DITEURS
H. Leclercq.
DELISLE (Leopold). — L Son oeuvre liturgique. II. Les documents nécrologiques. III. Les anciens sacramentaires. IV. Les manuscrits de l'école de Tours et du style franco-saxon. V. Les livres royaux. ^'I. Notices sur divers manuscrits. VIL Notices sur quelques Imprimés. VIII. Dissertations et notes diverses.
I. L'œuvrf, liturgique de L. Delisi.e. — LéopoUl- Viclor Delisle, né à Valognes (.Manche) le 21 octobre
1826 et décédé au château de Chantilly le 22 juillet 1910, a tant fait pour le relèvement et l'avancement des études liturgiques, au cours d'une longue existence tout entière employée à des travaux d'érudition médiévale, qu'on n'e.xagère rien en parlant de son œuvre liturgique et en consacrant une notice à son nom dans un répertoire de liturgie. Il n'a jamais prétendu luimême au titre de liturgiste, pas plus d'ailleurs qu'à celui d'iiistorien, n'ayant voulu être, en effet, qu'érudit; mais « on ne saurait nommer un érudit qui ait rendu plus de services à la science historique, qui ait été un meilleur auxihaire et un plus actif pourvoyeur de l'histoire ', » et c'est précisément comme une partie de l'histoire qu'il a toujours en%^agé et étudié la liturgie.
De ce point de vue purement archéologique les différents mémoires qui seront énumérés plu.s loin sont l'expression très nette. Comme dans toutes ses autres études, Delisle }' rapporte, avec le plus d'exactitude et de simplicité possible, ce qu'il saisit du passé; le plus souvent, ce sont les documents eux-mêmes qu'il in\entorie, présente, analyse. Il se contente de recueillir des faits; en de très rares occasions, il daigne fournir un exposé synthétique. Dans cette tâche, l'amour du passé ne l'anime pas seulement ; il est conduit en outre par un esprit de patriotisme qui se manifeste à l'occasion. Les manuscrits qu'il étudie et dont il parle habituellement avec un enthousiasme contenu sont à ses yeux des reliques de l'ancienne France; la moindre page en est précieuse et mérite toute sorte d'égards; leur décoration en particulier appelle nos hommages. Il professe le même culte pour les vieilles impressions du xv et du XVI ■= siècle. Il s'est d'ailleurs exprimé sans ambages au sujet de la liturgie telle qu'il la conçoit : par exemple, « les prières et les cérémonies religieuses sont une partie essentielle de l'histoire des nations '; > et encore, « l'examen des anciens monuments de la liturgie latine offre un puissant intérêt, même en dehors des études liturgiques : les Uvres de cette catégorie fournissent en effet à la paléographie, à l'archéologie, à l'histoire des lettres et à celle des arts (peinture et musique) des matériaux d'autant plus précieux que nous pouvons savoir à quelle date et dans quel pays beaucoup de ces Uvres ont été exécutés ". > Les fascicules de la correspondance que l'on a commencé de publier montreront mieux encore comment l'attention de Delisle a été sans cesse sollicitée par les anciens ouvrages liturgiques '. Ce pa.ssage d'une lettre à M. le chanoine Tougard (28 octobre 1904) est assez caractéristique de la sincérité de ses sentiments : « Je suis furieux contre un curé breton qui a vendu à vil prix un curieux missel du xii« siècle qu'un juif allemand détient et dont il demande un prix fantastique "...; ■■> il s'agit évidemment du missel de Barbechat, dont l'affaire lit quelque bruit.
L. Delisle a raconté lui-même avec beaucoup de charme les débuts de sa carrière scientifique ». Admis à l'École des chartes en 184G, l'un de ses premiers soins fut de copier aux .\rchives du Royaume le rouleau
' C. Plini et Trajani epistulu.; xcvi, xcvii, édit. Kuliula, 1912, p. 316-318. — • Eusèbe, Ilisl. eccles., 1. V, c. i ; P. L. t. XX, col. 413. — * Mansi, Conc. anip/iss. coll., t. ii, col. 27 ; Conc. Illiberit., can. 73. Cette question a 6lé traitée avec j surabondance par G. Boissièrc. L'acctisulion publique et les délateurs chez les Homains. Leur rôle et leur influence au point de vue juridique, litti'raire et social, in-8 , Niort, 1911, cl. p. 190-204, 260,297-298. — *G. Pcrrot, Notice sur la vie elles travaux de Léopnld- Victor Delisle lue dans la séance publique annuelle de l'Académie des inscriplioni du 17 novembre 1911. Cf. Bihliollmiue de V I-.mU' des chartes, 1912, t.LXXlIi, p. 72.— '■ Bibliothéiiue de l'fiailedes chartes, 1886, t. XLVII, p. 135 (à propos de l'édition du pHiitidcal d'.Vniicns). — • Journal des savants, mai 1897, p. '281 sij. I:'i pn>p:)silii livre de II. Khrens-
l)crger sur les manuscrits liturgiques du Valiciui;. -— ' Lettres de L. Delisle. Premier fascicule. Correspondance adressée à \L le chanoine Tougard, Sainl-lM, 1911 ; Deuxième fascicule. Correspondance adr. à M. Auij. Castan, Saint-I,ô, 1912; Troisième fascicule. Correspondance adr. à M. le chanoine Vlysse Clievalier, Valence, 1912. — ' Op. cit., il. 40, p. 38. — — * Recherches sur la librairie de Charles V, 1 " partie, 1907 : Souvenirs de jeunesse, p. xi-xxvii; linulcau mortuaire du n. Vital, abbé de .Saviijnu. 1909. aviinl-propos. p. i-ix; voir aussi Charles de liiibittard de Ueaunpa ire. dans llibliothcque de l'Écnledes Charles, 1909, t. i.xx, p. 209-21(1; et le discours préparé on 1902 pour le cinquaniviiairr, publié par P. Lacombe, .Sii;j;j/. l'JOi-l'Jll), ù la ItiU. des Irauauxde M. Lénpnid Delisle, 1911. p. xvi-xxiii. Cf. Lacoiiilu-, (/■.. p. v-w.
DELISLH
moituaire du B. Vital de Savi^ny, pièce importante qui lui avait fté sitinaléc par un arcliéologue normand, Ch. Duliérissier de Gerville, son premier maître. Ce travail, entrepris pour l'amour de la petite patrie, fut l'occasion du ]>reniier mémoire que rédi<>ea Dclisle en 1847, sous ce titre : Des moimmenis paléographiques concernant l'usage de prier pour les morts, et qui fut ainsi qualifie au concours des Antiquités nationales de 1819 : « morceau achevé : pour un début dans la science, il serait dillicile de rien produire qui montrât mieux tous les caractères de la maturité '. » Depuis lors, durant plus de soixante années, la maîtrise de lérudit ne cessa de s'afTirmer dans une succession presque incomparable de livres, dissertations, notices, catalogues, inventaires, relatifs à l'histoire du moyen âge, et du moyen âge français presque exclusivement, qui témoignent tous à des titres divers de la vigueur et de la clarté de son esprit. La liturgie, comme on le pourra constater, occupe une place relativement considérable dans celte énorme production. J'ai noté qu'elle avait fourni le premier sujet traité par Delisle. On vient seulement de publier un travail qu'il composa, apparemment, au terme de sa vie, sur les Grandes Heures d'Anne de Bretagne.
Ce n'est pas le lieu d'esquisser la biographie de Léopold Delisle ni d'en montrer, comme on a pu dire, « la belle ordonnance -. » 11 n'est pas même possible d'indiquer ici les principaux ouvrages qui ont consacré la réputation de Delisle en tant que savant, et qui forment en quelque sorte le cadre de ses contributions aux éludes liturgiques. Cette liste sommaire serait encore trop longue pour notre dessein. On a du reste dans la bibliograpliie chronologique dressée en 1902 par M. Paul Lacombe un répertoire complet et précis, indispensable â qui voudrait connaître exactement l'œuvre de Delisle; pourvu d'un supplément en 1911, ce précieux index ne comprend pas moins de 2102 notices ^ et je reconnais très volontiers les services qu'il m'a rendus pour la rédaction de cet ar iele. Il est aisé de voir, à prendre les choses d'ensemble, que l'activité de L. Delisle s'est exercée avec un égal succès dans trois directions parallèles, que le même objet très souvent lui proposait: il s'est distingué à la fois comme paléographe, comme historien des souvenirs et des monuments de l'ancienne monarchie française, et comme amateur des motifs d'art et des enluminures du moyen âge. Sous ce triple rapport on a rendu hommage de la manière convenable à sa science et à son jugement, et l'on a reconnu l'importance de ses travaux *. L'examen de son œuvre liturgique nous donnera l'occasion d'apprécier les mêmes mérites.
En définitive, c'est toujours de manuscrits que s'occupe Delisle, soit directement et en eux-mêmes, soit à cause des textes qu'ils donnent à lire. Aussi doit-on se rappeler, non seulement pour saisir l'unité de sa carrière, mais encore pour avoir l'intelligence de la plupart d. ses ouvrages, ([u'il fut toute sa vie bibliothécaire et qu'il se glorifiait de remphr cette fonction. C'est en 1S52 qu'il fut atlaclié au département des manuscrits
' Mémoires de rinslilut, t. xvui, p. .325. — = G. l'cvrol, o;i. cil., p. 8; on trouvera dans celte notice, p. 8-34, un résumé de la vie de Delisle. Voir en outre les données rtutobiosîraphiques auxquelles se réfère l'avant-derniérc note. — ' Biblinfiraiiliie îles Ircwau.r de M. Léopold Dclisle, Paris, 1902, xxxvm-SKl p. : notices 1-lSSH, pour les années 1847-1902; Supplément 10112-1910, Paris. l'JII, xxiii-80 p. : notices lSîtO-2102, avec des additions et corrections pour 1847-1002 (p. ()5-S5i, et " dernières additions (p. 85 sfj.). .\ noter (iiic pmu' chaque année les travaux sont classés selon l'ordre alpliabétique. — On pourra consulter aussi l'article Delisle du Calaloijue ijvnércd des livres imprimés de la BibliolMciuc nationale, 1909, t. xxxvn, p. U22-9'.)3. — ^ Voir on pnrttcolii'r (î. IN-rrot, op. cit., p. 3.5-.'î8; on trnu-
de la Bibliothèque nationale, et il s'est plu à rapporter les circonstances de cel incident '; il était promu biblio- Ihécaiie en 1806, conservateur des manuscrits en 1871; en 1874, il devint administrateur général, et il occupa ce poste jusqu'au douloureux incident qui l'obligea à la retraite, le 17 février 1905 ; il lui restait alors la charge de conservateur du Musée Condé à Chantilly. Or dans l'oirice qu'il remplit ;i la Bibliothèque nationale, Delisle eut à ranger l'immense collection des manuscrits et des livres provenant des déprédations commises par la Révolution française; d'autre part, l'ancien fonds royal oITrait de magnifiques points de comparaison; les bibliothèques formées dans les départements étaient également ouvertes, et siu- le marché pubUc paraissaient souvent des volumes dont un observateur bien préparé pouvait discerner \ite la provenance et décider l'acquisition. L. Delisle se donna sans cotnpter à cette tâche; de là d'abord l'histoiie monumentale du grand dépôt national, histoire qui fut publiée de 1868 à 1881 et qui s'appelle Le cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale (Lacombe, n. 314); puis une série d'inventaires et de catalogues qui furent élaborés selon les circonstances ; concernant diverses portions des manuscrits latins (Lacombe, n. 409, 490, 1227) et des manuscrits français (n. 554, 1227) de la Bibliothèque nationale; les manuscrits provenant de Corbie (n. 178, 179, 191), de Silos (n. 68.'?, iv), de Cluny (n. 880), de Saint-Martial (n. 1452): les manuscrits des collections Bigot (n. 573), Didot (n. 683, vi). Desnoyers (n. 1080), Libri et Barrois (n. 1076), La Trémôïlle (n. 1119), Dauphin de Verna (n. 1457); les bibliothèc[ues d'Avranches (n. 420). d'Auxerre (n. 589), de Lyon (n. 688), de Tours (n. 826), d'Orléans (n. 827), du séminaire d'Autun (n. 1679); les imprimés sur vélin de la BibUothèque nationale (n. 584). A cette liste, qui n'a pas la prétention d'être complète, on joindra encore le catalogue des livres publiés à Caen avant le milieu du xvi" siècle (n. 1914) et celui des anciens imprimés du musée Condé (n. 1984). Les brèves indications que je viens de donner m'ont semblé nécessaires pour deu.x raisons : les répertoires composés par Delisle doivent être connus du lecteur qui s'intéresse au.x anciens livres liturgiques; néanmoins un dépouillement méthodique de ces mêmes recueils ne pouvait rentrer dans le plan du présent travail; seules les notices les plus marquantes permettaient une référence à l'occasion. On saura donc, par exemple, que le Cabinet des manuscrils contient la description de plusieurs livres liturgiques avec des fac-sitiiilés relatifs à cec livres "; ou encore, que le fonds de l'abbaye de Silos constitue une bibliothèqu-.' liturgique au premier chef, dont Delisle a inventorié les divers éléments '. En même tenrps, nous avons dans les répertoires énumérés l'explication véritable des travau.x proprement liturgiques de Delisle ; il fut amené naturellement, peut-on penser, à s'occuper d'une manière particulière des manuscrits ressortissant à la liturgie eu raison de la place importante que tiennent ceux-ci dans les bibliothéquci modernes, et notamment dans les collections de la Bibliothèque nationale.
\era plus bas la mention d'autics notices sur l'œuvre de Dclisle. — 'Voir les Souvenirs de jeunesse cités plus haut, p. XV sq. • — ' Cf. G. Perrot, op. cil., p. 32 sq. — ' Voir l'album n. i, 2, 4; ii, 10; v, 2, 3, 4; vu, 3; ix, :>; x, t-2; XI, 1-6; XIV, 1-5, S; xv, ti, 7: xvii, 4, 0; xix. 1-4, S; XX. 1, 2, 5, et 3, 4, G; xxi, 1, 3; xxii, 3, 5; xxiv, 1-7; xxv, 1-2; xxv, 5 et xxvi, 5; xxvi, 4; xxvii, 2; xxviii, 1, 4, .5, 6; XXIX, 1, 3; x.\x, 2-4, 5; xxxi, 2, 3, 5; xxxii, 5; xxxiii, 5: xxxiv, 1; xxxvi, 1; xxxvii, 1; x.xxviii, 5-6; xxxix, 5-6; XI., 1-2; XLi, 0, 7; xi.iv, 4; xi.vi, 1; xLix, 5: — de même les notices comprises dans le t. m, 18S1, p. 197-318. — ' Mélanges de paléaqrapîiie et de hihliofjrafitiie, 1880, article iv, p. .53-116; A relever surtout les n. 3, 4-5, 18, 20, 33, 34. 35. ;((•.. 37.
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Ou possède, au surplus, à la Bibliothèque nationale, parmi des catalogues spéciaux établis par Delisle pour les besoins de ses recherches, deux ouvrages restés manuscrits qui sont la preuve incontestable de l'attention qu'il accorda à la liturgie et du soin avec lequel il en étudia les monuments : un catalogue des bréviaires, missels et autres manuscrits liturgiques conservés à la BibUothèque nationale, et un répertoire des livres d'heures et des ouvrages de même nature qui font partie du département des imprimés '.
J'ai indiqué le point de vue auquel L. Delisle s'est placé dans l'étude de l'ancienne Uturgie. Il reste à dire un mot, pour compléter cet aperçu, des remarquables qualités qui distinguent ses publications, les grands ouvrages aussi bien que les simples notices. L'une de ses dernières paroles a été, rapporte-t-on, celle-ci : " Je n'ai jamais cherché que la vérité et le bon résultat des entreprises qui m'étaient confiées -. ' Ce témoignage que Dehsle se rend:iit à lui-même, presque au moment de mourir, est d'autant plus significatif que peu de personnes ont été au même degré réservées et modestes. Toute son œuvre en effet respire l'honnêteté, si sa vie en a donné l'exemple. L'honnêteté, et avec elle l'exactitude, le bon sens, la modération, la simpUcité, la clarté, ces vertus sœurs, si aimables dans leur discrétion, si appréciables chez un historien, françaises par surcroit, constituent la personnalité scientifique de L. DeUsle et assurent à ses travaux une valeur durable. L'un de ceux qui l'ont loué a dit : « Delisle ét.ait très prudent; c'était sa caractéristique... ce fut la force de ses enquêtes scientifiques; on savait que pour affirmer une fois il devait être sûr deux fois '. » On a fait diverses remarques analogues qui mettent toujours en refief la loyauté du savant et de l'écrivain. Les lecteurs de Delisle ont tôt fait de se rendre compte de la solidité de son exposé et de la sagesse de ses vues; il inspire tout de suite confiance et l'on voudrait avoir part soi-même au.x qualités qui procurent ce résultat. Car Delisle n'a l)as rendu seulement d'éminents services; il doit être encore vénéré et admiré pour la manière dont il les a rendus. Il offre un précieux exemple. A ceux qui étudient la fiturgie il a fait connaître une foule de documents oubUés ou mal définis; mais, en outre, il leur a donné la plus utile leçon en leur rappelant la valeur des faits, supérieure à celle des théories, qui ne sont trop souvent que des nuées; il les a placés en face de la réalité et leur a appris à la considérer; comme à tant d'autres, il leur a fait aimer la vérité '.
Les paragraphes qui suivent voudraient donner une liste à peu près complète en même temps qu'un bref résumé des différentes contributions de L. Delisle aux éludes liturgiques. C'est une sorte de bibliographie méthodique et un peu détaillée qu'on propose au lecteur, rien de plus. Il a fallu sans doute sacrifier bien des reniar(|ues qui pouvaient avoir de l'intérêt; le mémoire eût pris des proportions trop vastes. On a né-
' 1'. Lacoinbe, a qui j'emprunte ce renseignement (Bihliogrnphie, 1902, p. xxxiv sq.) fait rcmiu-quer que le second répertoire " constitue une véritable étude des livres d'heures et ou\Tages assimilés = (if>., p. xxxv). — ' Les dernières paroles de M. Léopold Delisle, recueillies par le chanoine E. Muller, aumônier de l'hospice Condé, chapelain de l'Oratoire Saint-Louis, au MusCe Condé, le 23 juillet 1910, f Chartres, 1910), 8 p. (Lacombc, n. 2102). — ' Bibliothèque de l' l'.cole des clwries. 1910, t. Lxxi, p. 150 : discours de M. Edmond Potticr; voir ib., p. 'W7-460, les discours prononcés aux obsèques de L. Delisle par lî. Poltier, le comte de I.asicyric, Paul Viollet, R. Gagnât, E. Travers. — ' Sur Delisle et son œuvre, voir encore les jugements de G. de Bcaurepaire, Lèopold Oe/is/e, Rouen, 1911, 19 p. (publié par y Académie des sciences, belles-lettres et 4irts de Rouen}; I-". fJcrgcr, Journal des savants, septembre 1910, p. 109-415; A. .Mézières, Journal des savants, mai 1911, p. 226 sq. : I.e ^fusée Condé en 1910; Scyniour de Ricci, Revue arrhro-
gUgé ausri les comptes rendus d'ouvrages modernes relatifs à la liturgie que Delisle a fait paraître assez fréquemment soit dans la Bibliothèque de l' Ëcilc des chartes, soit (plus tard) dans le Journal des saoanls *, et de même plusieurs communications à des sociétés savantes, à l'Académie des inscriptions « notamment, dans lesquelles il présente des dissertations ou des découvertes dues à des auteurs contemporains; il ne va pas souvent au delà de la tâche ordinaire du rapporteur. 11 faut mettre à part cependant les articles qu'il a consacrés à quelques collections de manuscrits récemment cataloguées, articles où il prend soin de signalei les volumes qui ont rapport à l'ancienne Uturgie française. Je mentionne dès maintenant les analyses qu'il a ainsi présentées du catalogue des manuscrits de Besançon par A. Castan (Lacombe, n. 1554 ) ', du catalogue des manuscrits de Trinity Collège (Cambridge) par .M. R. James (n. 1775 et ISU) '. du recueil des manuscrits à miniatures du British Muse un par G. Warner (n. 1775 et 18 1 1 ) -, du catalogue de la c iilcction H. Yatcs Thompson (n. Ib09 et 1916)'", du catabgue des manuscrits et de celui des incunables de la collection Pierpont Morgan (n. 20'27 et 2U7U) -'. Surtout il a fait une étuile magistrale, que tout liturgiste doit avoir lue, du répertoire de H. Ehrensberger : Libri lilurgici biblio Ihijcse apostolicx Valicame manuscripli, 1897 (Lacombe, n. 1578) '-.
Il est notable que les principaux travaux liturgiques de DeUsle s'enchainent; on a en tout cas l'impressiin, à parcourir son œuvre, que l'examen des documents nécrologiques l'a conduit à celui des sacramentaires, et que la décoration des sacramentaires et des livres de l'époque carolingienne lui a donné le goût des manuscrits enluminés de la seconde partie du moyen âge et du temps de la Renaissance. J'ai déjà fait observer que l'un de ses derniers mémoires a pour objet des livres d'heure; du xvr siècle. Il y aurait donc eu une progression constante dans ses recherches; cependant, et on le verra bien, il n'a jamais rien abandonné de ce qu'il avait pris soin d'étudier une fois et il est resté fidèle à lui-même durant toute sa vie. J'ai réglé d'après ces données la distribution de la matière bibliographique. Je suivrai un certain ordre chronologique dans les premiers paragraphes ( II- V); mais, en même temps, je rattacherai à l'ouvrage principal les dissertations et notices publiées soit avant, soit après sur la même question. Ensuite il sera nécessaire, pour la clarté, de former quelques grou|)es factices (V'I-VIll).
II. Les docu.mests .vÉcROLOGiyuiîS. — On a vu que le premier travail de Delisle avait pour titre : « Ùvi monuments paléographiques concernant l'usage de l)rier pour les morts. » Si celte désignation n'offrait l'inconvénient d'être un peu longue, elfe eût convenu parfaitement à toute la section; d'autre pari, il u'cilt p:is été exact de choisir le terme, trox> précis, de <■■ rouleaux mortuaires ; encore que ce soit celte catégorie
logique, 1910, I. ii, p. lUô-llS; Reginald Poole, Proceedinqs 0/ the british Academii, 7 juin 1911, 19 p.; E, Maundc Thompson, 77ic enrjtish historical rcvicw, 1911, t. .xxvi, p. 7G-83. — ' Ces comptes rendus nsurcnl ù leur date dans la Bibliogrophic de I-*. Laconïbc, et les noms des auteurs sont relevés dans la table alpliabétiquc qui termine cet ouvrage. — * Les communications ù l'Académie des inscriptions sont données dans les Comptes rendus annuels de celle société. — • Journal des savants, septenii)re 1897, p. 528-5 U ; les nianuscrils liturgiques sont groupés, p. 5.(2 sq.; c'est «l'ailleurs Delisle qui a mis la dernière main au catalogue |)réparc par son ami. — • Journal des savants, décembre 1900, p. 722- 7:i9, etjuin lOOl.p. :t9.i-:S'.l5. — • /!)., août 1900, p. ■197-.">0:j. et juillet 1901, p. 1.-15-158. — '«y/!., septembre 1898, p. 509- 572, et janvier 190;î, p. l7-,5a.— " Ib., aoiil 1907, p. 115-12! : Les tn uiuscrits de la bibliothèque de M. t'ierpont Morgan: décembre 1909, p. 533-540 : i.cs incunables de J. l'ierpont Morijan. — " Ih., mai 1907, p. 281-299.
DKI.ISLK
(le documents nécrologiques que Dclisle ail fnil connaître avec! le plus de succès.
1. La dissertation de 1847 (I-aconibe, n. 2) ' consiste en une étude sobre et fort bien conduite sur quatre espèces de documents nécrolociques : diptyques, nécrologes ou obituaires, lettres de fraternité ou d'association, rouleaux mortuaires, ces derniers étant présentés avec beaucoup de détail comme particulièrement intéressants; l'objet précis du mémoire est en effet de montrer l'importance historique des grands rouleaux de l'abbesse Mathilde (t 1110) et du B. Vital de Savigny (t 1122), dont les tituli sont donnés en appendice avec quelques autres références. On trouvera une rédaction définitive de cette dissertation en tète de l'édition du rouleau du B. Vital ', c'est-à-dire à la date de 1909.
2. Delisle était maintenant prêt à recueillir toute une série de faits jusque-là peu remarqués. Il poursuivit d'abord son enquête relativement aux rouleaux; les résultats en furent publiés pour la Société de l'histoire de France : Rouleaux des niorls du /A'o au -V re siècle, Paris, 1866 (Lacombe, n. 274). En fait, les documents, au nombre de quatre-vingt-huit ', s'échelonnent depuis la fin du viii^ siècle jusqu'au commencement du xvi'; plus de la moitié appartient aux xi' et xii= siècles (n. xiv-xxx, xxxi-i.ix). Les rouleaux de Mathilde et du B. Vital sont de nouveau présentés à leur date (n. XXXVI et xxxviii), et cette fois celui du B. Vital est publié intégralement '. On lit en outre le texte de quelques pièces non moins considérables : les extraits du rouleau de Guifred, comte de Cerdagne, moine du Canigou (t 1050 : n. xix), les extraits du rouleau de saint Bruno (f 1101 : xxxi), les extraits du rouleau de Bertrand de Baux (vers 1181 : lvi), le rouleau de Guillaume deBarres (1223 : lxii), les extraits d'un rouleau de l'abbaye de Saint-Pierre- Mont (1305 : lxviii), les extraits du rouleau de Marie de Xogues, abbesse de Montivilhers (1398-1399 : lxxviii). Il convient aussi de signaler les formules de brefs mortuaires (I: Murbach, fin du viii» siècle; V : Saint-I^emi de Reims. 1X1= siècle), une formule de réponse aux brefs mortuaires (VI, IX' siècles), l'encyclique sur la mort d' Abbon. abbé de Fleury (1004 : xiv), et les autres encycliques (xv, XVII, xxviii, xxx, etc.).
3. Il fut donné à Dehsle de revenir encore à ce sujet à la fin de sa carrière. Il fit paraître en 1909 une édition phototypique du Rouleau mortuaire du B. Vital, abbé de Savigni, contenant 207 titns écrits en 1122-1123 dans différentes églises de France et d' Angleterre (Lacombe, n. 2078)^; et il profita de la circonstance, comme j'ai indiqué, pour reprendre son travail de débu.ant, en outre pour proposer un « supplément à la liste des rouleaux mortuaires publiés ou cités dans le recueil imprimé en 1866 pour la Société de l'histoire de France '. » Il signale sous vingt-cinq numéros p es de cinquante rouleaux ou fragments de rouleaux, identifiés de nouveau par lui ou reconnus et édités par d'autres à son exemple: les plus importantes de ces pièces sont le rouleau de Boson, abbé de San-Giusto de Suse
' Bibliothèque de l'École des chartes, 1846-1847, t. viii, p. 361-411. — 'P. t-24. — ' L'un d'eux est aux -liWi- (lons, p. 545. — ' P. 281-344. — ' Noter qu'on ne trouve pas dans ce volume l'édition proprement dite, ou transcription littéraire.du texte; mais, p.39-43 de l'Introduction, les rubriques des titres avec leur équivalence géographique, et p. 45 sq. une « table alphabétique des lieux où les titres ont été recueillis ■. Par cette publication, Delisle entendait surtout fournir un instrument d'une valeur inappréciable pour les études paléosraphiqucs. T.'.\vant-propos (p. i-ix), déjù mentionné :\ cause des souvenirs personnels auxquels il fait une place, est relatif A l'histoire du rouleau et à sa conservation en Normandie jusqu'en 1839. — • P. 25-37. — ' Edition de \V. H. St .John Hope, Tlw nbtttiary lioll a/ John IsU]>, 1906, qui comprend une \-m->-
vcrs 118.3, dont Delisle énumère les ///((// (n. 10), les trois rouleaux de 1399, 1406 et 1507 conservés à Gand (n. 20), et les rouleaux anglais, surtout celui de John Islip, abbé de Westminster (f 1532, n. 25) '.
4. Delisle s'est occupé aussi des anciens diptvques. Je ne saurais dire si c'est l'examen des sacramentaires de la Bibliothèque nationale qui le détermina à écrire peur l'Histoire littéraire de la France " la belle notice sur les Anciens catalogues des ivéques des églises de France (Lacombe. n. 851); ce travail et le Mémoire sur les sacramentaires doivent avoir été composés à la même époque"; mais comme l'auteur renvoie à plusieurs reprises, dans le Mémoire, aux pages de l'Histoire littéraire, il vaut mieux indiquer d'abord cette élude. Delisle a parfaitement vu que les anciennes listes épiscopalcs se ramènent toutes à l'usage liturgique des diptyques, encore qu'elles nous soient conservées le plus souvent en séries dans les chroniques; de diptyques proprement dits, on en rencontre peu, mais les Uvres liturgiques des ix", x" et xi^ siècles renferment encore des catalogues cpiscopaux qui devaient être récités ou lus durant la messe. Le relevé que fait Delisle des anciens catalogues français parvenus à sa connaissance est extrêmement méritoire '°; il n'est utile ici que de mentionner les listes liturgiques que nous possédons. Je suis l'ordre alphabétique des noms des églises, de préférence à celui des provinces " :
Arles : sacramentaire, Bibl. nat., n. 2S12, fol. 2, s'arrêtant primitivement à Rotlandus (855-869 environ), continué jusqu'au xiv= siècle;
Arras-Cambrai : bénédictionnaire, 7^oulogne 84, XI = siècle;
Besançon : rituel du fonds Borgia au Vatican, et sacramentaire de l'archevêque Hugues Ii", Bibl. nat., n. 1500, fol. 38 (Mémento);
Bourges : diptyques originaux du xi" siècle, remployant les tablettes d'ivoire du consul Fla\ius Ajiastasius (517); les noms des évêques sont donnés jusqu'au xin« siècle, et l'on a aussi une transcription du xiv<î sic-cle jugée nécessaire par suite de l'effacement de l'écriture (le tout Bibl. nat., QS'îl):
ChâJons : copie du xviie siècle qui paraît faite d'après l'ancien sacramentaire;
Lyon : évangéliaire du séminaire d'Autun 5, milieu du ixs siècle;
Metz : sacramentaire de Drogon, Bibl. nat.. n. 942S, fol. 126, 127 V : double catalogue de la fin du viiie siècle, et du ix« siècle;
Xevers : second sacramentaire, Bibl. nat., n. 17333, XI" siècle, n. 135 (Mémento), et évangéliaire de l'évèque Herimannus, British Muséum, Harley 2700, XI' siècle;
Paris : sacramentaire de Saint-Denis, Bibl. nat., n. 2291, fol. 6 v», ixi!-xiii= siècle '-;
Reims : bénédictionnaire mentionné pour Arras;
Sentis : sacramentaire, Bibl. Sainte-Geneviève BB. 20, X» siècle, fol. 34 v" (canon);
Sens : sacramentaire de Stockholm, fol. 4, addition x''-xi« siècles;
taine de rouleaux, la plupart du xiv« et du xv siècle, parmi lesquels onze appartiennent au chapitre de Durham. — ' T. XXIX, 1885, p. 386-454. — » Le tira«c :\ part des .4ncien.'i catalogues porte la date de 1SS4; le Mémoire, publié seulement en 1886. est donné comme ayant été lu dans plusieurs séances de l'Institut de juillet A novembre 1881. — "Cf. L. Duchcsnc, Fastes épiscopaux de l'ancienne Gaule, 1907, 2'' éd., t. i, p. 3. — " Il ne peut être question de renvoyer aux éditions: cette liste sommaire est destinée aux liturgistcs qui pourront avoir recours aux manuscrits et veulent être renseignés sur la composition de ceux-ci. Mais je dois dire ici que nclisle a compris le texte des cataloîues de Sentis et de Sens dans l'appendice du Mémoire sur d'anciens sacramenlaires, p. 371 sq. (n. xii et XIii). — " Voir dans le Cabinet ries Manuscrils, t. m, lo fac-similé xxx. 2.
DELISLE
Trêves : saciamentaire d'Epternach, Bil)l. nat., n. 0433, fol. 260. addition xi^-xii^ siècles.
5. On retrouve naturellement l'indication de la plupart de ces listes cpiscopales dans le Mémoire sur d'anciens sacramentaires ', mais au milieu de beaucoup d'autres détails. C'était un des soucis de Delisle de recueillir les informations historiques que peuvent offrir les sacramentaires, et il a pris soin dans les pages qui servent d'introduction à son répertoire de donner quelques renseignements sur les diptyques et les listes de noms assimilées -. Je répartirai en plusieurs classes les différentes mentions nécrologiques et les documents de même nature qu'il a fait connaître au cours de ses notices ou publiés dans l'appendice : noms d'évcques, noms de fidèles, simples obits, associations (voir cidessous 6 et 0).
Voici d'abord quelques notes concernant des évoques, et qu'on peut considérer comme tenant lieu de diptyques. Elles se rapportent aux églises d'Albi (calendrier du troisième sacramcntaire) ■': d'Amiens (nom de l'évéquc Tetboldus ». en regard du Mémento, s.' siècle)'; d'Angoulcme (mention de l'cvèque « Sideramnus », fol. 72, ix= siècle) =; de Chartres (note du xi» siècle, sur le premier feuillet de garde du sacramentaire de Saint- Père)"; de Mayence (obits d'archevêques dans le calendrier du second sacramentaire de Lorsch) "; d'Orléans (obit de l'évêque Gautier au calendrier du sacramentaire de Saint- Aniand et de Sens) '; de Paris (six évèques compris dans la longue liste de nomina du manuscrit Ottoboni) '; du Puy (note relative aux premiers évèques dans une portion du sacramentaire de Paris, Bibl' nat., n. 22H4, qui provient d'un ancien livre du Puy) "; de Sens (obits des ai'chevêques du ix'= et du X' siècle dans le martjrologe faisant partie d'un sacramentaire inutile, aujourd'hui Reoin. 567)"; de Tours (obit de l'archevêque Joseph dans le second sacramentaire de Tours) '-.
Les noms de fidèles, bienfaiteurs ou autres, se présentent fréquemment dans les sacramentaires, surtout sur les pages qui contiennent le texte du canon, parfois aussi en marge de messes particulières. Cet usage devenait même abusif, et l'on rédigea des formules qui dispensaient d'énumércr les noms; Delisle cite plusieurs exemples de ces commémoraisons générales ". Parmi les mentions qui couvrent les sacramentaires, il en est qui devaient viser des vivants"; il semble pourtant que la plupart se réfèrent à des défunts. Il serait très utile de dresser <les Labiés spéciales de tous ces noms. Le sacramentaire de Paris déjà cité (manuscrit Ottoboni de la seconde moitié du ix= siècle) fournit à lui seul plus d'un millier d'inscriptions. Delisle les a ra])portées dans l'appendice n. xiv du Mémoire ". Mais il
' Je renvoie aux pasis du Mémoire en reprcnanl l'ordre dans lequel Delisle éiiunière les sacramentaire; : p. 10(1 (Metz), 111 (.Sens), 14.5 (Senlis), 11!) (Paris), 151 (Arles), 2.Î7 (Trêves), 280 (Nevers), 282 (Besan\-on) ; pour le texte des lislos de Senlis et de Sens, voir plus haut, n. 4. — -P. 62-15.5. — ' Mémoire, p. 230. — • Ilnd, p. 161 sq. - •■ Ibid, p. 90. — 'Ilnd., p. 183. — ' Jbid., p. 241. -^ ■ ' Ihid., p. 115. — ' Ibid.. p. 380, n. 456-461. — " Ibid., p. 184.— ■> Ibid., p. 164 sq.-- " Ibid.. p. 134, 13!). — " Ibid., p. 64 sq. — " Cf. par exemple p. 274 sq., p. 376, n. 113. — ■' P. 374-388, et cf. p. 150. — '• Ilùd., p. 04 sq. — " Ibid., p. 151; la notice du Cabinet des mamiscrils, t. m, p. 271. donne plus de détails. — " Mémoire, p. 9!>. — '• Ibid., p. 173. — " Ibid., p. 275; Delisle ne public pas ■ les longues nomenclatures » du commencement et de la lin de ce missel. — " Ibid., p. 158; Delisle renvoie au catalogue des manuscrits dans lequel Waltcnbach a publié les noms des l)ienfaiteurs mentionnés. — -' Ibid., p. 172 sq. — " Ilii ., p. 230 sq. — " Ibid., p. 227. — " Iltid., p. 185 sq. — " Ibid., p. 186, à savoir le dernier paragraphe (Berno...); ces noms seraient, si j'entends bien, une addition parisienne au cahier de l'ancien missel du Puy. — " Ibid., p. 184, n. 4, et p. 1S5, n. 1 : fliléles du Puy. — " Ibid., p. 210 sq. —
faut prendre garde qu'elles forment des séries : les noms 1-103 figurent dans le canon (fol. 9-11); la suite jusqu'à 1014 est comprise dans le supplément du missel, peu après le début de celle partie (fol. 109 v''-112), et l'on doit encore distinguer : 104-174 (série variée), 175-1S8 (sous le titre : Ec sunt nomina jratrum de sociclate dnodecim apostolorum't, 189-237 {Nomina canonicoriim Parisiacensium). 238-382 (série variée), o83-39u (Nomina infirmorunt), 391-455 (série variée), 450-492 (Nomina dejimctorum), autres séries jusqu'à 1014; les derniers noms accompagnent une messe in ciminteriis (1015-1020 : fol. 157), et une messe pro sainte vivorum vel in agenda morluornm (1021-1045 : fol. 157 v). On trouve des mentions semblables dans les sacramentaires d'Angoulême (canon, fol. 117: missa pro devolo. fol. 158 v°)'«; d'Arles (fol. 2, et fol. 130^-137) >'; d'Autuii (fol. 9 v» et 11, 120-121, 195 v°, 200) '«; de Beauvais (canon, fol. 3) "; de Bobbio (Mémento des vivants, loi. 25 V"; en outre, fol. 1 v" et 42li) -"; de Cologne ='; de Florence (feuillets de garde de la lin)--; de Lorsch (Mémento des défunts, fol. 7; messe pro sainte vivorum..., fol. 254 v°; dernière page, fol. 28Sv")-^:de Moissac (en tète de la pi'éface, fol. 17) -'; de Paris (,1/cmc;i/o des vivants, fol. 3-4, longue liste que DeUsle reproduit ■'; en outre fol. G -', et fol. 7 v") -'; de Bheinau (liste de noms sous des arcades, xi<^ ou xn" siècle, fol. 243 ^-244) -'; de Rouen (les deux Mémento. fol. 18 v° et 19 V") -»; de Saint-Denis (fol. 8, 127, 168 \o) »°; de Senlis (fol. 31, 34, 35) »>; de Sens (fol. 3 v", 30 v») "-; de Tours (premier sacramentaire, Bibl. nat., n. 9430, fol. 21 v" : Mémento des défunts; second sacramentaire. Tours 184, fol. 5 v", et Bibl. nat., n. 9430. fol. 214 v° : recommandation du diacre Mombert)^': enfin d'une église indéterminée (Bibl. nat., n. 1238 ; canon, fol. 2 v») ".
0. Les sacramentaires offrent aussi des mentions nécrologiques proprement dites, ou obits. Ces obils en elïet, avant d'être enregistrés à part pour former des recueils spéciaux nommés obituaires ou nécrologes, avaient leur place dans les calendriers. Delisle a relevé de nombreux obits dans les calendriers qui complètent souvent les sacramentaires. Ces sacramentaires avec «bits sont les suivants : Albi (troisième sacramentaire)'^; Beauvais""; Besançon"; Lorsch (premier et deuxième sacramentaires) "; Monza (sacramentaire du xi" siècle)^»; Paris (manuscrit Ottoboni)*"; Reichenau "; Rheinau '-; Saint-Denis ": Saint-Gall (deuxième sacramentaire)"; Sens'*; Stockholm"; Tours (premier sacramentaire) ■*■; Verdun "; Vérone ". H y a pareillement des obits dans le calendrier de Corbie conservé à Saint-Pétersbourg '".