DIVISIONS ADMINISTRATIVES — DIVORCE
fonctionnaires de l'empire chassés de Trêves par les barbares et établis sur les rives du Rhône. Ce n'est donc pas au culte des empereurs, ni même à l'assemblée des Gaules siégeant à Arles, qu'il faut attribuer la suprématie de l'évèque de cette ville, mais à la politique du Saint-Siège.
Les évèques d'Arles tendent à la suprématie dans les Gaules et ont rude partie à jouer contre les évêques de Vienne; afin de triompher, ils s'adressent collectivement au pape saint Léon, vers 450, et invoquent la dignité éminente de cette Eglise d'Arles, mère des Églises des Gaules, fondée par Trophime, disciple de Pierre. C'est la raison capitale à leurs yeux, et s'ils y ajoutent nombre de raisons tirées de la beauté et des privilèges de la cité, il est visilile que c'est là simple garniture, la raison principale, c'est celle tirée de l'èvangélisation. C'est à ce point qu'ils ne songent même pas à tirer argument de ce fait qu'Arles est le siège du conciliam diocésain.
Malgré la tendance qui s'accentue de plus en plus de taire de la métropole civile une métiopole ecclésiastique, on ne suit pas exactement cette règle. Proculus, évèque de Marseille, revendiqua le titre de primat de la seconde Narbonnaise. Le concile de Turin lui laisse cette dignité, mais à titre personnel, parce que sa ville n'est pas située dans cette province.
Mêmes constatations en Espagne. Au concile de Saragosse, en 380, Phébade d'Agen préside des évèques venus d'Aquitaine et de toutes les provinces d'Espagne, ils excommunient l'évèque de Cordoue. Ici encore, il est clair qu'on n'a tenu aucun compte des circonscriptions du culte de Rome et d'Auguste, non plus que des limites provinciales.
En Afrique, la suprématie de Carthage reste inébranlable et aussi la règle qui attribue à chaque pro- \'ince pour primat le plus ancien évèque de la province. Chaque province a le sien, et le concile d'Hippone, en 393, en crée un pour la Maurétanie Siti tienne, rattacliée jusqu'alors à la Numidie; mais ce n'est pas parce que la province civile est séparée : c'est, disent les Pères, parce que la distance est trop grande '.
« Ainsi se forma au iv» siècle une hiérarchie des Églises entre elles. Le souvenir des apôtres conserva aux Éghses que saint Pierre avait gouvernées lui-même (.■\ntioche, .lérusalem) ou qu'il avait fondées par ses disciples (Alexandrie) une suprématie de premier rang. Seule, Constantinople dut à son titre de siège de l'empire un rang égal à celui des Éghses apostoUques.
« Au-dessus d'elles, Rome gouvernait la chrétienté entière et était elle-même le siège du patriarcat d'Occident. Au-dessous, on établit, dans les provinces, des métropoles ecclésiastiques, dont la juridiction fut la même que celle des métropoles civiles. Mais l'Eglise gardait toujours son droit d'avoir ses circonscriptions propres, et, suivant l'expression d'Innocent I", « de ne «pas se plier à la mobilité des nécessités humaines» ".
« En un mot, l'origine de la division ecclésiastique est dans la prépondérance des Églises fondées par les apôtres. Les circonscriptions qui dépendirent des Églises principales furent, à l'origine, des groupes des communautés juives; si. plus tard, l'extension du christianisme nécessita des divisions plus nombreuses, ces divisions furent imitées des divisions civiles '. « H. Leclercq.
' Coll. ran. Fccl. Alric, can. 17, dans Hardouin, op. ril., t. I, p. 274. — ' Innocent I", liiiisl., xviii, dans Mansi, Conc. umplixs. coll., t. III, col. 1054. — ' F.. Beurlier, o/). cit., p. 316-317. — ' Fabretti, 7n.scrip/. ondV/i/or., qiiir m œdib. Ijcilernix asserimniar, explicalio, in-Soi., Iloniie, 1693, p. 121, n.viii. — • Code Tlifoitosicn, 1. III, lit. xvi, loi 1. — ' I.ex romnna Biirgitndiontiin, lex romnnci Whigoltiontm, lex roniana Cnriensis, lex Alamannonim, Pact. m, 2; lex BdjiwHirionim, lex LanQobardorum. — ' K. Zcuiner, ionmiliK merowingici
DIVORCE. Il n'existe, à notre connaissance, aucun texte épigraphique chrétien dans lequel il soit possible de découvrir une mention du divorce ou simplement une allusion. Mais une inscription païenne, trouvée à Rome, va, en quelques lignes, nous montrer l'immoralité de cette situation. Sur l'épitaphe d'un enfant de cinq ans, on n'a rien imaginé de mieux que de mentionner sa mère, son père et le nouveau mari de sa mère ' :
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