II. Historique. — Si anciens qu'ils soient l'un rt
trop faible pour résister à une attaque de vive force, tout au plus bon pour servir de protection contre les maraudeurs et les pilleries des Bédouins '. On a pu suivre ce mur au nord, au sud et à l'ouest : le quatrième côté, à l'est, a disparu, absorbé soit par la route qui longe le désert, soit par les terres cultivées. Le mur nord est en grande partie oblique, disposition qui s'expliquerait par ce fait que les constructions inlé-
3645. — Entrée du Deir-el-Abiad en lOflî. Photographie de l'auteur.
l'autre, ils ne représentent cependant pas l'établissement primitif créé, en cette partie de la vallée du Nil, par un disciple immédiat de saint Pakhùme, le vénérable apa Bgoul : ce premier établissement a disparu, non sans laisser toutefois des traces, qui ont été relevées avec beaucoup de diligence, en 1908, par M. FI. Pétrie - : cet archéologue, s'apiiuyant uniquement sur les caractères de la poterie ', date le cœnobium primitif de l'époque constantinienne (fig. 3640). Il comprenait une église construite en pierres, mais dont il ne reste pour ainsi dire rien, parce que les blocs en ont été en grande partie remployés postérieurement pour la construction du Deir-el-Abiad, et que les fragments non utilisés ont été convertis en chaux *. Autour de l'église se groupaient les constructions diverses que peut renfermer un couvent : elles étaient en briques crues, hormis les citernes et les bains. Le mur d'enceinte était également en briques, simple mur de clôture d'ailleurs,
' Abû-Saiîh, op. fil., p. 235, distingue nettement l'église du monastère : The monasterij of the great Saint Senitihiiis. In this monos/ery, Iherc is a venj large church... — ' W. M. Flinders Pétrie, Athribis. in-4», London, 1908. Voyez le chap. VI, The cœnobium o/ Atltribis, p. 13, et la pi. XLiii. — '^ C'est, à la vérité, une base un peu incertaine; mais ici les résultats ne semblent pas contestables. — 'FI. Pétrie, op. cit., p. 13-1 1. /( (l'église primitive) seenis to hâve been systematicalty and ccanumiculltj rcmoucd, as thcre tuas no gênerai smashing of tbc stones, but Iheg had becn taken au>ay wliole,and only the niinor part bruken up and burnt for lime. — '^Ibid., p. 13. — ' Ibid., p. 15. While this (the cœnobium) tvas being
rieures ne furent jamais assez nombreuses pour former un ensemble d'aspect rectangulaire ".
Moins d'un siècle plus tard, à l'époque théodosienne, l'institution, après un bref temps d'arrêt, serait devenue si florissante qu'on aurait dû songer à construire un nouveau monastère et une nouvelle église. Le premier établissement fut à peu près délaissé; on en construisit un autre, à quelque deux cents mètres au nord, et l'on édifia au centre une basilique, magnifique et spacieuse, notre Deir-el-Abiad '.
Si nous acceptons les dates approximatives proposées par FI. Pétrie, le cœnobium primitif aurait donc été l'œuvre de l'apa Bgoul, dont l'activité paraît s'être exercée dans la première partie du iv" siècle — époque « constantinienne ' ». D'autre part, c'est certainement sous Schnoudi, né en 33-1, mort en 452 ", que fut édifiée la basilique, la • grande église '° », probablement au moment du plein développement de la communauté,
extended, and was still incomplète, a check was put upon it, possibly by Julian, and a skeu) wall was built to fence in the buildings alrcady standing. — ' Ibid., p. 15. — ' Ladeuze, Ëtude sur le cénobitisme pakliômien, p. 206-207, 252. (Il est inexact de dire (p. 207) que le monastère de Bgoul ■ existe toujours sous le nom de Dcir-el-Abiad ■, le Deir-el-Abiad étant une création postérieure due à Schnoudi, et, à proprement parler, la « grande église » dont Ladeuze parle un peu plus loin, p. 209.) — • Ibid., p. 241-253. — " La « grande église », c'est exactement le Ueir-el-Abiad, tel que nous l'avons défini. Ladeuze, op. cit., p. 209, notes 1 et 2, donne la bibliographie de cette expression.
O i ip ?0 30 y
36-46. — Cœnobium primitif d'Alripf. D'après W. M. Tl. Potrie. Mhribi'^. pl. NLiii.
DEIR-EL-ABIAD
tout ?i la lia (lu iV siècle — fpoque « Ihéodosienne • — ou iiluliH, couinie je le montrerai ci-aprds, dans la première moitié du V '.
Le Deir-cl-Aliiad de Sclinoudi fut, en grande parlie, nous l'avons dit, construit avec des matériaux de remploi, provenant de l'église primitive. Ces matériaux mêmes avaient été, pour la plupart, tirés des temples païens d'Atripé. que les chrétiens avaient saccagés et détr uits =. Les ruines d'Atripé, explorées par FI." Pétrie ', sont d'une époque relati-
3617. — .\;ius d'Achoris.
Photograpliie de l'auteur, 101."!.
vcment récente et n'occupent pas le site primitif d'Atripé : en effet, tandis que les tombeaux, creusés dans la montagne voisine, remontent jusqu'il l'ancien empire, la ville elle-même n'a pas de monuments qui soient antérieurs à la XXVI" dynastie ', —
' W. de Bock, Matériaux pour servir à l'archéologie de l'Egypte chrétienne, in-4'', Saint-Pétersbourg, 1901, texte, p. 40, estime aussi que le Deir » a été érigé vers le commencement du v" siècle. » Je crois qu'on en peut reculer la fondation aux environs de l'année 4.30, ainsi que je le montrerai ci-dessous. — ' Cf. FI. Pctrie, op. cit., p. 11. Somers Clarke, op. cit., p. 148: No dnubt verij nmmj of the stones used are from ancient buildings. In n Icw cases the original surface has bcen retained, and sonie scnliiturcs and hicroghjphics can bc secn; but il mag be sa/ehj assumai thaï in gênerai the stoncs hâve bcen entirclg redressed. — ^ V. ci-dossus, col. 459, note 2. — * FI. Pétrie, op. cit., p. 1-2. Cela suppose évidemment l'existence d'une ville plus ancienne dans le voisinage immédiat. FI. Pétrie la placerait im peu plus au sud, probablement A Es-Salaa. — ' Ibid., p. 11. — " Ibid., p. 4. — ■ Jbiff., p. 5. Then il ufas nttnchcd for stnne: and as snme
un temple de Ptolémée IX Physkon, qui paraît être une addition à un temple plus ancien fondé par le roi saïte Apriès ', et un autre temple commencé sous Ptolémée XIII Aulète, aclievé sous Tibère et sous Hadrien ». C'est surtout ce dernier monument qui aurait, selon Flinders Pctrie, servi de carrière au.K constructeurs du Deir ' : la cliose est possible et même très vraisemblable. Cependant je ne me rappelle pas avoir rencontré nulle part au Deir-el-Abiad les cartouclies de Ptolémée Aulète ou d'un empereur romain. Par contre, je crois déchiffrer (avec quelque hésitation) le cartouche d' Apriès (XXVI= dynastie) sur une des larges dalles en granit ' insérées dans le pavé du haut de la nef, et même, sur un bloc gisant près de la porte qui fait communiquer le « hall » avec le bas-côté de droite de la basilique, le nom de Nechao ", un des prédécesseurs d'Apriès. A l'extrémité ouest du « hall >, on voit un naos monolithe, en granit bleu, que les moines conservèrent sans le briser '" : il porte les cartouches d'Achoris (XXIX« dynastie) (hg. 3647). Nul doute qu'il n'y ait d'autres blocs portant des noms royaux, sous le crépi qui recouvre une partie des murs.
La matière première se trouvait donc pour ainsi dire à pied d' œuvre, quand Schnoudi entreprit de remplacer l'église de l'apa Bgoul par un monument plus magnifique. L'actif archimandrite dut facilement trouver ou provoquer les concours nécessaires, en hommes et en argent, pour la construction de l'édifice. Nous ne savons rien de l'architecte, qui, pendant dix-huit mois ", assisté d' « une véritable armée de maçons, de tailleurs de pierre, de charpentiers, d'ouvriers de tout métier '- », présida aux travaux. On raconte qu'il ne voulut pas recevoir de salaire : « de tout l'argent qui lui était dû et de celui qu'il possédait, il fit un superbe diadème, qu'on suspendit au-dessus de l'autel, voulant ainsi témoigner de son respect pour Schnoudi, proclamer la gloire du Seigneur et retirer profit pour son âme ". » Quant à l'argent, d'où vint-il '? comment se le procura-t-on ? Amélineau semble disposé à accepter la légende du trésor caché dans les ruines d'Atripé, et découvert juste à point par Schnoudi : « le matin, comme il revenait à son monastère, il heurta une bouteille, de celles que l'on appelait bouteilles d'Ascalon : il la prit, l'ouvrit, elle était pleine d'or. A la nouvelle de cette découverte inespérée, la joie fut grande au monastère, et l'on se hâta de préparer tous les outils et matériaux nécessaires et de rassembler les ouvriers '*. » L'histoire est édifiante et parait bien avoir été inventée en même temps qu'une foule d'autres récits merveilleux, qui forment la « légende dorée » de Schnoudi. La réalité fut probablement tout autre, et je crois être sur la trace de la vérité, beaucoup plus intéressante.
En février 1913, examinant de près le linteau en granit rose de la grande porte méridionale, qui avait été caché pendant des siècles et que les travaux du Comité de l'art arabe venaient de dégager, j'ai décou-
inscribcd stones, apparenllg from hère, arc in the Deir Amba Shenudch, it is probable that this temple luas quarried /or that monastery. — 'A l'angle gauche de la première dalle. I.e cartouche me paraît se lire [ o^'&J qui est soit le « prénom royal » de Psammétiquc, soit le nom de naissance d'Apriès. — » Cartouche incomplet foj^^^ J "^ù l'on
peut lire, selon (luc l'on rcsliluc [ j j °" f *5 T '"^ « prénom royal » de Nechao ou d'.\niasis, tous deux de la dynastie saïte. — " Je crois ce monument inédit. Les noms solaires sont certainement ceux d'Achoris. — " .\mélincau. Les moines éffi/pd'cn.'î, Vie de Schnoudi, in-S", Paris, 18S9, p. 88. — " ibid., p. 87. -- " Ibid.. p. 90. — '* Ibid., p. 87.
DEIR-EL-ABIAD
vert, gravée sur la face interne, une inscription grecque, d'époque byzantine : autant que je sais, cette inscription est inédite; je crois même qu'elle a, jusqu'à pré-
tenant compte de la croix qui coupe le texte, > voir six lignes de petite dimension disposées en deux colonnes? C'est cette dernière solution cfu'il me paraît
+ AI WNIAMNHMH TOYM€rAXon?// KOMeTOCK/X\CAFlo-Y
TOY KTI CTOX
364S. — Inscription du comte CaesariU'î. Fac-similé de l'auteur.
sent, échappé à l'attention des touristes et des savanU qui ont, ces temps derniers, visite le Deir : les lettres, en effet, ne ressortant pas sur le granit rose, et du sol elles sont à peu près invisibles. Pour lire l'inscription, il faut au préalable improviser un échafaudage sommaire et se hisser à une hauteur de 3 «"50. Je suis heureux d'avoir pu réserver pour ce Didionnaire la publication de ce texte : comme il était impossible de le photographier directement, j'en ai pris un estampage
nécessaire d'adopter : je crois donc qu'il faut transcrire et traduire :
A'.wv'a iAvr^u.r,
TOU |J.SYa/.0— 3(Er£(JTXT0'j)
xojxETOç Kxtcapi&u,
TOO Xt'.OÛ
3 KaySiStayou,
TCÙ XTICTO'J.
I-e mur nord dans son état actuel (1913). l'Iiotograpbie de l'auteur.
qui m'a servi à établir le fac-similé que voici (fig. 3648) : Les deux parties du texte sont séparées par une croix grecque inscrite dans un double cercle. La question se pose : doit-on lire celle inscription comme si elle était constituée de trois longues lignes, — ou bien,
» On arriverait d'nllleurs à un résultat sensiblement pareil, en supposant l'inscription disposée sur trois lignes seulement :
Aiojvlï |l''r,u.T, -ryj Swj
TOj ^vi3.'i'j-'^(iT.ta-.ii.-.ti\i) K«vô;5iavoj,
y.o(i"o? Ka.fjapio'./ toû XTtCTtou
• A la mémoire éternelle du très illustre comte Caesarius, fds de Candidicn, le fondateur '.
Ces personnages me sont inconnus. Je n'en trouve nulle part la mention dans les textes relatifs à la \ie de Schnoudi. Mais peut-être quelque spécialiste des choses
• A la mémoire étemelle du llls du très illustre Candidien, le comte Ca;sarius, le fondateur. • Mais il y a une grosse dimculté : l'absence de l'article défini devant /.opEToc D'autre part, le texte, ainsi disposé, manque certainement d'élégance et de fluiilité. Cette lecture est A rejeter.
DEIR-EL-ABIAD
byzantines, et mieux outillé que je ne suis, arrivera-t-il à les identifier '. Quoi qu'il en soit, le ■/.-■.i-r,;, le « fondateur » du Deir, qui a cru bon de graver son nom, pour l'éternité, à l'entrée de la basilique, serait donc un comte Cœsarius, fils de Candidien. Que signifie au juste ce ternie de « fondateur »? Probablement ceci, qu'il encouragea Schnoudi à élever cette basilique et qu'il l'y aida de ses deniers. Ainsi, c'est lui qui aurait fourni l'argent nécessaire. Désormais, le nom de ce
bien il était téméi'aii'e de profaner la sainteté de la basilique ^ Par lui aussi nous savons qu'un Arménien, Bahrâm, vizir du caliphe Al-Hàfîz, se fit moine et entra au couvent de Saint-Schnoudi, après avoir été déchu de son poste, en 1137 ' : « fait d'autant plus intéressant, comme le remarque \Y. de Bock ', qu'on trouve au Deirel-Abiad des inscriptions arméniennes sur des fresques [de l'abside] datant de l'année 11'23. » Abou- Sàlîh rapporte encore qu'un peu plus tard, vers 11G8,
3G51. — Porte bloquée du mur nord.
Photogiaphie de i'autcur.
comte Ciesarius, collaborateur précieu.N. du grand moine d'Atripé dans l'œuvre do la « fondation » de la basilique, devra donc avoir sa place dans l'histoire de Schnoudi et du Deir-cl-Abiad.
Épigraphiquement, ce texte me paraît être de la première moitié du V siècle. C'est pourquoi j'ai incliné l)lus haut à attribuer à cette époque (une vingtaine d'années peut-être avant la mort de Schnoudi, soit vers 430) la fondation et la construction du Deir-el- Abiad.
La nuit se fait sur l'histoire du Deir, dès le temps de Visa, successeur immédiat de Schnoudi. Abou-Sàlîh, écrivain arabe du xiii" siècle, nous a transmis qucl- (jucs anecdotes : celle, par exemple, de ces deux gouverneurs de l'Egypte, Er-Raiy;ln et lil-Kùsim qui, au début du vni= siècle, éprouvèrent à leurs dépens com-
• Comme viut bien m« le faire i cmarquer M. Jean Muspero.il est peu vraisemblable, !1 est niCmc improbable, que notre Candidien doive Être identifié avec le capitaine de la garde du corps de l'empereur, comte Candidien, qui joua un certain rôle au concile d'Éphèse. en 431 : Mansi, Concil. am/jUss. coll., t. IV, col. 1229 et sq. Cf. lletcle-Leclcrcq, liist. des conc, U II, p. 290 et sq. — ' Abû-Sûlih, op. cil., p. 237-239. — • Ibid., p. 239. — ' \V. <le Iîocl(, '«;). cil., texte, p. 42. —
3652. — I^a petite porte du mur sud (1913). l'iiotographic de l'auteur.
le tombeau de Schnoudi fut violé par les soldats de Shirkouli '.
Du xiii'' au xviii" siècle, nous ne trouvons à propos du Deir qu'une brève mention de Maqrîzi (première moitié du xV siècle), dans son Klutal °, et une courte description du P. 'Vansleb (1073) dans sa Nouvelle rclalion ' : toutes deux sont intéressante.s, en ce sens qu'elles nous apprennent que, non seulement en 1673, mais déjà au xV siècle, le Deir était à peu près dans l'état où nous le voyons aujourd'hui, en ruines, et réduit à son église de pierres : la phrase de Maqrîzi est significative : « C'est un monastère ancifli... aujourd'hui ruiné, en sorte qu'il ne rcsle plus <juc l'église : on dit qu'il occupait autretois un espace de quatre feddans trois quarts; la partie qui subsiste encore est d'environ un feddau. " »
' Abû-Saiîh, o;j. cil., p. 237.— ' Maqrîzi, édition de Boulnq, t. II, p. 507. Cf. Wustcntcld, Ccschichtc dnr Copicn, ln-4°, Gœtliniî'en, 1845, texte arabe, p. 43; traduction, p. 105; nutro traduction, par Evclts, en appendice ;\ Abfl-Sfllîli, 'i'/ie cliiirchcs..., p. 317.^ — ' Nouvelle retalion en forme tic joiirniil d'nn voilage lait en l'imiple, in-12, Paris, 1077. p. 372-375. — • ■rra<luclion de (Juatiemère, Mimnires sur V Egypte, t. i, p. 14.
DEIH-EL-AlilAD
Un peu après le P. Vansleb, le Deir fut visité par le P. Sicard ', par Norden ', par Pococke ', par Donali *, par Denon \ et, au xix« siècle, par Wilkiiison ', Curzon ', AmJlineau % W. de Bock ". I.es relations que nous ont laissées ces voyageurs sont d'intérêt très inégal : on peut même dire qu'à peu près toutes, sauf le très intéressant ouvrage posthume de \V. de Bock, sont sans utilité pratique, maintenant que nous possédons l'étude et les plans qu'a donnes du Deir '" un architecte qui connaît bien l'Egypte, M. Somers Clarke ". J'aurai recours souvent, dans les pages qui vont suivre, à ces deux travaux de \V. de Bock cl (le M. Sonicrs Clarke.
ques-uns atteignent jusqu'à 2 mètres de longueur, sur 0'°43 d'épaisseur. La maçonnerie était recouverte d'une couche de plâtre, dont on voit d'ailleurs des restes par endroits ". Les dimensions longitudinales des murs sont : 36 "75 pour le mur est, 36 "90 pour le mur ouest, 74»60 pour le mur nord, 74 "SS pour le mur sud " (fig. 3649) '».
Sur les quatre façades s'alignent deux rangées de fenêtres, dont la plupart ne sont et n'ont jamais été d'ailleurs que de fausses fenêtres, murées dès l'origine au moyen de grands blocs cl simplement destinées, serable-t-il, à rompre la monotonie de ces longs murs ". Des gouttières en pierre, pour l'écoulement de l'eau
3653. — Mur ouest du Deir (vers 1895). D'après de IJock, op. cit., p. 13.
III. Description de l'extérieur. — Le Deir est bàli sur les pentes extrêmes de la chaîne Libyque, et le côté est de l'église est à un niveau d'au moins 2 mètres au-dc5sus des terres cultivées '-. L'édifice a la forme d'un rectangle, dont le long axe est dans la direction est ouest. Les murs, hauts d'environ 12 mètres, sont sensiblement inclinés en dedans, à la manière de ceux des temples égyptiens, et, comme ceux-ci également, couronnés, à leur partie supérieure, d'une large corniche saillante '^ . Us consistent en blocs de calcaire, disposés par couches horizontales, sans lien, dont quel-
de pluie, se trouvent fixées, au nombre de deux (est), trois (nord), ou cinq (sud), tantôt au-dessus de la rangée supérieure des fenêtres (est et nord, et, dans trois cas, sud), tantôt au-dessous (dans deux cas, mur sud).
Le mur nord (fig. 3650) a deux rangées de vingt-six fenêtres chacune, toutes condamnées. A peu près au centre de la façade ", s'ouvrait une large porte d'entrée, donnant accès direct au bas-côté de gauche de la basilique. La porte est en granit rouge. Elle consiste en deux pilastres, mesurant 0°'73 et 0"80 de large, ornés
* La description du P. Sicard est demeurée inédite.
— - Travels in Egypl and Nubia, translated by P. Tempelmaan, London, 1757, vol. ii, p. 31. — ' Description o) IheEasl and some olher countria, t. i, p. 79, 245; pi. Lxxi. — ' Cf. Lumbroso, Descrittori Italiani, Roma, 1879, p. 75 (.Mcmorie dcîla R. Acadentia dei Lincei, scrie a, vol. m). — * Voyage dans ta Basse et la Haule-Égypte pendant les campagnes du général Bonaparte, in-fol., Paris, 1 S02, p. 1 20-122 ; pi. 32, 1 -2 ; 93, 3.
— ' Topography o/ Thebes and gênerai view o/ Egypt, London, 1835,p.39?.-393. — ' Visits to monasteries in the Levant, New- York, 1819, p. 113-1 19. — ' Vie de Schnoudi, p. 88-90, p. 367. — " Matériaux, texte p. 39-60, pi. xvii-xxii. — '° Christian antiquities, p. 145-161, et pi. .xlv-.xlviii. — "Cette étude, pleine de vues intéressantes, n'est cependant pas toujours très claire : on y remarque un défaut général de composition, provenant, je pense, de ce qu'elle a été écrite en cicux fois, à plusieurs années de distance.
— " Somers Clarke, op. cit., p. 146. — " W. de Bock, op. cit., p. 44 ; Somers Clarke, op. cit., p. 149, 150. — '* Somers Clarke, op. cit., p. 146. — ** Mesures données par Somers Clarlic-, up. cit., p. 149. Les dimensions indiquées
partout ailleurs sont inexactes : ainsi, Butler, Ancîeni Coplic churches, in-8'', Oxford, 1884, 1. 1, p. 352 (abcut 240 ft. by 133, soit 78"75 sur 43"65) et note 1 (où il cite les mesures approximatives données par Vansleb, Curzon, Denon, Wilkinson); plus de fantaisie encore dans .\méline<iu, op. cit., p. 88 (120 mètres de long sur 100 de large: ). — " On voudra bien noter que certains plans et dessins, comme une partie de la rédaction du livTede M. Somers Clarlic, paraissent être antérieurs à la restauration complète du Deir, entreprise, en 1907, par les soins du Comité de l'art arabe. Les contreforts (bultress) en briques, mentionnés, par exemple pi. xxv et fig. 32, ont disparu, ainsi que le long couloir de l'entrée, auquel il est fait allusion p. 152. Même observation, naturellement, en ce qui concerne les contreforts, pour les fig. 55, 57, 58, 60, du livre de W. de Bock. Comparer les pliotographics de ce voyageur, toutes antérieures à 1897, avec les miennes, postérieures ù 1912. — " W. de Bock, f p. cit., p. 44: Somers Clarke, op. cil., p. 151. — '* ■ I^a fenèire rjui se voit au-dessus de celte porte est la quatorzième :"i partir de l'est et la treizième à partir de l'ouest, » conmie le rcmartiuc W. de Bock.
DEIR-EL-ABIAD
de chapiteaux très simples, sur lesquels repose une architrave, faite de trois morceaux, surmontée d'une corniche de profil égyptien. Les deux chapiteaux portent en leur milieu une croix en relief; de même, trois croix sont gravées sur la partie centrale de l'architrave, celle du milieu étant inscrite dans un double cercle. Les autres pierres entrant dans la construction de cette porte ont dû être prises telles quelles à un temple égyptien, car on voit encore sur plusieurs des traces de sculpture antique. La porte, qui a l^OO
murailles du Deir, et, comme on le voit sur ma photograpliie, les parties du mur qu'ils cachaient ont été sérieusement réparées.
La façade sud (voj'ez les fig. 3642 et 3649) présente cette particularité que son extrémité occidentale, s'ctant écroulée, fut restaurée assez grossièrement sous le règne de Mohamed- Ali ' : on ne jugea pas à propos de maintenir l'ancien système d'appareillage des blocs, ni de continuer les deux rangées de fenêtres. C'est à la même époque que fut élevé le petit contrefort en pierres.
3654. — Mur ouest tlu Deir (1913). Photographie de l'auleur.
de laige, a été, dès les temps anciens, condamnée et bloquée à l'aide de fragments d'architecture, colonnes, corniches, etc. (fig. 3651).
Il y a une seconde porte, beaucoup plus étroite, non loin de l'angle est de ce miu- Elle fut également condamnée par les Coptes, et lut cachée pendant des siècles, derrière le contrefort de l'angle est.
Ce n'était pas seulement dans un but de protection, mais aussi dans l'intention de renforcer les murailles extérieures, que les baies de ces portes avaient été remplies. C'est dans le même dessein que des contreforts, en briques crues et cuites, avaient été construits à l'angle est, à l'angle ouest et non loin de la porte centrale (voyez la planche xlv de Somers Clarke, reproduite fig. 3649. et aussi la fig. 58 du livre de W. de Bock). Ces contreforts, qui ne manquaient pas de pittoresque, ont été supprimés lors de la récente réfection des
' 1 was told thaï tlw colla/jne happened in the limt hall 0/ (/le nineleenth centtiru, and was repaired al Ihe direcUon ol Mohammed Ali, Somers Clarke, op. cil., p. 148. — • Un peu plus à l'ouest. Voyez le plan, (iR. 3649. — " Il was niade bal just enough lo cidniilj » hu/lalii. Somers Clarke, op. cil., p. 119. Cette porte se prolongeait par un étroit couloir, profond d'une quinzaine de mètres,
long de I^IO, épais de ln'16, signalé sur la coupe en élévatio I de Somers Clarke (op. cit., pi. xlvi). Le mur — ou plutôt la partie ancienne du mur — est percé de quarante-deux fenêtres (toutes bloquées), disposées sur deux rangs (je pense qu'il y en avait primitivement cinquante-deux, comme de l'autre côlè).
La porte d'entrée s'ouvTait presque en face de la grande porte du mur nord -, à laquelle d'ailleurs, comme on pe l s'en rendre compte aujourd'hui, elle ressemble beaucoup : mêmes pilastres, même architrave, même corniche, .\vant les récentes restaurations, elle disparaissa ' en grande partie (voyez fig. 3645) derrière un arc on briques crues posé sur des supports en pierres, rédui ant la largeur de la baie ù moins d'un mètre '. l'ius loin, vers l'angle est du mur, il y avait une autre porte, plus petite, condamnée depuis l'époque copte, et dont on ne soupçonnait pas l'exis-
qui a subsisté jusqu'en l'J(i8. • Quand on y passe, écrit Amélineau, op. cil., p. 89, l'obscurité donne le frisson. Les moines qui le traversaient étaient vraiment sortis du monde • : c'est juste, ù cela prés toutefois (jue les moines de Schnoudi et, pendant longtemps, leurs successeurs n'ont jamais connu ce long couloir, qui a été construit ù une époqui' rehitlvcment récente.
DEIR-EL-ABIAD
tence ' avant la destruction du contrefort de liriqucs qui soutenait toute cette partie de la façade, depuis l'angle est jusqu'à la porte centrale (voyez encore lig. 3649). Cette petite porte est de même dimension que celle qui lui fait presque lace au mur nord ; elle est construite sans grand soin, et enlièrement à l'aide de matériaux anciens (fig. 3652).
] l» Le <i hall •. — Que cette partie du Deir ne renfer mait pas, comme le croyait W. de Bock ', « les cellules des moines..., le réfectoire, les cuisines et les autres offices, «c'est ceque j'ai déjà montré a la I" part, de cet arl.icle, et ce qu'on admettra aisément, si l'on songe que I c'est plus de deux mille moines que Schnoudi tenait I réunis sous son obédience : les habitations et les com-
••:;:»:v;4"; :«:•.«:; «^JÉV;* ::♦;:.¥;:.»: ;^>; v*:v»: ::*:.*.^>
3055. — Restauration conjecturale de l'intérieur du Deir. D'après Somers Clarke, op. cit., pi. ."clviii.
Du mur est il y a peu à dire. Il a pour tout ornement deux rangées de neuf fenêtres, ou fausses fenêtres, dont l'une - a conservé un cadre ancien en pierre, découpé en forme de grille. Pas de porte.
Le mur ouest (fig. 3653-3f)54) subit, sous Mohamed- Ali, à son angle méridional, les mêmes réparations que le mur sud à son angle occidental, réparations exécutées avec la même simplicité, dans le même esprit. Des fenêtres, ou fausses fenêtres, de la rangée supérieure, il en est resté six : on en voit six également à la rangée inférieure. II devait y en avoir primitivement onze en haut et onze en bas. Comme les longues façades sud et nord, ce mur était percé de deux portes qui, jadis dissimulées sous les contreforts en briques, sont aujourd'hui visibles : lapins grande ouvre sur le narthex et est située exactement dans l'axe de la basilique. Elle est faite de pilastres surmontes de chapiteaux corinthiens : l'architrave, en granit rose, est une partie de l'entablement d'un temple dorique d'époque romaine '. La seconde porte, moins large, était plus au sud, et ouvTait, semblet-il, sur un palier faisant communiquer la partie méridionale avec la partie occidentale du Deir, et conduisant, par un escalier, aux galeries du premier étage.
IV. Description DE l'intérieur. — -Si l'on considère le plan ci-dessus (fig. 3655) dressé par Somers Clarke ', on voit que l'intérieur de ce que nous appelons le « Deirel-Abiad » comprend : 1" un grand » hall » parallèle au mur sud, et le longeant à l'intérieur, sur plus des trois quarts de son étendue; 2" la basilique ; 3° le narthex; 4° quelques appartements, deux escaliers et un puits '.
' Ainsi, elle n'est pas signalée sur le plan de W. de Bock, op. cit., fig. 60, où, par contre (comme aussi flg. 57), le contrefort est nettement indiqué. Le contrefort devait encore exister partiellement vers l'angle est du mur, quand Somers Clarke dressa son plan (op. ci/., pi. XLV), mais la petite porte murée est néanmoins indiquée. — • ' La deuxième fenêtre
mur. D'ARCii. r.HiiKr.
inuns étaient, au moins pour la plupart, autour et en dehors de la « grande église ».
Le « hall » (fig. 3656-3657) mesure 47 mètres de long, 8 mètres de large. Il est limité, à lest, par une chambre carrée avec laquelle il communique; il bute, à l'ouest, contre le mur d'une autre chambre carrée, située à l'angle sud-ouest du monument, rebâtie et remaniée à l'époque de Mohamed-Ali '. Ici comme ailleurs, le Deir a subi tant de transformations, de si étranges et de si barbares, que la destination exacte de celte vaste salle, comme aussi sa disposition intérieure, sont impossibles à déterminer avec certitude. Toutefois une chose est sûre : quelque long que soit le « hall », on n'y Irouve pas trace de murs de refend : il n'était donc pas divisé en chambres ou en cellules. Dautre part, il comprenait deux étages : on voit encore nettement, à une hauteur d'au moins 8 mètres, la corniche sculptée marquant le niveau de l'étage supérieur, et les trous où s'enfonçaient les poutres soutenant le plafond. La pièce de l'étage supérieur a la même longueur et la même largeur que celle du bas, mais elle était peu élevée, ayant tout nu plus 2™50 de haut. Il est diflicile de dire exactement à quoi elle pouvait ser\ir. Quant à la pièce du bas, le « hall « proprement dit, c'était, j'imagine, une sorte de « cloître » où les religieux s'assemblaient avant les offices, où se faisaient certains exercices conventuels, où se déroulaient, précisément comme dans nos cloîtres, les piocessions et les pompes, où le peuple enfin p.iuva't être admis à certains jours fériés. Le " hall « communiquait avec la
(à partir du nord) de la rangée supérieure. Cf. W. de liock, op. cit., p. 45. — ' Somers Clarke, op. cit., p. 151. — • Le plan (lu Deir donné par VV. de Hock, op. cit., p. 4'.), fig. GO, est aussi précis qu'il était possible avant les travaux de restauration. — ' CI. Somers Clarke, op. cit., p. 148. — ' W. de I-iock, op. cj/., p. 50. — ' SomersClarkc. op. cit. p. 157-1.58.
3057 Le hall, vue prise de l'est. IMioio^nÉ,,.,,,
DEIR-EL-ABIAP
basilique par deux portes, dont l'une ouvrait sur la nef latérale droite, l'autre sur le bras droit du transept. On remarque, du côté sud du « hall », d'abord l'inscription précitée du comte Caesarius, gravée sur la face interne de l'arcliitravc qui surmonte la porte d'entrée; puis, plus loin, des fragments assez importants de diverses hymnes doxologiques (fig. 3658) (notamment du Gloria in excelsis et du Te Deum sous leurforme grecque).
« 1" ( Mi)chae..
« 2° Aron, charpentier. Que le Seigneur lui remette ses péchés. Amen. ■
« 3" Victor, charpentier, Philotce, Bichada, et Stéphane (?) ses fUs. Que le Seigneur leur remette leurs péchés. Amen.
. 4° Moi, Mathieu, [fils de (?)...(•?) .
Ces inscriptions sont probablement dues à des
i ** t ,. />icr- Z'^*^ -^^ - 1 -ij ?-». K '- ' • •- ^^ ^ , .\. «
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365S. — • Le Gloria in excehis. D'après une photographie de l'auteur.
peintes à l'ocre rouge sur le revêtement de plâtre du mur •. Du côté nord, vers le fond, se dresse le naos d'Achoris, dont j'ai parlé plus haut; vers le milieu, est une niche (fig. 3659) encadrée de deux colonnes antiques et ornée d'une conque élégante; enfin, à gauche de la porte qui ouvre sur le bas-côté méridional de la basilique, on voit, pciiîtes "en rouge sur le mur, quelques inscriptions coptes, d'époque relativement récente (xii" siècle ?), et qui ne sont malheureusement pas très bien conservées (fig. 3660). Voici ce que j'ai pu déchiffrer de ces textes, à ma connaissance, inédits :
2"^ g&.pioii Tiod>Ajiuje cpe msoeic koi
nô.fj efeo'A uiiequoÊe *>iiiiii 3° fîJKTiop no*.Aiuje xxn f^i'Aoee Ain
niu)a.ie juii ct€'.Ç*>hoc ? iteq
igHpe epe n'soeic kio us."y
efioA Hiie-yiiofee &xihii eqcty^^ '.'
4" -|- crco AA&deoc
Toy T*.iienio gMj^ C.'i
' Celte inscription, tort maltraitée, a été publiée pni G. Lefebvre, Recueil des inscriplions grecques chrétiennes d'Egypte, le Caire, 1907. p. 45, n. 2:57. — '11 est possible, dit \V. de Bock, que ce mur ait été construit, vers 1812, ■k la suite de la dévastation du monastère par les ilamclouks, en 1798. \V. do Bock, i,p. cit.. p. 50. — ' Ce mur
ouvriers coptes, qui étaient venus exécuter quelques travaux au Deir.
2? La basilique, ^r C'est le seul nom qui convienne à cette vaste égUse, véritable « basilique » à trois nefs, avec transept et abside. Si les récentes restaurations ont pu rendre au.x nefs, jadis encombrées des masures ([ue tous nos contempoiains ont connues (voyez plus haut, col. 461), quelque chose de leur caractère primitif (fig. 3661), elles n'ont cependant p'as été poussées jusqu'au point — et c'était impossible — de supprimer le mur de briques (fig. 3667) élevé à la hauteur du transept, vers le début du xix'^ siècle peut-être -, et limitant, à l'ouest, l'église actuelle, réduite à l'emplacement du transept et de l'abside d'autrefois '. Faisons abstraction de ce mui% oublions les dégradations, les profanations et les outrages qu'a subis ce monument de piété et d'art, et représentons-nous ce qu'il était à ses origines.
L'abside est située du côté est — ce qui est, comme on sait, la règle, au v siècle, du moins en Orient'. Il n'est pas exact d'ailleurs de parler d' e une » abside : en fait, il y en a trois ', la principale à l'est, et deux autres qui la flanquent au sud et au nord; elles s'élèvent, pour ainsi dire, sur trois des côtés d'un rcc-
ramene l'église, dit SonieisClarke, de Gô mètres qu'elle avait de long, a 16 métrés seulement. Of.. .■((., p. 152. —'Sur Uchangcmcnt d'orientation des basiliques, en Orient, au V siècle, cf. H. l.ccUrcq. dans Dictionnaire, t. ii, col. 566. — ' Comp.irer les absides de l'église de la Nativité à Betlilèlieni, plan rcproduil par H. Leclercq, il'id., col. 568; fig. 1128.
DEIR-EL-ABIAD
t angle qui aurait été tracé sur le soi et mesurerait lO^SO de iong et 6"»80 de large» ; toutes trois sont recouvertes de coupoles surbaissées. Aux murs de chacune sont appuyées deux rangées superposées de colonnes, reliées entre elles par des épistyles droits se composant d'une architrave et d'une corniche, sans frise -. Entre les colonnes sont ménagées des niches hautes de 1 "SO, larges de 0'»62, dont la partie supérieure est en forme darc unii-circulaire; plusieurs sont
àbM. —- LiiL' iiiche à conque.
: Photogiapliie de l'airteirr.
décorées de conques jolinrent travaillées, d autres d'ornements végétaux soigneusement sculptés.
L'abside principale, celle de l'est, a G ""05 de large et est surélevée d'une marche de 0"'20'. La conque en est ornée d'une fresque « représentant sous les traits usuels l'image colossale du Christ assis dans sa gloire (lig. 3602). La tête est abîmée, le chiton est bleu clair, le manteau brun. A l'intérieur de l'auréole, de chaque côté de la tète du Christ, se trouvent les sigles de son nom : à droite en copte, à gauche en arménien. L'inscription arménienne tracée en une ligne sur fond d'or, à gauche (lig. 3C(5.5), contient... les mots : Monseigneur Grégoire a construit '. Dans la partie inférieui-c de la conque, en dehors de la mandorle qui entouic le Christ et qui est gardée par les quatre bétes apocalyptiques, se trouvent dans des médaillons ronds les quatre évan-
' Somers Clarke, op. cit., (.. 152. — ' - Dans l'nliside principale, les colonnes de la raniléc inférieure ont avec les chapiteaux 3»62 de haut. ■ W. de Bock, np. rit., p. 58. — ' Hlle est actuellement séparée du reste de l'église par un médiocre iconostase, agrémenté d'iconcs très modernes. — • « Dans ce Gr(:>Boire, il faut peut-être reconnaître
gélistes, tenant à la main des chartes avec des inscriptions rédigées aussi en arménien. Entre les évangélistes et la mandorle, on aperçoit de chaque côté la représentation d'une longue planchette verte avec des inscriptions tracées en noir ; la planchette à droite contient une inscription copte de vingt-cinq lignes, datée de l'an 840 des martyrs, soit 1124 après Jésus-Christ (fig. 3606). L'autre planchette à gauche olTre en vingt lignes, qui peu à peu deviennent plus menues, ime inscription arménienne dont il n'a été copié que les deux premières lignes et qui, probablement, conteirait la traduction de l'inscription copte (fig. 3664) : du moins le commencement copié signifie, selon l'explication donnée par M. le professeur N.-J. Marr : Théodore (te) peintre et {l')écrivain. A côté se voient deux autres inscriptions arméniennes de six lignes chacune et encore une troi-
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3660. — Inscriptions coptes.
Photographie de l'auteur*
sième, peu distincte, tracée en jaune sur fond brun foncé. Sur lasurfaceinférieuredel'arc, devant la conque, sont peints six bustes de saints dans des cercles qui alternent avec des espaces couverts de divers ornements '. »
La conque de l'abside du nord était aussi décorée de fresques, mais qui sont assez mal conservées et peu visibles.
l'ar tonlre, « dans la conque de l'abside du sud on voit, peinte au milieu d'une auréole soutenue par deux anges, une croix colossale avec un suaire jeté à travers. Près des anges se tiemieiit debout deux i)crsonnages : l'un, une femme, représente sans doute la Vierge; l'autre, un homme, paraît être saint Jeau-liaptiste (lig. 3663). La surface inférieure de l'arc (|ui borde la conque est ornée de cercles remplis alternativement de bustes d'apôtres (?) et de rosettes ". »
Le lidilcal actuel, c'est-à-dire le sanctuaire, occupe l'abside principale. Un iconostase en bois — liigâb ■ — le sépare du reste de l'église. Cet iconostase est moderne,
l'é\ fquc de ce nom qui, à la lin du xi' si*clc, fut nommé ciiinnic tel par le patriarche arménien Grégoire II, son oncle, pour les Arméniens habitant l'Egypte. « (W. <le UocU). — ' J'ai emprunté toute cette description à W. de Bock, o/j. cit., p. ."),S-."i!). — * Uescription empruntée :'i W. de Bock, op. cit., p. r.',).
DEIR-EL-ABIAD
sans aucun doulc; toutefois il se peut qu'il remplace un iconostase ancien, qui se serait dressé à cette même place, — à moins que l'iconostase n'ait été primitivement un peu plus -k l'ouest, par devant les trois aljsidcs : la question est aujourd'hui sans solution possible '.
Au centre du Iiaikal est Tautel, dédié à l'apa Schnoudi et sous lequel aurait reposé jadis le corps du saint -. 11 n'y a pas d'autel, ni dans laljside du nord, ni dans celle du
Les trois absides peuvent être considérées, ainsi que je l'ai dit, comme s'élevant sur trois des côtés d'un rectangle : le quatrième côté du rectangle était occupé par un arc reposant sur deux colonnes. Cet espace rectangulaire est aujourd'hui surmonté d'un dôme, mais il est vraisemblable que la couverture consistait, à l'origine, en un simple plafond de bois '.
Du point où nous sommes arrivés dans notre description jusqu'au grand mur de briques limitant l'église
3661. — I.cs nefs de la basilique en 1913. Photographie de l'auteur.
sud ; mais il est probable qu'il y en avait un. primitivement, dans chacune d'elles, étant donné d'une part l'étendue de la basilique, et d'autre part l'exemple des autres églises coptes toujours munies de trois ou quatre autels et même davantage.
.\ droite et à gauche de l'abside principale sont deux petites pièces, auxquelles on accède par des portes situées à l'extrémité des absides nord et sud : celle de. droite renferme les fonts baptismaux, celle de gauche est construite au-dessus d'une crypte et conduit à un escalier dont nous reparlerons plus loin. La chambre des fonts baptismaux elle-même communifiue avec une autre pièce de forme circulaire, à laquelle on accède également, du côté de l'ouest, par une antichambre ornée de deux colonnes, donnant sur le transept. Toutes ces chambres sont recouvertes de dômes.
' Cf. Somers Clarke, op. cil., p. 154. — Aniélineau, op. cil., p. 366. Peut-être la sépulture du saint fut-elle violée et détruite lors de l'invasion de Shirkouh, vers 1168. Abû-Saiih, op.'. ci(.,l p. 2.S7. ToutÇ cela est bien obscur et incertain. — ' Somers Clarke, op. cil., p. 153. — * Cf. Somers Clarke, op. cil., p. 153. This ^pace... tnas Ircated nfter
actuelle, s'étendait, du nord au sud, sur toute la largeur de l'édifice, ce qu'on peut appeler le transept. On notera — fait significatif — que le dallage est, en cet endroit, à un niveau plus élevé de 0""38 que le dallage de la nef. On remarquera, d'autre part, que le grand mur moderne en briques cuites occupe remplacement de deux colonnes et d'un arc large de 5 mètres. L'espace compris entre cet arc et celui qui, quelques mètres plus à l'est, s'élève en avant des absides, voilà donc ce qui aurait constitué le transept; en l'état des choses, il est difficile de préciser davantage la disposition et la destination de cette partie de l'église *.
Du transept nous passons :\ la nef principale et aux bas-côtés. La longueur en est de 43 mètres, la largeur totale de 23; la nef à elle seule, sans les bas-côtés, a ll^SO de large. Les deux longues rangées du nord et du sud comprenaient, s(mblc-t-il, dix-sept colonnes, et la
the numner cl a trnn.-^epl. This part o/ Ihe eluirch lias been so complelcly encascd witli liitrr brirkwork on ils fu.sf sidc aiul entircly destroucd on ils west, Ibot il is unsnfe to speciiïatc. One Ibing is evidenl : Uie change o/ tevcl in Ihe original pavement shows Ihal there was sonie ritiial distinction between Ihe easlern and the western part o/ the church at this Une.
36(>2. — Le Christ glorieux, Iresque de la conque de l'abside principale. D'après W. de Bock, Matériaux pour seruir ri l'nrchénlogie de l'È(jvpic chrélienrx', pi. xxi.
i>b:}. — rrcsqilf cil' l:i cnii.|ni' -tv I absiUf .lu suU. l>:iprc^ de lincl;, n/i. cil., pi. XXII.
DEIR-EL-ABIAD
petite ranRfe de l'ouest, quatre. De ces colonnes, les unes sont en pranit, les autres en briques. Les diami^tres en sont variables. Les chapiteaux ne présentent pas davantage d'uniformité, et paraissent avoir été tirés,
+ f^-tm^nrnu
3604. — Inscription arménienne.
D'après W. de Bocl;, op. cil., p. nS.
au hasard, des divers temples païens d'Atrlpé. Enfin, les intervalles entre les colonnes ne sont pas partout les mêmes (fig. 3G6S).
On voyait jadis, accolée à la colonnade nord, une chapelle de forme carrée en briques cuiti>s, surmontée
.3005. — Inscription arniénientio.
D'après W. de Rort;, np. cil., flg. 70.
d'une coupole, également en briques, reposant sur un tambour dont la surface extérieure consistait en huit pans légèrement concaves (fig. 3669). A l'intérieur, sur l'archivolte de l'arc, en face de l'entrée, était tracée une longue inscription éthiopienne, commémorant le pèlerinage de gens d'Ethiopie, en « l'an de grâce 222 » (probablement de l'ère de Judith = 1730 après J.-C.) '. Dans la chapelle se trouvait un monolithe en granit, taillé en forme d'escalier à sept marches, chacune de celles-ci mesurant 0">23 de haut et 0"'30 de large : on est admis à supposer qu'il appartenait à l'ambon de la basilique. Les restaurations de 1907 ont fait disparaître la chapelle qui ne manquait pas d'élégance ni d'originalité, mais qui était incontestablement d'une époque assez récente. En tout cas, elles ont res-' pecté le bloc monolithe, le laissant même adossé à la colonnade nord, quoique — s'il est vrai qu'il faisait partie d'un ambon — il ait dû primitivement occuper une autre place dans la basilique. Nous savons par la description que Paul le Silentiaire - a laissée de l'ambon de Sainte-Sophie, à Constantinople, et aussi par d'autres textes ', que cette sorte de tribune s'élevait le plus souvent dans la net centrale de l'église-, mais plus rapprochée vers l'est; l'ambon avait généralement deux escaliers, dont l'un regardait l'Orient et l'autre l'Occident*. Ceci donné, il est donc vraisemblable
' W. de Bock, op. cit., p. 54. — - l'aul le Silentiaire, pescriplio am bonis recilqia privalim..., P.U., t. Lxxxvi, coI.2251-2264. — ' Bingham, The aniiqiiities o] tlie CItrisUan Churcli, In-S", Oxford, 1855, t. ni, p. 66; Goar, Eucliologion, in-fol., Venctiis, 17.30, p. 13. — « Cf. H. Lcclercq, article Ambon, tome II, col. 1330. — ' W. de Bock, op. ci7., page 54. — • Cf. plus haut, col. 470. — ' Les cancelli étaient des barrières à claire-voie, en pierre ou en bois, fixes ou mobiles, destinées !\ protéger un terrain d'une certaine étendue :
d'une part qu'il existait jadis un autre monolithe, taillé, sur le modèle du monolillic subsistant, — et que d'autre part l'ambon était placé plus au milieu et plus vers l'orient de la basilique, probablement à l'en-
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3666. — Inscription copte.
D'après de Bock, op. cit., Ilg. 7
droit que lui assigne W. de Bock ^, au-dessus des grands blocs en granit (provenant d'un temple païen et portant encore des restes de signes hiéroglyphiques), qu'on voit insérés dans le dallage de la nef, devant la porte de l'église actuelle, et disposés de telle sorte qu'ils ont un faux aspect de croix latine. L'ambon était-il entouré des cancelli ', que Somers Clarke se plaît à imaginer fixés sur le pourtour de ces dalles» ? C'est possible; mais il faut se garder, même en écrivant, de toute restauration architecturale hasardée ou insuffisamment justifiée.
Les murs intérieurs nord et sud de la basilique portent, à une hauteur d'environ 7 mètres, une large corniche sculptée, immédiatement au-dessus de laquelle sont percés des trous réguliers où venait s'insérer l'extrémité des poutres supportant le plafond: car il y avait
ainsi, on s'en servait à .Vtlièni-s, comme à Rome, pour défendre contre l'envahissement du public les endroits où parlaient les orateurs; dans les églises d'Orient et dans celles d'Occident, on utilisa des clôtures de ce genre, soit pour séparer la nef du sanctuaire, soit po\ir réserver un espace où ne devaient pas pénétrer les laïques. On possède des exemplaires de cancelli trouvés en Égjptc. Ct. H. I.iclcrcq, article Canchl, t. ii. cnl. 1821. — "Somers (Inikc. op. cit., page 154.
DEIR-F.L-ABIAD
au-dessus de chacun des bas-côUs une galerie, large d'en viron 5 mètres, haute d'un peu plus de 3 mètres, qui peu t avoir été utilisée comme tribune. On voit également tout au haut des murs d'autres cavités destinées à soutenir
3669. — Chapelle disparue renlermant l'ambon. D'après de Bock, op. cit., ng. 6J.
l'extrémité des poutres sur lesquelles reposait le toit. Ce toit était en bois. En bois également, et à plus forte raison, la couverture de la large nef centrale (elle dut être,
3" Le narthex. — Il s'étend du nord au sud stir une longueur de H'i mètres; sa largeur est d'un peu moins de 5 mètres. Il communiquait, on l'a vu, avec la basilique, et également avec re.\térieur, par une porte, que l'ai précédemment décrite, située juste en face de celle (|ui ouvre sur la nef. Ces deux portes, jadis condamnées, ont été débloquées au cours des récents travaux de restauration. A l'extrémité des murs nord et sud ont été élevées deux absides élégantes, dont l'une seulement, celle du nord, s'est bien conservée (fig. 31)71) : elle s'appuie dans les coins de la pièce sur de grands blocs de granit encastrés dans le mur, et sa partie semi-circulaire repose sur cinq petites colonnes à chapiteaux corinthiens. La conque est construite en briques et le fond en est percé d'une niche formée par un arc en fer à cheval. De l'abside du sud il ne reste qu'une seule colonne. W. de Bock pense, non sans raison, que ces absides n'appartiennent pas à la construction primitive et qu'elles ont été ajoutées après coup '. Les murs nord et sud, construits en pierre de taille, sont ornés chacun de trois niches, munie?, d'un cuiieux et riche ironlon (fig. 3672).
Primitivement, le plafond du narthex reposait sur des poutres insérées dans les murs au-dessus d'une corniche sculptée et était au même ni\eau que celui des bas-côtes de la basilique. Plus tard, on construisit, pour soutenir le plancher du second étage, une \oùle en bri<|ues, dont on voyait encore îles \estiges, il y a quelques années, sur les deux nmrs latéraux : il n'en subsiste plus rien aujourd'hui.
4" Appartements, escaliers, puits, etc. Il nous reste à décrire brièvenient quelques chambres et escahers, aux angles sud-ouest, sud-est et nord-est du Deir-el- At.lad.
Quittant le narthex, nous trouvons immédiatement au sud un escaUcr, aujourd'hui 5 peu prés ruiné, conduisant aux galeries situées au-dessus du narthex et des bas-côtés de la basihque. Un étroit couloir, longeant la cage de l'cscaUer, mène dans une chambre carrée, en briques cjites, surmontée d'une coupole également en lirlques (voyez fig. 3655), et dont la construction date d'une époque assez récente. A l'est de celte chambre est un puits. Tout cet angle sud-ouest de rédifice a été, comme je l'ai dit ci-dessus, restauré et, par la même occasion, fortement remanié au temps de Mohamed- Ali.
En face, à l'angle sud-est, nous trouvons une autre chambre carrée, surmontée d'un dôme en briques, et
3670 — Extrémité orientale de la nef, section et élévation. D'après Somers Cl.irkc, op. cil., pi. xiviii.
au cours des temps, brûlée ou volée) ' (fig. 3670). Dans le mur ouest de la basilique, juste au centre était percée une porte ouvrant, «ur une pièce étroite et longue, qui est le narthex.
' Somers Clarke examine et rejette l'hypothèse selon !a<Tuelle la nef centrale n'aurait pas été couverte, et serait
communiquant avec le hall •; j'ai déj:\ eu l'occasion de la signaler (col. 1S2).
Passant enfin A l'extrémité nord-est de la basiUque, nous retrouvons la pièce dont j'ai parlé plus haut,
restée, depuis les origines, l^ ciel cuver*. Cf. op. cit.. p. 159. — ' W. de Bock, op. cit., p. 52.
DEIR-EL-ABIAD
qui, sltufe à gauche de l'abside principale, est construite au-dessus d'une cn^pte et mène à un escalier. L'escalier est bien conservé. 11 monte jusqu'aux terrasses et passe, au premier étage, devant une chambrette, « dont les murs, dit Amélineau, couverts de bizarres inscriptions, attestent que plus d'une fois
nationale de Paris : ils y étaient entassés, pêle-mêle sur le sol, » couverts de taches d'eau, de dépôts de terre, de fiente de pigeons ou même d'ordures humaines -. » On pense bien que la riche " librairie » du Deir, qui tut si largement exploitée à la fin du xviii« siècle par les franciscains italiens de la mission d'.\khmîm,
Abside nord du narlhcx. D'après W. de Bock, Matériaux, pi. xviii.
l'ennui a rongé le cœur des moines successeurs de Schnoudi '. » C'est dans cette cliambrette, je crois, qu'ont été trouvés, en 1883, les quatre mille feuillets de parchemin dont s'est enrichie la Bibliothèque
' Amélineau, op. cit., p. 89. — ' Cf. Maspero, I-ragmenls lie manuscrits coples-thébaiwi provenant de In hihiiothfquc du
et d'où sortirent les manuscrits publiés par les Mingarelli, les Zoëga et tant d'autres, ne tenait pas tout entière dans cette étroite cellule. Où donc était la bibliothèque du couvent ? On l'ignore, mais je serais
/Jeir ^ni6a-Sc/ic;ioi(d(ih, dans Mémoire!, <'c hi mission arch. /ronf., Paris, 1892, t. VI, p. 1-2.
DEIR-EL-ABIAD
DEIR SANBIL
fort tcnlé de la placer dans une de ces salles, pas très hautes, mais longues et larges, du premier étage, audessus du « hall », ou au-dessus du narthex. Il est certain que les moines conservaient entre les solides murs du « Deir », et non pas dans les bâtisses en briques crues ou en crépi, qui entouraient la basilique et constituaient le couvent proprement dit.-ce qu'ils avaient de plus précieux, les ornements et vases sacrés du culte, et aussi leurs parchemins et leurs papyrus. En admettant
3672. — Partie supérieure d'une niche du narthex. D'après Somcrs Clarke, op. cit., p. 164, fiiî. 3,5.
que quelques pièces conune la cellule de l'escalier nordest, ou la chambre carrée du sud-est, aient été occupées par les gardiens de l'édifice, par les sacristains, par des dignitaires de la congrégation, par l'archiman-
3673. — Plan de la basilique de Dcïr Sanbil. D'après Butler, Architecture and otiierarts, 1901, p.95, fiR. 32.
drile peut-être, les vastes galeries du premier étage étaient tout indiquées pour servir de salles de réunion et de bibliothèque.
Il n'entre pas dans notre sujet de parler de l'œuvre même de Schnoudi. La question a été déjà traitée au mot Cénobitisme. t. ii, col. 3104. Nous nous étions simplement proposi'' de faire dans ces pages, l'histo-
ri(iue et la description du plus ancien et du plus curieux monument de l'art chrétien d'Égj-pte.
G. Lefebvre.
DEIR SANBIL. — A Deir Sanbil, dans la Syrie centrale, nous rencontrons quelques édifices et quelques sépultures qui doivent être mentionnes.
C'est d'abord une église du iv» siècle. Le plan est des plus simples. Trois portes d'entrée dans le mur de façade assez bien conservé; une nef centrale et deux rangées de huit colonnes délimitant les bas-côtés terminés par des chambres, tandis que la nef centrale aboutit à l'abside, non apparente à l'extérieur. Longueur 21 "65, largeur 14 "40, largeur de la net centrale 7 "20. On remarquera que cette mesure de 7 "20 est doublée pour faire la largeur de l'église et triplée pour faire sa longueur. L'espace entre les colonnes est de 2 "40 (fig. 3673).
A en juger par le mur de façade, la décoration extérieure de l'édifice était des plus simples. Chaque portail est relevé d'une moulure, la porte centrale est surmontée d'une frise en feuilles d'acanthe ainsi que la porte à droite; celle à gauche n'a qu'une cimaise unie. Les chapiteaux de la nef sont de style corinthien, soiiineusement travaillés ; à la place du fleuron de l'abaque, une petite croix '.
Une maison du v= siècle ' et une maison double du vio siècle^. Celle-ci est l'édifice le mieux conser\é de toute la région, il est intact, sauf les colonnades qui ont été enlevées. C'est une maison composée de deux larges appartements à chaque étage et une sorte de chambre longue qui servait de cage d'escalier pour parvenir à l'étage supériem-. Une des deux chambres est recoupée par un arc: un portique donne accès dans la cour qui est tout à fait irrégulière (fig. 3674). La façade est \Tai-
3674. — Maison :\ Dcir .Sanbil.
D'après Butler, op. cit., p. 259, flg. 102.
meut belle par ses matériaux, la syniéti'ie des ouvertures et la riche décoration; on n'en regrette que plus la disparition de la colonnade. Ce qui est peut-être plus intéressant encore, c'est l'adaptation à l'architecture domestique d'un type encore pratiqué de nos jours. Une porte prise au milieu d'un des murs de l'appartement, une chambre à côté. Portes et fenêtres sont non
» H. C. Butler, Architectu ng. 32. — • Ihid., p. 177. -
c and otiier arts, 1904, p. 94-95, ■ Ibid., p. 258-260, fig. 102. —
DEIR SANBIL
seulement ornfcs comme on pourrait le faire aujourd'hui, mais elles répondent à un aménagement conforme il relui que réclament nos mœurs actuelles. Dans le mur, deux petites niches de destination incertaine; une d'elles reparaît symôtriquei ent dans le mur ru
ornements où il est bien difflcile de ne pas reconnaître d'un côté les panes decussati, pains marqués d'une croix, et de l'autre les grappes de raisin qui. sur les monuments primitifs chrétiens, évoquent l'eucharistie. Quelques tombeaux méritent une description.
up.
premier étage. Le mur de derrière, au sud, est également percé de fenêtres. Nous sommes bien loin de la maison romaine et de ses appartements obscurs (fig. 3675).
Deîr Sanbil offre un choix d'autres maisons du vie siècle '.
Nous avons déjà parlé d'un agneau sculpté sur la façade d'une maison - (voir Dictionn., t. i. col. K94;
3676. — Linteau de porte à Deïr Sanbil. D'apré" de Vogué, Syrie centrale, p. 92.
fig. 208). Cette maison, selon toute probabilité, est du V siècle; elle paraît avoir été biltie ou habitée par une famille qui avait un goût spécial pour la symbolique chrétienne, car un des linteaux de porte renferme des
' Ihid., p. 260. — 'De 'Vogué, 5|;r(« centrale, Archilerlure rlnllc et religieuse,p.92,p\. xLviii.llg. 3.
1° Tombeau creusé dans le roc en l'année 420. Un escalier taillé dans le roc conduit à un vestibule ouvert dans lequel est pratiquée une porte conduisant dans une chambre entourée d'arcosolia abritant des sarco-
3077. — Coupe cl plan du tombcnu de l'an 120 A Deïr Snnl)il. D'après de VoRûé, Syrie centrale, pi. i.xxxi.
phages; une petite banquette de 0'»20 recevait la tète du cadavre, une des places était destinée ù un enfant. \.ii linteau de la porte d'entrée a est' décoré de pal-
DEIR SANBIL
DEIK SETA
mettes sculptées en relief et d'un monogramme du Christ dans une couronne; il porte l'inscription suivante ' :
+ 'E-Oj; aXi' M(r,vo;) llr/[r;;jLO..]
Christ). Au-dessus de la porte intorieuit on lit ces mots :
+ ETOYC KY INA ETE .0€ AIBANIOY
C'est donc l'ouvrage de Lihanius. On a figuré en • L'année 731, au mois de Panémus » (ère des Séleu- j quelques traits de peinture rouge des croix et d^ brancides = juillet 420). ches de vigne sortant d'un verre '.
Sur larchivolte de rentrée (; du vestihnlp, on lit cette | In troisième tombeau, également à escaUer et à
3678. — Fragments de la balustrade du tombeau. D'après de Vogué, Syrie centrale, pi. lxxxi.
inscription empruntée au Ps. .vxiv (voir Dictionn.. t. m, Citations bibliques dans l 'épigraphie grecque, col.1732 ) :
/.a-:ot/.|o)-jvT=; iv t^-J^ -f- XMT. « Au Seigneur est la terre et sa plénitude et tous ceux qui l'habitent. Le Christ est né de Marie "-. > Le fond des lettres était peint en rouge; l'ouvrier chrétien qui a exécuté ce travail en juillet 420 a tracé avec son pinceau sur la paroi extérieure du vestibule deux monogrammes qu'il a accompagnés de l'acclamation toOto v.zî (voir Dictionn., t. I, col. 18, fig. 3).
En descendant l'escalier, on voit, sur la paroi de droite, une niche p dans laquelle s'ouvre l'orifice d'un puits, et dans la paroi de gauche un arcosolium e dont le sarcophage est fermé par un couvercle d'une disposition assez étrange. Une corniche en blocs taillés et rapportés couronne la cage de l'escalier; elle supportait autrefois une balustrade dont il reste de nombreux fragments, petits pilastres de pierre dans lesquels s'encastraient des dalles à dessins géométriques.
Autre tombeau du même type. Il est daté de l'année 720 des Séleucides, 7^ indiction (= 408 après Jésus-
chambre souterraine, est de l'année 710 des Séleucides, du 24 tous, ce qui revient au 24 août 399, c'est l'œuvre d'Héliadès « :
xwir
ETOYC ly MAOOOY AKeTEAECO TO EPrON + HAIAAOY Etoj; i-y Mt)[vÔ;] Atôoy S/.' ltsX£7')[i)] to ëoyo'/ + ■ ll),-.à5oj.
H. Leclercq.
DÉIR SENI'AN- — Voir Dictionn., t. i, col. 2380- 2388, fig. 801-807.
DEJR SETA- — .\ Deir Seta, quelques maisons et une église nous occuperont un moment.
Une maison datée du mois de mai 412 '. On Ut sur le linteau de la porte d'entrée :
Etoj; Çu' ultjvo; ' ApTejitaiou
' \Vaddhi|5ton, n. 2665. — ' Sur cette intcrprctation, voir Diclionnaire,t. i, col. 180 et correction col. 1692. — > De Vogué, op. cil., p. 109, pi. eu. — * Ibid., p. 109.
— » De Vogué, Syrie centrale. Architecture civile et rcligiense, p. 123. pi. c; H. C. Uuller, .■\rcliilecture and oifter arts, p. 169.
DEIR SETA — DEKHELA
« Il n'y a qu'un Dieu qui porte secours à tous. En l'année 460, au mois d'Artemisius. »
Celte maison comportait une écurie. Le plafond de l'étage est en dalles. Le linteau de la porte est sculpté, relief assez plat, style médiocre; galons perlés et nattés avec un chrisme en forme de croix, ce qui est notable pour la chronologie de ce symbole.
D'autres maisons moins intéressantes •; on retrouve
3679. — Plan de la basilique de Deïr Seta. D'après de Vogué, Syrie centrale, pi. cxvi.
ces escaliers extérieurs que nous avons déjà signalés à Amrah et à Châqqa -. Le palier sert en même temps d'auvent à la porte du rez-de-chaussée; un de ces pa- Uers est incliné et la pierre unique qui le compose est striée a sa surface pour empêcher le pied de glisser.
3680. — Cliapitcau de la net de la basilique à Deîi- Set:i. D'après de Vogué, op. cit., pi. cxvi.
La basilique est plus intéressante '. La façade orientale présente un mur droit dans lequel est enfermée l'abside et les deux chambres latérales. Ce mur est orné de douze colonnettes portées sur des consoles à encorbellement et portant à leur tour la corniche du collatéral. Les façades latérales sont percées d'un grand, nombre de portes et de fenêtres dont les archivoltes sont évidées dans une seule pierre et encadrées d'un bandeau. Ces fenêtres étaient fermées par des dalles ajourées. Le sol intérieur de l'église est à 2 mètres au-
dessus du sol extérieur. L'édifice est assis sur un large soubassement, d'un bon effet. Toute la nef est écroulée, les chapiteaux sont d'un bon travail, encore inspiré de l'antique. Cette basilique doit appartenir au commencement du vp siècle (fig. 3679).
Le baptistère est hexagonal, sans abside et un peu
3681. — Plan du baptistère de Deïr Seta. D'après de Vogué, .Syrie centrale, pi. cxvn.
distant de l'église '. Un portique intérieur, aujourd'hui écroulé, entourait la cuve centrale, invisible sous les décombres. Trois des faces du baptistère sont percées de portes qui donnent sur une cour pavée de dalles et bordée d'un portique, c'était le vestibule, -ooajÀto; rjly.o; (fig. 3681).
H. Leclilrcq.
DEKHELA (EL-). — A 500 mètres envh-on S.-E. de la gare el-Manazer, sur la Ugne du chemin de fer Alexandrie-Palais, se trouve le village el-Dekhela. Près de ce village se trouve une carrière en exploitation depuis des années pour servir aux travaux d'agrandissement du port d'.\lexandrie. Les remarques faites sur les lieux et les objets recueillis permettent d'affirmer qu'à proximité du village actuel existaient autrefois des centres habités, entre autres un édifice considérable d'époque chrétienne. Ce qui en reste est peu de chose, les Perses, les .\rabes et les entrepreneurs sont venus à bout de faire disparaître l'ensemble, tout au plus peut-on énumérer des observations faites sur place et des monuments mis à l'abri '.
Le rocher est recouvert par une couche de terre dont la hauteur varie de O^SO à 3 mètres. Ce fut en déblayant cette couche qu'on découvrit un couloir taillé dans le roc, large de 2 ""50, profond presque autant, dont les parois verticales gardaient par places un revêlement de stuc. Ce couloir était rempli de terre et de blocs de pierre. Parmi ces blocs on a trouvé une dizaine de petits sphinx en calcaire jaune mesurant 1 mètre de longueur et 0'^~0 en hauteur. Ils sont tous d'une exécution assez médiocre et appartiennent sans doute à une basse époque, mais ni le couloir ni les sphinx ne semblent avoir eu une i dation quelconque avec l'édifice chrétien dont les traces ont été retrouvées à une centaine de mètres plus à l'ouest.
Non loin du couloir, on a retiré du sol un fragment de marbre ayant appartenu à une dalle décorée avec des reliefs, et qui porte sur la face du revers ce vestige d'une inscription :
iplxieniCKonoc +
'De Vogué, op. cit., pi. CI, p. 123; H. C. Butler, op. cit., p. 118-119. — 'De Vogué, op. ci(., pi. cii, p. 123. — 'De Vogué, op. cil., pi. cxvi, p. 131; H. C. Butler, op. cit., p. 195. — 'DeVogûè, op. ci(., pi. cxvii, p. 132. — ' Ces observations furent faite» par M. E. Breccia, D'un
édifice d'époque clirétienne à el-Dcl<hela et de l'emplacement du Ennaton, dans Bulletin de la .Soc. anliéul. d'Alexandrie, 1907, nouv. série, t. ii, p. 3-12. Nous citons ici une partie de sa notice descriptive. Cf. .1. S., dan» Byxantinischc /.eilyrhrlfl, l'.IOS, t. xvii, p. 27'.l 280.
DEKHELA
A côté gisait une colonnette en marbre blanc tacheté de bleu (haut. ['"OS), dont la base, le fût et le chapiteau font partie d'un seul bloc (fis^. 3682).
Un peu PU del?i, toujours h l'ouest du couloir, on découvrit deux autres colonnes en marbri blanc, cou-
Pi^
3682. — Colonnette. 3683. Colonnette.
D'après Bul/. de la Société aiihéologique d'A/exunJn'e, 1907. Nouvelle série, t. ii, p. 0, 7.
chces sur le roc. La première mesure 1"'70 de luuileur. Elle se compose d'un fût qui va eu s'aniincissant (0""69 circonf. à la base pour Qmei circonf. au sommet). La deuxième mesure 2 '"05, elle est divisée en deux parties par un anneau en relief. La partie du fût au-dessous de cet anneau est décorée de huit larges raies oblongues légèrement relevées et entourées d'une bordure; huit cannelures qui tournent en hélice creusent la surface de la partie supérieure. D'une troisième colonne semblable à la précédente, mais d'un travail plus soigné, il ne reste que la partie inférieure formant base et fût (fig. 3G83). Sur cette colonne on voit la trace d'une feuillure verticale destinée à l'encastrement d'un cancel dont les débris en marbre blanc gisaient près des colonnes et dont la reconstitution est facile (lig. 3684). On a combiné deux motifs géométriques : le quadrillé et l'écaiUé, dont le rapprochement est exceptionnel '.
* Par contre on trouve souvent le panneau d'un cancel ajouré tout en écaillé ou tout en quadrillé. — ' Description et dessins dans E. Breccia, op. cit., p. 7-11, flg. 4-8. — ' C. M. Kautmann, dans liômisclte Quartalachrilt, lOOtî. -- ' G. LeIebNTe, Epitaphes de moines alexandrins, dans Huit, de la Soc. archéol. d'Ale.randrie, iy05, t. viii, p. 11 sq. ; 7i<-
Des chapiteaux en marbre ont été trouvés au même endroit, ils n'olïrent aucun intérêt technique ou artistique; c'est seulement leur présence en ce lieu qui doit être mentionnée au point de vue archéologique -; deux pilastres en marbre blanc inégaux. Le plus grand tacheté de bleu. Hauteur totale 1">33, dont O^IS pénétrant dans le sol.
Un bas-relief en marbre blanc, mesurant O^OO sur 0""58, représentant saint Menas debout, en orant, entre les deux chameaux légendaires accroupis a ses pieds. Ce ne serait, parait-il, qu'une mauvaise copie de la statue qui ornait la basilique du saint à Karm Abou Mina ". On assurait qu'au-dessus de l'endroit d'où le.s ouvriers avaient détaché ce bas-relief, on lisait une inscription peinte en assez gros caractères, dont ou avait recopié les mots suivants :
KeiMAI [-:v] OeCO AIOÙNOBICO
Outre ces objets, on découvrit au même lieu quatorze inscriptions, épitaphes de moines alexandrins ' gravées sur des stèles en marbre blanc des îles, quelques-unes sont carrées. L'état de conservation est généralement parfait, la gravure très soignée; les dimensions varient peu, la plus petite mesure 0"'22 de hauteur, la plus grande O^Sl de hauteur, et 0°'20 de largeur la plus petite pour 0°'33 de largeur la plus grande.
Les inscriptions sont toutes rédigées suivant le même type; la formule complète est celle-ci : 1° 'v/.oi<j.r'fiTi (iv Ko) ou bien iv Xco) ; 2° nom et titre du défunt; 3° désignation du monastère; 4° date du décès; 5° quelques symboles soit en tète, soit à la fin de l'inscription.
Sur cinq stèles le mort est qualifié ;j.azàç'.o; ' ;
-l-eKGIMHOHeN KCûOMAKAPIOC ABBA AWPOOeOC OrAMHCMHNI
5 0APMOY0I ÏS INH AIGKAHTIAN^ CIVI<;
'■E/.oi[i.iiÛr, àv K(uoi)n) 6 [la/.âp'.o; àoSà A'-upoOéo; ô 'J'âXtri? p.r|V'i «tapaojfj'. ;;' !v6|f/tTitï>vo{) r/ Aïo/.Àriiia- •/(ojjîu;'. Une fois seulement on rencontre la formule 6 èv à-/''o.; dont l'épigraphie latine nous ollre quelques exemples : re/rigera in pace cum spirita sancta; anima innocens viuas inter sanctis et juslis et in orationibus; inler sanclis ; sedens ad sanctorum locum in pacequiescit; si; T(w:ov â-fiwv, m pace cum spirita xan/j, etc., etc. '.
-t- eKOIMH0H0NXCO
oeNAnoicAAeA oocTiivlooeoc
G THC nEPICTêPAC
5 G TGY KGINGBIGY
TGY ABBA CAAAMA
MHNI nAXCON Kr INIA eTGYCA IGKAHTl ANOY CSA + + +
'Exoi^rfir, èv X(piat)ù> ô èv aYioiî àSâXço; Tt.aoôjo; à TTJî ;i£pi<!T£pâ« é Toù xoivoôi'ovi Toî à56S SaXaaS \rifii
cueil'des inscriptions grecques chrétiennes d'Égijfle, n. 1-14. — • G. Lefcbvre, Epitaphes, p. 11, n. 2, liout. 0"245, larg. 0">260; [iïxipio; sur les n. 2, 7, 11, 13, 14; Recueil, n. 2. Cette inscription est de l'année 530. — ' calirol et Leclercq, Monnmenta Ecctesiœ liliirgica, t t. prêt.,
p. C.XLIX-CL.
DEKHEl A
Ilayùv /.y' iv5(i/.Tiâ)voç) la' ïtou; AiozXriTiavoij aç8' '. Le vocable TifidOEo; ô Tr)ç TîEpiaTspS? n'est pas définitivement expliqué; est-ce un surnom de Timothée, ou un surnom de son maître : Tvi.ijbio; ô [;j.ïOriTT,;] Tf,ç -Hpis- TEoic. OU enfin est-ce un nom de lieu, analogue à une localité voisine d'Ascalon, Hamàmé <> la colombe » ^
Le défunt est qualifié àos/woç, terme dont le sens est clair et qui reparaît neuf fois sur les stèles une seule
ABBAOeOAOOPOY
nPeCBYTCPOY
MONHCZACTWN
MHNIAGYP O IN/ H eiOYCAIOKAH TIANOY fS +
3684. — Cancel. D'après Bull, de la Soc. archéologique d'Alcrandrie, IW', nouvelle sér
fols àSeXço; 'Ioj),'.avou désigne non pas un frère selon l'esprit, mais selon la chair ^ :
+ eKOlMHGHe XCO OAAeA*OC NIAOCOTOYKOINO BIOVTOVABAEV 5 eTAGlOVOAAEA *OC 'lOVAlANOV
MHNIAGVPHIN leAIOKAHTlA NOY + CNr +
' EzoïjJirJÔTi È(v) X(pi<îT)(I> 0 àSsXçd; Nî{À]o; ô toû zoivoê(ou TOÛ à6S Kùl(î]TaGiou ô àSeÀçoç 'louXiavou |ji.7]vt 'A6ùp r/ ivSjizTiûvoç) ie' Aiox).7;Tiavo'j t/y'-
Quant au mot à6ôà, répété seize fois ', il n'a pas toujours la même signification (voir Diclionn., t. i, au mot Apa). Certains des moines appelés abbés dans nos inscriptions ' étaient probablement des personnages distingués du reste de la communauté par leur science ou par leurs vertus. Mais six d'entre eux " paraissent avoir été des abbés au sens où ce terme s'applique à un chef de communauté, puisque dans ces six inscriptions le moine défunt est dit avoir fait partie du xoivdôiov de tel ou tel abbé.
C'est probablement aussi un abbé de monastère que l'abbé-prêtre Théodore ' :
>»+ eKOlIVIHGH EN KCû ABBA lOY AlANOCOCùTAC OMAGHTHCTOY
'G. Lclcbvrc, Êpilaphes, p. 2i, n. 10, huul. 0»31. larg. CSH; Recueil, a. 10. De l'année 578. — ' G. Lc- [(■bvre, Ëiiilui/hes, n. 1, 1, 5, 0, 8, S», 10, 11, 14. — • lliid., p. 1.3, n. 6, haut. 0°>Z4, lai g. 0°'24. De l'année 537 —
' Kzoiij.r[6ri Iv K(upi)a) à66à louXiavoç [0](oTa; o |j.a9rj- Tr,; ToO àôêâ 0;o8ciipou KpEaSuTÉpou |j.ovri; ZâoTcov |it)vi 'AOùp 0' îv8(i/.Ti(ï)v05) t/ "Étou; Aio/./.r|Tiavou t;'.
Si la dignité sacerdotale, aux débuts du monachisme, n'était pas exigée des chefs de communauté, bientôt cependant on choisit de préférence le supérieur parmi les prêtres ou bien on lui fit conférer le sacerdoce après son élection. En Orient, au v siècle, presque tous les abbés étaient prêtres, en Occident la coutume attendit plus tard avant de s'imposer généralement. Il semble donc bien qu'en sa qualité de prêtre Théodore ait été le chef de la communauté, qui est désignée ici non par le nom de son directeur, mais celui, sans doute, d'un lieudit, qui nous est inconnu et où s'élevait le monastère [xrm, Zàdtrjv.Étail-ce un des monastères qui s'élevaient sur l'emplacement de Dekhela, comme celui de Salama et celui de Maphora ? Ou bien un sobriquet appliqué au.x moines d'un monastère ?
La série d'inscriptions va de l'année 524 à l'année 590, elle nous donne pendant ce temps une liste abbatiale assez complète. De 524 à 537 nous n'avons que des mentions d'abbés non-gouvernants. En 537, le supérieur d'un monastère se nomme EJaTctOio;; en 570 '](oivvr,;;en 580 l'^ùîtiOio;; en 500 HEdôiopo:. Nous voyons que certains abbés étaient désignés par le nom de leur monastère; on disait l'abbé de Salama, l'abbé de Maphora. Rien ne prouve ni n'invite à croire que les abbés nommés Eustathe Jean, lùistallie et Théodore se soient succédé dans un même monastère.
Nous avons déjà cité un chantre ■}i''.-T,: '; parmi li s autres professions utiles au monastère, nous lrouvoll^ un boulanger : àpToy.o;;aSi'j; (voir Dictionii., I. m
' Ibid., n. 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13. — ' IbiJ., n. 2,3, 4, 7, 8, 12, et le Za/»f tore <lu n. 1 1 . — • Ihhl., n. '^i, c,, >), 10, 14el liC'TTiOi'Jcdiin.ll.— ' //)i(/.,n. 12, limil.()"''20.1iir^. O'-aiô. De l'année 590 ' Ibid., p. 11 n 2. De Vaimir r^W.
DKKIIELA — DÉLATEURS
col. 1105) ',un médecin. Soit modestie, soit manque de diplôme, ce dernier ne nous apprend sa profesrion qu'on se couvrant de la réputation de son maître - :
+ eKOlMHGHCNXCO OAAeA0OC -rwAN
NHCOTOY ABBA CEPH NOY TOY UTPOY MHNI 5 TYBH : K : I N lA AIO KAHTIANOY + CNB +
' E/.oi(j.r|Or| èv X((;t!3T)ùi 6 àoe/.ço; ' lojâvvr,; 6 Toû àôîâ }L£ç.r[vo'j TOÛ ïatpoû [Ji.Y)vi Tu?r) /.' îv8(i/.Tiûvo;) i8' A\o/Xr,- T'.ivoy avô'.
In seul Irèrc est désigné comme ayant exercé un métier, celui de jardinier, zr,no;ioç; il forma un élève, le moine Julien ' :
+ XMr +
eKOlMHOHeNXCO OAAEA0OC -lOYAI ANOCOTOVAAEA*^ ï> TOÛANNOVTOVKH nOP^ TOVKOINOB^ TOV ABBAeYCTAO^ MHAVN ININie AIOKAHT^ CNr +
/a-'. — ■' Ezo'.ar'Or/ Èv X(0!'jT)ùi ô àSsXço; 'loaXiavo; 'I TOJ ào£).ç(o'j| ' Ituàvvoj ToO /.ïi;:op(oO) toîj /.oivoÇ('.o'j) To-j àô5â E-jiTaO(iou) IJiil(vl) IlaOvi t)' Îv5(i/.ti<î>vo;) u' A;OKÀr|T(iavoO) ovy'.
La plupart des inscriptions prennent soin de rappeler le maitre qui initia le défunt à la vie religieuse '; c'est le cas pour Julien disciple de Théodore ^ et pour Etienne disciple de l'abbé Zacharie ° : ' E/.o'.ar/Jr, jv li K(api)tD 6 ixazà.siûç || f,[iâiv àScÀ^o; 1| Ïl-Éçavoç fj;j.a- II 6r|Tf,; -roij àô5à Z«- || /apiou o toû /.oi- || voî((o-j) toi à6S(â) EJîta li Oio'j |ir|(v!J (jwO i' iv8('.-/.Tiwvo;) ly || Aïo- /.>.r,T(iavoû) oqp. C'est ainsi qu'il faut expliquer, en sous-entendant u.aOr,tr|; devant le génitif xoû aêôi l'expression 0 Ssïva ô toj àôôli) N '.
Les douze premières inscriptions sont datées de l'ère des martyrs et s'échelonnent entre 521 et 590. Nous voyons ainsi que les chrétiens du pajs, plus d'un siècle avant la conquête arabe, faisaient usage de l'ère dioclélienne, contrairement à l'opinion contraire émise par Letronne '.
" Ces stèles grecques doivent, à n'en pas douter, écrivait M. W. E. Crum, provenir d'une nécropole des fameux monastères du Ènnalnn. D'abord l'emplacement de Uekhela (d'où les stèles sont censées provenir) correspond suflisamiucnt au neuvième mille à l'ouest de la ville ancienne. .Mais il y a plus ; deux d'entre les couvents nommés sur les .stèles sont connus déjà pour s'y trouver ; celui de Salama y est placé par Jean .Moschus, dans son Pmlum spirituelle, ch. cxlv. H est mentionné aussi, mais avec moins de précision, par Jean de Nikiou. Celui de Maphora se trouve aussi au l'ralum, ch. CLXii, d'une façon qui permet de conclure qu'il était situé un peu plus loin de la ville. Les stèles sont, en outre, de la période où nous savons justement que ce groupe si iniporlant do couvents était floris-
' G. Leioljvro, H/jitujihcs. p. 12, n. 3. — - Ihid., p. 12. ii. 4; haut. On27, larg, 0">28. De l'année 536. — ' Ibid., p. 12, n. .">, haut. O^aSô, long. 0"'285. De l'année 537. — ' Ibid., p. 12, n. 3, n. 1; p. 13. n. 7, n. 8; p. 14, n. 11; p. 15, n. 12. — ' Ibid., p. 15, n. 12. — • Ibid., p. 14, n. H, haut. û'"275, larg. 0i»2S. De l'année 580. — ' Ibid.. n. 3, 4, 7, 8. — ' Letronne, Œuvres cluiisies, Egypte ancionno, t. i, p. '.)8; Rec, d'inser. grecq. et lut., t. n, p. 217. — ' Jean de Nikiou.
OICT. D'aRCH. rlIliKT.
sant. Sévère d'Aschmouncin ' nous dit qu'au tomi)s de l'invasion i crsane il y avait 000 couvents. Quoi qu'il en soit, ce lut assurément un des chels-lieu.x du christianisme '". »
L'origine des édifices auxquels auront appartenu les fiagnients retrouvés doit remonter au vi' siècle au plus tard, puisque la plus ancienne des quatorze inscriptions porte la date de 5'24 après Jésus-Christ ". Les ruines découvertes ont assez probablement fait partie d'un des monastères du Enimlon '-. » Il est à espérer, ajoute M. E. Breccia, qu'il ne s'agit pas du monastère le plus important, de celui qui a donné lieu à la dénomination Ennaton. La distance entre Alexandrie et le village el-Dekhela varie, comme il est naturel, selon l'endroit qu'on prend comme point de départ. Si on choisit ce point à la limite de l'ancienne nécropole de la ville, on compte cinq kilomètres environ; de la gare du Gabbari, on trouve neuf kilomètres; de la place Mohammed-Ali, douze ou treize, .\ucun de ces chilires ne correspond avec précision au neuvième mille, mais si on considère que les écrivains chrétiens ne sont presque jamais exacts dans la détermination des distances et que nous ignorons leur point de départ, on pourrait identifier ces ruines avec celles du monastère principal du Ennaton. On peut croire que ce dernier n'a pas encore été découvert. L'iiistorien arabe Makrizy a écrit : Le monastère du verre (Zongàeg) est situé hors de la ville d'Alexandrie. On l'appelle encore Al-Hanetoun. Or, une colline située à quelques kilomètres à l'ouest du Dekhela est aujourd'hui appelée Kom el Zongeieg et quelques bédouins alTirment l'existence d'un Kùm el Hanadoun non loin du précédent. Il a été impossible d'identi fier ce dernier à cause des indications trop contradictoires ". » (Voir Dietionn., t. ii, col. 3131, au mot : CÉNOBITISME Deir Anbu Nieili et Deir el Heinatoun ".) H. Leclercq.
DÉLATEURS. — La délation, qui fut une des plaies honteuses de l'empire, s'étala sans contrainte pendant les périodes d'abjection polilique, principalement sous les mauvais empereurs. Le délateur s'entendait de celui qui intentait une accusation publique. Sous la République, les accusations contre les magistrats sortant de charge étaient la voie ordinairement suivie par les jeunes ambitieux pour entrer plus ou moins bruyamment dans la vie poUtique. L'abus ne tarda pas à s'introduire dans un usage si délicat et d'autant plus alléchant que, dans certains cas, l'accusateur triomphant obtenait une récompense, droit de cité, avancement administratif, indemnité prise sur les biens du coudamné. II exista, dès lors, un métier de délateur dans lequel la cupidité et la vengeance trouvaient leur compte. Sous l'empire, ce fut pis. Le droit do horc accusation devint une voie à peu près sûre d'acquérir la faveur du prince; avant tout, dans les matières qui touchaient au crime de lèse-majesté, elle aboutit à une lécompense pécuniaire que l'empereur était libre de prendre sur les biens du condamné à la peine capitale, laquelle emportait toujours conliscation.
Le délateur pouvait, en droit, retirer son accusation, mais en fait il ne se désistait que sur la permission du prince. S'il courait des risques certains au cas où l'accusation n'était pas prouvée, il savait généralement prendre ses mesures pour fournir cette preuve el, en ce cas, il recevait le quart des biens des condamnés. L'avènement d'un prime juste tel que Titus ou .\ntonin
Chronique, édit. Zolonberg, p. 51(j. -- '" Sévère il'. \Nchnioiiniin, llist. i>atr., édit. Evetts.p. 485. — " W. E. Cruni, dans Bull, (le la Soc. d'Ale.x., 1907, p. 3-4. — '- l'our ce que lu tradition littéraire nous fait connaître sur ce groupe de couvents, cf. Butler, The Arab coiiquest o/ Egypl, in-S», London, 1902, p. 51, n. 2 : p. 74, p. 499, p. 500-504. — ■■ E. Breccia, op. ci(.. 1907, t. II, p. 11-12. — "E. Amélincau,t;éoarn(j;iic(;c('Ég!;p(i' à l'époque copte, in-8", Paris, 1893, p. 127, 132-133, 531-532.
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