‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 4)Chapitre 56 sur 251 · II · texte numérisé non relu

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PAMOUS-EL-KARITA

divers fragments dont quelques-uns sont intéressants. L'ensemble des constructions de Damous-el-Karita. découvertes jusqu'à ce jour, s'étend sur une longueur de plus de 200 mètres, écrit le P. Delattre K Les nouveaux travaux ont permis l'exploration d'un édifice long de 40 mètres et large de 20 mètres, situé le long du chemin dans le prolongement du mur latéral de la grande basilique. De forme rectangulaire, cet édifice était divisé en trois nefs ou galeries, par une double série de colonnes ou piliers dont les bases en pierre de

(la fig. 3.5fi6, ne fait pas double emploi avec la fig. 2129). Un caveau funéraire chrétien fut trouvé à l'angle extérieur ouest de la basilique. C'est un hypogée rectangulaire, voûté, mesurant 3 ""33 de longueur sur 2"57 de largeur et S^IS de hauteur. La voûte est percée d'une baie grâce ;■! lacpielle on peut, par le moyen d'un escafier, pénétrer dans \acella. Le premier objet qu'on a alors devant soi c'est une niche de 0""6G de haut sur 0"°53 de large. A partir de cette niche les degrés de l'escalier changent de direction et les trois

• Base de murailles entièrement construite avec des tambours <lu colonnos, dans la basilique de Damous-el-Karita. D'après une photographie.

taille sont très bien conservées. On dirait une autre basilique venant s'ajouter à la basilique principale et à celle du baptistère.

Dans le mur longitudinal opposé au chemin, s'ouvraient des chapelles dont les restes atteignent encore plusieurs mètres de hauteur. Aux deux extrémités de ce mur on a déblayé deux de ces chapelles. La première, contiguë à celle qui occupe l'angle ouest de la basilique du baptistère, mesure 5 "40 de longueur et 4'"30 de largeur; l'absidiole a 2"'95 de diamètre, la chapelle est pavée de mosaïque et a renfermé des tombeaux. La deuxième mesure 7 "45 de longueur sur 4"|50 de largeur, son absidiolc présente des niches demicylindriques ayant pu être destinées à recevoir des statues. Entre ces deux chapelles, il y a plusieurs cellœ ou salles construites au-dessus de plusieurs égouts. Une d'elles était occupée par une citerne qui a été défoncée pour être transformée en puits. La destination de ces petites salles n'est pas connue avec certitude. Peut-être, vu leur proximité du baptistère, avaient-elles un rôle dans les cérémonies baptismales, ce qui n'empêcherait pas d'ailleurs qu'on y eût renfermé une partie du mobilier liturgique, les livres, etc.

'Delattre,'^ Les dépendances de la basilique de Damous-el- Kariia à Carllmge, dans Comptes rendus de l'Acad. des

derniers forment un angle droit avec les treize précédents; ils conduisent vers le fond de la cella pavée d'une mosaïque simple en cubes de marbre blanc. Ce qui caractérise cette chambre funéraire, ce sont les arcosolia. 11 y en a un sous l'escalier, un dans chaque paroi latérale et deux placés l'un au-dessus de l'autre vis-à-vis de l'escalier qui est appliqué au mur. Ces cinq arcosolia ont abrité des sépultures. Chaque tombe était constituée par une dalle longitudinale encastrée en avant de l'arcosolium. Une autre dalle horizontale servait de couvercle. Ces dalles ont disparu, mais la place de leur encastrement se voit encore. Une rainure horizontale au fond de Varcosolium indique l'épaisseur des couvercles et la place où ces dalles pénétraient dans l'enduit. Sous Varcosolium que surmonte l'escalier, il y avait deux tombes superposées. L'inférieure renfermait deux corps. 11 en était de même sous Varcosolium qui lui fait face. Outre les corps inhumés sous les arcosolia. deux autres cadavres reçurent la sépulture dans le sol même de la chambre; les fosses, de forme irrégulière, ont été creusées à travers la mosaïque.

Un autre caveau funéraire est formé d'un couloir sur un des côtés duquel s'ouvraient deux rangées de

inscript.. 1911, p. 566-583; Fouilles de Damous-el-Karita, dans niÎM e recueil, 1912, p. •lGO-470.

DAMOUS-EL-KARITA

niches, voûtées en berceau et revêtues intérieurement d'une couche de plâtre très blanc. Au fond d'une de ces niches on a relevé un chrisme dans une couronne, tracé à la pointe. Avant de combler ce caveau on tenta une dernière fouille et on rencontra plusieurs tombes, des mosaïques, des fragments de sculptures et d'inscriptions. Mais la découverte la plus intéressante fut celle, au milieu du champ, d'un caveau funéraire, situé à 25 mètres de la grande salle, dans le prolongement de la ligne de piliers opposée au chemin.

Caveau. — Il se compose d'une chambre voûtée en

Arrivés à la naissance de la voûte, nous pouvions constater que nous étions dans un édifice circulaire de Q'olS de diamètre. Bientôt apparut le sommet d'une colonne encore en place, entre deux niches peu profondes. Il était dès lors facile de deviner que niches et colonnes devaient se répéter tout autour du monument. En continuant le déblaiement, on se trouva devant un chaos de tronçons de colonnes tombées et brisées. Les fouilles fournissaient en même temps des fragments d'architecture tels que tètes, cornes et pieds de bélier; corps, têtes et ailes de chouette, feuilles épineuses

Vue ittr, uc juivjnt UIIl ht N

3568. — Chambre funéraire chrétienne, ù Damoiis-el-Karilu. D'après les Comptes renitus de l'Académie des inscripltons.

plein cintre, longue de 4 ""30, large de l^Oô. On eût pu la prendre ])our une citerne. Mais, eu la déblayant, on découvrit un escalier d'accès dans l'angle est du monument. Celte chambre fut partagée d'abord en sept auges par de.s cloisons en maçonnerie. Les deux compartiments du fond étaient surmontés d'une autre sépulture. Ces deu.K tombes ont été détruites; toutefois, leurs dalles de fermeture qui étaient encastrées dans les parois du caveau, ont laissé l'indication de leur place par des rainures très nettes traversant l'enduit, comme on le voit sur la figure 3568.

Rotonde. — Une tranchée creusée ù l'opposé du chemin dans le talus servant de limite aux deux terrains permit d'atteindre une construction imporlanlc, énorme calotte qui lit d'abord penser à une vaste citerne. On entreprit de la contourner, mais en dénudant cette coupole, on constata qu'elle était décalottée, et c'est par un orifice de huit mètres de diamètre qu'on se mit à la déblayer.

de chapiteaux, de consoles, etc. Un débris d'inscription donnait :

SITA ANNVE'mm

On découvrit dans celle salle deux baies d'accès, situées vis-;'i-vis l'une de l'autre, et, entre ces deux entrées, trois soupiraux destinés à laisser pénétrer un peu de lumière dans la construction souterraine, linlln, à 9 mètres de protondeur, on parvint au pavement de la salle, mosaïque de bonne époque, mallieureuscment assez mal conservée. Au centre, une portion de celle mosaïque, circulaire, de deux mètres de diamètre, est entourée de dalles larges de O^GO. (^cltc zone devait porter un chanccl ou un ciborium.

Dans l'angle sud comme dans l'angle est on retrouva une portion de mur circulaire i"! très grand rayon. Chacun de ces murs est percé d'une baie donnant accès dans une petite salle, puis dans un corridor qui aboutit

DAMOUS-EL-KARITA

à la rotonde. Les deux corridors sont symétiiques. Voici la description de celui de gauche, qui est le mieux conservé.

De la salle située derrière le mur en section de cercle, on descend dans un corridor long de 10 ""40. 11 s'enfonce dans le sol par quatre paliers en mosaïque séparés chacun par une ilifférence de niveau de trois marches.

Sous une des dalles qui portaient le chancel ou le ciborium, on a trouvé une curieuse lampe chrétienne en terre j^risàtre à l'emblème du Poisson. Sur les bords de cette lampe, une inscription en relief se présentant à l'envers et passablement énigmatique. On lit d'un côté : t AXBVCTA-, de l'autre crtté R-eSL-, suivi de quatre caractères qui semblent appartenir à l'écriture néo-

3569. — Caveau funéraire à Damous-el-Karita. D'après Comptes rendus de l'Acad. des inscript., 1912, p. iiio, HiT.'

.\près le quatrième groupe de trois marches, le corridor tourne à angle droit pour aboutir, par un escalier de neuf marches, à l'entrée de la rotonde. Le palier d'angle de ce couloir souterrain était orné de colonnettes dont les bases ont été retrouvées en place. L'intérieur du monument présente une salle sur plan exactement circulaire, entourée jadis de seize colonnes de granit, hautes de 3 "40. distantes l'une de l'autre de l^GO d'axe en axe. Entre les colonnes se trouvent de hautes niches descendant jusqu'à la mosaïque. Une seule des colonnes était demeurée intacte et debout, les neuf autres ont été reconstituées et redressées à leur place. Ces dix colonnes se profilent contre un mur en appareil régulier formé de petites pierres de taille aujourd'hui rongées par le temps.

La mosaïque n'offre aucun symbole permettant d'assigner à cette rotonde sa véritable destination.

Sur la zone de dalles qui entoure la partie centrale de la mosaïque, se dressaient sans doute des colonnes de moyen module dont nous possédons des fragments; ces colonnes étaient en marbre numidique.

punique (fig. 3572). Cette lampe ne paraît remonter qu'au vi" siècle.

Des deux escaliers symétriques communiquant avec la rotonde, le premier découvert, c'est-à-dire celui qui se présente à gauche, semble avoir été le corridor d'accès, tandis que l'autre paraît avoir été destiné à la sortie. En effet, le second couloir à son extrémité supérieure, près du mur courbe où il aboutit, est pavé d'une mosaïque dont l'ornementation symbolique, composée d'un grand cahce portant une large fleur rouge et entouré de divers oiseaux, se présente dans son vrai sens pour celui qui montait de la rotonde.

Ce curieux monument semble avoir été d'abord un baptistère, converti plus tard en chapelle avec une autre destination.

Mobilier FUNÉnAiRE. — La récolte n'est ni très variée ni très importante, encore que partout dans les fouilles on rencontre des tombes, des fragments de sarcophages, des bas-reliefs brisés, des mosaïques funéraires et. parmi les sépultures, deux sarcophages entiers, l'un d'enfant orné de strigiles, l'autre sans

DAMOUS-EL-KARITA

décor renfermant le squelette d'un adulte noyé dans du plâtre. Une tombe avait pour couvercle un magnifique soffite, grande dalle longue de plus de 2'"50 décorée de trois rangs de rosaces en relief dans des compartiments carrés. A noter aussi un cercueil de plomb.

Dans une des petites salles que nous avons désignées sous le nom de cellœ on a découvert deux sarcophages de marbre dont voici la description :

Sarcophage de marbre, long de 2 "11, large de O^BS, à face ornée de deux rangées de strigiles. Il était encore

Rotonde de Damous- el-Karit,

3570. — Rotonde de Daraous-el-Karita. Plan ù demihauteur de la tour. D'après Comptes rendus de l'Acad. des inscript., 1912, p. 47:i.

muni de son couvercle avec scellements de plomb aux deux extrémités. Ce couvercle est enliérement sculpté en forme de toit, mais c'est un couvercle de fortune. Sur un de ses grands côtés, il a été entaillé pour s'adapter à la largeur de la cuve. Tel quel, il paraît bien conservé. Mais lorsqu'il s'agit de le lever, on constate que le marbre s'eflrite il part en lambeaux, surtout dans les parties moins épaisses. Dans la cuve, un squelette aux ossements fortement brunis. Le cadavre semble avoir été couché sur le flanc droit, les jambes assez fortement pliées. Le crâne est complètement aplati. Un désordre inexplicable se montre dans la position des vertébre-s et des côtes. Le sacrum apparaît à la hauteur du cou. Ce qui reste du bassin laisse supposer que c'est le squelette d'une femme. La tête était du côté de la ville, les lùeds du côté de la grande basilique.

Sarcophage de marbre, long de 2'"'25, large de 0""61, haut de 0'".'>2, ù face ornée de sttigiles. La cuve, arrondie à ses extrémités, mesure intérieurement 1 ""85 de longueur, 0"47 de largeur et 0""12 de profondeur.

> Comptes rendus de l'Académie des Inscriptions. IQll, p. 568. —• Ibid., p. 569. — • ibirf., p. 569. — • Dclattrc, dans Recueil de C^mitanline, 1888-188'J, p. 297, n. 195;

Squelette qui paraît être celui d'une jeune fiUe d'une vingtaine d'années, ayant l'"45 de taiUe et de complexion déUcatc. Près de la main droite étendue le long du corps, on voit dans une matière brune ressemblant à de la terre d'ombre, une grande quantité de fil d'or. 11 devait y avoir là un document, peut-être un parchemin renfermé dans un sachet de drap d'or.

Le P. Delattrc fait remarquer que ces sarcophages de fennnes ou de jeunes liUes se trouvent dans la partie des dépendances de la basilique où ont été trouvées des épitaphes de nonnes.

Épigraphie. . — La plus importante de celles-ci se lit sur une grande dalle reconstituée à l'aide de vingt fragments trouvés les uns près des autres près de la basilique du baptistère, à l'entrée de l'édifice â double rangée de colonnes que nous avons décrit en premier lieu (col. 205). La pierre épaisse de 0'n04 a O^CO de hauteur et ne mesure pas moins de 2""18 de longueur ' :

EVTITIA HIC FELIX FIDELI MORTE QVIESCET ECLESIEQVAESEDESTAMSACRONOMINESIGNANS APPARET HINC CVNCTIS QVOD SE DEO DEDE-

\H\VmWM Eulilia hic fclix fideli morte quiescet, Eclesiie qux sedes (am sacro nomine signons, Apparet hinc ciinctis quod se Deo dederit[ipsa]

Une religieuse, veuve ou vierge, et probablement la supérieure ou présidente d'un groupe. Hauteur des lettres, CO?.

Inscription sur marbre blanc, entourée d'un encadrement rectangulaire de O^S? sur 0">49, lettres noir verdâtre de 0'"08 ^.

ACE \imvmmwMmxi9

V KAL SETTEMBER CO BVL BIRGO SACRATA in pa CE

Sur le bandeau inférieur de la face d'un sarcophage sculpté, en marbre blanc, plusieurs lettres gravées au-dessus d'une croix pattée dont on reconnaît le pied, nous donnent encore le titre de religieuse ' :

riRGO SACR"

fragment qui s'ajuste exactement avec celui trouvé il y a vingt-cinq ans à Damous-el-Karita, sur le bandeau inférieur de la face d'un sarcophage â bas-relief * :

CALCEDONIA VI.

les deux fragments réunis ont une longueur de O^SS, hauteur des lettres O^OSS, peintes en rouge :

CALCEDONIA VIRGO SACR("

Divers fragments ont présenté les formules suivantes qui se rapportent également â une communauté de nonnes ' :

'( . ONIA VIR,'/o f'in-ft] l> VIA VIR!/'i .«l'TOi

'• ■-''''■f/0 SACR,

(/ . I niju SACR'ii

V ï iii-iju SACR IN pac

Ces épilaphe.s de nonnes ajoutées à celles déjà rencontrées au même lieu ne permellcnt plus de

Corpus inscriptionum tatinarum, t. viii, n. 13533. — • Comptes rendus de l'Académie des inscriptions, 1911, p. 571.

DAMOUS-EL-KARITA

mettre en doute l'existence d'un monastère :'i proximité et dépendant de la basilique. Il n'est pas impossible qu'une partie des bâtiments récemment fouillés en ait fait partie. •

car la grande dalle dans la partie inférieure a été entaillée de plusieurs centimètres sur toute sa lontiueur. La coupure correspond au bas des lettres de la dernière liîne de l'épitaphe.

Vue de la rotonde de Damous-el-Karita — et coupe verticale sur l'axe des entrées. D'après Comptes rendus de l'Académie des iiixcriplions, 1912, p. 171 et 474.

Quelques autres inscriptions rencontrées au cours des fouilles sont de simples fragments d'une brièveté décincertante; sur l'une : ArPiniN[c; '; sur une autre : E'^AOIIC gravée sur le socle d'un basrelief de marbre. Celle-ci, qui est entière et certainement très ancienne, est gravée sur une grande dalle de pierre grise, longue de 2 "13 sur 0°'46 ' :

mANNIANOC à,

^ANNIANOY M

veioceNeiPHHN)^

hauteur des lettres O^OS. .\ux deux côtés de l'inscription, sur le sommet d'un triangle, se dresse une palme droite. A la fin de la première ligne se voit une colombe. A droite, entre l'extrémité des lignes et la palme, on voit gravés plusieurs signes qui appartiennent peut-être à une langue orientale. Ce n'est cependant pas du punique. Cette inscription aux caractères étranges est parallèle à la palme. Elle n'est peut-être pas entière.

Enlin un alphabet gravé sur une tablette de O^IS sur 0'°'29 ' :

ABCDEFGHIKLM

NOPQRSTVXG

OQORS

Une des plus intéressantes parmi les inscripli;>ns de Damous-el-Karita est celle-ci ' :

FLAVIVS

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