DAVID — DÉBITEURS
Enfin, voici une aiguière sans anse et un bassin en bronze, travail wisigothique du vi'-vn^ siècle, acquis en Espagne et entrés au Musée Britannique. Le bassin olïrc une inscription disposée autour de l'ombilic, une autre autour du rebord, les voici :
a) : t IN NOMINE DNI DE OCICI MANEFICIV(n)) ADMIRARE. — b). t VICIT LEO DE TRIBVS IV— DA RA— DIS DAVID ALLELVIA ' (fig. 3G33).
Voir Diclionn., t. m, col. 2671, fig. 3213, combat de David contre le lion sur la lanterne dite de Saint- Vincent, à Conques.
H. Leclercq.
DEAMBULATOIRE. Le sens et l'emploi du mot « déambulatoire • ont fait difficulté.
Le terme est ancien; nous le rencontrons dans VHistoirc Auguste, sous la plume de Jules Capitolin ou du moins d'un écrivain dont on ne peut abaisser la date au-dessous des dernières années du iv siècle. Capitolin rapporte l'établissement de portiques au Champ de Mars par les soins de l'empereur Gordien III: Inslilueral [Gordianus] poriicum in campo Martio sub colh-, pedum mille, ila iil ab altéra parte seque mille pedum porlicus fieret, atque inter eas pateret spatium pedum quingentorum : cujus spatii hinc atque inde viridaria essent, lauro, myrto et buxo frequcntata; médium vero lithostratum brevibus columnis altrinsccus positis et sigillis, per pedes mille : quod cssct deambulalorium -. Voici donc un promenoir couvert s'ouvrant entre deux portiques, sur un vaste espace parmi les arbustes et bosquets, son tracé comporte un pavement de mosaïque bordé de chaque côté par de petites colonnes et des statuettes ^.
Au vs siècle, nous retrouvons le mot deambulalorium avec le même sens de portique dans le traité de Pompée le grammairien, auteur postérieur à Servius *.
Nouvelle mention dans le Liber pontificalis, à la notice du pape Hadrien (772-795) qui entreprit des constructions dont il est rendu compte en ces termes : Pro honore beati Pétri, apostolorum principis, et ornatu ipsius saneti patriarchœ, conslruxit atque œdifteavil ibidem noviler lurrem mirse pulcliritudinis decoratam... ubi et deambulatorium, scilicet solarium, cam cancellis areis nimis pulchcrrime conslrui jecit. Il s'agit ici d'une sorte de promenoir ou galerie avec balustrade que l'on établit à la partie supérieure de la tour dont il vient d'être question. Ce sens est plus rare que celui de galerie ou portique en longueur, il est même seul connu jusqu'ici. « Que de bonne heure on ait attribué, en général, au terme deambulatorium le sens de galerie, d'allée en longueur, comme dans les portiques anciens, cela n'est point douteux; puis, qu'on l'iiit appliqué au collatéral d'une église disposé en ligne droite, c'est-àdire non tournant, il n'y aurait rien de surprenant. Par une transition aisée, deambulatorium aurait servi à désigner « les collatéraux à arcades se rejoignant par 11 une allée circulaire qui contourne le martijrium d'une « crypte ou plus souvent encore l'abside de l'église « proprement dite, disposition qui devint plus tard a une des plus heureuses de celles que généralisa l'ar-
' O. Dalton, Catalogue ot Christian anliqiiities,ÏOOi,p. 108, n. 541. Apec. V, 5. — ' J. Capitolin, Gordianus III, n. .12. — * V. Mortel, Lexicographie archéologique : Deambulatorium, Ambulatorium, Corona ecclesiœ, dans Bulletin moniimcn/a/, 1912, t. Lxxvi, p. 540 sq.; cl. E. Lerebvre-Pontalis, Triforium et déambulatoire, dans même revue, 1911, t. Lxxv, p. 515-523; R. de Lastcyric, Déambulatoire cl Iri/orium, dans mt'mc revue, 1912, t. lxxvi, p. 125-139; li. Lefcbvro- Pontalis, liéponseà M. de Lasteyrie, dans même revue, 1912, t. LXXVI, p. 139-147. — ' Poinpcius Grammalicus, dans Gram malici velcrcs, édit. Keil, t. v ; Thésaurus linguœ latimv, in-l", Lipsix, 1910, t. v, au mot Deambulatorium. — * C. Knlart, Manuel d'archéologie française, In-S», Paris, 1902, t. I, p. 172, n. 4. — ■ V. Moi fct, op. cit., dans Bull.
« chitecture romane. Le sens de collatéral tournant, « qu'il n'avait pas d'abord, lui serait donc venu posté- « rieurement \ » Il convient de chercher encore dans les textes si nous pouvons y rencontrer cette signification °. »
Au ix« siècle, entre les années S32 et 834, l'évèque du Mans, Aldric (t 856). fit rebâtir l'abside de sa cathédrale dont il fit ensuite la consécration. Voici ce que nous apprend à ce sujet un des rédacteurs des Gesla episcoporum Cenomanensium ' : . Solemniter consecravil jam dictas Aldricus pontifex absidcmi matris et senioris civitatis eeclesiœ quam a novo fundavit... Deambula- TORiA siquidem sursum per totum in circuilu ipsius ecclesiœ jecit in quibus et altaria quinque nobiliter conslruxit atque sacraoit. Daniel Ramé ' \it dans cette description un déambulatoire circulant autour de cinq absidioles placées autour du choeur et pourvues d'autant d'autels. En 1892. M. de Lasteyrie ' insistait sur l'adverbe sursum et déclarait que, selon lui, par le mot déambulatoire, l'auteur des Gesla avait voulu désigner des tribunes placées au-dessus des bas-côtés; enfin, en 1912, M. V. Mortet ajoute que dans la description qui nous reste de la distribution des autels, un développement de ce récit s'adresse à ceux de ces édicules qui étaient placés au rez-de-chaussée de l'édifice, par rapport à la disposition supérieure des tribunes : Deorsum quoque... Les autels avaient été multipUés partout dans l'église; il y avait aussi ceux qui étaient hors du chœur, extra chorum, il y en avait encore un autre au milieu de l'église, in média ecclesia. Plus loin, dit M. de Lasteyrie, « l'auteur désigne ce déambulatoire par le mot solarium qui signifie toujours un étage élevé au-dessus du sol '°. » Or, nous venons de voir précédemment, à propos du deambulatorium du pape Hadrien, qu'on avait déjà fait dans le texte qui s'y rapporte une assimilation entre les mêmes termes ". H. Leclercq.
DEBITEURS. Parmi les voies de contrainte les plus rigoureuses employées dans l'antiquité, il faut rappeler l'arrêt mis par le créancier sur le cadavre de son débiteur, auquel il refuse l'inlmmation jusqu'à ce que les proches ou les amis du défunt se cotisent pour éteindre la dette et procurer ainsi à l'âme errante et plaintive la suprême satisfaction de la paix du tombeau.
Outre les récits plus ou moins légendaires et la littérature relevant du folk-lore, dans lesquels on rencontre assez fréquemment des allusions à cette jurisprudence, mentionnons les écrits profanes et les sources littéraires, même chez les Pères de l'ÉgUse et dans le droit romain. Car cette \ândicte dont l'origine paraît des plus lointîiines s'est pratiquée longtemps après le commencement de l'ère chrétienne, ainsi qu'en témoignent les textes suivants.
En 526, l'empereur Justin promulgue cette loi : « C'est un liorrible abus et une honte pour notre temps, dit-il, que les attentat-s commis sur les restes des morts par des gens qui s'opposent à leur sépulture, se prétendant créanciers du défunt et exigeant leur paiement; pour qu'à l'avenir le même abus ne se reproduise pas et que ceux qui sont tenus de rendre au défunt les
monumental, 1912, t. Lxxvi, p. 542-543. — ' Miscellanea, édit. Baluzc, in-Iol.. 1701, t. i, p. 81; édit. Lcdru, p. 304.
— • D. Ramé, Sur quelques édifices d'Orléans présumés caro~ lingiens, dans Bullelin monumental, t. xxvi, p. 91 sq. — * R. de Lasteyrie, L'église Saint-Martin de Tours, élude critique sur l'histoire et ta forme de ce monument, dans Mém. de IWrad. des iuscr., 1892, t. .xxxiv, 1" partie, p. 26-27. Depuis lors, R. do Lasteyrie, L'architecture religieuse en France d l'époque romane, p. 18G, 187, 291, et Bullelin moniimenlal, 1012, t. lxxvi, p. 127, • condumno calégoriqiicmont l'emploi du mot déambulatoire. • — " De Lasteyrie, L'église Salnl-Marlin de Tiiurt. p. 27, note 1.
— *' V. Mollet, dans Bulletin monumental, 1912, t. lxxvi, p. 544.