‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 4)Chapitre 74 sur 251 · CAVI · texte numérisé non relu

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et l'arc triomphal de la vénérable basilique porte encore :

XYSTVS EPISCOPVS PLEBI DEI ',

qui rappelle la dédicace du pape Hilaire à Saint- Jean de Latran.

t HILARVS EPISCOPVS t SANCTAE PLEBI DEI t '.

Le pape Simplicius (468-483) consacra prés de Sainte-Marie-Majeure une petite basilique de Saint- André qu'avait édifiée un certain Valila. Ciampini a copié l'inscription qu'on y lisait encore au xvi« siècle :

HAECTIBI ■ MENS ■ VALILAE- DEVOVIT • PRAEDIA-

[CHRISTE CVI • TESTATOR • OPES • DETVLIT ■ IPSE ■ SVAS SIMPLICIVSQVAE • PAPA • SACRIS ■ CAEL.ESTIBVS ■

[APTANS EFFECIT -VERE • MVNERIS- ESSE • T VI ».

Dans l'église de Saint-Paul, aujourd'hui de Sainl- Ange-in-Pescheria, se lit toujours la longue inscrip-

Le monument est du vin» siècle; de la même époque date l'inscription de l'abside à Santa-Maria-Antica.

SCAEDI gcnitriC\ SEMperque virgini M"r|AE '.

.\ l'église de Saint-Venance existe encore une mjsaïque datant du pontificat de Jean III (640-642), dont M. De Rossi a ainsi restitué le texte :

MARTYRIBVS XPI DNI PIA VOTA lOHANNES REDDIDIT ANTISTES SANCTIFICANTE DÔ '.

Les Mirabilia iirbis Rorme, du xiii'' siècle, ont conservé un document de date incertaine qui mentionnait les deux dédicaces de Saint-Picrre-au.x-Liens » :

Hoc DOMINI TEMPLUM Pf.TRO FUIT ANTE DICATUM

TERTIUS ANTISTES SiXTUS SACR.WERAT OLIM...

Pelagius nuRsus sacravit p.\p.\ beatus CORPORA sanctorum condens ibi Macabeorum.

A Porto, près de Rome, on a relevé une inscription non datée rappelant la dédicace d'une basilique Sanciis martyribus et beatissimis Eutropio, Bonosie et Zosimx '°. Sur la voie Nomcntane on a retrouvé un fragment de l'autel de Saint-Alexandre muni de l'inscription déjà citée... et Alcxandro Delicatus volo posait dcdicante œpiscopo Urso (ci-dessus, II, 2). Dans une église près de Spolète, Spcs cpiscopus Dei semis sancto Vitali marliri a se primum inventa allaris hono remfeeii ".

La Gaule nous fournit un exemple intéressant du V» siècle à Béziers, dont l'église fut consacrée en 455 : in honorcm sanctorum marlijrum Vincenti, Agnetis et EuMix 1^. L'inscription suivante porte la date du

/\HïiSTlSHOH3î\ATUSH0N0FvI)tNÔMiN[CUiU^, PôlU n N/vITiaNUMît I ACTi J C m5P\ATiirU N I STI5"c5 HÎCARAMiWMEDiOSACRANSAlT/tKEaiCONDiTp BfSfRATI\ISSAN€TûSReTîMFT(illf)5CORDÔMFAS5Çj /xlP£MOONDlTJ?IllMSAHCT0RUMiUaiDKMJîr^ UlRSlBlîS/^^'^ASUBBKNMOSP.mSAïaAEHlGWHSc^ FÎ^XtiCîi

3637, — Inscription chrétienne trouvée près de Sôville. D'après l^ûbner, Jnscripl. Hisp. christ., Supplem., n. 3G3, p. 48,

tion où sont énuniérées les reliques ensevelies sous I';uilel majeur : elle se termine par cette mention explicite :

>J< EST ENIM DEDICATIO ECCLESIAE ISTIVS AT NOMEN BEATI PAVLI APOSTOLI CALENDAS

IVNIAS TEMPORIBVS DOMNI

STEPHANI IVNIORIS PAPAE... "

" H. Grisar, Anakcta Romaiiu, 1899, 1. 1, p. 259-271. — • De Rossi, Inscr. clirisl. iirb. Roina; t. il, p. 71 ; Duchcsne, op. cit., p. 2.15; Marucr'.ii. ÏCIémcnIs d'ardu, t. ni, p. 151. — • Reproductlondans MarucchI, op. cil., p. 150-157. — ' G. Rohiuilt de Fleurj', Le Lutran au moyen ûge.lST!, pi. xxxm;Duchcsne, op. cil., 1. 1, p. 245.^ 'Ciampini, Vêlera monimeiua, 1. 1, pi. 76; De Rossi, Inscr. clirisl. urb. Himiv, t. il, p. i, p. 4M: Liber pont., édit. Duriicsnc, 1. 1, p. 250. — ' H. Gris ir, Analerta Romana.,t. i, p. 173 sq., et pi. iii,5;Marucchl,/i/émen(s d'rirc/i.,

3 janvier 806; il s'agit de l'église Sainlc-Gcneviève de Germiny-sur-Loire ".

A NO ; INCARNIS ': DOMINI \ DCCC 1 ET VI i

III ; NO ; lAN : DEDICATIO

HVIVS : ECCLAE SVB ; INVOCATIONE Si^TI ; GERMINI ; SCAE GINEVRAE

t. III, p. 424. — • W. de Gruneisen, Sainle-Marie-Aiitique Rome, 1911, p. 399 sq. — ' De Rossi, Miisaici dcllc eliiese dl Roina, S. Vennn/.io, f. 4. — * O. M.iriicclii, «p. cil., t. m. p. 317: et. .Amdecla bollandiana. l. xvii, 1898, p. 357.— '" Citée par II. Dolchayc, i.€s origines du cnïle aes tnarlyrs, p. 336.— "De Rossi, BiiH. di areli. crist., 1871, p. 94-112. — " Corpus inscripl. Int., t. \ii, n. 4311. — " X. Uarbicr de .Montniilt, Les inseriplions de dédicace, dans Renite de l'arl chrétien, 1880, t. xii, p. 433.

DÉDICACE DES ÉGLISES

Vers la même époque, Alculn rédigeait plusieurs pièces (le vers destinées à commémorer les vocables (les églises et oratoires de différents monastères en France et en Allemagne '. Celles de Tegernsee qu'on signalait récemment * répondent à la même idée.

L'Espagne est particulièrement riche en inscriptions anciennes menlionnant de la façon la plus précise les dédicaces d'églises et souvent les reliques déposées dans l'auteH. L'une des plus explicites, du vi'' siècle, trouvée près de Loja (Grenade) est ainsi conçue : In nomine Domini Hiesii Chrisli consecratio domnorum Pétri et Pauli die XIV tcalendas iunias in quorum basilica requicscunt reliquiœ sanclorum, M est domne Mariœ *,... etc.

Celle-ci de Tolède est datée de 587 : + In nomine Domini consecrata eclesia sancte Marie in calolico die pridie idus aprilis anno féliciter primo reijni domini n. gl. FI. Reccaredi régis era DCXX V '•.

A Grenade en 594 : Consecrata est ecclesia sancli Vincenlii martyris Valentini a Sanclo Lilliolo Accilano pontifice xi Ical. febr. anno VIII gloriosi dom. Reccaredi régis era DCXX X II'.

Aux environs de Séville, l'évêque Honoratus consacrait une basilique en l'an 622 (fig. 3637) :

Fundavit scm. hoc Xri et venerabite tcmpl[lum\ Aniisles Honoratus bonor de nomine cujus Follet in œtcrnum et jadis eilcbratur in istis Hic aram in mfdio sacrans altare recondit Très fratres sanctos retinct qnos Cordoba passas jEdem dcnique trium Sanclorum jure dicavit Vcrsibus eerea subcst annos per sœcla résignons

Era DCLX ' L'une des plus anciennes, appartenant à la niénie

3638. — Inscription sur un (ût de culonncdalée de Noël 552. D'a[iros Hùbaer, op. cit., n. 357, p. î3.

région, est conçue en termes plus simples : elle est datée de 556 (lig. 3638):

D. VIII. Kl. Januari || as era DLXXXIIIl. Dedicttta est hcc ecl 11 sia Sce Marie »

■ P. L., t. CI, col. 738-77G. — = G. Morin, Les inscriptions dédicatoires de Tegernsee, dans Revue bénédictine, \*d\2y t.x.\ix, p. 208-214. — > Dom M. Férotin, Le/.ifteror(iin!Jm, col. 509- 512, en rapporte viiist-quatre d'après K. Hûbner, Inscriptiones Wis/jania: c/7risfi«nAr, Berlin, 1871, et Siipplenientum, 1900. — • E. Hûbner, SiippL.n. 374, p. 59-60; H. Dclehaye, op. cit., p. 422. — ^ E. Hûbner, Inacr., n. 155. — * Ibid., n. 1 15. — = M. Férotin, op. cil., p. 482, n. 13. d'après F. Fita, Boletin de la Academia, t. .t, 1887, p. 342, et Hûbner, .'iuppl., n. 363. Il faudrait citer encore les n. 1, 80, 85, 88, 89, 90, 100, 110, 111, 175 des Insrriptiones de Hûbner, et les n. 382, 383, .384, 401,406, 407 du Supp/cmiîndim; ce sont les plus anciennes du recueil ; d'autres sont données en appendice qui s'éctielonnent du ix" au xii* siècle. — ' E. ilûlmer, Supplementum, n. 357, p. 43. — ' J. P. Kirscb, Die chriitl.

L'Afrique nous fournit rinscription suivante trouvée à Sitifi (Maurétanle) où se lisent également le nom du consécrateur et la date, 3 août 452 ' :

IN HOCLOCO SANCTO DEPOSI

TAESVNT-RELI

QVIAE-SANCTI-' LAVRENTI-MARTIRIS-DIE III MN AVGCONSHERCVLANI-VC

DIEDOMNDEDI

CANTELAVRENTIO VVSPMORDOM-ANPCCCCXIIIAMEN

A titre de curiosité nous rapporterons, en terminant cette liste de monuments occidentaux, le curieux distique qui se lit dans l'église Saint-Servais de Maestriclit. On a cru longtemps qu'il datait de l'époque carolingienne; on pense à présent qu'il fait allusion à la dédicace de l'église en 1039 :

EXCITVS HAC ARCA MONDOLPHVS AQVISQVE

[DICATO

GONDOLPHVS TEMPLO SE REDDIT VTERQVE

[lERARCHA '".

En Orient les exemples anciens sont très rares. Une inscription d'Hïtha en -Syrie se rapporte à une basilique construite en 354, semble-t-il, en l'honneur du martyr saint Serge". La consécration delà basilique de saint Christophe à Chalcédoine est rapportée au 22 septembre 452 dans une inscription récemment découverte :

CYN 0€O An€T€QH TA GêM^AlA TOY MAPTYPIOY TOY APIOY XPICTO*OPOY...

KAI €r«N€TO H KATAGêCIC «NINAIKTinNI i' nAHPOYMENH MHNI CênTEMBPIQ KB' '"•

^iVL Titulaires et patrons des églises consacrées. — L'usage de nommer à la consécration de l'autel les saints, en l'honneur de qui la nouvelle église est dédiée, ne s'est générahsé qu'avec le Pontifical de Durand de Mende. Mais celui d'attribuer des titulaires aux églises est aussi ancien que les églises ellesmêmes. Dès l'époque où l'on a commencé à les édifier au grand jour, on a songé à les mettre sous le patronage des saints martyrs locaux. Bien plus, la pensée se manileste à peu près partout au iV siècle d'élever des églises en l'honneur des saints, c'est-à-dire dans le but d'honorer leurs reliques. Quelquefois on élève des sanctuaires pour perpétuer simplement la mémoire de saints dont on ne possède pas les corps ; mais beaucoup plus généralement, c'est au-dessus de la tombe même des martyrs que se dressent les premières basiliques clu'étiennes. Les exemples en sont innombrables aussi bien en Orient qu'à Rome et en Occident '^ Aussi de très bonne heure l'usage s'introduit-il d'appeler les basiliques du nom même du martyr qui

CuUusgebdiidc ini Allerliim, p. 67. — " Cf. Ancdecta BoUandiana, t. .\.\, 1901, p. 475-476. — " Le Bas-WadJington, Inscriptions grecques et latines de la Syrie, Paris, 1870, n. 2124; citée par H. Delehaye, op. cil., p. 111. — " L. Duchesne, Inscription chrétienne de Bilhynie, dans Bulletin de correspondance hellénique, t. ii, 1878, p. 289-299. Voir Dictionnaire, t. m, col. 95. — '• CI. les statistiques des plus anciens sanctuaires données piu- H. Dclcliaye, Les origines du culte des martyrs, Bruxelles, 1912, c. v-viii. L'auteur reconnaît s'être beaucoup servi, au point de vue historique, de E. Lucius, Dic An/unge des Heiligenkults in der christtichen Kirclic, Tubiagen, 1904, et de M. Urbain, Ein Martyrulogium der ctu-istlictien Geniemde zu Hom ain Anfanq des V Ja7ir/jun(ier/s (dans Tea/e un(/ t'n(ersnc/î., N. F., t. vi), Leipzig, lUOl.

DEDICACE DES EGLISES

y est spécialement honoré >. On dit basUica sancli l'auli, ou même ad sanclum Paulum. On disait aussi, dans le langage courant, construire une église en l'honneur de tel ou tel saint, ou même f! tel ou tel saint. Le Liber pontiftcalis, par exemple, emploie constamment la formule: Hic fecit basilicam bealo... (Petro, Laurentio...). ou encore, mais beaucoup plus rarement et dans le même sens de construire : dcdicavit basilicam Jtili -. Le Liber diurnus, vers le \i<' siècle, emploie l'expression : in bonorem sanclorum consecrnre '.

Ces usages cependant ne faisaient pas oublier que les temples chrétiens ne pouvaient être dédiés qu'à Dieu. Saint Augustin exprimait cette doctrine dans un passage devenu classique : El tamen... nos martyres noslros... non lanquam deos colimus; non cis templa non cis altaria, non sacrificia exhibcmus *... Les inscriptions de dédicace ont en général su observer cette nuance. Saint Damase dit en parlant de sa basilique de Saint-Laurent : Hs-c Damasus libi Christe Deus..., et Simplicius. de l'oratoire de Saint-André : Hœc libi... priedia Christe... Malgré cela les églises mises sous le vocable et le patronage des saints ont toujours et partout constitué l'immense majorité '. Les basiliques de la Nati\nté à Bethléem, de l'Anastasis à Jérusalem étaient appelées à commémorer des événements tout particuliers qui justifiaient ces vocables. Sainte-Sophie de Constantinople, élevée en l'honneur « de la Sagesse de Dieu » ", est un exemple presque isolé au moins dans l'antiquité.

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