir caché quelque temps dans sa maison, l'ensevelit dans une basilique construite en l'honneur du martyr sur le territoire de Salone. Guidés par ces indices, divers amateurs d ;'.ntiquités complétèrent des inscriptions avec lanl d'ingéniosité qu'ils fourni-

n. 9534. — ' Corp. inscr. lui., t. m, col. 9638. — ' J. Zcillcr op. cit., p. 155-159. On trouvera dans Btill. di arclt. e slor. daim., 1900, pi. xi, plan de l'arca devant le narthex: 1900. t. XXII, plan du cimetière, pi. vii-viii; canccls d'aiitrl ou

d-Mnilion. pi. VI.

DAT.MATIE

rent la preuve gu'Anastase, enseveli dans le sarcophage orné du bon pasteur, fut inhumé au cimetière de Manastirine sur le fonds d'Asclepia. En rcalitc Anastase reposait au cimetière de Marusinac où fut

tière de Marusinac le litre de Cœmeteriiim sancti Anastasii fiillonis.

Ce cimetière (lig. rir)24) n'eut jamais la même importance que celui de Manastirine. Tout d'abord il était

^^ testes de construdions ayànC proèâhfemenC ^^ ^31 1 parti de h vi/la d'Asc/éfi/â-

W^ Basilique du V/^siécle

p~| Sépultures antérieures au l//fsiéc/e

^ Sépultures du VI' eu du Vll^ siècle

I I Sépultures d'époque incert

Met

3524. — Cimetière et basili(iue de Marusinac. D'après /lillrr, Oriijines dirclieimes ,1c In Dalmiilie, pi. m.

A Ceila memoria li' Anaslasc le foulon.

D Diaixonikon.

M Porte d'entrée.

m Restes de murs.

m^y^m^m' Substructions.

P Presbytcrium.

p Porte communiquant avec la nef latérale.

p' Porte donnant sur la nef centrale, p- Porte communiiiuant avec la iinilla

TT Porte communiquant avec le cimetière.

!i' Porte communiquant avec le cimetière, t.~- Porte communiquant avec 1<

1\ Prothèse.

S Schola cantorum et ambon.

T Autel.

xx'yy' Espace rectangulaire, ancien atrium de la villa d'Asclepia.

x'y' Chambres rectanBulaires (x, x', x" et y, y', y').

w Vasque.

T-' Tombes byzantines.

lt't= Tombes byzantines dont colle du prêtre .Tean.

1 Inscription d'.Xjîapitus, en 385.

;ï Inscription d'Aiiiaruis.

retrouvée l'épitaphe d'un prêtre du vi" siècle qui se fit enterrer, dit-il, près du tombeau d'Anastase : Anastasii scrvans revirenda limina sancli ', aussi est-ce avec toute vraisemblance et on peut dire avec pleine certitude que Mfir F. Bulic a revendiqué pour ce cime-

' Corji, iriser, lui., t. iir, n. !).'>27.

moins à proximité de Salone (pie l'autre, à .lOO mèlrcs environ au nord en partant de raniphilhéûtrc qui inartpiait ran).ile nord-ouesl de reiueinte de la ville. Les fouilles ont permis de reconnaître qu'il avait au moins une soixantaine de mètres au nord et une cinquantaine de l'est i\ l'ouest, mais probablement plus, |iiiis(|ui' les fouilles ne sont pas terminées. l'ne fols

DALMATIE

Anastasc enterré dans le riomaine d'AscIepia, quand et comment le terrain privé- devint-il propriété ecclésiastique, nous ne savons. La première inscription datée qui y fut découverte nous reporte à l'année .''85 '. Une autre seulement en 443. Dans l'intervalle on peut soupçonner un usage assez restreint ])uisqu'il a laissé si peu de traces, ou du moins les approches de la cello du martyr furent rii;oureusement défendues ; car il est remarquable que ces deux inscriptions datées désignent deux sarcopliages trouvés dans le voisinage immédiat d'Anastase et dont l'un était occupé par un évêque Jean. Les autres inhumations ont été tenues à distance, mais ce sont, semble-t-il, des petites gens nullement qualifiées pour solliciter ou obtenir le pri^^lège de l'inhumation dans le voisinage du saint.

En 459, on enterre proche du mausolée d'Anastase et de la tombe récente de l'évéque Jean, un personnage mal connu ^ :

ANIANIVS ICIMVIRI ocjTOBRIS [palricis cl ric]IMIRI VV CCS

« On n'inhumait en effet, dans l'immédiat voisinage de la sépulture d'Anastase, que quelques privilégiés. La plupart des fidèles ensevelis au cimetière de Marusinac le furent dans un vaste espace grossièrement rectangulaire situé à quelque distance et qui avait été occupé auparavant par Valrium de la villa de la matrone Asclepia. Entre autres fragments épigraphiques, on y a retrouvé deux fols l'indication des consulats de Paterius et Maximus, c'est-à-dire de l'année 443 ^. »

Au VI" siècle, les inhumations eurent à s'accommoder de quelques modifications. La partie centrale de l'ancien atrium de la villa d'.\sclepia fut nécessairement désertée après que celle-ci eut été recouverte d'un pavage nouveau. Elles se portèrent dans la direction du nord-est (t à t') où des tombes d'époque byzantine ont dû exister puisqu'on y a retrouvé quelques inscriptions de cet âge ', notamment celle du prêtre Jean, Anastasii servons reverenda limina sancli, en 599, et près de l'abside de la basilique une épitaphe est ainsi conçue * :

DEPOSSIO VITALIONI INNOCENTIS QVI VI XIT ANNO VNO ET MEN SIS QVATTVOR ET DIES X

Les ensevelissements se sont donc poursuivis à Marusinac jusqu'à la lin du vi« siècle au moins.

Le cimetière de Marusinac posséda lui aussi sa basilique, plus vaste que celle de Manastirine, mais de disposition analogue. Elle est orientée de l'ouest à l'est et mesure (hors œuvre) 46 ""80 de long (sans le narthex) sur 23 "GO de large. La porte M donnait accès par le centre de la façade. De chaque côté de l'entrée, aux angles nord-ouest et sud-ouest se trouvaient deux chambres rectangulaires (X' xx= x' et Y^ yy= y') où se firent des inhumations. Dans le rectangle méridional, la porte (p) donnait sur la nef latérale correspondante; la présence de la petite vasque (oj) reste inexpliquée : ses dimensions et le lieu où elle se trouve excluent l'hypothèse d'une destination baptismale. Tandis que la porte (p') donne sur la nef cen-

' Corp. inscr. lat., t. .m, n. 13121. — = Ibkl., n. 1.3127. — » Ibid., n. 14892, 14304; J. Zeiller, op. cil., p. 145. — ^ Bull, di arch. e stor. daim., 1890, t. xiii, p. 37, n. 30. — ' Corp. inscr. lat.. t. m, n. 14915. — « Bull, di arch. e stor. daim., 1899, t. xxii, pi. i-ii, iriosaïque de la nef latérale gauche, pi. m; mosaïque de la prothèse, pi. iv;

traie la porte (-) donne sur le cimetière. Ces locaux ont dû servir de sacristies ou autrement; on peut supposer, mais sans en avoir la preuve, qu'ils s'élevaient de deux étages donnant ainsi à l'église deux tours flanquant la façade.

A l'intérieur de la basilique trois nefs dont une centrale et deux latérales séparées chacune de la première par une rangée de huit colonnes taillées pour cette destination, tandis que leurs chapiteaux provenaient d'autres édifices. Dans la nef latérale de gauche, la porte (-2) s'ouvre sur le cimetière. Le fond de la basilique offrait une abside désaxée vers la gauche par rapport à la nef médiane. Cet édifice était épaulé par des contreforts et une grande partie des murs de l'édifice était double.

L'église entière et l'abside étaient ornées d'un pavement de mosaïques fort belles '; à l'entrée de l'abside se voyait l'autel dont on a retrouvé la table (T) audessus du sarcophage de saint Anastase ' dont une jcnestella permettait de s'approcher. Cette conjessio était, suivant l'usage, sunnontée d'un ciborium (voir ce mot) dont les colonnes décorées de pampres sculptés ont été représentées dans les fouilles '; elles offrent bien les caractères du vi« siècle. Non loin de là ont pu se trouver les eulogies de saint Menas que signalait une inscription.

En avant de l'autel, sur un espace rectangulaire un peu relevé, le preSbyterium (P), puis, dans le prolongement de la nef centrale, le dlakonikon (D) et à l'extrémité de la nef latérale de gauche, une porte (p=) conduit par quelques degrés dans la prothèse (R) qui a une sortie (--) sur le cimetière, l^a nef méridionale s'arrêtait à hauteur du presbylerium. Il est possible qu'il ait e.xisté quelques constructions en avant du diakonikon, car on y voit des restes de murailles (m); de même on a retrouvé quelques substructions de murailles (m' Y=m=m^) en dehors de l'église au delà de la nef latérale.

Devant le presbylerium s'allongeait sur 10"'20 la schola cantorum (S) large de 3'°00. Sur son mur sud on distingue encore une saillie qui marque vraisemblablement l'emplacement de l'ambon (a). Quelques degrés faisaient communiquer la schola cantorum avec le presbylerium.

On a inhume dans la basilique de Marusinac comme dans celle de Manastirine. Nous avons vu que l'évéque Justin y eut sa tombe proche de la confession, d'autres tombes sous les tours de la façade, sarcophages dont un seul porte une inscription du v" siècle ' :

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