IV
DA.MASE
C'est d'abord le propre témoignage de l'auteur qui se fait connaître à nous en insérant son nom dans la pièce, ou bien en nous avertissant dans une circonstance diflérentc qu'il écrit un poème sur tel sujet ou tel personnage. C'est ensuite le style d'un tour si particulier, les locutions caractéristiques et exclusives à l'auteur. C'est encore sa métrique et sa prosodie dont on peut ressaisir diverses particularités moins frappantes et moins décisives que celles qui viennent d'être signalées. C'est enfin l'emploi du caractère philocalien. Le pape écrivait en vers hexamètres ' et sans s'astreindre trop rigoureusement aux règles communes de la prosodie -. Certaines bizarreries manquent absolument : acrostiches, télestiches, consonances, allitérations. L'orthographe — pour l'époque — est nor-
cssel, 37; promeruit noscere,.2, 12; prœdixit lapsos crimina flere, 48; credo quia jaciet, 9; monstravit qiiod polait vincere, 27; posiqaam jacuisse, 29. Noter l'emploi fréquent de ces parenthèses: cognosce, 53; cognoscilc, 7, 53; fateor, 2", 10, 12, 57; /atemur, 52=; rogo quœso 62*; quid multis, 53; ou encore prsecor, 30, 40, 52. Enfin Damase n'emploie jamais la conjonction et sinon dans le sens de etiani '. De préférence, il use de que rarement de ac et clique, et soluta oratione et. 18, 23, 53.
Certaines expressions reviennent avec une préférence marquée : lucem œthcriam, 53; domum œtheriam, 43; sinus œtlierios, 20; domos œtherias, 23; altaria donis cumulât, 32; (d. Christi) 12, 31, 52; rcctor pour désigner le pape, 13, 14, 18, 34*, 42: 44, rector plcbis; 48, rector
3531. — Signature de Furius Dionysius Pbilocalus. D'après O. Marucchi, J monumenti det mtiseo Pio Lateranense, 1911, pi. xLvi.
maie; mais ici on ne peut citer que les originaux à l'exclusion des sylloges épigi'aphiques. ■ œ pour e : orx, n. 34*. — e pour œ ; prestat, 27, 53. — ë et i : quiescil, 21 (sylL), quiescet, 33*. — n ; coniunx, 33*. — c pour t : solacia 53. — l pour II : retulil, 29 ; relulisse, 40. — b pour p ; labsos, scribsit, 18; p pour b : oplulit, 13 (syll.). — / pour ph : Filocalus, 18; profeta, . 33* ; <rium/os, 8. — h ajoutée : humor, 4. — h omise : 'l'imoteus, 38*; sepulcra, 12; pulcra, 53, par contre." sepulchrum, 27. — quidquid, 4. — • adgressus, 4. — inmensi, 4; irimensum, 40; inluviem, 27.
La syntaxe est parfois un peu étrange : laciel surgere, 9. — rneruil avec l'infinitif, 2, 26, 33*, 46; meruil ut
' Toujours, sauf les n. 32 et 55. — ' Hexamètres rustiques, Beulcmont dans les pseudo-damasicns ; distiques, n. 5*, 32, 55; nionostiquc, 56*; soluta oralione, n. 6', 22, 24,38*, 39', 45, 50*, 51, 02 a*. — • Un seul exemple de la copule el, n. 11, ligne 9. — ' C. Wcyman, De carminibiis damasianis et ijseudodamasianis observationes, dans Jieviic d'Iiist. et de lin. relig., 1896, t. i, p. 59, que suivent quatorze pages, dont beaucoup sont aussi peu démonstratives, les autres ne le sont pas du tout. Nouvelle récolle du menu' auteur dans Vicr liiiigrammc des ht. Papstes Damasus I ; il s'agit ici des èpilaplics de Damase cl d'Irène, des éloges de Néréc et .\cliillèc cl d'Agnès. C'est la même profusion de mots ramassés dans toutes les sources, coupés en minces lilanicnts alignés, rapprochés pour un résultat à peu prés" nul.
verldicus; 23, rector sanctus; 7, redore jubenle; mira fides rcrum, 2, 8, 46; intemerala fides, 35; pretiosa ■ fides, 7.
Quant aux réminiscences, aux emprunts, c'est un petit jeu de patience dans lequel il est fort possible qu'on se fasse illusion, l-'aut-il conclure à un emprunt de la rencontre de deux mots"? Prenons le premier poème, voici un exemple, ligne 5 : Christo servire parati. Comment s'y prendre pour cxprinjer par d'autres mots : prêts à servir le Christ '? Comment ne l)as admettre que, pour exprimer la même pensée, i'aulin de Noie, Prudence, IJracontius, Corippus fassent usage des mêmes mots *. Cela con<luirait à
Tout cet énorme déballage d'érudition nous apprend que Damase parlait comme beaucoup de Latins parlaient avant el après lui. 11 y a longtemps que l'on s'en doutait, l'iu- contre, il sera toujours intéressant de pouvoir noter des exemples bien avérés de la ililTusion des poésies damasicnncs; c'est le cas quand nmis lisons dans Arnobe le jeune. In Psalm. xvii, /'. L., l. lui, col. 340 (c'est l'Église qui parle) : prœoeneruni me iiiu/njiie in die a/llictionis
ineie TF.MI'OllIi yUO GLADIUS SKCllT lUA VISCEII.V MATnis
et luclus est Domiiitts susceptor métis. Ici la citation du poémc xiii, 1, de Damase est incontestable el voulue ; cf. C. Weyniann, Di/lusion des poésies diimasieiines, dans lieo. d'Iiisl. et de titlér. relig., 1898, t. III, p. 504-505.
DAMAS E
IGG
soulcnir que quand nous répondons : « Oui, je viens, » nous citons Hacine dans Alhalic, el quand nous invitons un ami à s'asseoir nous citons Corneille dans Cinna. De pareilles démonstrations ne sauraient nous retenir. U est impossible à un homme qui a beaucoup lu et qui est doue de mémoire de ne s'être pas assimilé des laçons de dire, des tours de phrase et d'en faire usage sans y soniier, parce que ces formes, une fois agréées parle goût individuel, se sont moulées dans notre répertoire de formes verbales. Les réminiscences volontaires, cherchées, les arrangements, les citations n'en sont que plus intéressants '. Damasc, Virgilii non incuriosus, a des souvenirs de Y Enéide et il semble mettre un certain plaisir à le laisser voir, il a lu aussi Ovide et quelques autres comme Prudence, Paulin de Noie, Venance I'"ortunat le liront à leur tour, curieux, intéressés, désireux de retenir au passage, pour s'en enrichir, tel mot, telle forme, tel tour qui tombent ainsi dans le bien de tous.
Poiu' plusieurs épigrammes, l'attribution au pape Uamase reste douteuse, bien que la distinction entre ses ouvrages et ceux qui furent composés d'après ce modèle soit généralement aisée. Damase n'avait aucun goût ])our l'anonymat et beaucoup de ses pièces, qui ne sont pas des meilleures, se réclament du nom de leur auteur. Dans le poème destiné à servir de préface au psautier, on lit ^ :
Nunc Diimasi monilis aures prsebele benignas. et celui destiné aux épitres de saint Paul se termine ainsi ' :
raille liios Damusiis voliii nioiislran' Irinmiilius.
Les poèmes consacrés à l'illustration des martyrs offrent fréquemment la même mention ' :
EXPRESSIT DAMASVS MERITVM VENERARE SERVL-
CHRVM et encore : Anlistrs Clirisli cfimposuil Damasus '; Uanwsus cpiscopiis jecil "; Iliec Daniusus veslras référât nova sidéra landes '; Hiec audila re/ert Damasus '; Hœc Damasus pra^slat eiinetis solacia jleius ', cette dernière mention se lit sur une épitaphe, car, ici aussi, Damase revendique son droit d'auteur et ne dédaigne pas de so mettre en scène. On a organisé un drainage dans le cimetière du Vatican, car les martyrs étaient dans l'eau, mais non lulil hue Damasus '"; on a élevé une tombe aux martyrs Félix et Adauclus, mais le prêtre Verus n'a fait que prendre les ordres de Damase : Damasn reclore jubente "; on raconte les merveilles des saints, Damase s'en porte garant : crédite per Damasum. possit quid gloria Chrisli '^; on les vénère, c'est grâce à Damase : Damasus rector litulos posl prœmia reddil '^; on les Invoque, Damase se recommande : ul foveas Damasum precor, aime Tiburti ", on les honore, Damase en donne l'exemple : Hirc Damasus cumulât siipplex atlaria dunis '"; on décore leur tombeau, toujours à l'exemple de Damase : Ornavit Damasus lumulum ". — ■ Damasus rector... ornavit supplex ". — - His Damasus supplex voluit sua redderc vota "; et enfin il apporte des vers : Vcrsibus his Damasus supplex tibi vota rcpcndo ", et sur ce point il semble ne pas redouter
' Cf. Slornalolos, Osseruaxioni leilerariee rilologiclw.siiijli c/iigrammali damasiani, Roma, 1886; M. Manitius, dans Mus. fî/ien.,1890, t. xLv.p. 316 sq. ; Amend, Sludicn :ii dcii Oedichten des Papstes Damasus, p. 6 sq. ;Ihm, dans Mus. Rlten., 1. 1., p. 194. — ' Hun, op. c'i7.,n. 1. — ' Ilim.op. cil., n.2. — ' Ihni, o;). cit., n. 27. — ' Ilim, o(j. cit., n. 5. — • Ihm, op. cit., ii. 18, 22. • — ' Ihm, 1)/). cit., n. 2G. — • Ihm, op. cit., n. 37. — ' Ihm, op. cil., n. 53. — '" Ihm, op.<i(., n. 4. — " Ihm, op. cil., n. 7. — " Ihm, op. cit., n. 8. — " Ihm, op. cit., n. 14. — " Ihm, op. cil., n. 30, m, 4.">. — "■ linn, o/i. cil., n. 32. —
les rivaux. Même préoccupation sur les épitaplies. Pour sa mère :
Ilic Darnasi mater posait I.aiirentia membra, jiour sa sœur -" :
Hic soror est Damasi, nomcn si guœris Irène, pour lui-même "■ :
Hic, jateor, Damasus volui mea condcrc membra.
Quand Damase n'est pa.s parvenu il glisser son nom dans l'épigramme, il prend sa revanche en marge : Damasus episcopus jecil Eusebio cpiscopo et martyri ''; Damasus episcop. fecit 2'; Felicissimo et Agapilo Damasus =*; Damasi episcopi ".
En présence de cette personnaUté débordante, on s'est demandé s'il s'agissait bien toujours du pape Damase. Un vieil épigraphiste, Fleetwood, disait bonnement : multa sunt quœ suadenl Damasum papam horum versimm aliorumque quse illi Iribuuntur, auctorem non laisse =«, mais Tillemont convenait que l'authenticité des poèmes épigraphiques ne pouvait guère être soupçonnée ='. Ce n'est pas toutefois qu'il n'y ait eu qu'un seul Damase qui versifia. Un hynme à sainte .\cathe, longtemps accueilli parmi les poèmes damasiens -', offrait cette indication :
Pro misera rogita Damaso Sic tua (esta coli facial.
Le personnage n'a rien de conunun avec le pape (voir Dictionn., t. i, au mot Agathe) -'. Tillemont l'avait déjà remarque =°, la simple lecture de l'hymne oblige à lui donner raison et le Damase en question, s'il a existé, n'est qu'un auteur de très basse époque; mais son existence même est très douteuse, c'est une insertion tardive et le texte, d'après les manuscrits, doit être lu ainsi " :
Pro miseris suplicel Domino; Sic sua festa coli facial.
Il y eut à Rome un Damasc en 1090, mentionné sur une inscription : Da Damaso vitam post morlem Chrisle redemplor ^-; ensuite Damase II et divers homonymes de plus en plus tardifs dont nous n'avons plus à nous occuper.
L'hésitation, quand il s'agit d'attribuer les poèmes damasiens, ne porte ])as seulement sur ceux qui sont anonymes et connus par les seuls manuscrits. Parfois, les fragments épigraphiques n'offrent pas des caractères franchement philocalicns ''. Cependant la raison n'est pas décisive. L'épitaphe de la mère de Damasc n'a pas été gravée en caractères philocalicns, il serait oiseux de chercher à en donner la vraie raison, mais le fait est indiscutable. Pour d'autres morceaux où l'incorrection de la gravure ne supplée pas à l'omission du nom de Damase, il est possible que ce soit l'ouvrage d'élèves travaillant à l'imitation et sous les ordres de Philocalus, mais sans être parvenus à sa maîtrise. Philocalus lui-même a pu, tout en maintenant le type adopté, perfectionner sa technique et il serait parfois aventureux de lui retirer tel ou tel fragment
" Ilim, op. ril., n. 42. — " Ihm. n;<. cil., n. 44. — " Iliin. op. cil., 11. 47. — " Ihm. o;j. cil., n. 01. — =• Ihm, op. cil., n. 10. — " Ihm, op. cil., n. 12. — ■- Ilini, op. cit., n. IS. — =" Ihm, op. cil., n. 22. — " Ihm, op. cil., n. 23. — " Ihm. op. cil., n. 31. — ■ " Syllogc itiscripl. anliiiuar., Londiiii, 1691, p. 486. — " Mtin. pour sern. Iiisl. ecctés., t. vm, p. 421. — -' Ihm, op. cil., n. 71. — " P. Allard, IHsl. des perséc t. Il, p. 324, n. 4. — " Mém. Itisl. eccl., t. m, p. 730. — " Ihm, op. cil., p. 7.')-76, n. 71. — " Korcclla, Iscrizdellc cliicsc di Uunui, xi, n. 7GG. — " Ilim, o;> cil., n. 15, 16,
DAMASE
IbS
d'une exécution moins parfaite que ne l'est celle de ses moixeaux irréprochables.
IX. Essai de classement. — .\bréviations servant à désigner les manuscrits ; E. Sylloge d'Einsiedeln ou de Reichenau (cod. Einsidl. 326), colligée à la fin du viii'= ou au début du ix» siècle d'après des recueils du viii» siècle; édil. : Mabillon, Anal, vcler., 1723, p. 359 sq.; Henzen, Corp. inscr. lat., t. vi, 1" part., p. ixsq. ; De Rossi, Inscripl. christ, urb. Romx., t. ii, p. 9-33, pi. I, n. 1 (comprend les n. 7, 8, 26, 49). — Th. Manuscr. Paris S071 {olim De Thou, ensuite Colbert) x' ou début xi= s., florilège de poésies variées; aux feuillets 60 et 61 on trouve un centon fort mélangé et en désordre d'épigrammes chrétiennes tirées de syUoges; édit. : De Rossi, Inscripl., t. n, p. 50-51, 56-57, 242-249 (on y trouve les poèmes damasiens corrompus et incomplets, n. 2, 4, 61). — T. Sylloge dépendant d'un manuscr. de Tours du vii« s.; édil. De Rossi, Inscripl., t. ii, p. 58-71 (comprend les n. 7, 8, 12, 18, 23, 26, 27, 30, 31, 47, 48). — P. -Ms. de Corbie, entré à Saint-Germain et aujourd'hui à Saint- Pétersbourg. Fxiv, 1, de la fin du viii= au début du IX'; édil. De Rossi, Inscripl.. t. ii, p. 72-94, qui lui a donné le nom de Sylloge Ccnluknsis (comprend les n. 7, 26, 27, 30, 32, 42, 43, 44, 46). — L. Sylloge Palalina, manuscr. Vatic. Palat. S33 (olim Lorsch) tlu ix" siècle; édit. : Gruter, Thés., p. 1163-1177, sans distinguer les parties diflércntes du recueil; De Rossi, Inscript., t. ii, p. 36 sq., 75 sq., 95-118; 124-130, 142-153, 157-173, 465 (comprend les n. 7, 8. 10-14, 18, 26, 27, 31, 32, 4'2-40, 48, 49, 52, 57 et, parmi les douteux, n. 20, 21, 28, 33, 41. — H. Ms. Harley 36SS, du British Muséum, xv^ siècle; cf. De Rossi, Inscript., t. n, p. 119-122 (comprend n. 42-44). — V. Sylloge Virdunensis, ms. de Verdun 4ô, du x': siècle, d'après un recueil compilé au viii« siècle; édil. : De Rossi, Inscripl., t. ii, p. 131-141 (comprend les n. 42-44, 47, 48, 55, 57 incomplet, et, parmi les douteux, n. 41). — SAB. Nous avons déjà mentionné ce recueil de Pietro Sabini; édit. : De Rossi, Inscripl., t. n, p. 407 sq.
Description sommaire des éditions des poèmes damasiens :
G. Fabricius, Poetarum vetcruni ccclcsiasticorum opéra chrisliana cl operum reliquix alquc jragmenta, Basile», per Johannem Oporinum, p. 771-774 : Damasi episcopi Romani elo g ia; sur onze, trois seulement sont authentiques : 2 (de Paulo), 40 (de Agnelc), 61 (de Felice Nolano), les huit autres sont devenus les n. 64-08, 70, 71, 84 de ledit. Ihm. L'édition de Fabricius est reproduite dans la Ma.tima biblioth. veter. palrum, Lugduni, 1677, t. v, p. 635 sq.
Sarazani S. Damasi papœ opéra qu;e cxlant cl vila ex codicibus mss. cum nolis Marlii Milesii Sarazani J. C. Romani, Romx. 1638; 2'^ édit., Parisiis, apud L. Billaine, 1672; il ajoute vingt-neuf pièces à celles données par Fabricius, dont cinq d'après les originaux (n. 4, 27, 31, 49, 53 de l'édit. Ihm), le reste tiré de Gruter (cod. l) et de Uaronius, Annal., ad an. 384. (Jutrc les apocrvphes de l'édit. Fabricius, il faut ajouter les n. 19," 20, 36, 38, 40 (n. 102, 103, 87, 101, 105 de l'édit. Ihm).
A. Rivinus, S. Damasi natione Ilispani, romanorum primi ponlif. in.t. carmina sacra hymni clogia et cpirjrammala, quie ille basilicis plaluniis cl conciliis SS. marlyrum liomœ jere inscripsil, diu sanc desiderata ncc nspiam lypis haclenus simul cvulgala, nunc sigillalini c Rom. marmoribus priscisquc chrislianoriim monnmentis manuqnc parlim cxaralis parlim cliam e/lilis codd. congcsla cmacutata cl nolis brcvibus illuslrala ab Andréa Rivino, Lipsiae, 1652; il attribue à Daniase quarante-quatre poèmes avec quelque hésitation pour deux seulement (n. 89 et 91 de l'édit. Ihm) alors que dix-huit sont apocryphes.
A. M. Merenda, S. Damasi papœ opuscula cl gesla cnm notis M. M. Sarazani ileram collecta, nunc vcro primum aucta et illuslrala dialribis duabus, altéra de gcstis Liberii cxulis, altéra an Damasus faverit aliquando Maximo cynico advcrsus Gregorium Nazianzcnum et Sectarium, quibus prœler indicem maleriarum adiicinntur cliam opascala apocripha eiasdcm, Roiuîc, 1754, p. '223-242, donne trente-sept poèmes, il écarte les cinq suivants : n. 84, 101, 102, 103, 105 de l'édit. M. Ihm, en ajoute deux, n. 10, 12 (= 13 et 18, Ihm) et en accueille cinq autres comme damasiens (n. 21*, 33*, 41*, 43, 85, Ihm); enfin il donne une série d'obser- \ations de Terribilini, lesquelles ont en partie gardé leur valeur. L'édition de Merenda fut reproduite par Galland, dans Biblioth. vêler, pair., 1770, t. vi, p. 345- .")Î2. avec de légères modifications, ensuite par Migne, /'. L., t. XIII (1845), p. 109-442, qui ajouta trois poèmes publiés par Eugène Levis, Anccd. sacr., Taurini, 1790, et en plus deux autres d'origine douteuse (n. 3*, 28*, Ihm).
M. Ihm, Anlhologiœ latinie supplemcnta, vol. i. Damasi epigramnuda accédant i)seudo-damasiana aliaque iid Damasiana inluslranda idonea recensait M. Ihm, Lipsia?, 1895, donc cent sept pièces dont soixantedeux damasiennes et parmi elles quelques douteuses; le reste (n. 63-107) est composé de morceaux qui ont voulu imiter le type prosodique ou épigrapliiquc damasien, ou qui font mention de Damase. Les pièces sont accompagnées de variantes et d'un commentaire. L'introduction donne tout l'indispensable sur les sources du texte : les marbres, les manuscrits, les éditions (p. vii-xxx). Le recueil des Icstimonia relatifs à Damase (p. xxi-xLviii), une bibliographie (p. xlix- Lii), cinq tables historiques, philologiques et topographiques (p. 106-143).
Dans l'essai de classement t[ui va suivre nous adoptons l'ordre établi dans l'édition de M. Ihm.
1. 2. 3. Ces trois morceaux, n'ayant pas une destination épigraphiquc ou monumentale, sont étrangers à l'archéologie; nous ne leur accorderons qu'une mention très brève.
1. Nunc Damasi monitis aures pnebete benignas, 17 vers. C'est une louange de David servant de frontispice au psautier ou à l'exposition de saint Jérôme sur les psaumes. Cf. M. Ihm, p. xiii-xviii, p. 1-3, n. 1.
2. Versus Damasi in sanclum l'aalum apostolum. Jcandudum Sauhis procerum prœcepla seculus, 26 vers. Louange de saint Paul. Cf. M. Ihm, p. xviii-xxii, p. 3-6. n. 2.
3. Versus Damasi papti: ad quendam fralrem corripiendum. Tityre, tu fido recubans sub tcgmine Christi, 10 vers. Exhortation à un chrélion. Cf. M. Ihm, p. XXII, p. 7, n. 3*.
A. Cingebanl lalices monlem leneroque meatu
Corpora mullorum, cinercs alque ossa rigabant. \on lulil hoc Damasus, commuai lege sepultos Post requiem tristes ilcrum persolverc pœnas. 5 Prolinus adgrcssus magnum supcrarc laborem .\ggeris inmcnsi deiecit culmina montis Intima sollicite scrulalus viscère terra' Siccavit tolum quidquid madeicccrat humor. Invenit jonlcm. priebct qui dona salulis. 10 Hœc curavil Mercurius levita fidelis.
Original, retrouvé au xv« siècle c clivo Vaticano, conservé depuis lors dans les cryptes Vaticancs. Vn moulage au musée Pio Latcranensc, cl. i, n. 2; Th. (De Rossi, Inscr., t. ii, p. 56. n. Il): Cyriaipic d'Ancrtne l'Ut communication de celte inscription par MalTco Vegio qui la vil encastrée dans le mur de la basilique du Vatican (Rossi, t. ii. p. 312, 344, 349, 390); Piclro
DAMASE
Sabino la put lire in exleriori jronle parielis ad lalus dexlrum templi divi Pelri in Valicano (Rossl, t. ii, p. 411, 5).
ÉDiT. : Baronius, Annal., ad ann. 384; Rivinus, n. 38; Sarazani, n. 39; Merenda, n. 36; Ferez Bayer, p. 54, pi. m ; Dionysi, Vaticanœ basilicse cryptar. monum., Romae, 1773, pi. 61, pi. xxvii; A. Mai, Scripior. vder. nova coll., Romîe, 1831, t. v, p. 168, n. 4; Tli. Roller, Les catac. de Rome, Paris, 1881, t. Il, p. 78, pi. Lxi, n. 8; De Rossi, Bull, di archeol. crisl., 1877, pi. m, iv; Triplice omaggio, 1877, pi. i, Bûcheler, Anlhol. epigr., n. 310; Mich. de Rossi, dans De Rossi, Borna sotterr., t. i, append., p. 47; A. de Waal, dans Rômische Qaartals., 1. 1, p. 19; J. P. Kirsch, dans même revue, t. iv, p. 118; Liber pontificalis, cdit. Duchesne, t. i, p. cxxii; M. Armellini, Le chicse di Roma, p. 256, 537; A. Elter, dans Mus. Rhen., t. xliii, p. 123, 133: Ihm, op. cit., p. 8, n. 4;
34, 42, 44, 48; — ligne 6 : les trois derniers mots paraissent transportés d'une autre inscription dans celle-ci. De Rossi propose de les remplacer par : quem liquoT isie lavât