ANN
Ou bien encore ce fragment provcmint du cimetière de Cyriaque (fig. 3811) * :
3814. — • Fragment du cimetière de Cyriaque. D'après O, Marucchi, / monumenti del museo Lateranense, pi. Lix, n. 29. j
Et cette autre ' (fig. 3815)
FHICIPATRI SEICIT
3815. — Épitaphe romaine, fj'après De Rossi, Bullellino, 1875, pi. vu, n. 9.
Ou encore celle-ci « :
AVRELIA-FELICiTAS
QVI VICXIT ANIS (dolium)
NXVIIIFECERV
PARENTES BENEMER Une autre signification nous est indiquée par le Roùt bizarre des fidèles pour ccrlaincs combinaisons qui tenaient le milieu entre le symbolisme et le calembour. De même que sur lépitaplie d'un défunt nommé L\o on dessine un lion ou quelque chose quiprélcnde en tenir
Lateranense, in-fol., Roma, 1910, pi. Lix, n. 29. — 'De Rossi. Il pavimento di Santa Maria in Casiello di Corneto Tarquinia, dans Bull, di arch. crist., 1875, p. 91, pi. vu, n. 9. — ' Pcllicia, De cliristianœ I-'cclesiii> politia, in-8°, t;olonia' ad Rhenum, 1829, t. m. p. 217; L. Pi-rrct, les catacombes de Rome, in-Iol., Paris, 1852, t. v, pi. m, lettre i
DOLIUM -- DOMAINE FUNÉRAIRE
lieu, de même pour Capriola, une chè\Te, de même, et par un trait qui dut leur paraître ingénieux, des clirétiens imaginèrent de commenter leur affliction par la figuration d'un tonneau. Est-ce que dolere, dolens, doliiim, tout cela ne pouvait pas aller ensemble ? Et c'est ainsi que nous trouvons un brave homme qui exprime son chagrin par deux tonneaux, deux dolia, tout en nous avertissant qu'il pleure son fils ' (fig. 3 SI 6).
Le mot dolens est fréquent sur les épitaphes chrétiennes ' :
TIGRIS mCNSe NOb
dIES quATOR Fe CIT mATeR leRTIA eT PATCR doLien S TES
On peut citer encore : PATER DOLENS^ PARENTES DOLENTES*, FI LIVS DOLENS S etc. Le sens n'est donc pas douteux.
Une troisième signification, d'allure purement symbolique, est possible, parce qu'elle ne s'écarte pas de ce
]VL!onLiû Pater doliens
3816. — Épitaphe romaine.
D'après Mamachi, Originum e( antiquitatum christianarum
libri XX, Romae, 1751, t. in, p. 91.
que nous savons du goût des fidèles pour ces raflinenients, mais elle n'a en sa faveur aucun texte bien probant. On a dit que les dolia figurent les chrétiens et le vin figure les bonnes œuvres; les textes cités peuvent dire tout cela, mais ils peuvent aussi n'en dire rien du tout, c'est aflaire d'ingéniosité. Dans sa lettre aux Confesseurs de l'Église de Rome, saint Cyprien leur dit: Vos vino vicem sanguineni funditis; de cette phrase à l'interprétation du dolium sur une épitaphe, on doit convenir qu'il faut faire efiort pour établir une relation, même très vague. On pourrait se dispenser de retranscrire une fois de plus des explications qui n'en sont guère. Le do/(um, c'est le vas cleclionis dont parle saint Paul; ou bien c'est le fielilia vasa dont parle Tertullien; ou c'est encore le vasculam dont parle Lactance : Corpus est quasi vasculum quo ianquam domicilio temporali spiritus ceelestis uta/ur', et dont parle Prudence ' :
Pane hoc caducum vasculum
Compage texluni tcrna
Quod dissipalum solvitur
El liber ad cœtum veni,
' Maniaclù, Originnm et antiquitaliim vhrislianariim libri XX, in-4°, Homœ, 17.^1, t. m, p. Ul, lab. xiv; édit. Rftitranga, 1811, t. m, p. 70, pi. xvii; Smith and Chotham, Diclionarg o/ cliristian aniiqiiitics, p. .")71, et K. X. Kravis, lieal l-.ncyklopiidie, p. 480, nu. lOl, ont donné une reproduction retouchée du dessin de Mamaclii. — ' J. Maranjioni, Acta S. Victorini, in-8", Romte, 1710, p. ll.î. — • Boldelti, Osseriia:ioni soprn i cimiteri crisliani, 1720, p. :)83. — * Ibid., p. ^7?,. — • Labus, Mnntitncnli di San Ambrogio : cf. rabrclll, Inscrifil. antiq., quii: in paternis wdibns asseruan(ur, expliadio, in-Iol., Romaî, 1099, p. 572, n. L'i; Mura-
Enfin, il y aurait jusqu'à une épitaphe du cloître de Saint-Laurent à l'agro Verano ' :
DIONYSI VAS
Tout ceci est très ingénieux, mais très gratuit (voir Dictionn., t. i, col. 1701-1702, fig. 437).
Nous croyons que les deux premières significations sont vraiment arcliéologiques, et aussi nous ajouterions, parmi les fidèles qui représentaient un dolium sur leur tombe, les fabricants de tonneaux. Nous avons déjà fait connaître une fresque du caveau de la corporation des tonneliers (voir Dictionn., t. i, col. 1704, fig. 438); c'est peut-être aussi un tonnelier que ce Severus qui, au ive siècle, a placé sur la même ligne, son nom, le chrisme et un dolium (fig. 3U7).
Enfin, nous pouvons citer un monument curieux conservé au musée Lavigerie, à Carthage ; c'est un grand dolium en terre cuite, qui était autrefois à l'évèché d'Alger et qui paraît provenir de Kherva (Tigava).
S£5IRV
3817. — Épitaphe romaine.
Sur le rebord circulaire du dolium est gravée une inscription en cursive '. 'V'oici deux déchiffrements qui en ont été faits :
f Ora pro qui fccit, quia ad magislru{m) non amnavit et (l)iibente(r) fecit; ora pro istis ('?), percionem (1) sic {h)abelis Deum pro (lecture de M. Omont).
y Ora pro qui fecit, quia ad magistru{m) non amnavit et bencC!) fccit; ora pro iscriptorcm ('.') sic {h)abctis Dcum pro[tectorem] (lecture de M. Châtelain).
Le sens est à peu près clair, encore que le langage soit pitoyable. Le potier sollicite les prières pour avoir accompli la tâche fixée par le maître potier, et en retour il appelle la bénédiction divine sur ceux qui prieront pour lui.
Travail du vi" siècle, à en juger par les caractères de l'inscription.
Enfin Dalmalius entorrj à Damous el Karita. 'Voir Dictionn., t. il, col 2319, fig. 2164; cf. t. i, col. 1487. H. Lf.ci.krcq.
DOMAINE FUNÉRAIRE. La sépulture, son cmiilaccnicnt, son anitijagcmcnt, sa protection, faisaient l'objet de préoccupations générales chez les anciens et chez les fidèles appartenant aux premières générations chrétiennes. Lorsqu'un pa'ien se prépare un tombeau, il y apporte des soins minutieux, des prcs-
tori, Noviis thésaurus veter. inscrîptinntim, t. iv, p. 1928; F. Muenler, Sinnbilder, in-S», Altonu, 182â, t. i, p. 47. — * Lactonce, Diitiniv inslitiiliones, 1. II, c. xiii, P. L., t. VI, col. 321. — ' Prudence, Perislepliannn, liym. v, vers 301-301, P. /.., t. i.x, col. 39r>. — • Oe Hnssi, Bull, di arch. crist., 18G7, p. 27. — • Oclatlre, l^n pi'lerinaqe aux ruines de Cartlingc et nu musée Laiiigerie, Lyon, 1902, p. 13; Corp. inscr. lai., t. viii, n. 22630, 18; I*. Monceaii\, Inscription cursiuc du mus^e de Cartilage, dans Kulletin de la SoeiHé nationale des antiquaires de France, 190.'), l. i.xv, p. 127.