‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 4)Chapitre 58 sur 251 · DANA · texte numérisé non relu

DANA

Dimensions à l'extérieur, 16"" x 14"; nef ll^lO X 13™10 de large à l'intérieur.

La forme des arcs est à plein tiiitre; mais le sommier de l'arcade ne repose pas sur le chapiteau de la colonne, il est exhaussé par trois assises de pierre. Les Bvzantins ont très souvent employé cette forme d'arc, qui était inconnue aux Romains, mais restait à déterminer l'époque précise des premières constructions de ce genre. Dès qu'ils turent WxtH à eux-mêmes et

ceux des colonnes sont à peu près du même style, mais sont ornés de guirlandes sculptées d'une manière extrêmement délicate. A droite et à gauche de l'abside, sont deux petites salles destinées au gazophylakion et au skcuophylakion. l.'égUse n'était pas voûtée, mais un toit de charpente \enait s'appuyer sur les deux nmrs longitudinaux. II ne parait pas que cette église ait jamais été décorée de peintures. Les bas-côtés étaient également couverts par un toit en charpente.

3576. — Église de Dana. D'après H. C. Butler, Archilecliire and allier arti, 1904, p. 14.3, fig. 54.

hors de tutelle, les architectes byzantins montrèrent peu de goût pour l'arc en plein cintre tel que l'avaient pratiqué les Romains. Au lieu défaire poser l'imposte directement sur le chapiteau des colonnes supportant les arcs, ils imaginèrent l'usage d'une sorte de dé ou de cube plus ou moins richement décoré, qui fit office de dosseret pour soutenir l'imposte.

La voûte de l'abside de Dana est à plein cintre, mais diffère des arcs romains en ce que le centre du cercle est surélevé d'une assise au-dessus de rim]>osle. La courbure circulaire de l'arc alTccte donc la forme d'un fer à cheval, comme dans l'église d'Aladja (voir Didionn., t. ii, col. 559, lig. 1423). L'archivolte suit la même courbure et ce qui donne surtout l'intérêt à ce fait, c'est qu'il est daté. On a longtemps attribué cette innovation à l'art musulman dont il n'est pas même, on le voit, une caractéristique. En .\rnienie, on signalait une église dont la construction était attribuée au milieu du vu' siècle. Avec l'inscription de l'église de Dana nous pouvons remonter cette date d'un siècle.

Les murs latéraux sont appareillés avec une préci slon peu comimme, et toutes les moulures sont calculées de manière à produire un efTel agréable. Les chapiteaux des impostes sont d'ordre corinthien, et

Ce monument n'offrirait qu'un intérêt secondaire, sans cette inscription placée au-dessus de la porte d'entrée :

Eîi; @c6i y.-j.\ 0 Xî'.CTOç aùxoS xai -h "Ayiov IlveOaa "Etouç ôxTaxoïToû TTEVTïiXOïToO OEUTScou [por|Os'; MY,vb; roç'K'.['j.\]'j\) E'.xocTOÙ éêoou.O'j

'IvOlXTlOVOÇ Tp!TY|Ç.

« Un seul Dieu et le Christ, son fils, et le Saint-Esprit nous soient en aide. L'an 852, le 27 du mois de GorjjiEeon, la 3' indiclion. »

Cette date 852 est celle de l'ère des Séleucides, qui commence 313 années avant notre ère, elle correspond par consé(iuenl à l'année 540 après Jésus-Christ, 3" année du règne de .Justinien. 11 esta remarquer que cette église fui bâtie l'année même delà restauration d'Antioche. Elle nous oITre un spécimen de l'architecture du temp^ (le Justinien à pareille époque et une date certaine pour l'emploi de l'arc en fer à cheval dans les monuments chrétiens. On retrouve ce même arc dans les constructions du chAteau d'Édesse, qui est aussi un ouvrage de Justinien, de même l'église wisigothiquc de Saint-Juan deBaûos(voir Didionn., t. ii, col. l'J3, flg. 1262)

H. LECLEHCg

DANIEL

OANIEU. — I. Le tvpe symbolique. II. Fresques. III. Statues. IV. Haut-relief'. V. Bas-relief. VI. Sarcophages. VII. Ivoires. VIII. Mosaïques. IX. Plaques barbares. X. Fonds de coupes. XI. Médaillons de verre. XII. Pâtes de verre. XIII. Patène. XIV. Étoffe. XV. Miniature. XVI. Bas-relief. XVII. Coupes. XVIII. Bronze. XIX. Plomb. XX. Argent. XXI. Gemmes. XXII. Gravure au trait. XXIII. Grav-ure au burin. XXIV. Bois XXV. Cui\Te repoussé. XXVI. Lampes. XXVII. Carreau estampé.

I. Le type symbolique. — Le livre de Daniel est un de ceux qui ont suggéré aux chrétiens quelques-uns de leurs symboles les plus répandus. Les trois amis du prophète jetés %ivants dans une fournaise après leur refus d'adorer la statue royale. Daniel précipité dans la fosse aux lions. Il intervient en faveur de Suzanne injustement accusée. 11 fait mourir le dragon des Babyloniens. Il est secouru par Habacuc dans la fosse oi"i il a été jeté pour la deuxième fois parmi les Uons. Nous étudierons les épisodes des Hébreux (voir ce mot) et de Suzanne (voir ce mot) quand la suite alphabétique nous y aura amené. Ici, il n'est question que de Daniel jeté aux Uons à deux reprises différentes.

Une première fois, sous Darius le Mède, les satrapes circon\aennent le prince et lui font promulguer un décret aux termes duquel Daniel obstinément attaché à sa religion et à son culte traditionnel est coupable de lèse-majesté. Darius voudrait le sauver lorsqu'il apprend que le juif est tombé sous le coup de la loi, mais il ne peut lutter contre l'interprétation rigoureuse des satrapes. « .-Mors le roi donna un ordre, et on amena Daniel, et on le jeta dans la fosse aux lions. Et le roi dit à Daniel ; » Ton Dieu que tu adores sans cesse te déh\Tera. » On apporta une pierre et on la mit sur l'ouverture de la fosse, et le roi la scella de son sceau et du sceau de ses grands. Darius rentré au palais ne soupe pas, ne dort pas et, le lendemain, » levé dès le point du jour, il alla en toute hâte à la fosse des lions; et, s'approchant de la fosse, il appela Daniel d'une voix triste et lui dit: a Daniel, serviteur du Dieu vivant, ton Dieu que tu sers sans cesse a-t-il bien pu te délivrer des Uons ? » Daniel répondit au roi : « Roi, vis éterneUement I Mon Dieu a envoyé son ange, qui a fermé la gueule des Uons, et ils ne m'ont fait aucun mal, parce que j'ai été trouvé juste devant lui ; et devant toi non plus, 6 roi, je n'ai rien tait de mauvais. • Darius fit sortir Daniel et jeta à sa place ses accusateurs, leurs femmes et leurs enfants en pâture aux Uons (Daniel, VI, 5-24).

Une deuxième fois, sous le règne de Cyrus, Daniel, toujours fidèle au Dieu des juifs, obtient la permission de faire manger à un dragon sacré un gâteau fait de poix, de graisse et de poils cuits ensemble; le dragon en creva, .aussitôt un soulèvement populaire exige du roi le châtiment de Daniel qui est jeté dans la fosse aux Uons où il demeure six jours, au miUeu de sept Uons privés de toute nourriture. 11 y avait alors, en Judée, un individu nommé Habacuc qui, après avoir cuit des aliments, les portait avec du pain aux moissonneurs. L'ange du Seigneur le saisit par le haut de la tête et le déposa à Babylone au-dessus de la fosse de Daniel qui mangea et Hal^acuc repartit de la même manière. Le septième jour Cyrus fit tirer Daniel de la fosse et y jeta ses accusateurs (Daniel, xiv, '22-41).

Tels sont les trois épisodes que l'art chrétien primitif a reproduits inlassablement. L'empoisonnement du dragon est moins fréquemment représenté que le séjour parmi les Uons et le paralléUsme absolu des deux scènes ne permettait guère de les distinguer l'ime de

* J. Wilpert, Fractio panis.La plus ancienne représentation du sacrifice eucharistique, ln-4<>, Paris, 1896, p. 2-3, pi. ix; H. Leclercq, Manuel d'archéol. chiéL, 1907, t. ii, Qg. 219;

l'autre, sauf dans la représentation d'Habacuc qui permet d'identifier la deuxième épreus'e du prophète. Quant au nombre des Uons, les artistes chrétiens ne ne s'en sont guère préoccupés; deux Uons leur ont paru suffire et exceptionnellement on en voit quatre sur une mosaïque de Furni.

C'est par une image de Daniel parmi les Uons que s'inaugure la peinture et la symboUque chrétiennes. Dans la catacombe de Domitille, sur la paroi gauche de la galerie des Flaviens, une fresque s'est conservée suffisamment pour nous donner une idée de ce début. Daniel debout, les bras levés dans l'attitude de la prière, vêtu dune tunique à l'exomide ceinturée à la taille, monté sur un tertre minuscule ou plutôt sur une sorte de haut tabouret, attend l'assaut de deux Uons passants, vus de protil. Du premier coup, le iype est créé et se perpétuera sans modification dans ses Ugnes essentielles ; car c'est plutôt au compte de la maladresse qu'au compte de l'imagination qu'il faudra mettre les lions assis, couchés, contournés jusqu'à l'acrobatie. La seule modification importante à noter sera dans le vêtement. Au i»' et au ii= siècle, Daniel est vêtu de la tunique; à partir du m" siècle, il est complètement nu et, deux fois seulement au iv siècle, les fresques lui accordent une ceinture ; une pierre tombale lui concède un petit pagne qui devient la règle sur les représentations d'origine barbare, en attendant qu'au XVII': ou au xviu^ siècle, il soit pourvu d'une toge sur la statuette qui remplace dans le sarcophage de Junius Bassus (voir ce dernier mot) l'ancienne statuette de Daniel tout nu.

Dès le début du n" siècle, nous retrouvons Daniel sur les fresques de la Capella grcca (voir ce mot) au cimetière de Priscille. Outre sa présence dans les scènes figurant l'épisode de Suzanne (voir Didionn., t. II, fig. 2061, 2064), nous voyons une interprétation de la scène des Uons. Ce qui en fait surtout l'intérêt, c'est la présence d'un paysage. .\u premier plan, Daniel debout, vêtu, semble-t-il, d'une sorte de courte tunique que recouvre la pœnala. De chaque côté, deux Uons accroupis, la queue ondulée, respectueux de la prière de Daniel. Un peu à gauche, se dessine la partie supérieure d'une grille; à droite, poussent des arbrisseaux. Au deuxième plan et formant le fond du tableau un portique à sept colonnes surmonté de deux galeries et flanqué à droite et à gauche de deux édifices, qui semblent être des temples. .\ droite, une toute petite toureUe surmontée d'une calotte demi-sphérique et un temple à fronton sur le sommet duquel se dresse un croissant. .\ gauche, une deuxième tour ou rotonde très grande, avec coupole surmontée d'un groupe de deux personnages. Bien qu'ils ne soient qu'ébauchés, on distingue néanmoins des personnages vêtus, l'un debout, l'autre à genoux. Il semble superflu de faire des conjectures, en attendant mieux, sur le sujet représenté '.

A partir du iii= siècle, le type est non seulement fixé, mais, pour ainsi dire, vulgarisé. Tout l'intérêt qui s'y attachera désormais se placera dans le nombre et dans la variété des monuments ainsi que dans les légères variantes à signaler dans tel ou tel d'entre eux. Dans une peinture des catacombes de Naples, Daniel est encore vêtu et même coiffé du bonnet phrygien -, mais à partir de la fresque de la voûte du cubicule III du cimetière de DomitiUe, le type est, en quelque façon, stéréotjT)é. C'est un grand et bel adolescent, imberbe, svelte, représenté de face, les bras levés dans l'attitude classique de la prière. Les sarcophages se conformeront sur ce point à la tradition, tout au plus pourrons-

cf. Dfc(ionn.,t. ii, col. 2091, flg. 2062. —'Y. SchulUe. Die Katakomben, die altchrisilichen Grabslàllen, ihre Geschichtc und ihre Monumente, in-S", Leipzig, 1SS2, p. 305.

DANIEL

nous signaler à Luc-de-Béarn et à Soissons deux tentatives d'interprétation indépendante avec un Daniel vu de profil, marchant, le bras levé vers le roi qui vient à lui 1. Sauf ces exceptions, sauf le Daniel vêtu et coiSé d'un bonnet phr>-gien sur un sarcophage de Ravenne -, on ne peut signaler que de timides essais d'innovation se réduisant à introduire deux oli^^ers à l'arrière-plan de la composition ^

La plus importante modification, non du t>-pe de Daniel, mais du sujet, est apportée par quelques sarcophages qui figurent l'intervention d'Habacuc chargé de vivres ♦. Celui-ci est tantôt représenté suspendu en l'air — ce qu'indique la présence des étoiles (voir Dictionn., t. i, fig. 1042). — tantôt rendu auprès de Daniel ainsi que l'ange du Seigneur =.

Telles sont les lignes essentielles du développement du symbole de Daniel. Les petits monuments ne font guère que s'inspirer des modèles offerts par les fresques, les mosaïques, les sarcophages. On a pu se demander la raison qui poussa les chrétiens à partir du 111= siècle à retirer à Daniel la tunique qui semblait s'accommoder mieux avec la modestie prescrite aux fidèles qu'une complète nudité. Il n'est pas inutile de rappeler parfois que ce qui nous choque un peu aujourd'hui passait alors très inaperçu. Et si à Daniel vêtu on a substitué et longtemps maintenu Daniel absolument nu, comme il serait inacceptable d'y voir une intention impudique, il faut bien supposer autre chose. Les textes, à notre connaissance, ne mettent pas sur la voie d'une explication certaine; mais ce qui semble probable, c'est qu'on a eu souci de représenter le chrétien livré à une perte certaine, inévitable, dénué de tout secours, dans un état d'impuissance absolue et délivré néanmoins par le secours divin. C'est ce que nous dit \Ordo commendalionis animée, dans cette formule : Libéra, Domine, animam cjus, sicul, liberasti Danielem de lacu leonum ', c'est ce que nous lisons aussi sur la coupe de Podgoritza (voir Dictionn., au mot Coupe) ' :

DANIEL DE LACO LEONIS.... LIBERATVS EST

Est-ce le deuxième épisode que veulent rappeler les nombreuses représentations de Daniel, afin d'évoquer par le repas d'Habacuc l'idée du repas eucharistique'? Nous n'en savons absolument rien. Il est fort possible que beaucoup de fidèles, alors comme de nos jours, ne se soient pas doutés que Daniel avait été livré aux lions à deux reprises: partant, ils n'ont pas distingué. Il semble même qu'il n'est pas trop aventureux de croire qu'avant l'apparition d'Habacuc sur des sarcophages,

» E. Le Blant, Les sarcophages chrétiens de la Gaule, 1886, p. 15 sq., pi. xxvii, n. 3. — ' Garrucci, Storia dell' arte cristiana, t. v, pi. cccxxxii, n. 3 ; Dichl, Bawnne, p. 38.^ — •Garrucci, op. cit., t. v, pi. ceci, n. 3 (Aix); pi. cccxx, n. 2 (Mantoue); cccLviii, 1 ; cccLix, 1 (Rome); ccci-xxiv, 4 (Velletri). — 'Garrucci, op. cit., t. v, pi. cccxxiii, n. 2 (Brescia); pi. cccxlviii, n. 1; ccclviii, n. 3 (Rome). — •Garrucci, op. cit., t. v, pi. cccxxii, n. 2;ccclxv, n. 2; ccci-xvii, n. 1, 2; cccxxviii.n. 2; cccxcviii, n. 4 (à Rome); pi. cccLXIv, n. 3 (à Pise); E. Le Blant, Étude sur les sarcoph. chrél. de la ville d'Arles, 1878, p. 34-35, n. 27, pi. xx, n. 2; p. 11, pi. VI, p. IG; Les sarcophages de la Gaule, 1886, p. 15, 55, 56, 81, 83, 99, 103, 118, 137, 148. — • Le Blant, Étude sur les sarcoph. d'Arles, 1878, p. xxviii. — Daniel est aussi symbole de la résurrection, cf. Bosio, Roma sotterr., p. 616; Aringhi, Roma subterr., t. 11, p. 263; Bottari, Seuil, e pillure, t. m, p. 5',! ; liuonarotti, Vetri, p. 18; Macarius, Ilagioglgpta, p. 118. Dans les Constitutions apostoliques, I. 'V, c. VII, la vérité de la résurrection est invoquée par la prophétie de Daniel, car le Seigneur qui ressuscita La/are, préserva Jonas et sauva Daniel, saura nous faire renaître. Ces trois symboles ont été parfois rapprochés, pcut-ttrc en réminiscence et par manière de commentaire, du texte des Conslilu/ioiis, écrit E. Le Blant, Rcc. des inscr. clirit. de la Gaule, t. n, p. 165, note 3; c'est peu

personne de ceux qui virent les fresques des catacombes ne songea à plus ou à mieux qu'à une libération inespérée et aucunement à un repas eucharistique ; cette dernière interprétation dut être postérieure. Même invraisemblance pour l'inspiration due à l'exemple des condamnés aux lions. La fresque du cimetière de Doniitille qui fixe irrévocablement le type symbolique est de la seconde moitié du i^'' siècle, par conséquent bien antérieure aux supplices célèbres tels que celui de saint Ignace dans l'amphithéâtre; d'ailleurs, les condamnés ad bestias n'étaient pas entièrement nus.

Une particularité à relever, c'est le rôle attribué aux lions sur les plaques des barbares. A Daillens, village du canton de Vaud, une de ces plaques de ceinture porte cette inscription autour de la figuration de Daniel entre deux lions dressés, la croupe en haut ' :

Diiiniel, Duo leones pedes ejns lingebant.

Or, d'après le texte, Daniel était assis au milieu des sept lions. Cela n'a pas suffi et sur des agrafes retrouvées en Gaule, les lions s'inclinent devant Daniel et lui lèchent les pieds. Ce miracle supplémentaire se retrouve dans nombre de passions apocryphes ou interpolées. Dans la Passio de sainte Tliècle, nous lisons : Lama mittens linguam lingebat pedes Thcclu: ' et dans le passage de saint Ambroise relatif à cette sainte : Cernere eral lingentem pcdem besliam '°. Le même détail reparaît sous la plume des hagiographes dans plusieurs Passions, dont aucune n'est indemne de retouches, celles d'Eleutlière, de PauUn, de Christine, d'Anicet, de Marcel, de Fortunée ".

Nous allons aborder maintenant le classement de quelques monuments.

II. Fresques. — Le symbole de Daniel se voit aux catacombes sur trente-neuf fresques dont trois sont aujourd'hui détruites et une n'a pu être retrouvée. Elles se répartissent chronologiquement ainsi : une au i''' siècle, deux au ii', neuf au ni«, le reste au ive siècle. Seules les trois plus anciennes lui donnent un vêtement; à partir du iii« siècle, il est complètement nu, sauf sur deux peintures du i\' siècle, où il porte une ceinture.

1. Cim. de Domitille, paroi gauche de la galerie des Flaviens. Seconde moitié du 1=' siècle. Daniel, velu de la tunique exoinide, ceinturée à la taille, dans l'attitude d'orant, sur un petit piédestal, entre deux lions. — De Kossi, Bull, di arch. rrisl.. 18G5, p. 42; Garrucci, Storia dcliarlc cristiana, t. 11, pi. .\ix, n. 2; Wilpert,

vraisemblable, car le texte des Constitutions n'est probablement pas assez ancien dans ce passage pour qu'on lui attribue cette inspiration. La présence du Christ ù côté de Daniel empoisonnant le dragon sur un fond de coupe peut signifier que Daniel, ce faisant, a vaincu l'enfer; c'est une interprétation de convenance. Le plus curieux rapprochement est celui qu'offre un sarcophage d'Arles, où Lazare ressuscité sort du tombeau dont la base présente une sculpture dont le sujet est Daniel empoisonnant le dragon. — ' Ibid., p. xxviii. — ' E. Le Blant, .Voiiuraii recueil des inscripl. chrét. de la Gaule, 1892, p. 112, n. 93. — • GnUie, Spicilegiunt sanctorum patruin, t. i, p. 108; L. Le Blanc, Notes archéologiques sur les actes de sainte Thécle, dans .4nniiairc de l'Association pvur l'ciu-ouragement des études grecques, 1 877, p. 260. — " S. Ambroise, De uirginibus, 1. 1 1, c. 1 11 ; /'. X-., t. XVI, col. 210. — " .4r(a sancl., 18 avril : .4c(a .S. Eleutlierii; 12 juillet, ^lc(a -S. Puulini, § 12; '24 juillet, Pa.s.sio S. Chrisliniv, % 16; 12 août, Compendiiiin martijrii S. Aniecti, §2; 27 août : .4c/u i'. Marcelli, §7; 14 octobre, Passio S. Purtunatu-, S 9. Il n'y u aucun rapprocnement ù établir entre le type de Daniel et l'homme livré aux lions des hypogées de Tnrquinia, cf. .\. île Itastard, Rapport sur une crosse du -V/c siècle Irouuée dans l'église de ï inin, tliins Uulletin du comité de la langue, de l'histoire et des arts de la rance, 1857, t. iv, !>. 441 ; p. 623, note 146.

DANIEL

Le pitiure délie calacombe romane, pi. v, n. 1, p. 308, n. 1.

2. Cappella grcca, paroi de fi'ont sur la niche à droite. Début du ii« siècle. On ne voit plus que le bras droit du prophète, le cùté droit et une partie de la tète. Les lions, celui de gauche surtout, sont à peine visibles. Tandis que dans la fresque précédente, les lions marchent, ici, ils sont assis sur leur train de derrière, suivant le type appelé à prévaloir. Fond d'édifices et fosse aux lions bordée d'une grille. Wilpert, Fractio partis, pi. IX ; H. Leclercq, Man. d'arcli. chrct., t. ii, p. 181, fig. 219; Wilpert, Le pitture, p. 308, n. 2.

3. Crypte de Lucine, voûte, médaillon central. Première moitié du ii= siècle. L'état de dégradation est tel que De Rossi avait cru y voir le Bon Pasteur, Garrucci et tous ceux qui suivirent se conformèrent à celte indication jusqu'à ce que De Rossi se fût corrigé en 1869. Daniel vêtu de l'exomide avec le clavus étroit, paysage d'arbres. De Rossi, Roma soUerranea, I. I, pi. X, p. 322; Garrucci, Storia, t. ii, pi. ir, 5; De Rossi, Bull., 1869, p. 48, note 1 ; Wilpert, Le pillare, pi. XXV, p. 308, n. 3.

4. Cim. de Domitille, voûte du cubicule III. Première moitié du ni': siècle. Bosio avait vu l'original intact, mais au xviii" siècle on détacha quelques sujets, entre autres Daniel que nous ne connaissons plus que par le dessinateur de Bosio, Avanzini. Ici les lions sont contournés, ayant la croupe vers Daniel et la tête retournée vers lui, queues ondulées. Bosio, Roma sotlerr., p. 239; Aringhi, Roma sublcrr., t. i, p. 347; Bottari, Pitiure e seuil., pi. lxiii; Garrucci, Storia, t. ii, pi. xxv; Wilpert, Le pitiure, pi. lv, p. 309, n. 4.

5. Cim. de Pierre et MarceUin, voûte du cubicule III, milieu du m" siècle. Un des plus corrects. Bosio, Roma soll., p. 339; Aringhi, Roma subi., t. ii, p. 67; Bottari, Pitiure e scult., t. ii, pi. ci; Garrucci, Storia, t. n, pi. xxm, 1; Wilpert, Le pitture, pi. lxxiii, p. 309, n. 5.

6. Cim. de Calliste, à droite de la voûte d'un arcosolium. Deuxième moitié du iii= siècle. De Rossi, Roma sotlerr., t. ii, pi. xix, 1, xx, 1; Garrucci, Storia, t. II, pi. XVI, n. 1 ; Wilpert, Le pitture, pi. lx.xxix, 1, p. 309, n. 6.

7. Cim. de Pierre et MarceUin; centre de la voûte de l'arcosolium du cubicule XIV. Deuxième moitié du iii« siècle. Rossi, Roma sotlerr., p. 387; Aringhi, Romasublerr., t. ii, p. 115; Bottari, Pitture e scult., t. ii, pi. 125; Garrucci, Storia, t. n, pi. lv, n. 1 ; Wilpert, Le pitture, pi. cm, n. 4; p. 310, n. 7.

8. Cim. de Pierre et Marcellin, centre de la voûte du cubicule XII. Deuxième moitié du iii= siècle. Bosio, Roma sotlerr., p. 377; .\ringhi, Roma subterr., t. n, p. 105; Bottari, Pillurc c scult., t. n, pi. cxx; Garrucci, Storia, t. u, pi. ui, n. 1; Wilpert, Le pitture, pi. civ, p. 310, n. 8.

9. Cim. de Prétextât. Lunette de l'arcosolium de Carvilia Lucina, deuxième moitié du iii= siècle. Wilpert, Le pitture, pi. cvi, n. 1, p. 310, n. 9, fig. 28.

10. Cim. de Pierre et Marcellin, paroi de fond du cubicule voisin de la crypte de Quintia. Deuxième moitié du m'" siècle Wilpert, Le pitture, pi. cvii, n. 2, p. 311, n. 10.

11. Cim. de Prétextât. Centre de la voûte de l'arcosolium de Daniel près de CarviUa Lucina. Fin du m» siècle. Wilpert, Le pilture, pi. cm, n. 2, p. 311,

12. Cim. sous la vigna Massimo, tombe de Marciana. Fin du III": siècle. Wilpert, Le pilture, p. 311, n. 12; De Rossi. Bull., 1893, pi. i-iii.

13. Cim. de Pierre et Marcellin, entrée du cubicule XXXIII. Fin du m= siècle. Wilpert, Le pillurc, pi. cm, n. 3.

UICT. u'arch. chrét.

14. Cim. de Saint-Hermès, voûte du cubicule des poissons. Fin du iii= siècle. C'est la première de nos fresques de Daniel qui soit peinte sur une seule couche d'enduit, toutes les autres avaient deux couches. De Rossi, Bull., 1894, pi. v-vi, p. 73sq.; Wilpert, ie pilture, pi. cxiv, p. 311, n. 14.

15. Cœmet. ma jus. A gauche de la voûte de Varcofiolium du pasteur. Fin du 111= siècle. Wilpert, Le pilture, pi. cxvm, n. 2, p. 312, n. 15.

16. Cim. sous la vigna Massimo, tombe de Metllenia Rufma. Fin du 111= ou début du iv: siècle. Wilpert, Le pitture, p. 312, n. 16.

17. Cim. de Pierre et Marcelhn, voûte du cubicule XXXVII B. Première moitié du iV siècle. Wilpert, Le pillurc, pi. cxxxi.

18. Cim. de Domitille, paroi de fond du cubicule X. Première moitié du iv siècle. Wilpert, Le pilture, pi. cm, n. 1,

19. Cœm. majus, voûte A'areosoliam à droite du cubicule I. Première moitié du iv« siècle. Bosio, Roma sotlerr., p. 451; Aringhi, Roma sublcrr., t. 11, p. 189; Bottari, Pilt. e scult., t. m, pi. cxliii; Garrucci, Storia, t. II, pi. Lxii, n. 2; Wilpert, Le pitiure, pi. clxix, 2, p. 312, n. 19.

20. Cœm. majus, à droite de la voûte de l'arcosolium du cubicule III. Première moitié du iv= siècle. Daniel porte ici la ceinture, c'est la première fois. Bosio, Roma soft., p. 461 ; Aringhi, Roma subterr., t. n, p. 199; Bottari, Pilt. e scult., t. m, pi. cxlviii ; Garrucci, Storia, t. n, pi. Lxiv, 2; Wilpert, Le pitture, pi. clxix, n. 1, p. 312, n. 20.

21. Cœm. majus, à droite de la voûte de l'arcosolium de face, cubicule III. Première moitié du iv« siècle. Wilpert, Le pitture, p. 312, n. 21.

22. Cim. de Pierre et Marcellin, voûte du cubicule XI. Première moitié du iv« siècle. Bosio, Roma sotlerr., p. 373; Aringhi, Roma sublcrr., t. 11, p. 101; Bottari, Pilt. e scult., t. 11 pi. cxviii ; Garrucci, Storia, t. n, pi. Li, n. 1; Wilpert, La pitture, pi. lxxi, 2; p. 313, n. 22.

23. Cim. Domitille, arcosolium gauche du cubicule \U Milieu du iv= siècle. Bosio, Roma sotlerr., p. 235; Aringlii, Roma subterr., t. i, p. 543; Bottari, Pitture e scult., t. II, pi. Lxi; Garrucci, Storia, t. 11, pi. xxm, 2; Wilpert. Le pilture, pi. cxcvii, n. 1 ; p. 313, n. 23.

24. Cim. de Domitille, à gauche de la voûte de Varcosolium du personnage vêtu d'une toge. MiUeu du iv« siècle. Bosio, Roma sotlerr., p. 263; Aringhi, Roma subterr., t. i, p. 561; Bottari, Pitt. e scult., t. 11, pi. Lxxv; Garrucci, Storia, t. 11, pi. xxxii, 2; Wilpert, Le pitture, pi. ce, n. 2, p. 313, n. 24.

25. Cim. sous la vigna Massimo, tombe de Grata MiUeu du iv» siècle. Garrucci, Storia, t. 11, pi. LXix, n. 2; Wilpert, Le pitture, pi. lxii, n. 1, p. 313, n. 25.

26. Cim. sous la vigna Massimo. tombe avec la représentation de l'Epiphanie. Milieu du iV siècle. Garrucci, Storia, t. n, pi. lxxiii, n. 2, p. 79 sq.; Wilpert, Le pitture, pi. ccxii, p. 314, n. 26.

27. Cim. de Domitille, tombe figurant une admission au ciel près de l'escalier principal. Deuxième moitié du iv" siècle. Wilpert, Le pilture, pi. ccxix, n. 2, p. 314, n. 27.

28. Cim. de Domitille, lunette de l'arcosolium gauche du cubicule IV. Deuxième moitié du iv» siècle. Bosio, Roma sotlerr., p. 259; Aringhi, Roma sublcrr., t. i, p. 567; Bottari, Pitt. e scult., t. m, pi. lxxiii; Garrucci, Storia. t. 11, pi. xxxi, 2; Wilpert, Le pilture, pi. ccLXVi, 2, p. 314, n. 28.

29. Cœm. majus, centre de la voûte du premier arco- .lolium des mages. Deuxième moitié du iv siècle. Wilpert, Le pitture, pi. cLxvi, n. 2, p. 314, n. 29. Cf. Garrucci, Storia, 1. 11, pi. lxvii, n. 2.

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