‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 4)Chapitre 57 sur 251 · SIC SEMPER · texte numérisé non relu

SIC SEMPER

Dans le caveau funéraire que nous avons décrit le deuxième, on découvrit une dalle de calcaire gris,

' Comptes rendus de l'Acad. des tnscrip., 1911, p. 571 — » Ibid., p. 572. — • Ibid., p. 574. — « Ibid., 1912, p. 464

DAMOUS-EL-KARITA

haute de 0^32, longue de O^Qô, portant l'inscription suivante (les lettres ont 0"055) ' :

MICCE FIDELIS IN PACE DP SU IDVS IVNIA

et sur un fragment de calcaire gris : O^SS de haut, 0"°27 de larg., O'-'OSS épaiss. : AVRELIA;

Objets divers. — Un cadran solaire (voir Dictionn., t. in, col. 1514, fig. 2862).

Une main de marbre blanc, bénissant de la manière latine '.

Deux lampes chrétiennes. 1" Lampe à deux becs ornée d'une croix pattée avec médaillon représentant

3572. — Lampe trouvée dans la rotonde.

D'après Comptes rendus de l'Acad. des inscript., 1912,

l'agneau ' (fig. 3573). 2° Lampe représentant un pâtre jouant de la flûte dans un abri perché sur un arbre, à ses pieds un chien poursuit un liè\Te et une fillette semble rassembler un bouquet *.

Quatre bracelets en pâte de verre, de couleur noire, grains de colliers, de corail, coquilles percées d'un trou.

Un poisson en os ou en ivoire.

Chapiteaux. — Parmi les découvertes les plus intéressantes faites dans la rotonde, nous signalons les chapiteaux trouvés dedans et autour de cette rotonde, (^es chapiteaux « sont entourés à leur base d'une couronne de feuilles d'acanthe qui s'élargissent et s'étalent en se développant. Des béliers, d'un travail rude et sommaire, mais d'une exécution vigoureuse, sont indépendants l'un de l'autre pour la partie antérieure du corps, tandis que leur arrière-train se confond dans une même masse et constitue la partie pleine du chapiteau. Chaque bélier semble sortir sous un des angles de l'abaque, du sein de larges feuilles décou-

' Comptes rendus de l'Acad. des inscr., 1912, p. 466. — ' Jbid., 1911, p. 579, fig. 5.— ' 2bid.. 1911, p. 580, ng. 6. — • Ibid., 1911, p. 582, ng. 7. — • Héron «le Villelossc. Chapiteaux à tètes d'animaux trourfs à Damousel-Karila (Carihage), dans bulletin monumental, 1912, t. Lxxvi, p. 416-425; Delattre, J'ouilles dans la basilique de Damous-el-Karita à Carthage et découverte d'épitaphes chrétiennes, dans Bull. arch. du Comité, 1911, nov., p. .xviiisq.

pées où se perdent ses jambes. Vn bouquet de feuilles d'acanthe remplit l'espace vide entre deux béliers. Les têtes, les avant-corps et les pattes, détachés en forte saillie, forment une décoration imposante, image de la force et de la résistance. Des quatre béhers retrouvés dans les fouilles, un seul a conservé intactes ses grandes cornes recourbées ' (fig. 3574).

Ce n'est pas l'unique exemple connu en Afrique d'un chapiteau avec des avant-corps de béliers. En 1899, on en signalait un dans la mosquée de Sidi-Okba à Kairouan et d'autres à la Djama Zitouna de Tunis ', un autre encore à la mosquée des Trois-Portes à Kai-

3573. • — Lampe trouvée dans la basilique.

D'après Comptes rendus de l'Acad. des inscripl., 1911,

p. 580, fig. 6.

rouan ', tous du vi« siècle et enlevés par les Arabes des basiUques chrétiennes; enfin, près de Sousse, à trois kilomètres à l'ouest de Bou-Ficha, dans les ruines d'une basihque chrétienne '.

Outre la série des têtes de béhers il y a la série des létes de lions, les yeux énormes, la gueule ouverte, les crocs menaçants. Ils sont disposés comme les béliers; leurs avant-corps se détachent d'un massif central dans lequel les parties postérieures restent confondues et indistinctes (fig. 3574).

Une troisième série est constituée par des aigles • qui, comme les béliers et les Uons, supportaient les angles des abaques. 11 serait intéressant de savoii exactement si ces aigles sont représentés au repos ou si leurs ailes largement ouvertes ont été brisées accidentellement.

Derrière le Iriclwrum qui s'ouvre sur l'atrium de l'ancienne basilique, parmi d'anciennes sépultures chrétiennes, on découvrit une dalle de marbre blanc

— * H. Saladin, La mosquée de Sidi-Okba à Kairouan, dans Collection des ninnum. arabes, p. 71, Hg. 39. — 'II. Saladin, dans Bulletin iirchéolugique du Comité, 1901, p. 440, ng. 3. — "II. Salndin, Sole sur un chapiteau trouvé pris de Sousse, dans Bull. arch. du Comité, 1901, p. 438-143, pi. XXXII. ■ — • J. I*. Kirsch, L'aigle sur les monuments figurés de l'antiquité chrétienne, dans Bull, d'art, litt. et d'archéol. chrét., 1913, l. m, p. 112-120.

DAMOUS-EL-KARITA — DANA

longue de 0^72, large de 0°'49 et épaisse de 3 à 4 ceiiUmètics. C'est une table à jeu, tabula lasoria, qui offre cette particularité d'être anépigraphc. Les six mots de six lettres ou l'inscription de trente-six lettres,

le monogramme du Glirist, avec la boucle du P tournée en sens contraire; les lignes extrêmes ont une demilune entre chaque rangée de six feuilles (fig. 3575). Le travail de gravure cît irrcgulier, c'est un meuble

74. — Chapiteaux de Daraous-el-Karita. D'après le Bullelin nioniimenlal, 1912, t. Lxxvi, p. 420-423.

disposée sur trois lignes, que portent d'ordinaire ces labulse, y sont remplacés par une ligne de douze petits cercles et par deux autres lignes, formées chacune de

3575. — Table à jeu de Damous-cl-Karita.

D'après le Pnllel. de la Soriélé des antiquaires de France,

douze feuilles, semblables aux hiedene ou feuilles de lierre si fréquentes comme ponctuation épigraphiciue, mais ici les feuilles n'ont pas de queues. Au milieu,

' Héron de Villetosse, Xote du P. Delatire et observations sur une tabula lusoria de Carllmge, dans Bull, de la Soc. nat. des anliq. de France, 191)'.), p. 375-376. — = C. Tcxier et R. Pullan, L'archiieclure bij-.anlini; ou recueil de nionumenU des premiers temps du clu-istianisme en Orient, précédé de recherches historiques et archéologiques, in-tol., Londres, 1864, p. 193-194, pi. Lix, Lx; H. Rott, Klein-

d'usage et non un ouvrage soigné. 11 est tUincile de songer à une date entre le iv« et le vii« siècle. Toutefois, il est bon de noter, comme l'a fait le P. Delattre, le rapprochement du Chrismon et des feuilles et pois tel qu'on le rencontre sur beaucoup de lampes. D'après cette analogie, on pourrait songer avec quelque vraisemblance à la date du V siècle '.

H. Leclercq.

DANA. . — Dana, sur la route d'Alep à Antioche, ville jadis importante remplacée par une insignifiante bourgade. Les ruines se divisent en plusieurs groupes comme si la ville eût été formée de plusieurs quartiers distincts. Tous les bâtiments, quoique d'époques différentes, sont construits en grand appareil; la pierre étant d'ailleurs fournie par la contrée. Les murs sont élevés sans maçonnerie ni ciment d'aucune sorte.

Au milieu du village s'élève l'ancienne église convertie en étable (fig. 3576). L'intérieur se compose d'une double colonnade supportant des arcades; le chœur et l'abside étaient intacts quand Texier passa en ce lieu en 1840 -. La forme du plan est un quadrilatère qui se rapproche du carré. L'intérieur est divisé en trois parties : la nef et les bas-côtés, qui sont séparés par deux rangs d'arcades soutenues par des colonnes. A droite et à gauche de la net il y a cinq arcades, séparées par deux pilastres et trois colonnes.

asiatische Denkmdleraus Pisidien,Pamphylien,Kappadokien und Lykien. in-8°, Leipzig, 1908, p. 119, note 2; J. Strzygowski, Kleinasicn. Ein Neuland der Kunsigeschichtc, Leipzig, 1903. p. 31, 161; H. C. Butler, .4rdn7ec/iire and olher Arts, 1904, p. 142-143, fig. 53-54 (d'après Texier); Prontico, part. IH, inscript. 90, l'inscription est encastrée aujourd'hui dans un mur uiodcrne.

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