‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 4)Chapitre 64 sur 251 · Complètement ruinée · texte numérisé non relu

Complètement ruinée

12. Petite église sans bas-côtés. Miss G. Bell conjecture que les n. 7, 8, 9, 11, 12 sont non des églises, mais des mausolées. Dans le centre du village actuel, se voit un énorme sarcophage dont le couvercle renversé avait des acrotères et aux extrémités des pignons avec des rosettes aux angles. Sur la face de la cuve un panneau sculpté rudement en bas-rehef et présentant deux hommes vêtus de tuniques tombant jusqu'aux genoux, et entre eux, un ou deux animaux. Le personnage de gauche tient, semble-t-il, un épieu. De chaque côté de la figure de droite sont sculptées deux petites croix. Est-ce un orant, est-ce Daniel parmi les lions 1

Entre les édicules n. 12 et 14, on voit plusieurs tombeaux composés d'une chambre oblongue, ménagée dans la colline, et plus ancienne que les constructions. Pas de loculi.

13. C'est la plus vaste des constructions de Daouleh. C'est une suite de salles dont le plan rend compte mieux qtt'aucune description. Sa destination n'est clairement indiquée par rien : monastère ou caserne ? se demande Crowfoot. L'un et l'autre à la fois, opine miss G. Bell: un monastère fortifié lequel, chose curieuse, ne porte aucun symbole chrétien. Au sud, une salle de 29 mètres de long sur 9 mètres de large, partagée dans le sens de la longueur par une rangée de huit pihers dont deux renforcés et destinés à recevoir la butée des voûtes. Cette salle est élevée sur une plateforme de maçonnerie et quoiqu'une partie de la muraille extérieure et deux piliers soient tombés, l'emplacement est facile à reconnaître. Dans la partie du mur restée debout on voit deux légères saillies en face des piliers de butée et ayant une destination semblable. Cette grande salle communique avec le reste de la construction par une sorte de corridor cfue ses dimensions permettent d'appeler une chambre et donne accès à une enfilade de sept chambres dont cinq sont absolument parallèles, de mêmes dimensions et communiquant entre elles par des portes dont l'emplacement est volontairement alterné. Le mur est de ces chambres s'est écroulé et il est extrêmement difficile d'en fixer l'emplacement exact. Toutes les chambres étaient voûtées, l'ne petite chambre en partie creusée

dans le roc et placée à un niveau plus élevé que le reste des constructions communique par une porte étroite avec la dernière des cinq chambres parallèles. A gauche de cette porte, une chambre presque carrée, divisée en trois nefs par deux rangées d'arcades supportant une voûte demeurée intacte, en sorte que cette salle a servi d'étable aux indigènes. La voûte est moins élevée que dans les chambres parallèles, mais il resterait à connaître le niveau ancien du sol qui se trouvait probablement au-dessous du niveau de ces chambres. Le mur faisant face à la grande salle est ruiné, mais laisse reconnaître l'existence de trois portes. Cette chambre était peu et mal éclairée, seulement par quatre lucarnes prises dans le mur du nord, aussi semble-t-il qu'on n'a jamais pu en faire autre chose qu'un magasin. On voit par le tracé la direction que prenait ensuite la muraille. Nulle part on ne rencontre de vestige de décoration. Les portes offraient une rude moulure suivant le contour extérieur des montants et du linteau; les unes étaient en arc, d'autres terminces par un linteau que surmontait un arc aveuglé. Les murs sont épais, bien maçonnés. En somme, il semble probable que nous sommes ici en présence d'un monastère dont il subsiste le réfectoire, le dortoir, le cellier

14. Cette construction se voit à la partie sud-est du plateau. Ici encore, nous renvoyons au plan. Trois chambres de dimensions différentes alignées le long d'un mur (.\, B et C). En retour d'équerre et presque à angle droit, une chambre D et, d'autre part, à l'est, une petite cour dans laquelle s'ou\Te, l'entrée dune chapelle cruciforme qui a dû avoir une destination funéraire.

15. Construction rectangulaire à deux étages, dont une partie seulement s'est conservée jusqu'à la hauteur de l'étage. Cette partie consiste en deux chambres oblongues, une à chaque étage, chaque chambre a une porte dans le mur est. La porte du premier étage entraîne la présence d'un escaher ou dune échelle. La deuxième partie, moins bien conservée, ne s'est conservée que jusqu'à la voûte du premier étage, mais il existait ici aussi un étage supérieur. Ici, comme dans plusieurs des autres constructions, la décoration consiste en piliers appliqués contre la muraille, les fenêtres se trouvaient probablement dans le mur du sud.

Dans toutes ces constructions, la décoration est nulle ou insignifiante. Là où on la rencontre sous forme de croix grecque ou de sculpture, comme sur un linteau de la chapelle du n. 14, c'est d'une rare grossièreté qui tient plus de l'inexpérience que de tout le reste.

H. LECLEncQ.

DAPHNÉ. — Sur cette localité voisine d'Antioche, voir Dictionn., 1. 1, col. 2371 et note 13; coL 2374-2375; col. 2389.

Sur l'emplacement de Daphné s'élève aujourd'hui la bourgade de Harbié. Les débris épigraphiques y ont d'autant plus de prix qu'ils sont plus rares. L'ne inscription trouvée dans les premières années du xx= siècle est assez remarquable par sa formule. L'absence de tout symbole, le type paléographique anguleux reportent à une date ancienne. Il est gravé dans xme cartouche à queue d'aronde (flg. 3597).

'EvôâSe xÏT£ KaÀÀiô-toç Çv] — caç 'Étti x' Êytov TZiarixinri-

0£(iV TÔV SoTTipOt Tf|Ç ^007(07

li Ço'f,ç, ôç col TznçÉayE'i tt^v èv oùcavo) irôXiv

€ Ci-gît Kalliopios, qui a vécu vingt-sept ans, âme très fidèle, célébrant par ses louanges le Dieu dispen-

sateur de la vie des mortels, qui ta procuré l'entrée de la cité céleste. »

Ce texte paraît appartenir aux délnits du iv« siècle.

DAPHNÉ - DAR QITA

,,, jHTEhÀAM-liloCZK

lrA[fTHF2EXUJMni[Tl^aJTA, nHMirXHNErXEnET4>HAmw' .0EoMT°N A°TH f ATHC B Mm [v Z°HCoCHÏÏAPfEXENTHN ^ eK)°YPANjaJTToAlH^

3597. — Inscription de Daphné.

D'après le Hiillet. de la Soc. nat. des antiq. de l-'rance, 1903, 1. Lxiv, p. 200.

alors que le formulaire chrétien n'était pas encori dégagé des formules païennes ^. j

H. Leclercq.

DAPHNI. Sur cette localité et le monastère, voir j

Diclionn., t. i, col. :i07,'J-30S0; fig. 1082-1085. ;

DAR QITA. — I. Église de Saint-Paul et .Saint- Moïse. II. Baptistère. III. Église Saint-Serge. IV. Église de la Trinité.

étudié la première (voir iDic/ionn., t. II, col. 13); nous allons nous occuper ici des édifices chrétiens encore subsistants à Dar Qîta ^.

I. Église de Paul-et-Moïse. — La plus ancienne des trois églises conservées à Dàr Qîta est désignée sous ce nom de Paul-et-Moïse il raison d'une inscription qui se lit sur une des portes. Ses mesures et sa disposition générale correspondent à celles de l'église de Babiska. Aucune ouverture dans le mur ouest, la nef tracée par deux rangées de six colonnes et au point où ces rangées gagnent les murailles, la colonne remplacée par un pilier. L'entrée consiste en deux portes très larges prises symétriquement dans le mur sud; en outre ce mur est percé de quatre fenêtres dont la partie supérieure est arrondie. L'ornementation ne diffère guère de celle que nous voyons sur les autres édifices syriens du même temps, les chapiteaux de la nef sont du type corinthien. Les montants ont 3 '"'25 de hauteur, par conséquent 0"'55 de plus que ceux de Babiska. les moulures de l'arc absidal sont telles que nous les avons rencontrées dans les autres édifices du même temps et du même pays. Il n'y a pas d'imposte moulurée dans l'abside. Les deux portes au sud sont identiques à celles de l'église de Kscdjbcli et l'inscription du linteau donne la date de construction de l'église, l'année 418, et le nom de l'architecte, Tr/vÎTr|ç, Cyr ^

il. Baptistère. — Le baptistère est de l'année 122 ♦, il offre quelques particularités dignes d'attention. Placé au sud-ouest de l'église, il consiste en une petite chambrette carrée pourvue d'une minuscule abside.

Kuines du li:i[)l islérc df S^iiiil-l'aid-cl-Sairil-Moïsc, vu du ncinl-siul. D'après Hidlcr, Anhilerliirc nwl nllier nrh, l'.iUl, p. l'IO.

Au nord ilu Djebel-Bririshîl, il existe trois églises du v siècle, toutes trois dignes d'intérêt, une i"! Babiska, une à Ksôdjbeh, une à nar Qîta. Nous avons

' 'V. Chapot, Ins. grec, chrfl. à Daplmf, dans BuU. de la .Soc.nal. des aniiq. de France, 1903, t. i.xiv, p. 200-201. — ■ H. C. Butler, Arch. and other arts, 1904, part. II n/ Itie public, of an american archœnl. exped. toSyrla in 1S09-190I),

une porte au nord permoltaiit île communiquer avec l'église et l'entrée principale ii l'ouest. Ce baptistère, parfailement conservé, mesure 4 "'75 en carré et

p. 137-138; Public, o/ Ihr Princeton arch, Erpedit. lo .Syria. Divis.II, /Inc. Arch.. Sectio H, \orlh .S|;r/<i. piirl. IV. D/eM ntirtslia, par II. C. Butler, p. 182 sq., flR. l'.IO. — '\V. K. Prenticc, part. III, inscr. .'17. — ' ll<iil., p:iil. III, Ins. 58.

DAR QITA

l'abside a seulement 1 1"85 de largeur, c'est presque simplement une niche. Celle abside est marquée par un parapet bas ou une banquette haute et large de

chumène. Le mur est percé pour l'adduction et le départ de l'eau. A gauche de l'arc, une sorte de petite armoire ménagée dans la profondeur du mur. La con-

3399. — Plan de l'éslise et du baptistère de Saint-I'aul

et Saint-Moïse à Dàr Qîta.

D'après Butler, ArchitccUire and other arts, 1904. p. 137, fig. 51.

3600. — Plan de l'église Saint-Sers D'après Butler, op. oit., p. 20'2, fig.

-14 centimètres seulement; derrière cette banquette, le sol est creusé au-dessus du niveau du reste du baptistère, c'est là que se trouvait la fontaine baptis-

que de l'abside est dans un état de conservation qui permet de se rendre compte, dans le détail, du procédé de construction en grand appareil et sans emploi de

3(101. — I3apU=ljif dr S;.iii'-P;ui|-et-Saint-Moïse vu de l'est. D'après Butler, op. cil., p. 139.

maie semi-circulaire dont le rayon mesure 0'»94. L'immersion totale était impossible dans cette piscine; le ministre devait répandre Veau sur la tête du catc-

mortier de ces demi-coupoles si fréquentes dans l'architecture syrienne. La seule décoration à l'intérieur du baptisloro est un disa\ie A l'intérieur duquel

DAR QITA — DASIUS

se voit une croix grecque sur la clef de voûte de l'arc, et l'imposte moulurée. L'extérieur du baptistère n'est pas moins intéressant que l'intérieur. L'abside avec son imposte vigoureusement profilée et la demi-coupole est peut-être l'exemple le plus ancien et, à coup sûr, le mieux conservé de ce genre de constructions en Syrie. Les deux portes sont largement encadrées d'une belle et forte moulure. La porte de l'ouest, qui est la principale, est surmontée d'un arc à cinq voussoirs, la porte du nord d'une fenêtre et d'une corniche de feuiUes d'acanthe avec un disque orné au centre. La corniche du monument est encore en partie \isible. Il est tout à fait probable que le toit était en bois et disposé en

3602. — lalérieur de l'abside.

D'après Butler, op. cit., p. 139.

forme de p\Tamide. La porte, prise dans le mur qui rejoint une maisonnette à l'est, porte une inscription de l'année 431 ' (fig. 3598, 3601, 3602).

III. Église Saint-Serge. — La date gravée sur une inscription du portail à l'ouest est celle de l'année 537 ^ Le plan n'offre rien de bien original, il rappelle celui de Kherbet-Kasan avec des dimensions un peu plus larges. Le narthex et le fond sont encore debout, ainsi que le baptistère; toute la partie intérieure, et les colonnes de la nef ont péri. L'abside carrée avec deux fenêtres dans le fond est flanquée de deux chambres aux extrémités des bas-côtés. L'arc du sanctuaire est intact. La chambre au nord a une porte rectangulaire sans moulures et une petite fenêtre carrée au fond. La chambre au sud s'ouvre i)ar une porte en arc. Un des chapiteaux de la nef a été retrouvé dans le narthex, il est travaillé avec soin, il est tout byzantin d'aspect avec sa rosace et ses feuilles dentelées ' (fig. 3000).

IV. ÉGLISE DE LA Tbinité. — A\i sud de Dar Qîta, cette église n'est plus représentée que par des ruines. Néanmoins on constate que l'entrée était dans le mur sud, avec trois fenêtres dans ce mur et quelques fortes moulures dans le genre de celles de Bakirha. L'ne corniche court tout autour de l'édifice, au-dessus des fenêtres '. D'après un fragment d'inscription syriaque.

> W. K. Prcntice, part. III, inscr. .^fi. — • W. K. Prcntice, part. III, inscr. 61. — 'H. C. Butler, Architecture and other arts, 1901, p. 202, fig. 79. — « H. C, Butler, op. cit., p. 212-213, flg. 81. — 'Part. IV, S|/r. inscr., n. 13. — 'Sur ce nia-

cette église semble avoir été dédiée à la

a dû être construite à la fin du vi" siècle

En général les inscriptions sont utiles

Trinité », eUe (flg. 3604).

pour la chro-

3603. — rian de l'églis D'après Butler, op. cit.,

de la Trinité, p. 212, flg. S

nologie des monuments, elles mentionnent volontiers Dieu, la Trinité, les saints, les donateurs, l'architecte, mais point de formules nouvelles.

H. Leclercq.

DASIUS Actes de saint . — I. Le texte. II. La localité. III. La date. IV. Le culte de Kronos. V. Le légat Bassus. VI. Le martyr. VII. Les Actes. VIII. Le tombeau.

I. Le texte. — Les Actes du martyre de saint Dasius sont contenus dans le ms. de Paris, Bibliothèque nationale, fonds grec, n. 1539 du xi"' siècle *, fol. 52 r", 59 V. Ce saint est mentionné dans le Synaxaire de Constantinople ', au 20 novembre : Tf, ajTTj f,a£ca aOÀr,G!ç to'j à^io-j [xx^oTupo; Aaaioj toO iv Aopoj- ToXio. latsov, Ôt! Iv TaÛTi) T^ nfiXc TO'.o'jTOv 'ÉOo; r.v toï; sÀXria'." -ta Kpovio l;:£TSÀouv éopTJjv lTr,3;tti;, jifo TOioéxovtot ôi f|tjL£p€ôv t^; TO'.aiïri); iiusapâ; éopT^ç È-éXiYOVTO Êva Tivà Twv aTOïTtMTwv viov xa! eùstSii. xaî EJTpirtÇov -po; Ousiav- IvS'jovTS; ajTOv ïijictT'.a ^ao'.Xixi xa! npOTpEndpLEvo; à;:onXi], oojv —àaav ÈTTiOuiiiiav ajTO'j, loj usTi Tp;ixovTa T,[j.Épa; |j.ÉXXovTa Iri'.asâ-TEaOa'. tw piupiiù to3 Kf'Jvou. 'EXOdvTO; 5È ToCi xXrJcoj xaî È;:t Aiï'.ov tov iïTp»T'.(ÔTr,v xai Tùv TJSTO aTîtoTôiv rEptoTeivTtov a'jToi xal -po; ti oiio.a £xî:arotiÉvtov, ÈxEÏvo; à-^aOïS Xo^'-oixtô XpJiiâiiEvo; Èaxd-r,a£ to

TJUlÇEpOV, lïrMI ÔT!" " 'E-eI jXiXXtu OavEÎv, XpëÎTTOV [toi

joTiv û; XptOTiaveS irÈp Toi3 Xp'.iToî pioj ànoOavEÎv. >> cIOev ::apaatàî Tù> ToC! âp/ovTO; ôrI|xaTi. A'.oxXr|T'.avoS xaî MaÇ'.ix'.avoî! TOJTO [xaOôvttov xai rpo5TaîivT<ov, xii ::oXXà T;uL(opr,0£'.; teXe'jtiïov ttjv S'.à fi^oj; È5i';iT0 TEXEuTr,v, l'n autre synaxairc des mois d'octobre, novembre, décembre et janvier, conservé dans le ms. .\ndirosien U 74 Sup., du XI" siècle, fol. 65 r", le mentionne aussi dans cette notice : Outo; û;:f|p/Ev iiCx A'.oxXriT'.avoû xai Mïî'.ji'.avoî Tiûv ^aaiXt(.)v èv tioXe; AiopojToXi.i. ' Ev Se tiJ

nuscrit, voir Catalogua codicum hagiographiorum grircorum Bibl. nat. Paris., p. 238, n. 191. — ' Synazarium Ecclesiœ r.onstantinoi)nlitnmi; Mit. II. Delehnyc, 1902, col. 211,

DASIUS

a'jTÎ) TO'.O'jrov eOo; TOÏ; " EXXr)-;'.'/ rjv" Tw Kpovo) à7:iT£Àojv éopTJjv ÈTsatM; y.axi SI < T/jv > éootïiv r.oo Tp'.izivT» 7)[XE0ûv é'va Tivà TWV dTpaTUOTWV VÉOV Zï'. sùs'.S^ h.\v('iiit'ioi, àotê'po'jv ;:po; to [3a7'.X'.zr|V éaO^T» ivôjjaiOa'. /.»'. ypTi^aiOai nâîjai; riSovaïç àoEw; /.ai nâ^i) Xa-^v-ix za'. aapzo; I;:i0u|j.(a zarà âveaiv toû voulo-j «Ùto)'/, za! [ji=Ti TpiazovTa 7j|iépa; iauTOV ImoyocÇa'. «■jto/ê''p'i); -m Kp'Jv'o. 'EXOdvTOçSÈ Tou zXTj'pou zai È;:i Aâ^Eiov zai Tôiv orpi- TuoTwv ouvsXOdvTojv zaî ;:Epi!jT(XvT(ov aÙTô) zat Tjpo; ti

morent sans doute la translation des reliques ou la consécration de l'église.

II. La Loc.\LiTft. — .Vxiopolis, proclie de Durostorum, n'est pas mentionné dans les Actes qui, tout à la tin seulement, revendiquent le martyr pour la grande ville aux dépens de la l)ourgade. Rien ne s'oppose à ce que le léi^at Bassus fût de passage à Axiopolis, s'il était gouverneur de Scytliie; Durostorum est en Mcsie

3604. — Façade sud de l'église de la Trinité à DOr Qlta. D'après Butler, op. cit., p. 213.

3jj.oia ÈxSiaÇopLÉvtuv, Èzeïvoç àYaGôJ XoYCd|J.tï) ■/pr)!jà|j.svo; zai duviSiùv ô'ti TO to'.oStov oçeXoç, eze'.vo'J; ijisv à/;(o3aTo, éauTOv 5è yptsT'.avov Èv£zripu?E zai tw toioôtw tpo'-d) saoa^Tàç Tô) ^Tijj.aTiBà!j30u zai -oXXà T'.|jiri)p7)9Et;, iiotEpov TJ)V ZEsaXijv àrsTariOr).

Ces deux résumés contiennent certaines communes expressions, telles que : vsov zai sÙEiSf,, zai noWcn TijiwprjOci;, qui ne se lisent pas dans les Actes; ce qui inviterait à croire qu'ils dépendent d'une recension un peu différente de celle qui nous est parvenue et qu'a fait connaître M. F. Cumont ^.

Les récits des Synaxaires n'étant, dans le cas de Dasius, que des abrégés des Actes nous apprennent peu de chose. Le Martyrologe dit hiéronymien énumére deux nalalicia de Dasius, le 5 août : Non. Aug. In axiopoli mil. scnnim Herenni, Dassi (var. Dasi) Heracli; et le 4 octobre : /'( non. ocl. In Axiopoli nnl. sancli Dasii ^. Une autre mention d'un saint Dassus au 20 novembre se rapporte peut-être au même saint, mais celui dont on place la mort à Axiopolis, située un peu à l'est de Durostorum, est bien le martyr que font connaître les Actes. Aucun de ces deux nalaiicici, 5 août et 4 octobre, ne rappelle le jour du supplice, ils commé-

' Les actes de S. Dasius, dans Analecta bollandiana, 1897, t. XVI, !>. 5-16. — ' Martyrologium liieronymianum, édit.

m. La date. — Les Actes donnent la dale du 20 novembre qu'il n'y a pas lieu de mettre en doute. D'après ce qu'ils nous apprennent, le roi des Saturnales était clioisi trente jours avant la fête; c'est donc le 17 novembre que Dasius a dû être désigne, et il a été mis à mort peu après. Les Actes disent qu'il a été condamné le lendemain du jour où il s'est fait connaître comme chrétien: mais il a pu s'écouler quarante-huit heures entre le moment où le sort l'a nommé roi et celui où il a confessé sa foi, ou Ijien entre la condamnation et l'exécution. Dasius, disent les Actes, marcha au supplice le 20 novembre, un samedi, i\ la quatrième heure, le vingt-quatrième jour de la lune, ce qui s'applique rigoureusement au 20 novembre de l'année 303, Dioclétien étant consul pour la huitième fois et Maximien pour la septième fois '. Si le 20 novembre est le vingt-quatrième jour de la lune, le 1"' janvier suivant sera le septième jour de la lune, et si le 20 novembre est un samedi. le l" janvier sera pareillement un samedi. Or, l'année 304 a pour épacte VII et commence un samedi et celte coïncidence ne se retrouve pas sous le règne de Dioclélicn. La date du 20 novembre 303 ne peut donc faire l'oljjct d'un doute.

De Ross! et Ductiesnc, p. 101, 129. — • Chronogr. ann. .154, dans Mommsen, Chronica minora, 1. 1, p. 60.

DASIUS

IV. Lf. cuiiTE DE Kbonos. — I.cs Actes de Dasius contiennent un épisode relatif aux fêtes de Kronos. Ils nous apprennent que chaque année, à cette occasion, les soldats en garnison à Durostorum ■ tiraient au sort un roi. Revêtu des insignes de sa dignité nouvelle, celui-ci sortait à la tête d'un nombreux cortège, et se livrait dans la ville à toute espère d'excès et de débauches. La licence permise à cette occasion passait pour un CI don » spécial de Saturne, dont ce roi éphémère était l'image terrestre. Ces détails concordent avec ce-qtre-les auteurs profanes nous apprennent des Saturnales romaines. Celles-ci ont gardé une proverbiale et non moins fâcheuse réputation. Leur origine est incertaine. Peut-être est-ce une survivance plus ou moins retouchée de l'habitude de tirer au sort le '< roi » des festins, régna i>ini ^, habitude très répandue dans les éranes grecs et les sodalicia romains, qui avaient presque tous un caractère religieux. Les textes anciens favorisent cette explication, car ils considèrent le roi des Saturnales avant tout comme le maître du banquet chargé de faire boire les convives. Quoi qu'il en soit, les jours des Saturnales, un roi désigné par le sort présidait à la fête dans chaque société, et égayait l'assistance par des ordres saugrenus donnés aux convives ^ o II est intéressant, remarque F. Cumont, de voir la vieille fête latine célébrée au iv» siècle dans les camps de la Mcsie. Sous le règne de Claude, elle n'était pas moins en faveur parmi les légions envoyées en Bretagne; les troupes de Vespasien, arrivées d'Orient en Italie, la consacraient au repos, et déjà Cicéron la chômait avec ses soldats pendant sa campagne de Cilicie '. L'armée n'a pas seulement importé en Occident les cultes asiatiques, elle a aussi puissamment contribué à propager jusqu'aux frontières de l'empire la religion et les mœurs romaines. Sur les bords du Danube, peuplés en partie de colons italiens, les réjouissances qui. dans la patrie de ceux-ci, marquaient la fin de l'année, devaient être particulièrement populaires. Elles se perpétuaient encore à l'époque où écrivait notre hagiographe. Il se plaint que ses contemporains ne renoncent pas à ces déguisements diaboliques, mais s'obstinent à sortir en foule le 1^'' jan^^e^, revêtus de peaux de chèvres et le visage grimé '. »

Cependant, le récit des Actes de samt Dasius présente un trait qui ne se retrouve dans aucun récit des Saturnales romaines. .^ l'expiration des trente jours que durait la débauche de Kronos, le roi de la fête était immolé par le glaive en sacrifice aux idoles. Ce trait a paru n'être qu'un grossissement employé par le rédacteur des Actes pour ajouter l'horreur d'un sacrifice humain à l'origine de celle fête des calendes de janvier qu'il prétend combattre par tous moyens. Le thème hagiographique n'aurait été ici qu'un instrument de politique et de propagande.

L'existence d'un rite ancien et cruel dans la fête des Saturnales, rite ravivé dans un canton de la Mésie au TV'siècIe.neseniblc pas contcslal)Ie. Nous trouvons chez Dion Chrysostome " le passage suivant : Ojz àroçciila; TaÏT» a vîv k'/£i;, è|(o[j.i3a ^a?(!iv XaTpeûoE'ç toi; aCiTOÛ ■/.ocizzoï'.v , àXXa -spiêXeûai) 5:âST|jia cyo>v xarsYÉJ.aaTov ; ML/.fiô Se ÛTTEpov "3ti>; Xôçov ojteiî xai Tiipav, Mir.ef o\ àXEz-pucivs; ; Oàz èvvevÔtiz»; ttjv tojv Sazôiv Éaoprlv, r.v IlÉpîa! a-foioiy, O'j vûv iT)fuiX|/.otî a-paTEJeoOat ; Kal o; eÙOû; TipoÎTa- rioiav tivâ; ESojXeto yàç navra t'.ii-j'x:

* Sur la forme Duroslorum et Durostolum, voir Corp. inscr. lat , t. m, siippl., p. 1349. — 'Horace, Odes, I, iv, 18. — 'Lucien, Sal., c. 2-1. — • Cicéron, Ail Allie, V, XX, 5 : Jlilara sanc Sulitrnalia, etc. Dion Cassius, I.x, 19, raconte que les soldats acclamèrent ironiquement Narcisse qui voulait les haranguer, 'j'^[t.fjar,'7-x-i-.z: i-xii-ir,; toCto -.'<> 6pj"/oviJi£vov "Ut'i TaTCijpviXia >; Tacite, Ilisl., I. III, c. i.xxvni : VespasinnI exercUiis feslos Snturnl dieu per itliiim agilabal. Les Saturnales ont été de tout temps des jours de

Ta Twv nspoiûv" jîpiYpa-a. AaSdvTs;, ^sti, tûv Zï<safiiTwv Éva Tûv £7:1 ÔavotTW zaSiÇo'jo'.v e!; tov Opovov Tov ToCf pad'.XÉtj;, zai -f|V IcOf^-a. 5'.So'aaiv aÙTtû tt,v jjsg'.X'.ZTjv, zal — pootaTTEiv Èûa! zaî -ivE'.v /.al r,ousâv za! raî; naXXazaî; yp^aOai Taç 7j[i£oa; ÈzEÏva; xaîç faoiXÉoj;, zi'. oùBs'.; O'jûÈv aoTOv zwXjei ko'.eïv tov PojXETa'.. JlE-i S"; TaÛTa àroSjoavTs; /.a'. [iaiT'.ytôaavTSç ézpÉuaaav « Que ne jettes-tu les ornements que tu portes, dit Diogène, pour prendre le manteau du pauvre et rendre honunage à ceux qui valent mieux que toi, au lieu de te promener avec un diadème ridicule. Bientôt peutêtre il va te pousser une crête et une tiare, comme aux coqs . Ne connais-tu pas la fête des Saces, que célèbrent ces Perses que tu vas maintenant combattre ? — Quelle fête '? denianda-t-il vivement, car il voulait savoir tout ce qui concernait les Perses. — Us prennent, dit-il, un des prisonniers condamnés à mort et ils le font asseoir sur le trône du roi; ils l'affublent du costume royal, le laissent commander, boire, s'amuser, prendre les maîtresses du roi pendant tous les jours de la fête; personne ne l'empêche de faire absolument toutes ses fantaisies. Mais à la fm ils le déshabillent, le battent de verges, et le pendent. »

Strabon nous apprend que cette fête des Saces se célébrait en l'honneur de la déesse Anaîlis et qu'on la pratiquait de son temps à Zela, dans le Pont, et ailleurs; mais il ne mentionne pas le roi liturgique dont, en revanche, parlaient Bérose et Ctésias, au dire d'Athénée. Enfin Hésychius rapporte aux peuples scythes la fêle des Saces (Sizia) qui, rattachée à la déesse .\naïlis, paraît avoir été en honneur surtout chez les Perses, mais existait également chez les Saces de l'Asie septentrionale. Ceux-ci, probablement d'origine iranienne, appartenaient à ces groupements répandus jusqu'à la mer Noire que les Grecs désignaient le plus souvent sous le nom général de Scythes. « L'existence de sacrifices humains dans un culte scythe n'est point faite pour nous surprendre. Les régions du Pont étaient, pour les Grecs, la terre classique de^ cultes cruels, comme en témoigne déjà Vlpliigâtie en TaiirWc, d'Euripide. D'autre part, c'est tout naturellement Kronos — ou Artémis souvent confondue ou identifiée avec Anaïtis — que les Grecs devaient retrouver dans la divinité qui exigeait ces immolationssanfllantes. C'est avec Kronos qu'ils identifiaient la plupart des dieux étrangers aux cultes barbares, comme Molorh, MelUart, et le dieu thrace ou scythe Zalmoxis '. Les Grecs avaient ainsi conservé au Kronos barbare un rôle qu'il avait eu autrefois dans leur jiropre religion, ou même plutôt dans la religion des populations helléniques •. Le titre et la couronne du \iii:'/.=j; étaient en quelque sorte stéréotypés pour Kronos ' et ses cultes les plus anciens montrent un caractère mimique. A Olympie, c'étaient les BiîiXs'. qui lui oftraicnl un sacrifice '"et celte désignation montre que les prêtres jouaient en quelque sorte dans le culte le personnage du dieu. .\ .Mhènes, Rhéa, l'épouse de Kronos, portail le titre de BaiiXr, ". Porphyre " nous témoigne pour Rhodes l'existence d'un sacrifice dont les rites, à part le nom de liaî'.XsJ; qu'il nous est peut-être permis de suppléer pour la victime, co'incident fort liicn avec ceux décrits par Dion : ' EOJeto y«P "«t èv ' Po8o) ;jLr,v'. METaYE'.Tv'.ùiv'. ÊzTr) î<rra[i.évou avOpoi-o; xû Kpo'vio. " O Sf, lr.\ roXù zpar^aav ÏOoî asTEÏXi/lr,'

repos pour les troupes, cf. Macrobe, I, x, 1 : bellum Siiliirtiulibiii .titmere nefas habilum, I, xvi, 16 : diebiix Saliininlioniin... neftis esl prvlinni sumeri\ ■ — * Anal. boU., 1897, p. C-7. — • Oral., iv, Ofi, p. fifi. — ' Ilérodotc, iv, 91; I-tyni. Mug. et Suidas, ù ce mot.; Porphyre. Iienbstincnlia,u,56. — ' M. Miiyer, dans Kosclier's /.riiinii, au mot Krnnns, col. I.'>:t7 sq. — • Ibid., col. 1158. — '• l'iuisnnins. VI, XX. 1. - " Roscher's, i.cj:iron, cul. 1,")1S. — " Dr abslin.. Il, j4.

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DASIU.-

É'va Y*? "'3'' Ènl Oavàtto S));j.03;): zïTazo'.OEvT'ov [J-i/oi |j.'£v Tojv Kpovi'ijv auv£Ï)(^ov, èvarâciT]; 6è t^; ^optr;; TipoaYayovTe; tov âvOp'o;:ov êÇw ^luXwv avT'./.ou; -où ' Ati'.aroôoJXT); ÉSou;, o't'voj ;:OTiaavT£; =ij!paTtov. 11 y a là, sans doute, une influence sémitique, Rliodes ayant fortement subi l'action des religions syriennes. D'aprùs tous ces passages, il serait permis, je pense, d'admettre pour Bat>ylonc, la Perse, l'Asie-Mineurc et pour la plupart des région:, soumises à l'influence asiatique, l'existence d'une fètc annuelle marquée par des débauches de toute nature, et dont l'épilogue caractéristique, conservé plus ou moins longtemps et lidèlement selon les pays, était l'immolation à la divinité d'un homme à qui l'on avait fait d'abord jouer le rôle de roi des orgies '. »

Les Saturnales romaines se combinèrent en Orient avec les Sakciia, en sorte que la vieille tète latine y gagna une expansion immense et, par contre, h Rome même, les Saturnales ne demeurèrent pas indemnes de toute influence asiatique. Par une coïncidence, qui n'est peut-être que cela, mais qui doit être notée au passage, depuis Caligula, les Saturnales eurent une durée de cinq jours ' précisément comme les Sakaiii à Babylone, suivant Bérose.

« Cette fusion des deux carnavals antiques permettrait peut-être a\issi d'expliquer que dans l'empire il'Orient, au moins depuis le iv siècle, les Saturnales aient été transférées au 1" janvier. L'identité de cette JopTrj /.aXavrîiôv, comme on l'appelait généralement. avec les anciens /.povia, est attestée non seulement par notre hagiographe anonyme, mais aussi par des écrivains beaucoup moins suspects : Lilianius ^, Astère d',\masée*, Malalas \ Lydus « à qui sa connaissance des vieux usages romains donne ici une autorité spéciale : Heo'. BpojjjiaXî'wv... ['Po)ij.aîO'-] Boo'jijiav aÙTr)v -aToiio; lovo'txaoa oiovs! ppoc'/ù fli'-^f'' flpO'j[j.âX'.a o; oiovîi "/£i(J-£pcva'. éoptoii' àpyoûvTeç oiv to TJ)VtzâSs ot ' Po)|j.atO'. |j.6/p'. Twv aùEiçwTi'ov, tr.l tûv vu/.twv yaspcTiÇovreç i-.VJsr',^l.o■J1 àXXTiXo'j; x^ îiaTpîo) çmvtî XÉyovte;. ^iSi-

ocvvo'j; oiov '^O; si; ypo'vo'j; to zar' ovo|jLa yaipeç

tiÇe'.v Èv toï; ppouaaXioL; vEujTspôv âaxi" to oî àXrjOiaxEpov. il nu zai tj ÈzzXjj'jia à^oxpÉ^ETCi aùxà, Kpovfa; ÉopTa? auTi; '^ê-''r)'j<3y iv vjztI 5; yivovrat Ô'ti èv azoTsç ïiTiv ô Kpovo; to; TapToipro Osi; \ir.6 tou A'.o;.... VJZTonopo; fj ;:ep'. a-jTa gnovSrj iiÏîte Xo'.;:ov zarà ToàXr]0£; T(T)v zaTst'/OoviiDv Sa;;Advnjv siaiv Éopiaî xi [iipo'jjJiaX'.a; on voit que Lydus confond les souhaits du nouvel an avec les cérémonies des Saturnales. Les deux fêles n'en formaient plus qu'une de son temps. A la fin du vu' siècle, le concile in Trullo condamne encore cette fête. Or, des recherches récentes ont précisément rendu très plausible que lc"> SakaUt ne sont à l'origine autre chose que la fête babylonienne du nouvel an, nommée Ziigmuk '. C'est sans doute cette fête qui a donné naissance à celle des Purim qui, chez les Israélites, commémorait la chute de leur oppresseur Aman, et' avait lieu à la fin de l'année juive, au milieu du mois d'AdAr. D'autre part, elle fut adoptée de bonne heure par les Perses, chez lesquels elle occupait les cinq jours épagomènes qui séparent le dernier mois du premier, lîlle se propagea avec le calendrier et les cultes iraniens jusqu'en Cappadoce et dans le Pont, où Strabon

' L. Pamicntier, J.eroi des Saliirnales, dans Rentic de Pliilologie, 1897, t. xxi, p. 146-147. — ' Corp. inscr. lai., t. i, part. 2, p. 3.37. -— • " Exçpaai; xalauStiv, t. iv, p. t053, édit. Reiske, xoiv/jv àirâvToJV oo-o: ^ttia-iv ûiïfj vr^v 'P(,)[Aaûi>v àçiyr,v. — • Oratio IV, in feslum calendanim, écrite en 400, P. fi., t. xi„ col. 21G. — 'Édit. Dindorf, p. 779 : y.xi xo(t£t-/£ m k'Oo; Ttiv ppo'j|iïAÙ.)v èv x/j 'l'M|j.a!wv TioXixa'a Ëm; xfj; vjv. — " Ms. Paris, suppl. grec IJ07 A (x" siècle), fol. 17.'j r». — ' Meissner, Ziir Enlalelningsgcschiclile des Purimfestes. dans Zciiscbrift d. deids. morqenl. Oesellschaft^ 1890, t. L, p. 2'.)7 S(i. — « Nous savons qu'il y avait, ;\

l'observa, et même iirobablenient jusqu'en Lydie ". C'était donc un usage répandu dans toute l'.'Vsie antérieure de marquer i)ar de bruyantes réjouissances le renouvellement de l'année, et il n'est pas étonnant qu'une coutume aussi populaire ait conduit les Orientaux à transporter les vieilles Saturnales aux calendes de janvier °. »

Les Orientaux, il ne faut pas l'oublier, étaient très nombreux dans les armées romaines, principalement parmi les auxiliaires; ils passaient d'une province à l'autre et transportaient leurs cultes nationaux dans les camps qu'ils occupaient tour à tour. La Mésie a fourni un grand nombre de témoignages monumentaux du culte de Mithra; des usages empruntés au culte d'Anaïtis ont pu, à travers la mer Noire, arriver en .Mésie de la Cappadoce et du Pont. Les Saturnales militaires renchérissaient en excès de toute sorte sur les paisibles Saturnales civiles dont le cérémonial nous est décrit par Lucien. Dans son Discours prononcé en l'an 400, un siècle après le martyre de Dasius, Astère d'Amasée distingue entre la fête civile et la fête militaire'", il insiste particulièrement sur les débauches des soldats et sur la parade (Koix-sta) qu'ils célébraient : xf,'/ yàp (ieY'3xr]v àpy^jV zto|j.ij)ûoij3iv za! ototTipouiiv. âpaa wç ètlÎ azrjvfj; àvaSaivovxsç, zal oopuocipo'j; TZiTzXcfji^xi'/o^i yetpoxovoùxe;, zat 8r|aoaia ko-.oDvxe; xi xûv Èfupr.aÉvwv r.poi zdvSuXov. Cette parade que l'évêque lui-même n'aurait plus su interpréter, était une survivance païenne, et son cérémonial gardait encore un souvenir des cultes les plus primitifs. Il est en outre à remarquer qu'Astère était évcque d'Amasée, ville de Pont, c'est-à-dire d'un pays qui nous est apparu comme un des centres principaux de l'ancienne fête orientale.

La persistance d'un sacrifice humain parmi les licences d'une soldatesque effrénée n'est donc pas un argument contre l'authenticité des Actes de saint Dasius. Sans doute, les empereurs avaient lutté contre ces crimes rituels, vestiges d'un ])assé barbare, mais les lois d'abohtion étaient parfois demeurées impuissantes ". En Asie, en Syrie, en Afrique, même en Italie, on continue à pratiquer ces sacrifices abominables. « Ainsi, il est bien attesté que, tous les ans, lors des fêtes latines, on égorgeait en l'honneur de .îupiter Latiaris un condamné à mort". 11 semble même que depuis le commencement du ni'' siècle, il faille constater dans le paganisme une recrudescence de barbarie, et que, comme le droit public applique avec une fréquence plus grande la peine capitale ", de même la liturgie éprouva moins de répugnance à répandre sur les autels le sang humain. Les Saturnales notamment prirent ou reprirent un caractère de cruauté qu'elles n'avaient jamais eu ou qu'elles avaient depuis longtemps perdu. Sextus Empiricus parlant vers l'an 200 de la contradiction des rites divers, nous dit : xw Kpo'vdj 0-JO'ja;v avOptoTxov, o xoï; TîXslaxo'.; à^EÔî; sTva; vo(j.!Çexa!". Aux derniers temps du paganisme, il se livrait au Forum, lors des Saturnales, un combat de gladiateurs, semblable aux jeux funèbres où l'on croyait apaiser l'àmc du défunt en arrosant son tombeau de sang '■, et un texte curieux nous apprend qu'en efi'et le sang du clianipioii vaincu coulait, à travers

Hiérocésaréc et aux environs, do nombreux temples d*.\naïtis. — » F. Cumont, dans Pei'iie de philologie, 1897, t. xxr, p. 149-150. — ■" P. G., t. XL, col. 221. — " Cf. Chwolscn, Die Ssabier, t. ii, p. 142 sq., Uelter Mensclienopfer in der xpàleren Zeil des Ilcideitlitms, recueil des textes relatifs A cette sur\nvancc, il faut y njoiiter ceux relatifs anx Druides. — ■ '- Monimsen, Die Oe-ichichte der 7'odesslrafe im rômischen SUmle, 1896, p. 9. • — " Hijpol., III, 221. — " .\usone,ne /eriis Ronmnor., xxni, p. 34 sq. — ■ '* S. Cyrille, Co?rlra .Jidiamun, iv, édil. Spanhoim, 169G, p. t'2S d.

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des dalles percées de trous, sur un personnage placé au-dessous, dans une fosse et censé représenter Saturne '. Si des scènes aussi répugnantes se sont iiassées au cœur de Rome, il est difTicile de se refuser à croire que la soldatesque à demi orientale des bords du Danube ait vraiment pu mettre à mort à la fin de chaque année, suivant une coutume séculaire, quelque illuminé qui, revêtu d'une royauté d'emprunt et grisé par de longues bacchanales, finissait par se dévouer à Saturne pour le salut de ses compagnons d'armes '. » V. I,F. LÉGAT Bassus. — Dasius, élu par le sort roi des Saturnales, se refuse à jouer cette far^e impie et se proclame chrétien. Il est mis en prison et amené le lendemain au prétoire devant le tribunal du légat Bassus. Ce cognomen est si fréquent sous l'empire, qu'il est difiicile d'identifier ce personnage. F. Cumont ' hésite entre M. Macrius Bassus qui fut consul pour la seconde fois en 2S9 ', et un Septimius Bassus qui fut prstectus UrbisàeSil à 319. un autre Bassus, préfet du prétoire en 313, etc '. Et précisément, dit-il, la même année où Dasius fut martyrisé, en 303 après Jésus- Christ, un Bassus était pnrscs de la Thrace (voir la Passio S. Philippi). Le titre donné ù notre Bassus n'est pas non plus sans offrir quelque ambiguité. En effet, le mot X^yôîto: en grec ne paraît jamais avoir été appliqué à un legalus iuridicus et il ne peut pas non plus s'agir d'un legalus legionis, puisque ces officiers avaient disparu depuis Gallien *. Mais si le y.i'lixoç désigne ici, comme de coutume, le gouverneur soit de la Mésie inférieure où se trouvait Durostorum, soit de la Scythie où était situé Axiopolis, c'est un emploi abusif d'un titre qui, après la subdi\ision des anciennes provinces par Dioclétien, n'était plus Usité dans le langage officiel. De plus, d'après le nouveau système d'administration, le pouvoir civil et le pouvoir militaire étant séparés, un reclor provinciœ n'aurait pu exercer une juridiction criminelle sur un soldat '. Il semble donc que l'ancien imperium existait encore dans toute sa plénitude en 303, tout au moins en Mésie.

VI. Le martyr. — Du martyr Dasius nous ne savons rien, sinon qu'il était soldat et chrétien. Amené devant le légat, celui-ci le pousse à abjurer ou du moins à sacrifier aux images des empereurs en lui rappelant l'obéissance due aux chefs de l'armée. Dasius refuse, il refuse également le sursis qu'on lui propose et le légat le condamne à être décapité. Avant l'exécution de la sentence on s'efforce de décider Dasius à encenser les idoles, mais en vain. M. P. Allard ', objecte que l'exécution (le "20 novembre 303) co'inciderait avec le jour des vicennnlia de Dioclétien, jour mal choisi pour une exécution capitale. Celte exécution n'aurait-ello pas été, au contraire, considérée par le légat comme une réjouissance supplémentaire consacrant la solennité du jour ?

VIT. Les Actes. — Le texte est de nature à inspirer confiance, malgré quel(|ues additions assez gauches. F. CumonI estime que l'auteur a consulté des documents officiels et admet comme intermédiaire entre l'original et la rédaction qui nous a été conservée » un texte écrit peu de temps après l'événement, en latin, r Toutefois « l'existence d'un original latin n'a nullement été démontrée •. » Sous cette réserve, on peut rappeler que le latin était la langue « que la majorité

» Fr. Cumont, op. cit., p. Lôl-LVi; cf. I". Vcndiand, Jésus ah Salurnalien-Kônig, dans Hermès, 1898, t. xxxm. p. 176-178; I-razcr, Golden flook, 2' idil., t. m, p. UOsq.

— • Analetlu Imlhmdiana, 18i)7. t. xvi, p. 7. note 1.

— • Corp. insrr. lai., t. \, n. .3098. — • Cf. r.olliofredus, Prosopiiijr. nid. Theodns., s. vor., p. 43, édit. Hlltcr. — • .J. Mnrquardt, SaalsiterwaUnng, t. i 6. p. 551. — * Ibid., t. II, p. 459. — ' Code TMndosien, I. II, tlt. i, I. 2: cf. Zosime, III, xxxm, :), qui attribue la réforme 6 Constantin, mais

de la population parlait en Mésie. c'était celle qui était en usage dans l'armée. D'ailleurs certaines impropriétés d'expression et, en général, la gaucherie du style trahissent dans notre récit l'oeuvre d'un traducteur peu habile. Il semble même que ce rédacteur n'ait compris qu'imparfaitement l'original qu'il prétendait reproduire. Il commet certaines erreurs de fait qui paraissent dues à de simples contresens. Ainsi lorsqu'il afTirme que les Saturnales se prolongeaient pendant trente jours à L'urostorum, ce qui est certainement inexact — elles duraient au plus sept jours, du 17 au 23 décembre — il devait dire sans doute que le roi de la fête était désigné par le sort, un mois à l'avance, afin qu'il pût s'y préparer; ou bien encore, lorsque nous lisons que Dasius a été frappé par un bourreau portant le nom chrétien de Johannes, on peut soupçonner qu'une confusion paléographique de pulsus ou depulsus rsl (È/.pojîOr,) avec sepullus est a fait insérer dans la conclusion ce renseignement bizarre. Mais le traducteur grec n'a pas seulement péché par ignorance, il a aussi jugé bon de retoucher son modèle. C'est ainsi que les réponses de Dasius au légat ont été embellies et que son biogrr.phe attribue à l'accusé une profession de foi conforme aux canons de Nicée, à laquelle ce pauvre soldat n'a certainement guère songé "'. »

On peut douter que le récit représente fidèlement un original contemporain. L'allusion à la fin du monde " est déjà une invitation A reconnaître une rédaction tardive, mais qui ne suffirait pas à elle seule ù faire reculer la date du texte tout entier si celui-ci était vraiment un récit primitif contemporain du martyr. 11 y a aussi la profession de foi nicéenne qui serait encore une retouche, ensuite le nom chrétien de Jean, donné au bourreau lequel peut, à la rigueur, s'excuser par une confusion. Quant n la date, qui donne une certaine garantie de sincérité, ce n'est pas, il faut le reconnaître, une garantie absolue, puisque ce trait si précis n'est parfois que pure affectation, par exemple la note chronologique qu'on rencontre dans les Actes de saint Georges et qui ne suffit pas à les réhabiliter. L'épisode des Saturnales reste la pièce de résistance autour de laquelle se livre la discussion critique ". Cet épisode ne prouverait rien en faveur de l'historicité des Actes, ce serait < une pièce de rajiport choisie par le rédacteur pour mettre en valeur un récit trop maigre, ou pour servir d'attache ;i une leçon morale. • Le procédé est fréquent en hagiographie, et si nous en avons ici une nouvelle application, du moins faut-il reconnaître que l'auteur a su se préserver, ti force de simplicité, de signaler son emprunt et de rendre sa manipulation évidente. Le fait de la survivance, au début du iv« siècle, d'un cas de meurtre rituel est assurément peu vraisemblable, mais invraisemblance n'est pas toujours, en histoire, impossibilité; quant au raccord du martyre à ce rite, il peut paraître absurde et il l'est certainement, mais la vie réelle n'est pas toujours exempte d'absurdités. Ce qui est beaucoup plus digne d'attention et vraiment suspect, c'est (|ue l'interrogatoire ne comprend pas « la moindre allusion :\ la coutume superstitieuse qui devait être le pivot de l'action entière; les accusateurs n'en feront aucune mention, et cela se comprend; mais que ni le juge ni l'accusé n'en disent mot, c'est ce qui ne se comprend plus du tout. » Ou du moins c'est qu'à partir de l'instant où l'accusé com-

voyez Marquardt, op. ci(., t. i, p. 231 . — • Ilisl. des persécutions. 3' édit., 1983, t. iv, p. 302, note 3. — • H. Dclehayc, dans /lnalec(a boUandiana, 1904. t. xxiii, page 478; elle n mPino été sérieusement contestée, cf. I'. Franchi di CavallcrI, dans h'iiom bidlctlinn di archeologia cristiana. 1904, t. x, p. 20-22. — " F. Cumont, op. cit., p. 8-9. — n Cf. MercntI, dans Revue rie pMMogle, p. 152-153. — "H. Drli-hnye, Saints de Thrace et de Mésie, dons Analecta bolland'lana, 1912, I. xxxi, p. 266-268.

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paraît devant IJassus l'accusation se déplace et la brimade fait place au droit. 11 y a là un liialiis si choquant qu'on peut et qu'on doit être tenté d'en tirer une grave objection. Le choix de l'épisode des Saturnales n'est-il qu'un prétexte pour introduire une condamnation de la survivance du rite transformé en superstition des calendes de janvier ? On peut le croire, sans qu'il soit possible de rien affirmer, et il reste probable q\i' « à ceux qui profilent de ce jour pour se livrer à des excès incompatibles avec leurs promesses de renoncer aux pompes du démon, l'auteur oppose l'exemple d'un martyr qui précisément prit occasion de » ces vaines traditions » pour fouler aux pieds Satan et ses pompes et se ranger sous l'étendard du Crucifie. Ainsi l'éloge du saint devenait autre chose qu'une leçon de morale applicable à toutes les situations: c'était comme un sermon de circonstance visant un abus déterminé.

« Nous croyons donc qu'il n'est point interdit d'admettre, jusqu'à preuve du contraire, que le rédacteur des Actes de saint Dasius n'a point eu à sa disposition un document contemporain des événements. » .Jusqu'à ce que la preuve ait été faite d'un ajustage, celui-ci reste trop probable pour permettre de considérer le martyre du saint comme historiquement rattaché à l'épisode, mais aussi l'inlerxenlion arbitraire du rédacteur n'est pas suffisamment démontrée pour détacher l'occasion des consé<iuences quelle entraîna. VIII. Le tombeau. — Daii> la crypte de la cathédrale d'Aneône se trouve un sarcopha!;e de marbre blanc dont les dimensions sont les suivantes : cu\c longue de 1"02 sur 0'".50 de large et 0™44 C'C haut, « décorée, aux quatre angles, de colonnettes dont les fûts sont ornés de cannelures en hélice, les chapiteaux d'un style corinthien dégénéré et d'exécution maladroite, la base formée d'un tore entre deu.x filets, puis, au-dessous, d'une moulure qui va en s'évasant largement vers le bas jusqu'à faire saillie sur la plintlie du sarcopliage. Les côtés de celui-ci sont lisses; mais au milieu de la face antérieure est figurée en relief une grande croix latine pattée, d'un type qu'on rencontre fréquemment sur les plus anciens monuments de Ravenne, par exemple ; sarcophage de Galla Placidia (v» siècle), palais de Théodoric, chapiteaux de Saint-Apollinaire-Nuovo (vi" siècle). Le couvercle n'est pas du même marbre que la cuve; celle-ci est tachetée de plaques grises, tandis que le premier est d'une teinte jaunâtre uniforme; mais cette différence de matière ne prouve pas une différence de date, l'artisan ayant pu employer ou, plus probablement, remployer des blocs que le hasard avait mis à sa disposition. Ce couvercle est en forme de toit (long. l^OS, larg. O^ôS, haut. 0'"31), et il porte aux quatre angles et aux extrémités du faîte six acrotères à décor très simple. Le versant antérieur est orné de trois croix semblables à celle de la cuve, mais plus petites, et au milieu, d'une extrémité à l'autre, est gravée, en lettres de 3 centimètres de hauteur, l'épitaphe qui est coupée par les branches supérieures des croix. Cette inscription dont Saraceni ' avait donné une transcription en lettres latines, tout à fait incompréhensible, a été publiée pour la première fois en fac-similé d'après un

■ Notizie hisforishe délia città tfAnconay Koma, 107,5, p. 60. — • * Le tombeau de S. Dasius de Durostonim^ dans Analecla bollandiana, 190S, t. xxvii, p. 370-371 , cf. Ctimpics rendue de l'Aead. des Inscript, et Belles-I.elires, 1908, p. 315 ; A. Diifourcq, A propos de Vhagiograpliic rnnuiine, dans Retfue des questions historiques, 1909, janvier, p. 168, note 1. — ' Cf. Théophane, édit. de Boor, index, et Patsoh. dans Pauly-Wissowa, Realencyclop., au mot. Durostoruni. — * .San Dasio Martire [par Gariboldi], broch. de 13 p. — ^ Op. cit., p. 60; cf. Acta sanct., mal, t. m, p. 568-569 a. — • Sur l'origine de ce type décoratif, que M. Str/.ygowski tait naître

estampage, par !•". Cumont ', dont nous ne jiouvons inieu.x faire que de citer ici la notice :

'EvTaCiOa y.7L-i

Aid'.oç £V£/Oci; àr.6 Aoip'jiîo'Xoj.

« F.n dehors de l'emploi des ligatures très ordinaires au (dans ÈvTaûOa) et ou (dans A'ojxjjtoXou) je ne vois à faire qu'une observation sur le texte : Uurostorum y est appelé dans les Actes AwpoiTrjÀio;). Cette forme grecque du nom thrace est due sans doute à une fausse étymologie populaire, et elle est fréquente à l'époque byzantine '. »

D'après une notice locale S le sarcophage fut transféré en 1848 de l'église San Pcllegrino à la cathédrale. Dès l'année 1650 on signale l'existence du sarcophage à San Pellegrino où sont conservés sous le maîtreautel les ornements de saint Dasius avec ceux d'autres martyrs, mentionnés dans l'inscription suivante ; Vctere dirula || nobiliorcm FF. Karmelitani cxcalcitili aram exlnixerunt || sublrr qna |] sanclorum || marlynim Peregrini Flaviani Dasii corpora [j cl injanlium ub Herode nccalorum ossa ]\ minus decenter untic/uitus rccondila \\ honoripcenlius cl populo speclanda rcpvni curavcrunt die virgini cl malri Thcrcsiœ sacro n Anno .M DCCCIV. Près du sarcophage, on conservait une vieille peinture » représentant le saint sous l'aspect d'un jeune homme en costume militaire, laquelle a malheureusement péri depuis. « D'un passage assez confus de l'historien Saraceni ^ qui donne les détails ciui précèdent, il semble résulter que, lors d'une reconstruction de l'église, en 12'23, on mit au jour le tombeau de saint Dasius en même temps que ceux des saints Pérégrin et Flavien, dont le sarcophage fut longtemps placé en face du sien. S'il en est ainsi, le souvenir du martyr a dû se perdre durant les siècles barbares du haut moyen âge, et la découverte de son épitaphe grecque, qu'en 1223 on ne comprit i)robablement pas, ne suffit pas à le tirer de l'oubli. On ne doit pas désespérer cependant de trouver dans ciuelque recueil hagiographique de la région d'.\ncône ou dans quelque chroniqueur médiéval des données nouvelles sur les reliques vénérables que possédait la grande ville des Marches.

Il Pour déterminer l'époque de la translation de ces reliques en Italie, nous ne pou\ons actuellement nous fonder que sur les caractères archéologiques du monument où elles furent pieusement déposées. Je n'irai pas jusqu'à affirmer qu'il appartient au iv^ ou au v* siècle. 11 est bien vrai que les colonnes à cannelures en hélice, surmontées de chapiteaux corinthiens composites plus ou moins défigurés sont fréquentes dans la sculpture ornementale de cette période " et que l'ensemble de notre sarcophage reste entièrement dans la tradition antique. Mais combien de temps cette tradition s'est-elle perpétuée dans les ateliers des cités de l'Adriatique ■? Les caractères de l'inscription fournissent des indices plus sûrs, à mon sens, et ils ne permettent guère de lui assigner une date antérieure au vi' siècle '. Elle appartient à l'épigraphie de l'époque de Justinien.

en Asie Mineure au iii° siècle, mais qui est répandu dans tout l'empire, cf. V. Chapot, La colonne torse et le décor en hélice dans l'art antique, in-8°, Paris, i 907, p. 106 sq. .\ii IV-V siècle, il est très ordinaire juscpi'en Gaule : K. Le Blant, Sarcophages chrétiens de la Caule, n. 6, pi. ii (Lyon), n. 15-16 (Soissons), n. .35, pi. vu (Balazuc),etc. — ' Le tracé des O en forme de poire tendrait même à nous faire descendre encore plus bas, mais on les trouve dès le vi» siècle : ainsi, dans une inscription de Syrie datéedc569, et publiée par von Oppenheiin et Lucas, dans Bu'anlinische Zeitschri/t, 1905, t. XIV, n. 38, pi. IV, 20.

DASIUS — DAUPHIN

« Des considérations iiistoriques tendent à corroborer les conclusions que nous avons tirées de l'étude du monument. Le corps de saint Dasius — la langue de son épitapbe suffirait à le prouver — fut certainement apporté en Italie lorsque les Byzantins possédaient encore la Pentapole, que les Lombards conquirent sur eux en 571. D'autre part, il dut être enlevé de Durostorum à un moment où la ville était menacée ou prise par les barbares, c'est-à-dire entre l'année 375, où la Mésie fut occupée par les Goths, et l'année 679, où les Bulgares la ravirent définitivement à Byzance. Mais de la fin du ive siècle à la fin du vii<! siècle, cette province-frontière fut si souvent envahie et ravagée, qu'il serait téméraire de fixer l'événement précis qui a pu engager les Grecs à mettre les précieux ossements du martyr eu sûreté au delà de l'Adriatique. Je rappellerai seulement que Durostorum, dont Justinien restaura les fortifications ', fut mis à sac en 579 par les Avares et, si toute conjecture n'était hasardeuse, ce pillage pourrait sembler une cause suffisante pour avoir provoqué l'émigration du clergé orthodoxe avec les reliques de ses églises.

« Nous pouvons affirmer un fait seulement, que l'inscription trop concise se borne à nous apprendre : c'est que le corps de saint Dasius « fut porté de Durostorum à Ancône «, et c'est là le point essentiel, puisqu'il établit, en conformité avec les Actes l'existence, fort ancienne d'un tombeau de martyr dans la ville danubienne '. »

H. LECLERCfJ.

DAUPHIN. — L Le dauphin sauveteur. IL Le dauphin sauveur. 111. Monuments. IV. Lampes. V. Emblème.

I. Le dauphin sauveteur. — Le dauphin a joué parmi les récits des anciens un rôle plein de grâce. Pline, à qui s'approvisionna de science l'humanité pendant tant de siècles, faisait du dauphin une étrange et charmante comparaison. C'était, à l'en croire, un poisson, mais mieux que cela, le plus rapide de tous les animaux, sans excepter les oiseaux, grand, la tète forte, poussant un cri qui ressemblait à une plainte humaine. La bouche énorme et presque cachée sous le corps, la langue agile, plate, la croupe rebondie, la queue vigoureuse et dentelée. La durée de ses portées est de dix mois, et la durée de sa vie trois siècles. Le dauphin obtenait des anciens toute la sympathie que nous avons reportée sur le chien de Terre-Neuve. C'était un plongeur cl un sauveteur qui bravait la haute mer et rapportait au rivage le naufragé campé sur son dos arrondi. A un appel, il se mettait à sui\Te les barejues de pêche, prêt à porter secours à la première occasion; bien mieux, quand le gros temps menaçait, il se réfugiait dans le port avertissant ainsi de l'approche de la tempête

11 n'en fallait pas tant pour se rendre populaire et le dauphin devint un symbole, non seulement dans le cirque où on le voyait sur la spina, évoquant l'idée de rapidité, mais encore sur les tombes, principalement les sarcophages, où il rappelait la traversée des Ames emportées aux Champs Elysécs. Cette poi)ularité avait valu au dauphin un sobriquet, on l'appelait simon. ce qui rappelait l'aspect camus (simus) de sa face; il ne s'en formalisait pas. en bon poisson qu'il était, et ce petit nom d'amitié suffisait à l'emmener fort loin dans le sillage d'une barque. Des histoires couraient sur leur compte; ces terre-neuves étaient aussi des faucons à leur manière. Un jour qu'on péchait dans l'étang

' Procope. Deiidil., iv, 7. — • F. Cumonl, dnns Anal. bnll.. 1908, t. XXVII, p. .371-.372.— ' StcplianI, dans Comptes raiiliis delà Commission impériale archéologique, Saint-Pétersbourg, 1865, p. 204 sq. ;Tasslc, Catalogue raisonné d'une collection de pierres gravées, t. i, p. 189-191. Ledauphin est aussi symbole de l'eau chez les anciens. Cf. K. O. Mûller, Handbiich der Arch.

de Laterra. près de Nîmes, les simons convoqués par les mariniers arrivèrent par bandes, organisèrent une battue, prirent leurs postes et rabattirent tout le poisson de l'étang dans les filets tendus. Quand on tirait ces filets pleins, les simons veillaient, et qu'un mulet, d'un bond adroit, parvint à s'échapper, ils le happaient et d'un coup de dent l'arrêtaient net, mais ne le mangeaient pas. L'aventure du poète .-Xrion, sorte de Jonas, dépouillé et jeté à l'eau par ses compagnons, se terminait par son sauvetage sur la croupe d'un dauphin, peu de légendes étaient plus populaires. Les morts eux-mêmes recevaient de bons offices sans distinction de croyances. Jadis les dauphins ramenaient le corps du jeune païen Mélicerte sur le rivage; les temps ayant marché, d'autres dauphins — les mêmes peut-être — ramenèrent les corps des martyrs Martinien, Calistrate, Lucien. 11 y eut même le dauphin canotier, tel celui qui chaque jo<ir, à heure dite, venait prendre à Pouzzoles un petit garçon, l'emportait à Baies et l'envoyait à l'école; le soir il le chargeait de nouveau et le ramenait à ses parents. Ce manège dura plusieurs années, l'enfant mourut et le dauphin ne lui survécut guère.

On devine d'après cela le nombre de représentations du dauphin que peuvent oflrir les monuments païens. C'est par milliers qu'on citerait les sarcophages sur lesquels des dauphins folâtrent ou s'avancent gravement. Les inscriptions n'en offrent guère moins d'exentples, tantôt seuls, tantôt accompagnés de l'ancre ou du trident. Terres cuites, marbres, bronzes, gemmes en offrent d'innombrables variantes '. Un des plus curieux monuments est un bouclier de gladiateur, le gakrus, trouvé à Pompéi et conservé au musée de Naples *. Les anciens "Toscans sculptaient des dauphins sur leurs tombeaux et Bosio croit que la pensée qui amena les chrétiens à accueillir le même symbole serait le soin du dauphin de conduire ses morts au rivage pour implorer de l'homme son ami une honorable sépulture. Cependant saint Basile lui suggérait une autre explication et selon Bosio, le dauphin retire ses petits dans une pcche naturelle dès que le danger menace, c'est un symbole du refuge dans le sein de la terre, des chrétiens dans les catacombes, de même (|ue la gaieté folâtre des dauphins rappelle l'intrépidité souriante des chrétiens bravant le martyre et triomphant de la mort. Tout ceci est singulièrement compliqué et aurait grand besoin d'une démonstration bourrée de textes au lieu de CCS rapides indications.

Le symbole du dauphin accueilli parmi les fidèles a été néanmoins vite éclipsé et, dans une certaine mesure, absorbe par le symbole du poisson. l'i/OJ;, dont la vogue fut si générale et la significaticn si précise. On s'est demandé si le poisson, interprété <le la personne du Christ, ne procédait pas d'une déformation plus ou moins consciente du type du dauphin et de ses qualités avérées de sauveteur intrépide plus que de la combinaison des lettres i, y, 0, u, ; initiales des mois *Ir,io-j; Xp'.axo; (rlsoû l'io: ilioTr^p'.

1,'opinion est plus spécieuse que fondée. Il est vrai que le poisson, sur les monuments chrétiens, est souvent représenté dans le voisinage de l'ancre ou même superposé ù l'ancre, en sorte (jue ces deux symboles deviennent souvent inséparables (voir Diclioiiii., t. i, col. 2008 sq.). Si parfois le trident remplace l'ancre, l'inlenlion symbolique est la nu'nie et ces deux compositions trouvent des modèles dans l'art païen où il n'esl pas rare de rencontrer l'ancre ou le trident

der Kiinst, in-8">, Brcslau, 1835, p. 505. — ' Garniccl, dans Bull, archeol. napol., nouv. série, t. i. p. 101 sq.; De nossi, Bull, di arch. crisl., 1870, p. 51. pi. iv, n. 7. — • De Hoîsl, Bull, di arch. crist., 1870, p. 51 s<i. Grégoire de Nysso. In verha laciam, homtl. : Orat. i, dnns Opéra, t. i, |i. 111 J, (lit ; 'O ôi/f (; èuri TtTiv vr|XTûv i 3aiTt).ixiÛTato;.

DAUPHIN

groupés de diftércnles façons avec le dauphin, el notamment sur le galenis d'un gladiateur dont nous venons de parler. En ce cas, le symbole chrétien le plus vénéré n'aurait d'autre origine que la fantaisie d'un artiste païen.

C'est ce qui semble plus que douteux, car si on se rapporte aux monuments figurés les plus anciens, on croit se rendre compte que l'anagramme i/Où; n'a pas été l'effort laborieux et tardif qu'on voudrait imaginer. Une inscription trouvée à Modéne nous fait voir le poisson accompagné de cette légende ' :

IX0YCCOT rip

et ce dernier est seul écrit en entier. Sur une pierre gravée, on lit entre deux poissons les lettres ainsi disposées ^ :

CCOTHP

et sur le dos d'un poisson en métal celte simple acclamation : CCùCAlC '■ Enfin, sur une paroi de la crypte de saint Corneille, au cimetière de Calliste, une très ancienne inscription, tracée à la couleur noire, permet de lire ces mots ' :

IX0YC AM*[Ooft.r/ aojTrjo

d poisson sauveteur des naufragés. »

On le voit, la préoccupation des fidèles considérait surtout en Jésus le sauveur; dès lors, ils devaient naturellement choisir de préférence un type qui évoquât clairement pour tous l'idée de salul inespéré, tel que le dauphin l'apportait au naufragé. C'est donc bien l'idée de salut qui s'attache au Christ voilé sous le mot t/OJ; et cette idée s'exprime presque instinctivement par le dauphin qui se trouve ainsi avoir suggéré le symbole plus généralisé d'un poisson quelconque auquel les lettres IXOY-C servent d'interprétation. Il est incontestable que le poisson est un des plus anciens symboles chrétiens, mais en traçant la première monographie scientifique de ce symbole célèbre, J. B. De Rossi devait encore se borner à constater que la plupart des monuments romains marqués du poisson étaient antérieurs à la paix de l'Église, il ne croyait pas pouvoir préciser autrement leur chronologie '. Un quart de siècle plus tard, après les enquêtes multipliées et les découvertes accomplies dans les catacombes, quand l'archéologie avait ressaisi le fil chronologique, il pouvait déclarer que le dauphin était représenté de préférence à tout autre type de poisson sur les monuments les plus anciens '.

II. Le dauphin sauveur. — Le dauphin, considéré au point de vue décoratif, n'offrait absolument rien de répréhensible, en sorte que les fidèles ne songèrent pas à l'exclure, pas plus que les hippocampes et autres monstres marins qu'ils trouvaient sculptés sur les sarcophages en vente chez les marbriers païens '. Non seulement ces sujets étaient décents et indifférents en eux-mêmes, mais ils pouvaient recevoir une interprétation symbolique chrétienne, raison de plus pour leur faire accueil. Mais, en pareil cas, il y a peu de chose à tirer de la présence de dauphins sur un couvercle de sarcophage, sinon qu'ils sont plus ou moins énergiquement dessinés et taillés suivant que l'artisan a eu un plus excellent modèle sous les yeux.

' De Rossi, Roma sotterr., t. ii, p. 333. — ' Costadoni, Disserlazione sopra il pcscecome simbolo di Gesù Cristo, dans Calogera, OpuscoU, l" série, t. xli, pi. xi, n. 35; H. Leclercq, Manuel d'archiul. chréL, 1907, t. il, p. 379, flg. 288. — ' Costadoni, op. cil., pi. iv, n. 22. — ' De Rossi, Ronm sotterr., 1. 1, p. 282. — ' De Rossi, Epistola de christianis monumentis 'I/Ojv exitibentihtis, dans Spicil. Solesm., t. m, p. 543 sq. —

La question doit porter ailleurs. Si on étudie la totalité des épitaphes sur marbre et sur tuile, et des peintures trouvées dans la calacombc de Priscille, dont le noyau nous amène jusqu'au i" siècle de notre ère, on constate que les symboles sont très rares et se réduisent presque à un seul : l'ancre, que n'accompagnent ni daupliins, ni poissons. Mais dès qu'on commence à parcourir les galeries qui rayonnent de te centre de la catacombe, on rencontre le poisson associé à l'ancre; et l'écart chronologique entre ces ambulacres et le centre proprement dit est fort réduit, il y a entre eux succession, mais succession sans interruption. Une inscription du ii« siècle nous montre deux poissons affrontés à une ancre; l'espèce n'en peut être déterminée, mais il est certain que ce ne sont pas des dauphins (voir Didionn., t. i, col. 2015, fig. 569). Au lieu même où fut trouvée cette inscription, un fragment avec le nom Alexander est suivi d'un poisson qui n'est certainement pas non plus un dauphin » (fi.Li. 3Cinr)). On peut

3605. — Inscription romaine.

D'après nullet. di archeologia criai., 1870, pi. iv, n. 14.

donc admettre que les plus anciennes inscriptions clirétiennes du cimetière de Priscille ont d'abord le symbole de l'ancre et plus tard, un ou deux poissons affrontés à l'ancre, sans souci de figurer des dauphins.

Dans d'autres cimetières comptant parmi les plus anciens, une enquête semblable donne des résultats identiques. Dans la crypte de Lucine, une galerie du niveau le plus inférieur garde des inscriptions qui comptent parmi les plus anciennes de la crypte, laquelle remonte au ii« siècle, et, ici encore, nous trouvons l'ancre figurée sans le poisson '. Dans cette même crypte, nous rencontrons la fresque célèbre qui représente des poissons avec la ciste remplie du pain et du vin de l'eucharistie (voir Didionn., t. ii, pi. hors texte au mot Ciste); ces poissons sont des poissons quelconques, non pas des dauphins. D'où il faut conclure que, dans les plus anciennes figurations du symbolisme chrétien, le poisson ne procède pas du type du dauphin et des types décoratifs païens du poisson et de l'ancre.

De ces cimetières primitifs si nous passons à celui de Calliste, conligu à la crypte de Lucine, nous rencontrons dans les cubicules la représentation du symbole de l'tyOJ; et toujours nous voyons un poisson plus ou moins indéterminé, mais qui n'est pas un dauphin. Celui-ci ne paraît que parmi les figures ornementales '». L'épigraphie de la région la plus ancienne du cimetière de Calliste appartient à la fin du W et ù la première moitié du iii= siècle; nous y rencontrons l'ancre sans compter et quelquefois le poisson ". Deux fois seulement, on semble avoir voulu figurer le dauphin,

• De Rossi, Bull, di ardieot. crisl., 1870, p. 54. — ' De Rossi, Roma sollerranea, t. ii, p. 358, 359. — De Rossi, Bull, di arch. crist., 1870, p. 57,[pl. iv,n. 14. Dans la catacombe de Priscille, il faut signaler une tuile avec l'ancre et le dauphin, Bull, di arch. crist., 1892, p. 106, pi. m; Didionn., t. i, fig. 566. — •De Rossi, Riima sotterr., t. i, p. 333. 334. pi. xvii.— " Ibid., t. II, p. 358, 359. — " Ibi.i., t. ii, p. 314-317.

DAUPHIN

mais ces pierres ne sont pas des plus anciennes ' (fig. 3606). Dans une galerie de la troisième région du cimetière de Calliste fut trouvée l'épitaplie de Victorianns, de la deuxième moitié du iii= siècle, avec deux

jCÛi'i. — Inscription romaine.

D'après de Rossi, Roma sollerranca, l. ii, pi. XMii, n. 5:i.

dauphins attaclics à un trident (voir Diclionn., t. i; col. 2011, fig. 502). C'est à partir de la moitié du 111= siècle que nous voyons le dauphin soit seul, soit accosté du trident ou de l'ancre, ayant donc passé du rang assez humble de décoration ornementale à la dignité de symbole équivalent à celui du poisson représentant Jésus-Christ.

Du cimetière du Vatican où il n'y a que des monuments d'une haute antiquité, nous citerons encore le sarcophage sculpté de Livia Primitiva =, aujourd'hui à Paris et sur lequel le poisson est placé en regard de l'ancre, mais ce poisson n'est pas un dauphin '. Le cippe de Licinia Amiati, du musée Kircher, est du ii' ou du début du m» siècle avec le groupe et la mention IX0YC ZCON- TCùN. " Jésus-Christ, fils de Dieu, Sauveur des vivants, » nous tait voir la croix entre deux poissons qui ne sont pas des dauphins *. Enfin, une épitaphe de l'année 234, trouvée au cimetière Saint-Hermès ', nous montre aussi l'ancre et le poisson, mais non le dauphin.

En Gaule, nous rencontrons aussi sur les plus anciens monuments épigraphiques l'ancre seule •, et l'ancre avec le poisson, non le dauphin '. Ce n'est guère avant le iv= ou le v» siècle que le dauphin se montre sur les bas-reliefs des sarcophages en Gaule, et de même sur les épitaphes ».

n faut en conclure que l'ancre a fait son introduction dans le symbohsme chrétien indépendamment du type païen de l'ancre et du poisson. Le poisson, lui aussi, ne paraît qu'accidentellement avec l'ancre et il a pris sa signification symbohipic spéciale, indépendante, sauf à s'accommoder plus tard du voisinage de l'ancre. Quant à la mystérieuse abréviation IX-0YC, elle se trouva former un mot, et ce mot signifier un signe et ce signe s'appliquer au Christ. Quand on commença à avoir des loisirs, on dut remarquer la convenance qu'oflrait le dauphin avec le sens cryptographique d'i/OJ;. Les uns adoptèrent ce petit raffinement non veau, les autres le repoussèrent et s'en tinrent au poisson sans détermination particulière. Un des exemples les plus anciens peut-être de la confusion intentionnelle entre le poisson et le dauphin, se trouve sur une longue et belle pierre destinée à servir de ferme-

' DeUossi,iîomaso((err.,-t.n,pl. \Li,n.32;pI.XLiii,|n.53; Bull, di archeol. crist., 1870, p. 58, note 3. — 'H. Lcclercq, Man. d'arcli. clirét., 1 907, t. il, p. 28.') sq., flg. 235.—' De HossI, Bull, di arch. crist., 1870, pi. v. — * Marclii, Monum. primil. delV arle cri.sl., p. 70; J. Dôlgcr, Dos Fisclisymbol in friihchrisllichcr '/.cil, 1010, t. i, p. ICO, ng. 9. — • De Rossl, Inscript, clirist., 1801, t. i, p. 10, n. 6. — ' E. Le BInnt, Recueil des iiiscript. clirét. de lu Caille, I. i, p. xii, XLiv; t. II, p. 2fi'.l, 305, 197, 498. — ' //'(</., t. ii. p. 3n. — • //>/</.. t. II, p 44. — ' Cette plaque se trouve niijourd'liul ù lii

ture à un loculus du cimetière de Prétextât. Aux deux extrémités, devant une ancre debout, folâtre un dauphin » (voir Diclionn., t. i, col. 2015, fig. 567); ce monument ne peut être postérieur au début du 111'= siècle. -A Naples, dans les catacombes se voit parmi les tres- ([ues antérieures à la paix de l'Église, un arcosolium certainement très ancien 1° ; au centre de la lunette, de chaque côté de l'ancre debout, deux dauphins.

III. Monuments. — Nous savons maintenant que les ditTérentes représentations du dauphin n'ont génc-

3607. — Inscription e cœmet. subterran. D'après une photogr.ipliie.

ralcment qu'une valeur secondaire dans l'histoire du symbohsme chrétien. C'est comme type décoratif qu'il y fait son entrée sur des sarcophages probablement achetés

Sarcopha;

D''après Marucchi, / iiioniimenli dcl nense, 1911, pi. v, n. 5.

romain.

mii%eo

dans des atchers de marbriers païens. Néanmoins quelques-uns sont vraiment dignes d'un moment d'attention à cause de la vigueur exceptionnelle de leur dessin.

3609. — Sarcophage romain.

D'après Marucchi, op. cit., pi. viii, n. 1.

Parmi les plus anciens, le sarcophage de AOTTAIA- NOC ", ceux de AKEAIA '" et de POMPEIA"et au m'-iv» siècle, de beaux spécimens, vigoureusement dessinés et fouillés ■« (lig. 3608, 3609, 3610). Un des

paroi de droite de la grande salle <les sarcophages chrétiens au musée du Lntrnn. — '• Cf. Bellcrmanii, Vchcr die Kalakomben zu Neupcl, in-4°, Hamburg, 1839, pi. vi. — " De Hossi, Homo sotterr., t. 11, pi. XLV, n. 10; P. .MIard, linnie souterr., pi. xx, n. 1 ; II. Lcclercq, Miiniirl d'nrchi'ol. clirét,, t. II, p. 283, ng. 233. — " De HossI, riuma solterr., t. 11, pl. x.\.\, n. 3; nictionn., 1. 1, col. 2872. Ilg.975.— " De Hossi. Itoma sotlerr., 1. 1, pl. xxxi, n. I. — " Manirclii, 1 mnniimenli rirl imisco Pio-l.nlcranensc, lii-fol., Homa, 1911, |il. v, n. 5; I I. \ rrr, n. 4 ; pl. i.\, n. 1 ; pl. x, 2; pl. wi, 5 ; |>l. xi.iiir.

DAUPHIN

plus étroitement inspirés par les anciens cahiers de modèles est un couvercle de sarcophage trouvé dans la terre lors de réparations exécutées dans l'éfilisc Sanl- Egidio à Rome. IJeux groupes de deux dauphins nagent vers le cartel central sur lequel se lit l'épitaphe de ' :

SALVSTIO YPPO LITO BENEME RENTI QVI VISI TANVS XXXIII [S M £5 o Vll-B Vllll IN PAGE

C'est un travail du iv<: siècle, les flots de la mer sont restés inachevés (fig. 3611).

Un autre sarcophage mérite aussi une mention, c'est celui d'Aurelia Petronilla, lr;uisporté du cimetière de

3610. — Sarcophage de Rome.

D'après Marucchi, op. cil,, pi. ix, n. 1.

Domitille au musée du Vatican '. On racontait au moyen âge que l'épitaphe de ce sarcophage avait été gravée par saint Pierre en mémoire de sa fdle qui y reposait et l'épitaphe était ainsi conçue : AVRElLilAE PETRONILLAE FILIAE DVLCISSIMAE ' et le pape Sixte IV écrivait au roi de France Louis XI : exlant ab

ment du dauphin, mais aussi du trident figurant la croix.

Une inscription romaine transportée à Anagni nous montre encore le dauphin comme tenant la place du Christ quand il porte sur son dos un navire, symbole de l'Église. Tout ceci est si conforme aux idées des fidèles que l'explication semblerait superflue • (fig. 3612). Sur la précieuse patène de verre à médaillons trouvée à Cologne et conservée au Musée Britannique, nous voyons une barque remplie de passagers qui rament de leur mieux, au-dessus d'eux un dauphin symbole du Christ protégeant son église '.

Un graffite, à droite quand on sort par la petite salle qui du niveau de la crypte ad S. Crescenlionem monte à

CASSVS ^ DOMNINVS

il^iA-d»--^

ffS

3612. — Épitaphe de Cassus Domninus.

D'après De Rossi, Bulletiino, 1870, pi. iv, n. 12.

ia piemicre région de la crypte de Priscille, nous fait voir un dauphin affronté au trident parmi d'autres graffltes qui'ne semblent pas antérieurs au iv« siècle * (fig. 3613). "

Un sceau en forme de dauphin, imprimé à ciaq reprises différentes sur la chaux d'un locuhis d'enfant;

3G11. — Sarcophage de Salustius. D'après Manicchi, op. cit., pi. .vlvui.

cmnibus ipsius arcœ capitibus dclphinis qualluor,vcluli custodes et veneratores tam gloriosi scpulcri '.

Dans les sarcophages, les dauphins à la nage semblent avoir une fonction purement décorative, mais il n'en est pas de même sur tous les monuments chrétiens qui nous présentent ce symbole. Souvent c'est bien le poisson divin qu'il figure.

Dans la catacombe de Calliste, le dauphin couché et tortillé sur le trident figure le Christ sur la croix ^■, cette fresque est de la deuxième moitié du n= siècle et c'est une des plus anciennes représentations non seule-

' De Rossi, Bull, di archeol. crist., 18li/t, p. 87, ce sarcophage fut transporté au musée de Latran, cf. O. Marucchi, / monumenti, 1911, pi. xLviii. Voir aussi l'épitaphe de Crescentius, dans Catalogue du musée Alaoui, p. 30, n. 309. — * Sigebcrt de Gembloux et Romuald de Salerne disent que le pape Paul I^' fit porter de son emplacement primitif jusque dans la liasilique vaticane les reliques de sainte Pétronillc avec leur sarcophage. Pcrtz, Monuiu. Gennan. bistor., t. vni, p. 332; Muratori, Script, rer. italiear., t. vu, p. 143; Fanvinio, dans Mai, Spicil. ronmn., t. ix, p. 258; Cancellieri, De secretariis basilicœ Vaticanœ, p. 901). ■ — ' Cancellieri, op. cit., p. 968; la vraie lecture était Aurcliœ, comme l'a constaté .T.-B. de Rossi, dans le ms. de Pielro Sabino, à la bibliothèque Mareienne, de Venise (cod. Marc, lat. X, 195, p. 281 b). Sabino avait lu l'épitaphe apud altare Dicr. d'aucii. chrkt.

il faut peut-être interpréter : Spes in Deo Cbrislo ' (fig. 3614). C'est également sous forme d'empreinte relevée sur la chaux d'un loculus que nous connaissons un autre sceau, plus curieux encore et qui nous fait voir un dauphin dévorant un serpent '°, symbole que nous retrouverons dans un instant et dont le christianisme n'est pas douteux, encore qu'on puisse admettre que, parfois, le type du dauphin a pu servir de cachet aux conmierçants d'Olbia qui avaient à estampiller et à cacheter les amphores contenant les céréales d'exportation ".

marmoreum quod rex Francorum erexit in lionorem S. Petronillse. — ' Martcnc, Vet. script, coll., t. il, col. 1470. De Kossi, Bull, di archeol. crist., 1865, p. 46. — ' De Rossi, Bull, di archeol. crist., 1870, pi. iv, n. S; Wilpert, Le pitture délie catacombe romane, 1903, pi. ,\xxix, n. 1. — • De Rossi, De monumentis, dans Pitra, Spicil. Solosmense, t. m, p. 574, n. 32; De Rossi, Bull, di arclt. crist., 1870, p. 54, pi. iv, n. 12. — ' O. M. Dalton. Catalogue oj Christian antiquities, 1901, n. 629, pi. xxx ;ll. Lcclcrcq.il/iiiiiic/d'arc/i.rdréf., t.n, p. 491, fig. 328; De Rossi, Bull, di archeol. crist.. lS64,p. 91.

— ' De Rossi, Bull, di archeol. crist., 1888, p. 103, pi. vi-vii.

— • De Rossi, Bull, di arcli. crist., 1879. p. 136, pi. xi, n. 2.

— "De Kossi, Bull, di arch. crist., 1880, p. 95. — " Descemct, dans Bull, di arch. crist., 1S78, Ip. i>2, p. 55, et. II. Leclercq, Manuel d'archéol. chrét., t. i, p. 141, flg. 22, 23.

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