‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 4)Chapitre 83 sur 251 · IV. — I · texte numérisé non relu

IV. — I

DEFUNTS

« Jcsus-Christ, sois doux envers elle. Fais reposer ta servante l'àme de Coclisinta dans le sein d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, dans le lieu de la lumière et du rafraîchissement '...

« C'est par l'ordre du Dieu, créateur de l'univers, que s'est reposé le frère aimant Dieu, Michi Koudja, moine de la patenrité {sic) de Phané. Le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob le reçoit à l'applaudissement des anges dans la gloire des deux. Amen. Fiat ' 1

« Jcsus-Christ ! Aide I Ici repose la momie de celle dont ce bon mémorial (est fait) : la bienheureuse Kyra Sousiné, qui est la lille du bienheureux Psaté, l'homme de Buliena, et qui s'est reposée le 24 Pachon l'an 64(8J de Dioclétien, 320 des Sarrasins, afin que le Seigneur Jésus-Christ lui donne le repos à son âme, la jette dans le sein d'Abraliam, d'Isaac et de Jacob et la rende digue d'entendre la voix pleine de miséricorde et de bonté : « \enez à moi, les bénis de mon père, pour hériter du royaume qui vous a été préparé depuis la constitution du monde. » Amen. Fiat ' I »

En Gaule, nous avons déjà cité plusieurs textes et nous aurons dans quelques instants à rappeler ceux qui témoignent de la commémoraison des défunts.

En Afrique, nous trouvons le petit et curieux traité de saint Augustin intitulé : De cura pro morluis gerenda, dont la pensée, parfois les termes mêmes se retrouvent dans les inscriptions des premiers siècles *. Ce traité a été composé en 421', en réponse à une question posée par saint Paulin de Noie qui ne pouvait mettre d'accord la dévotion à la sépultme dans le voisinage des corj's saints (voir Dictionn.. t. i. col. 479, Ad SAXCTOs) et la parole de l'apôtre : « Tous les hommes seront jugés suivant ce qu'ils auront fait durant leur vie. »

Saint Augustin lui répond que les bonnes œuvres des vivants peuvent être utiles aux défunts dont la vie fut édifiante. Quant au mode et au heu de la sépulture, c'est un soulagement non pour le défunt, mais pour la vanité de sa famille '. Toutefois la sépulture dans le voisinage des corps saints a ce bénéfice indirect de provoquer des prières plus ferventes dont les défunts retirent tout le profit. Les martjTs de la Gaule ne se préoccupaient en rien du sort réservé à leurs cendres, mais les survivants font œuvre de charité en prenant le soin de la sépulture. Les défunts le savent-ils, se manifestent-ils '? Questions iudues, comme ceUe de savoir si les martyrs ont connaissance des prières à eux adressées en faveur des fidèles. Mais qu'importe 1 Nous avons la messe, la prière et l'aumône 1 usons-en en faveur de tous car nous ignorons ceux qui n'ont plus besoin de nos prières.

C'est qu'en effet la commémoraison des défunts avait dès lors sa place à la messe. Saint Augustin en témoigne pour l'.\frique du v^ siècle, les anciennes Uturgies nous en donnent la preuve par les prières intitulées : Posl

^ E. Révillout, Les prières pour /c.< morts dans l'épiurapliie égyplienne, ilans Heuue égyplolorjiqae, 1895, t. iv, p. 22, n. 26; Lcipsius, n. 557. — ' Ibid., p. 33, n. 50; Leipsius. n. 49. — ' Ibid., p. 27, note 1; Sleni, Oramm., p. 437.

— • P. L., t. XL, col. 5'Jl. Les auteurs du moyen ûfsc, et saint Julien de Tolède en particulier, ont puisé à pleines mains dansée traité. Saint. Julien en cite des passages entiers dans sua Prognoslicon,GriXl'icn dans son Uecrciuin. — 'Porlalié, Augustin, dans Vacant, Dicli. delhéol. calli., 1. 1, col. 2314.

— • 11 dit la même chose dans la Cité de Dieu, 1. I, c. xii, XIII : Proindt isia omnia, id est curatio funeris, conditio sepultarie, pompa exsequiarum, magis sunt virorum solatia quani subsidia mortuoruni. — ' .Muratori, Liturgia roniana uelas, t. I, p. 761 ; t. il, p. 223 ; Mabillon, Liturgia Gulticana uetus, p. 278, 289; cl. p. 218, 224-220, 253, 270 572; Monc, Lateinische und grieiliische Mcssen, p. 17, 19, 22, 27, 31, 32, etc.; cl. A. Wilinart, Vàge et l'ordre des messes de Mone, dans liuvue bénédictine, 1911, p. 377-390. — • Hcnaudot, Liturgies orientales, 1. 1, p. 7, p. 2(1. p. 31, p. 42.

nomina, super diplycha, qu'elles nous ont conservées '. La formule du canon romain est décisive : Memenlo eiiam. Domine, famulorum lamulanimjue luarum qui nos prœccsserunl cum signo fidci et dormiunt in somno pacis. Ipsis, Domine, ci omnibus in Chrislo quicscenlibus, locum refrigcrii, lucis el pacis, ul indalgeas deprccumur. Outre les liturgies orientales dans lesquelles nous rencontrons les formules parallèles ', nous en avons des échos niaiiifestes dans l'épigraphie :

en Afrique : PRECESSIT NOS IN PAGE'

en Gaule: QVAE NOS PRAECESSERVNT IN SOMNO PACIS'»

a Rome : DORMIT IN SOMNO PACIS"

Quant aux trois souliaits contenus dans la phrase : locum refrigcrii, lucis et pacis, il faut renoncer à entreprendre une énumération.

Quelques inscriptions olTrent une indication qui pour être rare n'en a pas moins d'importance. En septembre 1885, on trouva dans le parc de Saint-Crescent, près de Narbonne, un fragment d'épitaphe ^ ;

VIXIT ANNS XX....

OBIIT X CV[/iJS COMMEMORA[<(o VENIT V KA]/ SEPTEMBRE[s IND XV TV Q[ui LEGES ORA PRO[fo

A Lyon, une inscription trouvée en 173G ", aujourd'hui disparue, nous montre qu'il ne s'agit pas d'une commémoraison privée, mais d'un acte liturgique " :

FLAVIVS FLORI

EX TRIBVNIS QVI VIXIT ANNIS OCTOCINTA ET SEPTIM MILITAVI ANN 5 TRICINTA ET NOVEM POSITV EST AD SANCTOS ET PRO BATVS ANNORVM DECIM ET OCTO HIC COMMEMO RA SANTA IN ECCLESIA

10 LVGDVNENSI A

I D CALENDAS AVG

Flavius Fiorinus... hiccommcmoralus snncla in Ec(c)ltsia Lugdunensi, ante primum diem calcndas Augustas.

Enfin une femme, Gauloise sans doute, fit autrefois un long voyage pour venir célébrer la commémoraison de son mari, mort dans le nord de l'Italie; c'est ce que

— ' Reu. ureliéol., t. rv, p. G62. — '• Inscr. dtrét. de la Gaule, t. I, p. 384, note 3. — " De Hossi, Inscr. christ., 1. 1, n. 442.

— " E. Le Blant, Souueau recueil, 1892, p. 305, n. 137; Corp. inscr. lat., t. xii, n. 5356 (au musée de Narbonne). — '•.Sous les ruines de l'éKlisp de Saint-Just, autrefois nommée église des Maccli;d)ées. — " .1. Lebcul, Mémoire sur une inscription découverte à Lgon, ilans le Mercure de France, juillet 1740, p. 1516; Remarques sur quelques épitaphes nouvellement découvertes à Lyon, dans Mémoires de l'Acailémie des inscript., t. xviii, p. 242; Murnlori, .Vouus thésaurus vclerum inscriplionum, in-fol., MedioUmi, 1739, p. MDCccLxxv, n. 1 ; Lami, De eruditione upnstolorum, liber singularis, ia-l", riorcntix, 2" édit., p. 470; Monl- [alcon. Histoire de la ville de Lyon, in-8», Lyon, 1817-18-19, p. 1359, n. 17; A. Zaccaria, De vetcruni clirislianarum iiiscriptionum in rébus tlieologicis usu, dans Migne, 'l'Itcol. iiiri.com/)/., t. v,p.350;UeBoissicu, Inscriptions antiques de Lyon, In-t", Lyon, 1840-1854, p. 553 ; E. LcUlunt, Inscr. cliréL delà Gaule, l. i, p. 81, n.ll.

DÉFUNTS

nous apprend un fragment d'inscription trouvé dans l'église de Saint-Florian, près de Marostica ' :

QVI Vi^it ANnos

PLVS MINVS XL MA

RTINA CARA CONIVX Q\/ae

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