cum aspersis.'ici allare asperges allare septeni uici
septeni uicibus] reliquum au- bus; reliquum aiilcui /undcs
tcm sanguinem fundes juxia ad basem; et ol/eres incen-
basim ejus; 13... et of/ercs smn super allare, odoreni
incenswn super allare... suaiiissinuun 7)'i;iiino. 18... oblatio... odor suavixsimus... Domini °.
A une telle préparation succède une consécration très détaillée : ce n'est plus l'autel seulement qui
l'ordo du ins. S16 de la 131bt. nat., ou saciamentalre d'Angoulème qui appartient aussi à cette tradition: mais il n'a pas donné les oraisons, lesquelles suivent exactement l'ordre du nélasien du vu» siècle. — " /'. L., t. lxxii, cot. 328-330, d'après Tommast, Opéra, éd. Ve/.70si, t. vi, p. 354. — 'Cf. ci-dessus, note 1. Il est plus développé diuis un autre ms. du même groupe complétcpiicnt Inédit, cod. Pliillipps 1667 de Liertln; c'est cxnclcnient l'ordo des ms. de 'Vérone cl de Zuricli st^naté dans la note suivante. - " .Ms. de Vérone publié par Uiancliini : Anastasiï, Vita' itom. Pont., t. m, et ms. de Zuricli, dans Gerbert, A^'n. '■('• 'i' (dent., t. II, rci'ioduit dnii> P. L., l. cxxxviii, cot. tlll'i 1018. — "Cf. H. G. Worlti, The consécration oj churches dans Westminster Cathcdral c/iron.,t.rv,mar»1910.
DÉDICACE DES ÉGLISES
reçoit ses cinq onctions d'iiuile et de chrême, les parois mêmes du temple sont munies de l'onction en forme de croix tout à l'entour du sanctuaire '; et à leur tour les nappes d'autel, les patènes, calices et vases sacrés de toute sorte, omnia in usum basilicœ, sans en exclure les cloches, participent à la bénédiction universelle avec des formules adaptées à chaque partie du mobilier. Les éléments romains de la fonction paraissent enfin comme conclusion de tout ce cérémonial compUqué : la translation des reliques, leur déposition dans l'autel, la vestitio allaris avec formules correspondantes du sacramentaire grégorien, et enfin la célébration de la messe. Ici encore les gélasiens du vu" et du viii" siècle renchérissent sur le grégorien : indépendamment d'une double messe pour les dédicaces ordinaires, ils ont la délicate attention de prévoir le cas in dedicalione basilicœ quam conditor non dedicatam reliquil; puis ils enregistrent une autre messe in dedicalione loci illias ubi prias fait synagoga; la série se termine par une messe in dedicalione fonlis.
Parmi les oraisons qui paraissent pour la première fois dans les recueils gélasiens toutes ne sont peutêtre pas étrangères à Rome, bien qu'elles ne soient pas dans le sacramentaire grégorien. M. Duchesne croit reconnaître en particulier aux formules Dcm qui loca et Deus sanclificalionam, qui encore aujourd'hui accompagnent l'aspersion à l'intérieur de l'église, une origine romaine, attendu qu'elles sont étrangères au MÏssale Francorum ', document gallican signalé plus haut.
3. Fusions diverses des riluels gélasicn et grégorien, au XI" siècle. — L'introduction en France du sacramentaire « grégorien » par le pape Hadrien, vers la fin du viii« siècle, fut un événement. Le recueil qui se donnait pour purement romain était d'une concision et d'une brièveté peu communes, comparé aux sacramentaires gélasiens en usage en Gaule durant le VIII» siècle. On l'adopta cependant, mais de fort bonne heure on le compléta à l'aide des recueils déjà connus. Son rituel de la dédicace était excessivement court, surtout il ne prescrivait à peu près rien pour la consécration de l'autel : le supplément quasi officiel d'Alcuin s'empressa de pourvoir à cette fonction, depuis trop longtemps en usage en France pour être abandonnée : sous les numéros lix et lx, il reproduisit les deux prières « de type gaUican » = qu'avaient adoptées les sacramentaires gélasiens, et à leur suite les formules de même provenance pour la consécration des patènes et cahces ainsi que deux oraisons empruntées à la messe in dedicalione jonlis '. Cette combinaison se retrouve dans tous les manuscrits du sacramentaire grégorien qui ont conservé distincts le grégorien d'Hadrien et le supplément carolingien attribué à Alcuin.
Mais dans le courant du ix» siècle on constate dans l'agencement de Vordo dedicalionis ce qui s'accompUt sur une plus grande échelle dans le sacramentaire luimême. Les deux parties finissent par se compénétrer et se mêler l'une à l'autre. Le prétendu « sacramentaire
' D. Stietcnhofer a montré que cette cérémonie n'est pas si ancienne que l'avaient dit Goar et Catalani après lui : Die (Jesvh. d. Kinliweihe. p. 113-110. C'est vers le xiii« siècle seulement que s'introduit l'usage de graver sur les murs ou les colonnes des églises et sur les jambages des portails des croix destinées A recevoir les onctions. — ' Origines du culte chr., 2° éd., p. 400. — ' Duchesne, Urig. du culte chrétien, 2' éd., p. 398. — • Muratori, LU. Rom. vct., t. il, col. 1S3- 184; P. L., t. cxxi, col. 820-821, d'après l'édition de Pamclius. — ' Reproduit dans les Oiiera S. Greqnrii des bénédictins, P. L., t. Lxxvm : l'ordo de la dédicace se trouve col. 152-161. — 'En abréïé dons celui d'Angoulfcm.i, au complet dans ceux de Berlin (cl. ci-dessus, col. 391, note h) et de Iteims (dans les notes ajoutées à l'édition de H. Ménard, P. L., t. Lxxvin, col. 413-421). — ■ Cl. Eph., ii, 21 ;
de saint Grégoire j publié par dom H. Ménard » donne une très juste idée de cette fusion soit pour le sacramentaire, soit pour le rituel de la dédicace. Ce dernier est conforme dans les grandes lignes aux ordos de Vérone et de Zurich, mentionnés au § 2, qui se rencontrent aussi dans des sacramentaires gélasiens ». Mais on y a introduit les formules grégoriennes pour la translation des reliques (..iu/er a nobis et Domum taam) et leur déposition : Deus qui ex omni coaplatione sanclorum rclernam tibi condis habitacalum, da œdificalioni laœ... Cette dernière prière exprime d'une façon saisissante le dogme de l'Eglise, corps mystique du Christ, qui ne cesse de se construire par l'admission constante de nouveaux membres, ex omni coaptatione sanclorum '; elle a inspiré au viii» siècle la strophe de l'hymne Urbs beata pour la fête de la Dédicace qui décrit le même mystère :
Tunsionibus, pressurls ExpoUti lapides Suis coaptantur locls Per manus arti fiels:
Disponunlur permansuri Sacris œdificlis '
Le Missel romain la conserve encore, dans sa teneur antique, à la messe in die dedicalionis ; malheureusement dans le Pontifical où elle figure toujours, elle a subi des modifications qui en ont complètement altéré le sens : Deus qui ex onviium cohabitalione Sanclorum...
C'est le moment de signaler aussi la grande prière de Bénédiction de l'eau, Sanctificare per Verbum Dei, empruntée en partie à saint Ambroise •, et usitée dans le rite milanais pour l'eau baptismale. On ne sait trop comment elle est entrée dans le rituel de la dédicace du grégorien publié par dom Ménard, ni surtout à qui elle doit de figurer dans le Pontifical de Durand de Mende, et par suite dans le Pontifical romain, sans être passée par les documents intermédiaires. Notons enfin que, abstraction faite de cette dernière formule, le rituel du manuscrit de Ménard se retrouve dans d'autres exemplaires du ix° siècle "', ce qui prouve que son essai de fusion n'est pas resté isolé, sans cependant avoir jamais été officiel.
h'Ordo romanus vulgatus était destiné à jouer un rôle plus décisif, car c'est l'un de ses rituels qui devait s'imposer définitivement à tout l'Occident latin. Il présente, dans l'édition de Melchior Hittorp, deux rédactions différentes : l'une, plus courte et plus voisine de l'or;to gélasicn, peut dater de la seconde moitié ou de la fin du vin» siècle"; elle n'a guère survécu ù l'époque qui l'a vue naître. L'autre peut dater de la fin du ix'- siècle; elle a traite assez librement les documents dont elle se servait, les arrangeant et les modifiant à sa façon, et surtout y ajoutant beaucoup d'éléments nouveaux '-. Ces deux rédactions ont ceci de commun qu'elles placent la procession des reliques tout au déh',;l d.' la fonction, mais par contre, avec toute la tiuiiiUon gclasicnne et française depuis le VII!» siècle, elles renvoient la déposition de ces mêmes
IV, 12, 16. - — ' Brerinrium mnna.'iticum : In lest. Dedicalionis. — • Cf. Dût. d'arcli. -( de lit., art. BÉNftDiCTiONS de l'eau, § 1, c. — '" Nolaninicnt dans le Sacramentaire de fialoW (Paris, Bibl. nat., Cod. lat. 12L32, d\i ix' sicclc) utilisé par H. Ménf.-d, P. L., t. Lxxviii.col. 413-421, et dans un pontifical milanais du IX» siècle publié par .M. Mapistrctti, Monumenta veteris liturgiic ambrosianic, t. i, Punliflcale in usum Eccl. mediolanensis. Mediolani, 1897. — " Cf. W. H. Frère, The consécration nf a church, p. 11. C'est le second ordo dans Hillorp, De diuinis Ecclesiœ o/pciis, Parisiis, 1620, col. 144-146. — "Cette rédaction est la première dans Hittorp, op. cit., col. 119-139; elle est aussi d.-.ns Muratori, Antiquitates Ita.m; t. iv, 819. CI. Frère, (oc. cil.; P. de Puniet, La consécration des églises, dans Rev. des ouest, hisl., t. xxxiii, 1905, p. COl-603.
DÉDICACE DES ÉGLISES
reliques dans l'autel à la fin de la cérémonie. Grâce à yOrdo vulgalus qui fit loi en France et en Angleterre jusqu'au xiv« siècle, cet ordre de choses se conserva longtemps '. Cette disposition est somme toute assez logique : l'unité dans la consécration de l'autel était ainsi sauvegardée : aspersions et purifications, oblation d'encens, onctions, et enfin, toutes les préparations et consécrations achevées, ensevelissement des reliques.
4. Pontifical de Durand de Mende. — On ne s'explique pas que cet enchaînement logique se trouve brusquement interrompu au xiii'î siècle dans le Pontifical de Durand de Mende -, et ensuite dans toute la tradition romaine qui s'est inspirée directement de lui \ La procession des reliques et leur déposition prennent place désormais entre les aspersions de l'autel et oblation d'encens, et les onctions du même autel. De cet ordre nouveau on ne trouve pas trace avant Durand.
Pourtant dans son Rationale divini ofTicii qui est antérieur à son Pontifical, il relate la même ordonnance des cérémonies sans laisser supposer que la modification soit récente.
Durand de Mende a reproduit et contribué ainsi à perpétuer une autre anomalie, qui, celle-là, existe déjà dans l'Ordo vulgatus du ix<i siècle. Tandis que jusqu'alors on voyait le prélat, au moment des aspersions des murs intérieurs de l'église, députer des clercs pour l'aspersion des murs extérieurs, dorénavant c'est l'évêque consécrateur qui accomplit lui-même ce rite; en sorte qu'on a dû reporter au début de la fonction cette aspersion des murs extérieurs; le rite de préparation est ainsi dédoublé, et de même aussi la bénédiction de l'eau qui doit nécessairement précéder faspersion.
A cette cérémonie qui nuit à l'unité du rite de préparation est encore venue s'ajouter, au xiii« siècle, peut-être sous l'influence de Durand de Mende, la récitation des sept psaumes de la pénitence et le chant du Veni Creator, dont rien dans la tradition antérieure n'autorisait l'introduction dans ce fornmlaire déjà si développé *. Par contre on a, du moins en pratique, allégé la cérémonie de la dédicace de toutes les bénédictions d'objets du culte, que notre Pontifical insère à la suite de son formulaire comme tous les documents l'avaient fait en France depuis le viii'^ siècle; ces bénédictions, qui jadis s'accompUssaient au jour même de la dédicace, se résument en une seule bénédiction commune, et se célèbrent ensuite séparément.
Nous devons mentionner aussi d'un mot : 1° la consécration d'un autel en dehors de la dédicace de l'église'; les documents anciens n'avaient rien de spécial, on y a pourvu en groupant les rites et formules propres à la préparation et consécration de l'autel dans le rituel ordinaire de la dédicace; 2" la consécration des pierres d'autels ou autels portatifs, ilont l'usage est beaucoup plus ancien : certains
' CI. .Marténe, De anl. Eccl. ril., I. II, c. xiii, ord. iiù iv et V ù ix; Frcre, op. cit.. p. 34, .35, 50. — » Cod. Val. 4744, dans Catalani, Pontificale Romaniim comm. illust., Paris, 1851, p. 242 sq. — ' Ordo de la chapelle papale, ms.de MalTei, publié par Muratori, LU. /iom. vel., t. ii, en appendice au sacramentaire grégorien. PonUflcale Bomanum de 1484, et éditiunss uivantes. — ' Durand de Mende a fait entrer tous ces rites préparatoires dans l'ordo de la pose d'une première pierre d'église, qu'il rédigea pour son Pontiftcalis onlinis liber (Catalan!, Inr. cit.). L'usage de la bénédiction de la première pierre est déjà mentionné dans l'Ordo uiilgaliis du ix' siècle; mais une seule oraison sumsait alors l'i la lonction. L'addition aux cérémonies de la dédicace des psaumes de la pénitence semble d'autant moins motivée que celle psalmodie fait double emploi avec les vigiles nocturnes célébrées devant les reliques, vigiles dont parle déJA S. Ambroise, Bpisl. ad Marcellain, et que mentionne Rhaban Mnur, Dp cleriroriim Inxliln-
manuscrits ont une benedictio tabalarum à ce destinée; celle du Pontifical romain dérive plus directement de la benedictio altaris portatilis insérée dans VOrdo d'Hittcrp; elle a conservé la disposition primitive, modifiée au xiii= siècle pour la dédicace ainsi qu'on l'a dit plus haut : aspersion de l'autel, oblation d'encens, onctions d'huile des catéchumènes et de chrême avec encensements, et en dernier lieu déposition des reliques; comme à la dédicace, la messe termine la fonction, maintenant ainsi, parallèlement au cérémonial le plus compliqué, la tradition authentique des âges primitifs.
5. La dédicace au rite ambrosien. — Depuis le x= siècle au moins on constate dans l'église de Milan l'existence d'un rituel purement romain pour la dédicace des égUses '. Le rite ambrosien avait dû connaître cependant un ordo spécial. Les sacramentaires n'en ont rien conservé. Récemment M. J. Mercati a retrouve dans un manuscrit de Lucques du xi» siècle un formulaire intitulé précisément : Ordo ambrosianiis ad consecrandam ccclesiam et altaria '. Un pareil document surprend, dans un manuscrit provenant de Lucques où jamais le rite ambrosien n'a été en usage. Mais le fait s'explique par la présence à Lucques au xi« siècle de deux Milanais, les évêques Anselme I" et Anselme II. Dans cet unique ms. l'ordo est suivi d'une benedictio fontis, et d'inie benedictio chrisma' exclusivement ambrosiennes; il n'y a donc pas à hésiter sur le témoignage du titre ordo ambrosianus. C'est un rituel très court, ne comprenant que peu de rubriques et composé en partie d'oraisons inconnues jusqu'ici. Trait remarquable : il ignore tout de la déposition des reliques et des bénédictions d'ornements : il est nettement baptismal; c'est sa cai-actéristique essentielle, que vient encore accentuer la présence, fortuite ou intentionnelle, de la benedictio fontis et de la benedictio chrismse. Sous cette forme archaïque, la dédicace ambrosienne comporte l'aspersion de l'église, l'inscription de l'alphabet, douze onctions en forme de croix sur les murs extérieurs (usage particuUer qu'on retrouve au xi= siècle à Narbonne) ', onctions à l'intérieur et consécration des autels. Ce rituel n'a laissé, que nous sachions, aucune trace dans la liturgie des époques suivantes.
6. Autres rites latins. ~ Les sacramentaires gallicans sont dépourvus de formulaire pour la dédicace, sauf le Missale Francoruni, dont le rituel, à part deux formules, est identique à celui du sacramentaire gélasien du vu' siècle. Il en a été fait mention plus haut (V, 2). On ne saurait dire s'il représente le pur ordo galUcan; il est plus probable qu'il a subi de fortes influences romaines.
La dédicace était sûrement en usage dans l'ancien rite mozarabe d'Espagne, mais le formulaire en a également disparu sans laisser de souvenir dans les recueils liturgiques où l'on s'attendrait à le rencontrer'.
(ione, I. II, c. xlv. — 'Le Liber diiirnus (vi'-vii' s.) prévoit <U-y\ ce cas : m altare qiiod In basitieam cnnsrirata conslrmluiii dicilur... consecralio aptala peri'enial. P. L., t. cv, col. 93. — ' M. MagistretU, Pontiftcale in iisum Ecclesiic Mediolanensis, Med., 11(70.-- ' J. Mercati, Ordo Ambrosianus ad consecrandani ccclesiam et altaria, dans Aniiclie reliqiiie liliirgiche amlirosiane e romane (Sliidi c Tesli, t. VII), Roma, 1902. Cf. P. de Puniet, La comécralion des églises,dans Rev. des qiicsl. hisl., t. lxxvii, 1905, p. 597-fiOl. — • Marténe, De anl. Lccl. ril., 1. II, c. xiii, ord. 7, Venlt., 171)3. t. II, p. 266.— • CI. M. Férotin, Le liber ordinitm en usage dans l'ïiglise wisigollilqiiedii l* an \l' .siècle (Monumcnla Eccleslœ lilurgica, t. v), Paris, 1901, oppcnd m: La dédicace des églises c/iei les Wisigolhs. L'nuleur 11 groupé les textes de Vigile a Profuturus (cité plus haut), des conciles du vu» siècle mentionnant les eonsécnilions et onctions d'autels, et des Inscriptions de déilicuee. Cf. ci-après.
DEDICACE DES ÉGLISES
La liturgie celtique nous a transmis, à défaut de formulaire, une sorte de traité contenu dans un manuscrit en langue gaélique, bien connu des philologues sous le nom de Lcbar Brccc ou Leabhnr Breac '. Le manuscrit est du xii'^ siècle, et le traité qu'il contient est également de cette époque tardive : il traliit des inlluences étrangères, et ne donne vraisemblablement qu'une idée assez inexacte de l'ancien ordo celtique -. Il mentionne la consécration du pavé de l'église, celle de l'autel et du mobilier, des onctions (?) extérieures, l'aspersion intérieure et extérieure. Cet ordre des cérémonies est singulier et inspire peu de confiance; il n'j' est pas question de reliques, mais ce n'est pas une preuve que l'usage de leur deposilio fût encore ignoré à cette époque '. Pour la consécration de l'autel il est prévu que l'évêque doit se servir d'un couteau pour tracer les croix où il fera les onctions, ce qui n'implique pas nécessairement que les autels fussent encore en bois '.
Les pontificaux anglo-saxons ont été spécialement étudiés par W. H. Frère '. Les plus anciens, ceux d'Egbert d'York ' et de Robert de Jumièges ', se rapprochent d'une façon très sensible des rituels en usage en France aux ix= et x= siècles (Grégorien de Ménard, Pontifical de Milan; cf. pi. 7, § v, 3). Ils ont quelques formules en plus, mais l'ordre des cérémonies est le même. F'ius tard les pontificaux anglais ont subi l'influence de VOrdo romanus vulgatns (2* ordo).
7. Inlluences orientales. — On a vu déjà que c'est très vraisemblablement d'Orient qu'est venue l'idée d'employer les onctions pour consacrer l'autel, dont la bénédiction s'accomplissait jusque-là par la seule oblation du saint sacrifice. L'usage paraît en effet pour la première fois chez les SjTiens, à la fin du iv° siècle ou dans le courant du v, et dès le début du vi" on le trouve établi en Gaule. Ce n'est peut-être pas le seul emprunt que les rites latins aient fait aux liturgies orientales. Il suffit d'énumérer les cérémonies telles qu'elles se présentent, dans le rituel byzantin en particulier, pour faire toucher du doigt les nombreux points de contact.
Goar a publié non seulement le formulaire actuellement en usage, mais aussi le plus ancien texte que l'on connaisse, celui de l'eucologe Barberini du ix= siècle '. Dans son ensemble il doit remonter à une époque reculée, car les Arméniens qui l'ont reproduit en grande partie dans leur rituel ou Mashtotz, en attribuent la composition (c'est-à-dire la traduction en leur langue), à leur patriarche Jean Mandakuni (vers 480) '. Chez eux et chez les Byzantins, une vigile nocturne précède la cérémonie; celle-ci débute par la consécration de l'autel : lustrations d'eau tiède et de vin, onctions de chrême sur la table d'autel, aux quatre angles et sur les colonnes qui la soutiennent. La seconde partie de la cérémonie comprend les encensements, aspersions et onctions des murs à l'intérieur
' Cf. DUl., art. Celtiques (Liturgies), passini, t. m, col. 2369. — ' Le traité de Leabhar Breac existe en anglais dans la traduction de Th. Olden, Early Irish service for tlie consécration 0/ a c/iiirc/i, dans Transactions o/ tlie .S. Paiil's Ercl. Society, London, inOO, t. iv, p. 98-104. Cf. \V. Stolics, The Lebar Brecc Traclale on the consécration of a church, dans ^liacellanea linguistica in onore di Graziadio Ascoli, Torino, 1901, p. 375. — • et. J. Mercati, Antiehe reliquie liturgiche ambrosiane e romane, p. 29 sq. — * Cf. J. Wiclfham Legg, Tbree chaptcrs in récent Uturgical research, London, 1903. — 'Pontifical services..., London, 1901. — • Marténc, De unt. Ecel. rit., I. Il, c. xiii, oni. 1. — ' Publié par J. Gage, The anglo-saxon cérémonial o/ tlie dedication and consécration of chitrclies from a Pontifical at Foticn, dans yXrcluvologia, 1834, t. XXV, p. 235-27-1. — » J. Goar, Euchologion sive Ritiiale Gra-corum, Venctiis, 1730, p. 055 sq. On trouve aussi plusieurs textes dans Rajewsky, Eukologium der orthodoxen katholischen Kirche, Wien, 1861, t.iii, p. 143-185.
puis à l'extérieur; puis les reliques porté&s solennellement parle prélat consécratcur(cf. plus haut. Il [,2).sont munies elles-mêmes d'une onction et ensevelies dans le sépulcre de l'autel; finalement l'autel est paré de ses ornements et le prélat oll're aussitôt le saint sacrifice.
Plusieurs de ces rites se rencontrent aussi dans le rituel copte dont on n'a malheureusement que des témoins assez récents : le plus ancien manuscrit publié est du xive siècle >°; une traduction française a fait connaître le texte officiel du pontifical de Tuki ".
VI. Inscriptions de dédicaces. — On a conservé en divers endroits, à Rome en particulier, quelques inscriptions antiques rappelant des dédicaces de temples et d'autels païens. Cet usage de commémorer la consécration des édifices du culte s'est transporté dans le christianisme et a dû exister un peu partout. L'auteur inconnu du Liber de prumissionibiis rt prœdic- /('oniftus, jadis attribuéà saint Prosperd'Aquitaine, parle d'une église abandonnée de Cartilage sur le fronton de laquelle parut miraculeusement l'inscription : AVRELIVS PONTIFEX DEDICAVIT'^
Les monuments qui ont survécu aux bouleversements survenus au cours des âges sont assez peu nombreux; nous énumérons les plus intéressants ".
A Rome, ils sont particulièrement rares. Plusieurs inscriptions, il est vrai, mentionnent les donateurs de telle ou telle église, de tel ou tel autel, mais ce ne sont pas des souvenirs de consécrations Uturgiques.
Bianchini a cité, d'après la collection de Fulvius Ursinus, un document se rapportant bien à une dédicace, mais il paraît être apocryphe :
TIXNEGO DAWIASI VS. VRB ROME EPS AN C DOMV. COSECRAVI ...
et au revers :
hic re] QVIESCIT CAPVT SCI CRESCENTINI M. '*
Deux inscriptions, parfaitement authentiques celleslà, se lisaient autrefois l'une à Saint-Laurent in Damaso :
HAEC DAMASVS TIBI CHRISTE DEVS NOVA
[TECTA DICAVI
LAVRENTI SAEPTVS MARTYRIS AVXILIO ".
l'autre sur l'autel de la basilique de Saint-Laurent :
HAEC DAMASVS CVMVLAT SVPPLEX ALTARIA
[DONIS MARTYRIS EGREGII SVSPICIENS MERITVM"
De la même époque, peut-être du commencement du iv« siècle, date la belle inscription de la tombe de
Dmitrievsky, Kiyo'/.ry^.x, Kiev, 1901, a publié les variantes de plusieurs documents plus récents que le ms. Barberini. L'ordre des cérémonies varie souvent, mais dans son ensemble le rite reste le même. — » F. C. Conybeare, Rituale Armenonim, Oxford, 1905, p. xxxi-xxxiii. L'auteur donne une traduction anglaise de cet onio arménien, ibid., p. 1-25, d'après un ms. du ix" siècle. — " G. Horner, The service for (/le consecra/ion o/ a church and altar aceording to the coptic rite, edited with translation from a coptic and arable manu.script of A. D. 1307, London, 1902, in-8». — " iîeo. de l'Orient clirétien, 1906, p. 108-110. — " /,i(>. de prom., p. III, c. .\xxviii, 44, P. /..,t.Li, col. 835. — " Nous faisons abstraction des simples listes de reliques qu'on lit souvent sur les anciens autels. Cf. ci-dessus, III, 2. — " Anaslasll. Vilœrom. pontificam, Prict., P. /,., t. ex: vil, col. 74, 75. — " De Rossi,Bii;;. di arch. erist., 1880, p. 1,^4; Liber pontificalis, édit. Duchesnc, t. i, p. 214. — " De Rossi, (oc. ri(., p. 82, 117: Liber pontif.. ibid.
DÉDICACE DES ÉGLISES
l'apôtre saint Paul, que l'on peut considérer comme rappelant la dédicace de sa basilique bâtie par Constantin.
PAVLO' es APOSTOLO MARTlV")!
A Sainte-Marie-Majeure, une inscription en mosaïque indiquait la dédicace par Xyste III (438-440) :
VIRGO MARIA TIBI XYSTVS NOVA TECTA Dl-