SIT AIE MARTIS LV
.'■) NA XXI IDVS AVG
VSTASAP CCCCXLI
Memoria Marcelli, recessit die martis, Itina .va;,
idus auguslas, u(nno) p(rovinciie) CCCCXI.I.
' Cf. S. Gscll, Moniimenls antirines de VAlgirie, in-S", Paris, 1901, 1. 1, p. 72: t. ii, p. 266. — ' Compte.t rendus de VAcad. d'ilippune, 18iW, p. xi.vi; 1,S!)4, p. xxxiii. — • 'De La Blanchère,rians/lrc/ii;>.(/e.vniiss. scienlil., UI" série, t. X. — ' S. Gscll, A propos de diverses inscriptions chréliennes d'Afrique, dans Bull, arctuol. du Comité, 1S99, p. 4.V.). — '■■ De La lilanchérc, «p. cil., pi. ix, flj^. 2, n. 1. — ' Ihid., pi. IX, (\n. 2, n. 2. — ' Ibid., pi. ix, flg, 2, n. .3 (c'est une ampoule et non une lampe). — • L. Diichesne, .Vofi» «iir une inscriplinn maurilanienno de l'année ise, dans liull. urcli.
« En A et en C, les linteaux de certaines portes sont des pierres couvertes de sculptures ornementales à relief plat; l'une d'elles offre, de plus, une colombe et une lampe (ou un vase) '. Ces pierres ont été certainement prises ailleurs '"; on les a recoupées assez maladroitement pour leur donner les dimensions convenables.
" En avant de la plupart des Djedar. du côté del'est, se voit une sorte de plate-forme rectangulaire "; on y montait par quelques marches, f'eut-ètre y célébrait-on des cérémonies funèbres. Ces constructions rappellent les avant-corps dont quelques vestiges sub-
3789. — Mausalée Indigène D'après Gsell, op. cit.,
sistent à l'est du JIedracen et du Tombeau de la Chrétienne "'.
u L'entrée du monument est du même côté, en arrière de la plate-forme et au bas de la pyramide, (^omnie au Médracen, elle devait être dissimulée sous les premiers gradins ". Une galerie étroite, en ])cnte rapide ou coupée de marches, s'enfonce vers l'intérieur du mausolée. En .\, elle était barrée i>ar deux fermetures : la première consistant en une dalle quadrangulaire que l'on faisait remonter dans une coulisseménagée à travers le plafond, comme les herses dir Tombeau de la Chrétienne; la seconde, en un disqueque l'on repoussait dans une coulisse latérale '*. En B et en C, il y avait seulement un disque.
« Au delà de la galerie, on rencontre des couloirs et des caveaux (voir les plans). Us sont encore en fort bon état dans les trois mausolées qui peuvent être visités. Des portes en bois ou des herses on pierre précédaient un certain nombre de salles. En .\ et en H, les plafonds, hauts de 2 mètres à 2" 50, sont formés de dalles longues et étroites, imitant des poutres.
du Ciiiiiit,'; 1S02 p. .'514. — • De La nianchére, op. cil, pi. i\, ni. 2, n. 11. — '^ De Ln Hlnnchère op. cit., p. 8.> et 80, croit A tort qu'elles ont été taillées exprés pour les deux mausolées. — " 11 ne semhle pas qu'il v oit eu de platetornic on avant du mausrlée H. — " Cf. Cisell, op. cil., t. I, I». 67, 71, cl t. Il, p. 1i;î, ln plate-forme du mnusiilée de Blad-Guili'un, — '» IJc La Hlnncliérc, np. cit., p. .S(l, n. 1, suppose que, dans certains Djedar, l'entrée étnil souterraine. - — " l*our ces disques, cf. S, Gsell, op. cit., t. il. p. 384, 386.
DJEDAR — bJRMlLA
« Les dispositions intérieures de C sont particulièrement curieuses. « En avançant tout droit par le . « couloir d'entrée, on trouve, dit La lilanchére, trois » chamljres séparées l'une de l'autre par un couloir de « quelques mètres. De la première de ces cliambres, « partent, à droite et à gauclie, deux couloirs du même « ^enre, qui conduisent à un second système forme de « cinq chambres reliées par des couloirs, et qui enve- « loppe le premier. Il est enveloppé lui-même par un <. troisième système, dont les couloirs d'accès partent « du couloir d'entrée et qui comprend huit grandes « chambres et quatre plus petites aux coins, le tout « relié par des couloirs. » Les trois salles du milieu sont voûtées en berceau ', ainsi que les couloirs intermédiaires -; les autres salles sont couvertes d'un toit en dos d'âne ^, les autres couloirs ont des plafonds horizontaux.
« Dans les deux chambres postérieures au système central, les parois étaient revêtues de peintures, dont il ne reste plus que quelques lambeaux; cependant, on reconnaît encore un personnage qui paraît être nimbé et qui tient une crosse ■".
« Les Djedar sont vides '. S'ils avaient contenu des sarcophages en pierre, ceux-ci n'auraient sans doute pas disparu complètement, même après de nombreuses violations. Il est donc probable que les morts étaient enfermés dans des cercueils en bois.
« En général, ces monuments sont bordés d'une étroite terrasse ', que soutient un mur bâti selon le système byzantin, c'est-à-dire avec deux parements en pierres de taille et des moellons dans l'intervalle. « De plus, des murs grossiers, en blocs sommairement cquarris et en moellons, entourent certains Djedar. Ainsi, A est enveloppé d'une enceinte qui suit les contours du mamelon '; peut-être cet enclos était-il un jardin ? A Tematen, des murs semblables forment des lignes capricieuses autour et dans le voisinage des Djedar: il est dirPicile de dire pour quelle raison on les a construits et s'ils sont contemporains des mausolées '.
« Les Djedar datent d'une époque très basse, comme l'attestent les matériaux de démolition qui y ont été employés; A est en tout cas postérieur à l'année 406; C à l'année 480. A l'entrée de B, une grande pierre portait un texte de six lignes, sans doute une dédicace. On ne distingue plus que quelques lettres, qui ne donnent aucun sens, mais qui permettent d'aftirmer que l'inscription était bilingue, latine et grecque. L'emploi du grec, que nous avons constaté aussi sur une marque de chantier du même édifice, fait naturellement penser aux Byzantins. Or un écrivain musulman, Ibn er Rakik, nous apprend qu'au milieu du x° siècle, le calife fatimite El Mansour vit, lors d'une expédition dans la région de Tiaret, des monuments élevés sur trois montagnes (il s'agit des trois Djedar du djebel Hadjar) : « Ces monuments, en pierres de taille, pré- « sentaient de loin l'aspect de tombeaux en dos d'àne. « Sur une pierre de ces ruines il découvrit une inscrip- » tion qu'on lui interpréta ainsi : Je suis Soleïman le « Scrdeghos. Les habitants de cette ville s'étant « révoltés, le roi m'envoya contre eux; Dieu m'ayant
' Elles mesurent en%iron 4 m. de hauteur. — '- Ces couloirs sont très bas (l"» 20 actuellement, mais le sol est un peu enterré). — • ' Hauteur, 4 mètres au milieu. — ' De La Blanchère. Voyage d'éludc dans une parité de la Matirétanie, dans Arcbioes des missions scienliftques, III" série, t.x, p. 8S, indiqiie en outre deux personnages assis, qui paraissent converser ensemble. — * Il ne reste qu'une sorte d'auge, de 1 mètre de long sur O^GO de large, dans \ini\ des salles du mausolée C. — ' De largeur variable : «"ISO en C; 61^80 en A; 6 mètres, 5'n20. 4 mètres, 3'n60, 2"'20 ailleurs. Le mausolée B n'avait pas de terrasse, autant qu'il semble. — ' Voir le plan publié par de La Ulanchère,
» permis de les vaincre, j'ai fait élever ce monument < pour éterniser mon souvenir '. i.
•• La traduction donnée à El Mansour est assurément fantaisiste : les Djedar sont des tombeaux et non des monuments conimémoratifs. Mais comme il parait certain qu'une inscription de l'époque byzantine se lisait sur un des trois mausolées du djebel Hadjar, ce fait vient tortiller un peu l'opinion de ceux qui pensent que tout n'est pas à rejeter dans le récit d'Ibn er Rakik et que le fameux général Solomon (Solomon le stratège) était nommé sur la dédicace d'un des Djedar '°.
« Évidemment, comme l'a exposé La Blanchère, cet ensemble de grands mausolées est rœu\Te d'une dynastie de puissants princes indigènes, qui vivaient au vi= et au vii= siècle. Peut-être souffraient-ils que l'empereur de Constantinople les considérât comme ses sujets, ou du moins comme ses clients; peut-être rendaient-ils hommage à son représentant en Afrique. De fait, ils étaient les maîtres du pays, car la domination réelle des Byzantins ne semble guère avoir dépassé, dans la direction de l'ouest, les limites de la Maurétanie Sitifienne ".
« Ces princes se servaient d'ouvriers sachant le latin et même le grec : les marques de chantier le prouvent. Ils étaient chrétiens : une clef dàrcade qui porte une croix monogrammatique a été encastrée avec soin audessus de l'entrée d'une des salles centrales du mausolée C; il est certain que des païens ne l'auraient pas mise en si bonne place. Les peintures de ce tombeau représentaient sans doute des sujets religieux.
« Il n'en est pas moins vrai que les Djedar sont des tumulus indigènes, et non des monuments classiques"^. La civilisation gréco-romaine, qui avait pénétré en Afrique depuis tant de siècles, qui y avait brillé d'un si vif éclat, s'était heurtée, sur bien des points, à l'indiflerence des autochtones; elle n'avait pas eu assez de prestige pour leur faire oubUer le passé, pour modifier entièrement leurs mœurs. »
Bibliographie. — Azéma de Montgravier, dans Revue de bibliographie analytique, 1844, t. v, p. 182- 19'2. — A. de Longpérier, dans Revue archéologique, 1844, t. I, p. 565-57'2. — Bernard, dans Revue ajricaine, 1856-1857, t. I, p. 50-52. — Bordier, dans même revue, 1865, t. IX, p. 476-480. — A. Berbrugger, Le Tombeau de la Chrétienne, p. 57-64. — Brunon, dans Recueil de la Société archéologique de la province de Conslantine, 1873-1874, t. XVI, p. 306-308. — Wagner, dans Bullet. d'Oran, 1881-1882, t. ii, p. 128-131: Guénard, dans même revue, p. 264-271. — R. de La Blanchère, Voyage d'éludé dans une partie de la Maurétanie Césarienne, dans Archives des missions scientifiques. III'-' série, t. x, p. 77-99, 127-129, pi. ix-xii. — Mélix, dans Bulletin de l' Académie d'Hippone, 1888, t. xxiii, p. 111-llG. — • Papier, dans Comptes rendus de i Académie d'Hippone, 1894, p. xi-xviii. — S. Gsell, Monuments antiques de l'Algérie, 111-8°. Paris, 1901, t. ii, p. 418-127, pi. civcvi, fig. 172-174.
H. Leclercq.
DJEMILA. — I. Vasque. II. BasiUque. III. Mosaïque. , .
op. cit., pi. XII. . — ^ Cf. peut-être les traînées de pierres que l'on rencontre dans des nécropoles intiigènes. S. Gsell, Monuments antiq. de l'Algérie, 1. 1, p. 9. — * Ibn Kliiddoun, Histoire Jes Berbères, trad. de .Slanc, 1. 1, p. 2;(4 ; t. ii, p. 540. '■^ On a même prétendu avoir retrouvé de nos jours aux Djedar une inscription portant le nom de Solomon. Bull. arch. du Comité, 1887, p. 154, n. 684: cf. Basset, Bull, de la Soc. de géogr. de l'est, 18S3, p. 564. C'est 1;\ une mystification, voir de La Blanchère, op. cit., p. 89. — " Voir S. Gsell op cit., t. II, p. 347. — " M. Basset, Étude sur la Zenalia de VOunrsenis. p. 6-7, a signalé dans l'Ouarsenis des monuments qui paraissent être analogues aux Djedar.
DJEMILA
I. Vasque. — Quelques fragments sculptés ont été trouvés à Djemila, l'ancienne Cuicul, et décrits par le commandant Delamare. Ces débris semblent aujouid'hui perdus. Nous les avons fait connaître préccdem-
N» 1 : fx principe, c'est-à-dire princeps officii magistrotuum maiorum, tiré des agentcs in rébus. — N° 2 : er ^/■(ftuno, tribun ou notaire. — N" 3 : y/r /ioncs^issimus. N°5 : compUvil.
C5 FL P FELIX PVPCCS EX IS PRINCC!
VOTVM 5 SOLVIT
P FL [S PAVLVS es VCSC- EX- TRIEES
VOTVM es