‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 4)Chapitre 237 sur 251 · DOBROGEA — DOCTEURS DE L'EGLISE · texte numérisé non relu

DOBROGEA — DOCTEURS DE L'EGLISE

Vigile lui-même. Sa lettre ne nous est point parvenue; mais nous possédons la réponse du pape, datée du 18 mars 550 '. C'est cette réponse qui, entre autres, a été lue au concile de Constantinople en 553. Valentinien ne se trouve point parmi les signataires de ce concile. Probablement il était mort à cette date.

X. Fin de la domination romaine en Dobrogea. — Le système de fortifications construit par Justinien pour masquer le petit nombre de la garnison ne put guère opposer une résistance prolongée aux barbares envahisseurs. Sous l'empereur Maurice (582-602) la domination romaine prit fin définitivement dans cette malheureuse province. Les Avares d'abord, puis les Bulgares, pénétrèrent dans le territoire et, malgré la résistance héroïque des généraux byzantins, qui, en 58G, débloquèrent Tomi, les barbares s'emparèrent des places fortes, réduites en ruines eten cendres, et en chassèrent les armées byzantines. Théophylacte nous le raconte expressément de Tropœum et les découvertes confirment le récit '. Une étude minutieuse des fouilles à Ulmelum conduit à la même conclusion ^. L'évêque Dulcissimus de Durosiortim s'enfuit de son siège et mourut à Odessus.oùl'on a trouvé son monument funéraire *.

Mais ce ne sont ni les Avares ni les Bulgares, tous les deux d'origine turanique, qui restèrent les maîtres de la Dobrogea. Peu nombreux comme ils l'étaient, ils disparurent dans la masse des Slaves, qui, en partie, formaient le gros de leurs armées et dont bon nombre étaient déjA établis dans ces contrées. Les nouveaux conquérants ne savaient pas reconstruire à leur profit les forts démolis et, manquant de toute civilisation, ne nous en ont pas même transmis les noms anciens, comme l'observe très justement Pàrvan =. Autour de leurs ruines ils se fondèrent des hameaux qui ne laissaient rien à envier aux barbares survenus pendant les siècles suivants.

Ce sont donc les Slaves qui restèrent les successeurs des Romains dans la Dobrogea jusqu'au xiii= siècle, lorsque les Turcs étendirent peu à peu leur domination sur l'Grient tout entier. De cette époque complètement obscure, il nous est resté le souvenir d'un évcque Ursus de Durostorum, qui a souscrit au VIP concile de Nicée. Ensuite la mention des « Scythes » qui habitaient Tomi et qui, si l'on peut ajouter foi aux informateurs de Walafrid Strabon (824-849) °, parlaient une langue teutonique et célébraient même 1' « office divin » dans cette langue. Si la relation est vraie, ou aurait affaire à des restes de Goths, Skires ou Alains, car les Slaves bulgares n'ont été convertis au christianisme qu'en 870.

X I. Bibliographie. — Les ouvrages les plus importants concernant la Dobrogea ont été cités au cours de cet article. Nous voudrions attirer spécialement l'attention sur les publications suivantes : M. D. Joncsco, Dobrogia, Bucarest, 1904, gr. in-4°. — V. Pùrvan, Contribuliuni epit/raftce la istoria crcslinismiilui daco-rnman, Bucarest, 1911 (fondamental) ; le même, Celatea Ulmelum, Bucarest, 1912 et 1914. Trois campagnes de fouilles très fécondes, avec un résumé en français; le même, Celatea Tropœum, Bucarest, 1912, extrait du Bulletin de lu Commission des monuments historiques, revue trimestrielle en

' Concilia gcn., t. ii, p. 004; Nptzliammer, Dos altrhnstliche Tomi, p. 3.i s<i. — ' Pûrvan, Celatea Tropiiiim, )>. 191. — ' Pflrvan, Celaica Ulmelum, p. 102. — * parvan, Contriliuiii, p. 70. — ' Celatea Tropœum, p. 191. — • De ecclesiasticarum rerum exordiis el incremenlis, cap. vu, P. /,.,t. c.xiv, col. 927. — ' Sur notre figure 840, on pourrait croire que ce sont les plis de la draperie qui couvre le sièRp. — ' Le moine Jean, Liber de miraculis, édition Ilofcrcr, in-8".

langue roumaine ; paraît depuis 1908. Précieux. — D' J. Weiss, Die Dobrudscha im Allerium, Sarajevo, 1911. Beaucoup de matériaux. — Gr. Tocilesco, Fouilles et recherches archéologiques, Bucarest, 1900 ; le même, JMonumente sépulcrale si epigrafice, extraits en partie de la Revista pcntru istoria, arclieologia si filologia, 6 années depuis 1883. — R. Netzhammer, Aus Rumânien, 2 vol., Einsiedeln, 1909 et 1913. Contient des descriptions de voyages très instructives en Dobrogea et aux ruines ; le même, Das altchrislliche Tomi, Salzburg, 1903; le même. Die christlichen Allertumerder Dobrogea, Bucarest, 1906. — - J. Zeiller, L'-s origines chrétiennes dans les provinces danubiennes de l'empire romain.

Ch. AUNER.

DOCTEURS (Le Christ parmi les). Les artistes chrétiens, si préoccupés de figurer les épisodes de l'enfance de Jésus tels qu'ils sont racontés par les évangiles apocryphes, ont à peu près complètement négligé le charmant récit qui nous montre Jésus, à peine adolescent, parmi les docteurs d'Israël qu'il étonne par sa science précoce et sa sagesse.

C'est une méprise de prétendre voir cette scène représentée sur les fresques des catacombes et sur les sarcophages. Dans ce dernier cas, on a interprété le Christ imberbe, triomphant sur un siège supporté par Atlas et placé entre deux hommes barbus, tel que nous le voyons sur le sarcophage de Junius Bassus (voir Dictionn., t. ii, col. 612, fig. 1460) et entre deux hommes imberbes sur un sarcophage de Rome (voir Dictionn., t. i. col. 3031, fig. 1064).

Autre méprise, et celle-ci est de Garrucci, qui a pensé voir l'enseignement de Jésus dans le temple représenté sur l'arc absidial de Sainte-Marie-Majeure (voir Dictionn., t. i, col. 2573, fig. 845). Les constructions représentées n'ont rien qui puisse faire songer au temple de Jérusalem, et il s'agit d'un emprunt à pseudo-Matthieu (c. xxiv). où le Christ, accompagné de ses parents, est leçu par Afrodise devant les portes de sa cité (voir Dictionn., t. i, col. 2573, et note 2).

Enfin, une couverture d'évangéfiaire en ivoire conservée à la cathédrale de Milan s'inspire aussi des apocryphes et non de l'évangile et représente Jésus étonnant son maître d'école dans une école où se trouvent deux bambins (voir Dictionn., t. i, col. 2573, fig. 846). Jésus est assis sur une haute chaise à dossier et escabeau; d'après Venturi.on voit contre la chaise deux verges et une férule '; ce qui achève la démonstration.

H. Leclurcq.

DOCTEURS DE L'ÉGLISE. La distinction honorifique accordée à queUpies écrivains ecclésiastiques considérés comme des maîtres par excellence, s'est exprimée par le titre de • docteur de l'Église ». Ceux-ci sont d'abord au nombre de quatre en Occident : Ambroise, Augustin, Jérùmc et Grégoire, veluti quattuor fîumina paradisi ', comme s'exprime un auteur du viii"-ix° siècle. C'est en cITet jus(iu'à cette date un peu tardive qu'il faut attendre, cl la plus ancienne énumération des quatre grands docteurs est due à Bide le Vénérable, mort en 735'. L'évêque d'Hcxham, Acca, monté sur ce siège en 709 cl à qui Bède dédie la plupart de ses travaux Ihéologiqucs, avait demandé ù son ami de composer un coinmcnlaire sur

WûrzburR, 1884, p. 47; cf. C. Weyninn. dans Iltslnrisclie.i Jahrbnch, 1895. t. xv, p. 9G-il7; P. Lejay, Chronique de littérature chrétienne, dans Hevue d'histoire et de lilléraliire religieuses, 189G, t. i, p. 92; O. Banlcnlicwor, Geschicide der allcliristliclien I.iteralur, In-S", Krcibiirt?, 1902, t, i, p. 43-44. — • J. de Gliellinck, Les premières listes des ■ rforteurs de l'Iiglisc ■ en Occident, dans nnllctin d'ancienne lilléralurc et d'arcltéologie chrétiennes, 1912, t. ii, p. 132-1.14.

Page 1