DE H H ES
(rouvé assez long pour le tracer tout entier, le lapicide a rcplii;' la ligne snr le clianibranlc, mais alors 11 a abandonné le système vertical et terminé le texte'suivanl le système ordinaire'; l'inscription doit'doncjétre^lue
des ruines dont ce baptistère /ait partie est antérieur à la première moitié du vi« siècle. Le baptistère est attenant à une grande église. Ce baptistère est un édifice carré, composé d'une seule salle de cinq mètres
- r;.,|,ii.t,--
D'apri-i ir. C. r.ull.
verticalement dans ses parties horizontales et hor zontalement dans sa partie verticale.
La voici : Lignes horizontales :
>à> T <ixi no r<n..x.r7j
Ligne verticale:
-XaiI
A^ rtAj.
» Ceci est la maison de baptême de Dieu le Père et du Saint fait homme Notre-Seigneur Jésus-Christ et de son lUumin.iteur. •
« Prier pour Jean le constructeur. »
L'écriture est sensiblement la même que celle nommée estrangtielo, et dont on possède des spécimens manuscrits du commencement du v= siècle; seulement les lettres ne sont liées que dans la partie horizontale du texte. L'inscription paraît être du v« et, au plus tard, des premières années du vi"" siècle. Le profil des moulures de la porte, le style des ornements, l'ensemble
* On sait que les scribes syriens occidentaux, lorsqu'ils écrivaient sur parchemin ou papier, plaçaient leur cahier verticalement, bien que les lignes pussent se lire horizontalement. Cf. Huliens Duval, Traité de grnmmnire syriaque, p 3.
en tous sens, éclairée par trois fenêtres au nord et trois fenêtres au sud. La porte s'ouvre sur la face est et l'édicule est adossé à la face sud d'une église orientée de l'est ù l'ouest; il est à coté d'une des portes latérales, en sortant de l'église on avait immédiatement à sa droite la porte du baptistère.
L'inscription est unilingue, ce qui tendrait à la faire croire tracée par un jacobite, en outre elle est seule de son espèce au miheu d'une région dont toutes les inscriptions sont rédigées en grec.
D'autres édifices ont été étudiés depuis A Dehhes - : malsons et villas ' dont nous ne nous occupons pas, les deux églises * et le baptistère ^
Le baptistère n'a pas d'abside. L'extérieur figure deux étages séparés par un large cordon mouluré. La porte et les trois fenêtres de façade sont également encadrées par une moulure, les faces nord et sud n'ont que deux fenêtres chacune. Toutes ont la partie supérieure arrondie. La porte, au contraire, a un linteau horizontal, sur lequel se lit l'inscription syriaque el, au-dessus de cette moulure, une frise sculptée avec entrelacs, étoiles, croix (Hg. 3(')39-,'3640).
L'égUse de l'est appartient au vi» siècle, elle est entièrement détruite, mais d'après le mur du sud on peut voir qu'elle avait de ce côté deux portes et deux
— 'H. C. Butler, Arehitecliire nn>l other arlf in 4", London, 1904, p. 24. 40,72.— ' Ibid., p. 170. 171, 252. — • II. C. Butler, Arcliileetnre ami oiher arts, in I" New- York, 1004, p. 205, 200. — • Ibil., p. 206.
DEHHES
DE[R-EL-ABIAD
fenêtres. C'était certainement une basilique, \'o'û\ tout | tiens, avec ses deux rangées de petites fenêtres sem
ce qu'on en peut dire, et flanquée d'un baptistère. Les deux portails du sud étaient bien décorés de moulures et d'une frise.
L'église de l'ouest est mieux conservée, comme on le
blables h des meurtrières, avec ses coupoles blanches se détachant dans le ciel bleu, se dresse solide et imposante à l'orée des terres cultivées, sur les premières pentes du désert Libyque (fis. 3642). L'épithète et-
.^641. — Église de l'ouest :^ Dehhes. D'après II. C. Butler, op. ri/., p. 207.
voit par le plan et la figure du mur d'est formant le fond de l'abside (fig. 3642). Les mesures sont de 15 '"54 sur 0"'lC^. Le mur du fond est percé de quatre grandes fenêtres et deux petites. La décoration ne diffère pas de ce qu'on rencontre partout ailleurs.
H. Leclercq.
DEIR-EL-ABIAD. — I. Situation. Nom. IL Historique, m. Description de l'extérieur. IV. Description de l'inlérieur.
I. Situation. Nom. — Le Deir-el-Abiad. appelé aussi neir-Amba-ScImoudi, est situé à quelque cinq )<ilomètres à l'ouest de Sohag ', et à trois kilomètres environ au nord des ruines d'Atripé ekTpine) -. Sa masse rectangulaire, avec ses murs en talus couronnés d'une rr^vniche fi la manière des temples égyp-
' Sohag, chcl-lieu de la province de Glrgéh, ville toute moderne, sur la rive gauche du Nil, :\ 470 km. au sud du Caire (ligne du chemin de fer Caire-Luxor). — '^Tpinc (et Amélineau, La géographie de l'Egypte à Vépnqiie copie, p. 69- 70) ne doit pas C-tre confondu avec ^opifei du Dcltn (cf. Dictionnaire, t. 1, col. 3112). C'est une erreur de les transcrire tous deux, comme on le lait souvent, Atlirlhis. Uislinguons- Ics en Atripé (Ilautc-Égypte) et Athrlbls (Delta). .'XTpinc correspond à l'égyptien haît-t-repit, • la ilemcurc <lc la déesse Répit •, déesse locale à tête de lionne, que les Grecs ont appelée ©pîiciî. Tpi5i« d'oii le nom grec de la ville
abidd (le Waiic) accolée au mot Dcir ' fait allusion aux gros blocs de calcaire dont est construit l'édifice, et sert en même temps à distinguer le Deir Blanc de son voisin le Deir Rouge (cl-alimnr). Quant au mot « deir », il n'est pas exact de le traduire ici, comme on le fait communément, par le mol « couvent ». 11 y a de nombreux « dcirs » dans la vallée du Nil; que tous ces deirs aient été réellement des couvents, aux premiers âges chrétiens, c'est certain : mais le Deir-el- Moharraq, les deirs du OuAdi-Natroun et ceux de la mer Rouge mis à p.irt, aucun d'eux ne répond plus aujourd'hui à notre conception d'un monastère. De nos jours, en effet, le mot deir, dans son acception la plus ordinaire, désigne simplement un village de chrétiens, étroitement serré autour de son
Toiî'.o/. et. le récent travail de Ga\itliier, Nouvelles notes géographiijiiex sur le nome Panopolite, dons Bulletin de r Institut Irançaisd'archéologie orientale, t. x,p.lll>.^Ty.ine a fait l'objet d'une campagne de touilles de la ■ Hritish School of archreology in Egypt •, en 1907 : les rés\iltats en sont consignés dans W. M. Flinders Pétrie, ^IHiribi.'î, in-r, I.ondon. 190S (Pétrie écrit toujours, par erreur, Alhril'i'i, au lieu de Atripf). — • Ce nom • Dcir-el-Abind • se rencontre dès le xiir siècle. Cf. Eveils, dans sa traduction d'Abû-SaiIh, The churches and monaslerics a/ Egiipl. Irail. Kvctts, in-4". Oxford. 189:.. p. 23.'i, n. 2.
DEIR-EL-ABI An
/jfô
église, et enfermé assez souvent dans une enceinte aux murailles hautes et épaisses >. La population, toute «le fellahs, en est purement laïque, et les prêtres desservant l'église n'ont, en aucune façon, le caractère de religieux -. Qui a visité le Deir Blanc avant 1907, c'est-àdire avant les travaux de restauration entrepris par le Comité de l'art arabe, se rappelle les enfants grouillant sur les terrasses et dans les ruelles obscures (fig. 3CI3), les sordides bicoques installées partout et envahissant jusqu'à la nef de la basilique (fig. 3644),
Le Deir-el-.\l)iad, dans son état actuel, n'est donc pas un couvent.
Bien plus, et contrairement à l'opinion presque générale, le I)eir-el-Abiad, dans son élal primitil, et par destination, n'a jamais été que l'église d'un couvent : le monastère lui-même, avec ses habitations, ses officines, ses dépendances de tout ^enre, se pressait autour de l'église qui, construite en pierres, a seule duré. C'est ce qu'a fort bien vu et exprimé, dans un ouvTage récent, M. Somers Clarke : « Il faut dire ici que l'édincc rec-
Vue générale du Uoir-cl-Abiad. Pliolograpliie de l'auteur (1913).
les troupeaux auxquels on se heurtait quand, le seuil du Deir franchi, on s'engageait, à demi rassuré, dans l'étroit et sombre couloir qui menait au cœur de la place (fig. 3615)'. Rien là assurément qui ressemblât je ne dis pas à nos cloîtres d'Europe, mais même aux vrais monastères coptes de l'Ouàdi-Natroun et de la mer Rouge, ou encore au Deir-el-Moharraq, monastères habités exclusivement par des religieux, qui sont placés sous l'autorité d'un abbé et sont soumis à une observance, et parmi lesquels se recrute l'épiscopat des Églises d'Egypte et d'Abyssinie '.
' Un exemple typique est le Deir-Amba-Mousâs, bien connu des voyageurs qui ont \i5ité Abydos. M. Maspero a comparé avec justesse le deir copte à la « grande
demeure » <4-^ri> des Égyptiens pharaoniques, enceinte
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fortifiée où le seigneur féodal résidait avec ses gens, ses troupeaux, ses biens. Maspero, Sur le sens dex mots ■ noiiU ■ et ' liait », dans tiliidex de myiholoqic et d'arcliéologie, t. iv, p. 373. — ' Il est faux de parler, comme on le fait dans presque tous les livTes, des " religieux » du Deir-el- Abiad. Il n'y pas de - religieux » au Deir. mais trois prêtres, mariés et aussi " séculiers » que possible. Ils occupent, avec leurs familles, les maisons encore debout a l'extrémité de la grande nef, dont on n'est pas arrivé à les déloger, lors de la restauration du Deir. Il est j présumer que leurs tristes
langulaire en pierres, communément appelé le Deir, n'est que l'église du monastère, flanquée à l'aile sud d'un long « hall ». Le Deir, avec ses installations pour de nombreux moines — ses cuisines, fours, magasins — ne comprenait pas seulement l'édifice en pierres, mais un grand nombre de constructions en briques, dont les ruines s'étendent à l'entour. Celles-ci, ainsi que l'église, étaient enfermées entre de solides murs de briques ^ dont... il n'est pas facile de relever les traces °. »
La traduction « Couvent » blanc étant, on le voit, doublement inexacte, nous conserverons l'expression
taudis déshonoreront longtemps encore la basilique. — ' Les maisons des prêtres exceptées, toutes les huttes qui encombraient la nef, les bas-côtés et surtout le grand = ludl •, ont été démolies à partir de 1907. Les Iiabitants se sont installés au nord du Deir. La restauration du Deir ne pourra être complétée et paraclievéc que le jour où les trois prêtres se décideront à rejoindre leurs ouailles de l'autre côté du mur. — * On sait que dans les Églises schismatiqucs d'Orient, les évêques sont astreints au célibat. C'est pourquoi en les recrute exclusivement parmi les moines, les prêtres du clergé séculier étant tous mariés. — ' .\bû-Sàlih, 7/ic chiircltes and monasteriex o/ Eiiypl; trad. Evetts. 1S'.)5, p. 237, fait allusion a ce mur d'enceinte : therc is around tlie /;cc;) and llie monaslerti also a wall o/ cnclosure. — * Somers Clarke, Christian antiquilint in the S'ile rnUey, in-R". Oxford. 1012, p. 14fi.
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DEIR-EL-ABIAD
arabe de Deir-el-Ablad, sur laquelle nous nous sommes expliqué, pour désigner l'église basillcale qui fait l'objet du présent article •.
Avant d'entreprendre la description de cet édifice, il n'est pas inutile de faire, dans la mesure où il est possible, l'historique du monastère qui n'existe plus et de l'église qui est encore debout.