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Mo:>a;quL- de la maison des Labc
luscc du Bardo,
au sud de Tunis, une ville romaine s'y étageait en amphithéâtre sur les premières pentes du djebel Mekrima, qui ferme au sud la riche plaine du Mornag; elle fut détruite de fond en comble par les Vandales et paraît avoir été presque entièrement abandonnée dès le milieu du V siècle. L'ne habitation privée, désignée hypothétiquement sous le nom de maison des /.aJipni", semble avoir été construite dans les dernières années du i" siècle ou au commencement du ii''. La maison a été habitée pendant cent cinquante ans au moins et si, pendant cette longue période, elle a été forcément l'objet de nombreuses réparations, les remaniements qu'elle a subis sont de peu d'importance. Le plan primitif n'a pas été altéré dans ses grandes lignes, et peut être reconstitué dans toutes ses parties. Nous étudierons en son lieu cette villa, il n'est question en ce moment que de la mosaïque de Vatrium proprement dit. L'i'mplut'ium attenant directement au mur extérieur est
' A. Schulten, op. cil., p. 58; cf. Fustcl de Coulanges, L'alleu et le domaine rural, p. 89-90. — = Op. cit., p. 571. — * P.Gaucklcr, Le domaine des Laberii à Utliina, dans Fondation E. Plot. Monuments et mémoires, 1896, t. m, p. 200-201, pJ. \xu. — ' L. Grandeau, L'outillage agricole
formé d'une poutre horizontale oscillant sur une fourche. .\ l'une des extrémités du fléau est suspendu le seau qui s'enfonce dans le puits. L'autreest munie d'un contrepoids. Un valet le manœuvre pour donner à boire à un cheval. Un peu plus loin, un autre cheval piaffe, attaché à un poteau; à droite, deux lévriers bondissent quêtant le gibier; un esclave fouaiUe un mulet pesamment chargé qu'il conduit sans doute au marché; un laboureur armé de l'aiguillon pousse dans le sillon deux bœufs attelés à la charrue.
D'autres scènes d'idylle ou de chasse entourent le paysage central : à droite, dans une prairie ombragée, un berger trait ses chèvres; un autre joue de la lliHe, assis sur un rocher: un troisième chasse aux petits oiseaux avec des aluaux qu'il pose dans un arbre.
Au milieu le cadre change; le paysage devient montagneux et sauvage. .Vu premier plan, un sanglier, assailli par deux molosses qu'un valet de chiens s'ef-
indigène en Tunisie. Araire dental, dans Journal d'agriculture pratique, 1S96, n. 29, p. 86 sq., fig. 9. — » Le mouton A grosse queue est une race tunisienne. Cf. P. Bourde, liapport adressé à M. le résident général sur l'élevage du mouton en Tunisie en 1S93.
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force de retenir, se rue sur un chasseur debout qui le transperce de son épieu ' ; plus loin, un paysan, se dissimulant sous une peau de chèvre, rampe sur les genoux •en poussant devant lui, dans un large panneau, une compagnie de perdreaux qu'ont rabattus des filets tendus à distance.
Enfin, à gauche, une lionne blessée tient tète à deux cavaliers, montés sur des chevaux fougueux, qui l'achèvent à coups de javelots, tandis qu'un de leurs compa-
cement de mosaïque. Les travaux mirent au jour les restes d'un édifice qui mesurait plus de 800 mètres carrés, il fut aisé de voir que c'étaient des bains, dont la partie la plus somptueuse et la mieux ornée est un atrium de près de 10 mètres de long, séparé en trois compartiments par des colonnes de marbre ornées de chapiteaux corinthiens, h'ntrium donne accès à un grand bassin de natation, entouré d'une galerie demicirculaire. Cet ensemble se composait de vingt et une
3819. — Villa et écurie de Pompeianus. Mosaïque de Oued .\thincnia. D'après Ch. Tissot, Géographie comparée de la province romaine d' Afrique, Paris, 1884, t. i, p. ,300, pi.
^nons s'éloigne au galop en faisant un geste de triomphe.
L'exécution de ce tableau est assez inégale. OuelQues groupes, celui de la chasse à la lionne notamment, sont assez bien rendus; d'autres au contraire sont d'une grande maladresse. La perspectis'e est enfantine. Mais ces défauts mêmes augmentent l'originalité de l'œuvre, en prouvant l'effort personnel qu'a fait l'artiste pour se hausser à l'imitation directe de la nature.
2° Oued Alhmenia. — .Mosaïques de l'époque du basempire. Sur la route de Constantine à Sétif, près du petit village de Oued .-Vthmenia, dans une grande plaine ondulée, un .'\rabe rencontra un obstacle qui brisa le soc de sa charrue, c'était une muraille, puis un commcn-
' Comparez la mosaïque découverte en 1883 à Orléansville. Cf. Bulletin épigraphique de la Caule, 1884, t. iv, p. 19-21. — ' Poulie, dans Mémoires delà Soc. archéol. de Constantine, 1878, p. 434 sq. ; C. Tissot, Géographie comparée de la province romaine d'Afrique, t. i, p. 495, pi. 1,111, iv; G. Boissicr, L'Afrique romaine, Paris, 1909,
pièces, toutes pavées de mosaïques parfaitement conservées '. Le propriétaire aurait pu se contenter de banales mythologies, il préféra une décoration faite pour lui et qui ne convînt qu'à lui; il demanda :\ l'artiste de reproduire sa maison, son parc, ses jardins avec leurs agréments. Le maître mosaïste a dû prendre sans doute de grandes licences avec la réalité : comme il craignait qu'on ne se reconnût pas toujours dans ses peintures, il a pris le parti de placer i\ cùté de chacun des tableaux des légendes qui nous font connaître les lieux et les hommes. Au-dessus de la maison s'étale en grosses lettres le nom du propriétaire, il s'appelait Pompeianus. Sa maison, qui occupe le haut d'une des mosaïques, ne présente pas ce large développement de
p. 154-162; une planche en couleurs a été donnée par V. Duruy, Histoire des Romains, t. vu, p. 24. Les planches données par Tissot n'étaient pas d'une exactitude absolue, (i. Uoissicr parle de petites irrégularités de détail, qu'il est impossible de vériricr, puisque le tout est irréniédiubicmcnt perdu.
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façade et ces belles apparences de régularité qui sont à la mode chez nous, surtout depuis la Renaissance. Les Romains paraissent y avoir médiocrement tenu. Leurs villas, faites pour l'usage, se composaient d'ordinaire d'une réunion de corps de logis différents, plus juxtaposés qu'unis et qu'on avait construits à mesure qu'on en sentait le besoin. Dans celle de Pompeianus, quiii-
logement du maître et des sersiteurs. Elles donnent sur des jardins, et, pour l'indiquer, l'artiste a placé par derrière de grands arbres, dont le sommet dépasse les toits; aux deux extrémités commencent des palissades de buis, comme on en trouve dans le parc de Versailles, qui entouraient les bosquets et emprisonnaient les allées ffig. 3S19).
3820. — . Chasse réservée » de Pompeianus. Mosaïque de Oued .\thmenia. D'après Ch.Tissot, op. cit., t. i, p. 191, pi. iv.
qu'elle fût encore très librement construite, la symétrie est un peu plus respectée. Les deux ailes sont occupées par deux grands pavillons carrés, surmontés d'une sorte de dôme; au centre, à côté d'une porte monumentale, s'élève une tour à trois étages, comme il s'en trouvait dans toutes les villas romaines, pour donner au propriétaire le plaisir de la vue et l'agrément du grand air; puis vient un corps de logis, avec de grandes fenêtres cintrées, qui paraissent éclairer une galerie intérieure. Des deux côtés, en dehors de la villa, deux petites maisonnettes, qui se répondent, complètent le
' Dans l'ouvrage de Tissot, Géographie comparée..., le dessinateur a commis une faute assez grave : il a figuré des mangeoires entre les chevaux, lesquelles, paraît-il, n'existaient absolument pas. De plus, le dessin ferait croire
Au-dessous de sa maison, Pompeianus avait fait représenter son écurie, montrant ainsi quels étaient ses goûts et ses préférences. C'étaient ceux de presque tous les gens de son pays. Les indigènes, alors comme aujourd'hui, aimaient par-dessus tout leurs chevaux : ils les soignaient, ils en étaient fiers. Ceux que nous montre Pompeianus, les meilleurs sans doute qu'il eût chez lui, portent leurs noms écrits au-dessus d'eux : ils s'appellent : Delicahis, PuUentianus. Tilus, Scholasliciis '; mais Pompeianus ne se contente pas toujours de les nommer, il y joint parfois quelques paroles de
que les chevaux sont revêtus d'une sorte de camail à ramages, alors qu'en réalité le mosaïste n'a cherché qu'à imiter — maladroitement — les jeux de lumière sur la robe luisante des animaux.
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natterie et d'affection qui témoignent à quel point il les admire et il les aime. S'adressant à celui qui s'appelle le Haut, il lui dit :
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