VIII, XI, XIX, XXVI, .X.XIX, XXXIII, .XXXVII, XI.III, I.IV, I.XXI
(pour le cahier supplémentaire), cxi, cxvii. — ' Notices i.xxxvii et i.xxxviii (deuxième et troisième sacramentaires d'.\lbi), CXI bis (missel du Ha\Te), cxxi (sacramentaire de Cantorbéry), cxxvii (missel de Verceil), cxxvii (missel de Saial-Evroul). II faut ajouter, d'après les vérincations d'Ebner, trois manuscrits de Monza (lxviii-lxx), et le manuscrit 192 de Verceil. — '■Mémoire, p. 58. — * En comprenant les manuscrits de Verceil et les cinq manuscrits de la page 396. — ' Plus les deux manuscrits d'iîspaane (sacramentaires d',\iirillac et de Hoda), celui de Bruxelles,
celles-ci : v (sur le Missale Francorum), xv (gclasien d'Angoulême), xvi (sacramentaire d'Autun), xx (sacramentaire de Stockholm), xxi (premier sacramentaire de Saint-Thierry, aujourd'hui Reims 213), x.xvii- XXIX (trois sacramentaires de Tours confondus en deux volumes), xLiii (fragment d'un sacramentaire de Sens), Lxxix (sacramentaire de Winchcomje), cxii (missel de Bobbio du xi« siècle), cxv (sacramenlaire d'Hugues l*' archevêque de Besançon), cxvi (second sacramentaire de Saint-Thierry, aujourd'hui Reims 214). Je relèverai aussi plusieurs rxcursiis : sur le bénédictionnaire de Ramsey ", à propos du sacramentaire de Winchcombe deux manuscrits envoyés d'Angleterre à Fleury au moyen âge; sur l'inventaire des manuscrits de Bobl)io et la provenance du Virgile de la Laurentienne'-; sur les anciens livres liturgique? de Besançon "; sur les formules de la bénédiction du roi (secoml sacramentaire de Saint-Thierry, fol. 3 v») "; sur une pièce de vers relative à un podestat de Vérone ^. Quelques autres pièces liturgiques, plu; ou moins importantes, sont publiées au cours du volume '*.
11 n'est pas possible d'indiquer ici, m;me d'une manière sommaire, quels progrès a faits — grâce à Delisle — l'étude des anciens sacramentaires depuis 188('i, ni sur quels points on a complété la magistrale enquête dont le Mémoire expose les résultats. Je dois rappeler seulement qu'Ebner a revu et décrit dans son lier ilalicum les sacramentaires et missels conservés dans les bibliothèques d'ItaUe, que Delisle avait mentionnés ou étudiés: c'est-à-dire plus de trente-cinq manuscrits. Si maintenant l'on a égard à la quotité des manuscrits antérieurs au xii« siècle qu'Ebner a signalés en Italie pour la première fois, ou que d'autres ont fait connaître en .-Mlemagne, en .Angleterre et ailleurs, il se pourrait que le chiffre total des anciens sacramentaires que nous possédons encore pour la période fixée par Delisle fût approximativement de deux cent cinquante. On voit par ce calcul que Delisle est arrivé par ses propres ressources à comprendre dans son catalogue la majorité des manuscrits existants; et si quelque jour l'on se décidait à étabUr un répertoire méthodique et complet des sacramentaires. le principal mérite de l'entreprise reviendrait sans doute au savant français.
8. Le Mémoire n'accorde qu'une mention, et pour cause, au sacramentaire de "Tours faussé et volé par Libri (Libri, n. 36) ". .\près la restitution à la France d'une portion des manuscrits de Libri entrés dans la collection .\shburnham — restitution, comme on sait, qui ne se serait pas effectuée sans la merveilleuse vigilance de Delisle — le sacramentaire de Tours fut compris parmi les nouvelles acquisitions de la Bibliothèque nationale sous le n" 1589. Delisle en a donné la description détaillée dans son Catalogue des manuscrits des fonds Libri et Barrois (1888), n. vu "; il le rapporte à la fin du ixe siècle ou au x' (12'2 feuillets) ".
celui de Soleure. — ' Sauf le manuscrit de la Magliabecchiana (p. 398, n. 1). — " Sauf le sacramentaire de Subiaco, à la Vallicellane (cxxiv). — '° ^Mémoire, p. 38. — " Ibid., p. 215-217 — " Ibid., p. 2TG-278. — " Ibid., p. 2S4 sq. — " i/ii'rf., p. 287-289. — "Ibid., p. 205 sq. (Reperloriiim hymnologicum, n. 4502). — " Voir ibid., p. 64 sq., 74, 90, 99, 104, 121, 142, 158, 161. 166, 169, 174, 177, 181, 213 (messe de saint Kenelme), 221, 213, 248 (préface de la messe de saint Sanison), 261, 285 sq., n. 1 (examen aqua; frigidœ), 294 sq., 308. — " .Mémoire, p. 140 (notice xxx); cf. Sotices et exlraits. 1884, t. xxxi n, p. 180 sq. — " P. 12-14. — " J'aurais peut-être dû noter plus haut que l'on trouve déjà l'esquisse de la description des trois premiers sacramentaires de Tours (Mémoire, xxvii-xxix) dans la Solicc sur les maniiscrils disparus de la bibliolliéque de Tours (Solices et exlraits, 1884, t. xxxi a, p. 181-148). Cette notice présente en outre p. 184 sq. (n. xi> un missel de Tours du xr siècle tUibl. nat. 9^34). qui a été oublié dans le .Mémoire.
DELISLE
9. Le sacramentaire de Lorsch conservé ;i Chantilly (Mnsce Condé, n. iO) n'est également qu'indiqué dans le Mémoire, on ne saurait dire pour quelle raison (car Delisle paraît l'avoir vu pour la rédaction de sa notice xciv) '. La notice qu'on lit dans le Cabinet des livres {Manuscrits) de Chantilly (1900) = a été fournie par Delisle au duc d'Aumale '. Ce sacramentaire du xi" siècle (222 feuillets), décoré luxueusement, est un grégorien pur, complété par la série des principales fêtes gélasiennes (fol. 159 v") et par des messes votives (pour les jours de la semaine, fol. 175 v, pour diverses intentions, fol. 180. pro rcge. fol. 195 v").
Les missels du moyen âge étudiés par Delisle seront cnumérés plus loin.
IV. Les niAxrscRiTS de l'école de Tours et du STYLE FEANco-sAXON. — Dclisle a publié deux études de paléographie qui auraient suffi à rendre son nom célèbre. 11 y fait part de ses observations concernant deux groupes de manuscrits du ix^ siècle qu'il a su distin.gucr dans la foule des manuscrits carolingiens et rattacher à leur milieu historique, donnant par ces mémorables découvertes une impulsion nouvelle à la science paléographique \ 11 se trouve que les manuscrits liturgiques tiennent une place importante dans ces dissertations. J'en parlerai à ce titre niahitenant. Aussi bien le Mémoire sur d'anciens sacramenlaires a été préparé et composé dans !e temps même que Delisle élaborait ses deux études techniques : l'une est un peu antérieure à la publication du Mémoire, l'autre un peu postérieure. L'examen des sacramentaires paraît avoir été décisif dan;, la circonstance '', encore qu'ils ne soient pas seuls en cause.
1. La notice sur le sacramentaire d'Autun (voir cidessus III, 6) avait fourni à Delisle l'occasion de constater dans un manuscrit copié à Tours vers le milieu du ix= siècle ■ l'emploi du corps d'écriture que M. le comte de Bastard appelait demi-onciale Caroline » ° en même temps qu'une décoration d'une très grande richesse, comportant de véritables peintures. Il remarquait déjà l'analogie que présente le manuscrit à ce double point de vue avec la grande bible (Bibl. nat., 1 ) oflerte à Charles le Chauve par le comte Vivien, abbé de Saint- Martin de Tours de 8-15 à 850, en outre avec la bible de Rorigon et les Évangiles de Lothairc.
Le Mémoire sur l'école calligraphique de Tours au IX' siècle sui\it de peu cette observation; il n'en est probablement que le développement. Lecture en fut faite à l'Institut de juin à octobre 1884; le tirage à part porte la date de 1885 '; la pubUcation officielle eut lieu dans les Mémoires de l'Académie des inscriptions en 1886, prenant place juste avant celle du Mémoire sur d'anciens sacramenlaires ». Delisle réunit vingt-cinq manuscrits qui offrent les mêmes caractères graphiques, la plupart écrits certainement à Saint-Martin de Tours, et par suite formant tous cnseml)le un groupe de mamiscrils qu'on peut rapporter à l'école de Tours; ils
'Mémoire, p. 21. — = Tome i, p. 38-41, avec une reproduction du Christ en croix, loi. 4 v», précédant le ï'c igiliir. — » Cf. Lacombe, BiWiof;rn/)/iie, p. .35.3 (n. 1757); voir aussi .\. Méziércs, Jniinml des snnants, mai 1911, p. 227, où la part faite à Delisle dans la rédaction du Catalogue de Cliantilly est beaucoup plus considérable. — ' Cf. Traubc, for/c.simffcn und Abliandhiittien, 1909, t. i, p. 63-65; 1911, t. II. p. 16 sq. — 'Voir d'ailleurs Mémoire sur d'anciens sacramentaires, p. 58. — ' A savoir dans le canon de la messe, toi. 9-11 x" (voir la planrlie n qui reproduit le loi. 9), dans la préface du supplément, loi. 92-94, en outre dans les premières lignes de beaucoup de fornuiles, fol. 16, 20, 21, etc. — ' Laconibc, n. 9r>(i. — " T. xxxti, 1" partie, p. 29-50, et 5 planches. — ' Sur tous ces manuscrits, ainsi que sur les suivants, voir spécialement S. BerKcr, Jlisloire de la Viilgale. 1893. — " Delisle a donné une description complète de cet incomparable volume dans le Cabinet des manuscrits, 1881, t. m, p. 2.34-238; voir les fnc-slmilés xx.
sont reconnaissables à la beauté de l'écriture, particulièrement à l'emploi d'une semi-onciale particulière dont le canon n'a pu être établi qu'au tx' siècle, à Tours même apparemment. J'énumérerai ces manuscrits en les ripartissant entre six catégories; les trois premières catégories appartiennent eu l'espèce à la liturgie :
1" Six grandes bibles " : 1. la première bible de Charles le Chauve, déjà nommée '"; 2. la bible alcuinienne de Moutier-Grandval (British Muséum, Add. 10Ô46): 3. la bible alcuinienne de Zurich: 4. la bible donnée par le comte Rorigon à Saint-Maur de Glanfeuil (Bibl. nat., 3)"; 5. la bible de Saint-Aubin (Angers, 2); G. la bible mutilée d'Antoine Faure (Bibl. Nat., 47).
2° Huit IhTes des évangiles : 7. les Évangiles de Lothaire (Bibl. nat.. 266) "; 8. les Évangiles de Nevers (British Muséum, Harleij 2790): 9. les Évangiles du Mans (Bibl. nat., 261); 10. les Évangiles iBibl. nat., 263); 11. les Évangiles de Montmajour (Bibl. nat., 267); 12. les Évangiles de Meaux (Bibl. nat., 274); 13. les Évangiles de Dufay (Bibl. nat., 93SS); 14. le fragment (2 feuillets) conservé aux Archives de la Côte-d'Or.
3" Deux sacramentaires : 15. le second sacramentaire de Tours (partie de Bibl. nat., 9430 et de Tours 184)^^; 16. le sacramentaire d'Autun".
4° Deux volumes patristiques : 17. opuscules de saint Augustin {De doctrina chrisiiana) et d'autres auteurs (Tours, 2S1 et Bibl nat.. Acq. l'>95) ; 18. le traité de saint Augustin De Genesi n litiera (Bibl. nat., Acq. 1-^72).
5° Cinq exemplaires du Martinellus : 19. recueil de Quedlinbourg '-; 20. recueil de Pithou (BiW. nat., I084S): 21. recueil Bibl. nat., SSS2; 22. recueil Bibl. nat., S325; 23. recueil Bibl. nat., 5ôS0.
6° Deux manuscrits classiques : 24. le Virgile de Berne, n. 16-'>; 25. le Nonnius de Leyde (Vossius, fol. 73).
En 1902, Delisle eut la bonne fortune de pouvoir compléter ses remarques de 1884 et de 1885, à l'occasion de la mise en vente des Évangiles de Prum du cabinet Goerres '". II reconnut dans ce manuscrit offert en 852 par l'empereur Lothaire à l'abbaye de Prum non seulement l'emploi de la semi-onciale de Tours, mais encore une décoration qui coïncide d'une manière frappante avec celle du sacramentaire d'Autun : deux des petits tableaux, représentant Jésus dans la crèche et l'ange qui s'adresse aux bergers, se retrouvent de part et d'autre (Autun, fol. 8, Prum. fol. 23) ", de telle façon qu'on doit supposer que les deux manuscrits ont été « peints p.ir le même artiste ou du moins copiés d'après un même modèle »* .» Delisle décrit complètement le volume des Évangiles de Prum, dans lesquels on notera le Capitulare cvangeliorum de circula anni (fol. "222-234), et sign.ale trois autres
3, 4, n. et. aussi l'article de la Biblintluqne de l'École des eltarlex. 1883, t. XLiv, p. 340-352, sur le recueil d'.\. de lînstard consacré:'! la Hible de Charles le Chauve. — " Cf. Delisle, Ac Cabinet des manuscrits, t. m, p. 250-253, et facs. xxv, 1-2. — " Ibid., p. 2.53 sq., et lacs, xxv, 5, xxvi, 5; en outre, dans l'Album paléogruiihique, 18.S7, pi. 22 (= fol. 9 v» et 123 v°). — " Voir ci-dessus p. 10, note 2 bis, — " Voir ci-dessus III, 0 et IV, 1 (premier parnprnphe). — "C'est ce manuscrit mfmc qui a fourni au Mémoire sur t'écnle cnttigraphiqiir de Tours son thème principal; voir In description p. 52-55, et les quatre premières plnnclics. ■ — " Journal des savants, septembre 1902, p. 4('.l-475; le lirnKc A part csl accompagné de deux planches (Lacomhe, n. 1870). — "le liiniie à part du Journal des savants donne la pholograpliio des deux fcuillels en question. — " /('i</., p. 473, Delisle fuit un rapprochement très Instructif avec les travaux de pl.vplique carolingienne mentionnés par E. Babclon, Histoire dr la gravure sur gemmes, Paris, 1902, p. 19-25.
DELISLE
livres des évangiles appartenant de même à l'école de Tours; ce qui permet d'ajouter au compte précédent : 26. les Évangiles de Prum; 27. les Évangiles des Célestins (Arsenal, 1171): 28. les Évangiles de Gozlein (Trésor de l'église de Nancy); 29. les Évangiles (Bibl. nat., 17227).
Une phrase du Mémoire sur l'école ciillii/raphiquc (le Tours exprime trop bien les préoccupations de Delisle pour n'être pas reproduite au terme de cette brè^■e notice : ■ Les Ijcaux volumes que nous a laissés l'école carolingienne de Tours sont des monuments nationaux, à la conservation et à l'étude desquels nous ne saurions trop nous intéresser i... » 11 faut dire aussi, mallicureusement, que le gouvernement français n'a pas su empêcher la Bibliothèque royale de Berlin d'acquérir les Évangiles de Prum.
2. Les manuscrits du st\le franco-saxon constituent moins un groupe calligraphique qu'un système spécial de décoration ou d'ornementation; de plus, ils ne sont plus aussi strictement localisés que les manuscrits de l'école de Tours. Le terme « franco-saxon » n'est pas excellent -, encore qu'on le puisse justifier '. Delisle d'ailleurs ne l'a pas inventé; les auteurs du Nouveau Traité appellent déjà l'écriture ornementale de la seconde Bible de Charles le Chauve « saxonne françoise »; A. de Bastard s'autorisa du précédent pour parler, à propos de cette même bible, du « style franco-saxon ». C'est en effet dans les publications du comte de Bastard que Delisle, comme précédemment, trouva la première idée de sa découverte.
Celle-ci est énoncée tout d'abord dans les pages qui servent d'introduction au Mémoire sur d'anciens sacranwnlaires *, et dans l'album qui complète cette étude ^ Delisle a constaté que les ornements si particuliers de la Bible de Charles le Chauve, ou Bible de Saint-Denis, et des Évangiles dits de François II — • deux manuscrits sur lesquels de Bastard avait appelé l'attention — reparaissent dans le sacramentaire de Saint- Amand conservé à Stockholm, dans plusieurs autres sacramentaircs carolingiens des provinces de Reims et de Sens, et aussi dans plusieurs livres des évangiles. Il se croit fonde à conjecturer que tous ces manuscrits dépendent du même mouvement artistique, ont été composés dans la même région et doivent être classés en une seule famille.
La thèse est exposée d'une manière définitive dans une étude, qui parut quelques années plus tard, sur l'Évangéliaire de Saint- Vaast ^ Le manuscrit 1045 d'An-as, qui contient les évangiles des solennités majeures ■ (sauf la perte du dernier tiers du volume primitif) ', est un ouvrage remarquable, — plus encore que par le luxe avec lequel il a été copié : onciales d'or cl d'argent sur fond pourpre, — par les motifs d'ornements qui distinguent les grandes lettres et les encadrements : têtes de cj'gnes, entrelacs, traits rectangulaires, pointes de flèches, fonds hachés à compartiments de marqueterie, etc. Or ce style d'apparat, qui semble bien imité de modèles anglo-saxons — plus
' Mémoire, p. 5t. — ' Cf. Trauhe,VorIesungen tmdAbhandhmgcn, 1011, t. ii, p. 10. - » Cf. llelisle. Mémoire sur d'anciens sacramcntaires, p. 59; L' ÉuanrjHiaire de Saint-Vaast, p. 16 sq. — « P. 58-61. — ' Planches v à xi et p. 6 (voir ci-dessus, 111,7) — 'L'Evangéliaire de Sainl-Vaast et la calligraphie fràncn-saxonne du JX° siècle, Paris, 18S.S, in-l°, 18 p. et 6 planches (Lacombc, n. 1084). — 'Delisle a publie les etti>iluln, loi. 3-0; ihid.. p. 0-7. Les i("'les, au nombre de trcntc-qiiatrc, sont celles de Vordo gréRorien du ix' siècle; les suivantes méritent d'être notées : XII, in natuli sancii Vedasti (6 février) ; xxiiii, |m nafn/i saneti Benedieti (11 juillet); xxx. in natali sancti Vedasli (1" octobre); xxxi, in nat(Ui omnium sanclorum. ■ — " .\ partir de la fête de saint .Jean-Baptiste (n. xxi- -X.x.xiv); le volume actuel prend lin avec le fol. 56. — ' Sur celle bible, cf. Pplisle, Le Cabinet des manuscrits.
exactement insulaires — est aussi le style delà seconde Bible de Charles le Chauve, le type du genre, et d'autres splendidcs manuscrits du ix= siècle. La plupart proviennent d'églises du nord de la France et des Pays-Bas; ceux dont l'origine n'est pas déterminée appartiennent presque nécessairement à la même région. On en peut compter dix-neuf au total, et l'on verra que dix-sept ressortissent directement ou indirectement à la liturgie. Je distinguerai encore des séries pour la commodité; cependant seuls les évangiles et les sacramentaires forment à proprement parler des groupes :
1° La seconde Bible de Charles le Chauve (Bibl. nat., 2), conservée à Saint-Denis avant la Révolution ».
2" Sept livres des évangiles, auxquels on peut joindre l'évangéliaire : 2. les Évangiles dits de François II (Bibl. nat., 257); 3. les Évangiles de Lyon (aujourd'hui II. 431)"; 4. les Évangiles de Cambrai, n. 309; 3. les Évangiles de Leyde, n. 48,- 6. les Évangiles d'Egmond (La Haye, 32); 7. les Évangiles d'Utrecht (musée archiépiscopal), provenant de Saint-Libuin de Deventer; 8. les Évangiles de Stavelot (Berlin, Hamilton, 2-5,3); 9. l'évangéliaire de Saint-'Vaast d'.\rras (voir cidessus).
3° Un psautier : 10. sous le n. 774 de l'Université de Leipzig, provenant de Soignies en Hainaut.
4" Sept sacramentaires : 11. le sacramentaire de Saint-.^mand, approprié ensuite à l'église de Sens, conservé à Stockholm"; 12. le premier sacramentaire de Saint-Thierry, composé primitivement pour Noyon (aujourd'hui Reims, n. 2i.3)'-; 13. le sacramentaire de Cambrai, n. 15S"; 14. le sacramentaire de Saint- Denis (Bibl. nat., 2290) »; 15. le fragment de sacramentaire de Vienne (Autriche), n. .95.?. provenant peutêtre de Liège"; 16. le sacramentaire de Tournai, à Saint-Pétersbourg "; 17. le sacramentaire d'Harlem (musée épiscopal) ".
5° LTne collection canonique : 18. Laon, n. 199.
6" Un manuscrit patristique : 19. le commentaire sur l'épître aux Romains sous le nom de saint Ambroise, Laon, n. 107.
Peut-être convient-il d'ajouter à cette liste deux manuscrits indiciués par S. Berger " : les Évangiles de Tours, n. 2.3, et le saint Mathieu de Boulogne, n. 12.Toutefois il faut prendre garde que le style franco-saxon, aj'ant eu de la vogue, a continué d'êti-e employé assez tard et par des mains souvent peu exercées; ce n'est plus alors qu'une imitation plus ou moins heureuse, et le plus souvent sans portée au point de vue de l'historien. D'autre part, il n'est pas étonnant que dès la bonne époque tel ou tel détail d'ornementation ait pu être emprunté aux meilleurs exemplaires du style franco-saxon; un manuscrit, pour s'inspirer en quelque mesure de ces modèles, ne devrait pas être rattaché au groupe principal. On peut remarquer, par exemple, que le sacranicntaire d'Amiens (Bibl. nat, 9432) est compris dans le Mémoire sur d'anciens sacramentaires " parmi les manuscrits du style franco-saxon, mais passé
t. III, p. 259 sq., et tacs. 1, 4, 5; voir aussi la planche xi de l'aUjum du Mémoire sur d'anciens sacramentaires. Sur les treize feuillets (fol. 408-420) volés par .Vymon en 1706 et restitués par les Trustées du British .Muséum en 1877, voir Mélanges de imléograpltie et de bibliographie, 1880, p. 351- ;i58 (n. XIV). — ■« Cf. llclislc, Xotices et extraits, 1880. t. XXIX, 2' p., p. 396 sq. (sous l'ancien n. 357). — " Cf. .^/<!moire sur d'anciens sacramentaires, p. 59, 108 (notice xxx, p. 106 sq.), et planches vu et viii de l'album. — " Ibid., p. 119 sq. (notice xxi, p. 110 sq.). — " Ibid., p. 400. . — " Ibid., p. 105 (notice xviii, p. 102 sq.), et planche v.- — " Ibid., p. 00, et cf. p. 105 sq. (notice xix). — " Ibid., p. 399 (appendice, n. .xix, p. 396 sq.). Voir sur ce manuscrit, .\. StacrU, Les manuscrits latins... conservés à Saint-Pétersbourg, t. I. — " Pas mentionné dans le Mémoire. — " Hi.':toire de la Vii/jnfc. p. 2S I sq. — " P. 60. et cf. p. 161.
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sous silence dans l'étude de 1888. Delisle aura pensé ■ que la décoration de ce manuscrit n'était pas en définitive assez significative. 11 a noté lui-niènic que les Évangiles de l'Arsenal, n. ô92 et le sacramcntaire de Saint-Père (Chartres, n. 4), tout en répétant plusieurs motifs du style franco-saxon, manifestent déjà la décadence '; bien plus, il a constaté la présence des fers de flèches dans le second sacramcntaire de Nevers qui date du xi^ siècle -, preuve que la tradition a duré assez longtemps, voire en dehors de son pays d'origine. .Aucun de ces manuscrits ne mérite d'être rangé dans la même classe que la Bible de Charles le Chauve. De son côté, S. Berger a signalé un manuscrit du xii= siècle qui rappelle encore l'ancienne manière : les Évangiles de Lille, n. lô, provenant de Cisoing, copiés entre 1119 et 1121' ; mais cette fois nous nous retrouvons dans la région qui a produit les chefs-d'œuvre du IX' siècle. Le même auteur estime que trois des manuscrits comptés parmi les monuments authentiques (n. 4. S et 10) devraient être plutôt regardés comme des travaux dégénérés.
Il reste, comme l'a montré Delisle, que sous le règne i de Charles le Chauve, et dans la partie septentrionale ^ des anciennes provinces de Reims et de Sens, de riches manuscrits ont été exécutés, dont la seconde Bible de Charles le Chauve est le représentant le plus parfait, et parmi lesquels on distingue un groupe important de sacramentaires. Janitschek a vainement tenté de fixer à Saint-Denis le point de départ de ce mouvement artistique '.
■y. Les livres boyaux. — Les manuscrits de l'époque carolingienne ne sont ornés de peintures que dans des cas exceptionnels; l'enluminure proprement dite ne commence guère d'être pratiquée avec succès • — en France du moins — qu'à partir du xiii" siècle. Les plus beaux livres de cette espèce étaient naturellement destinés à de grands personnages, capables d'en payer le prix ou dignes d'être honorés par des cadeaux somptueux. Entre tous, les livres de la catégorie liturgique, psautiers, bréviaires, livres d'heures, furent confiés dans ce but à l'art des enlumineurs. Nous avons ainsi pour la seconde partie du moyen âge et jusqu'au xvi= siècle, plus tard encore, un nombre considérable de manuscrits précieux qui intéressent en premier lieu aujourd'hui les amateurs d'art, mais que les liturgistes ne sauraient négliger. En ce domaine L. Delisle, procédant en pur historien, et travaillant pour l'amour des livres, comme on nous l'assure, non pour celui de l'art même aux joies duquel il était peu sensible, a fait une oeuvre que les experts déclarent admirable et pleine d'enseignements '. Sans insister sur les résultats proprement techniques de ses études, je crois utile de dresser une table des principaux livres Uturgiques à miniatures qu'il a examinés, datés, identifiés. De bonne heure, il eut l'occasion de s'occuper des livres de Char-
' Ibicl., p. no, cl cf. p. l.S^ pour le sacramcntaire de Sainl- IVrc. - ' Ibitl., p. ilii, et cf. p. 2S1; voir aussi Le CabincI (les miinuscrils, t. m, p. 276-278 et facs. xxxii, 5. -j i^, cit. — • Sur tout ceci, voir les excellentes remarques de S. Berger, op. cil., p. 2S4 sq., 291 sq. ; et. Revue bénâdicline. 1911, t. XXVIII, p. 37fi. Au point de vue chronologique, Berger propose comme termes les années 83.t et 865: sa réfutation de la théorie de Janitschek est convaincante. - ' Cl. G. Perrot, BibliolMqtie de Vtlinh .;,% , luirlrs, 1912. t. i-xxiii, p. 'tS-.'iS, d'après P. Duni. n imim i|.;.l. nimt; voir aussi P. Durrieu, Journal îles xiiixinl.^. \iui\ n i r.'ii'i, p. 6. — 'Voir, par exemple, A'oira sur la bibluiUiniae de la Sainle- Chapelle de Bourges, dans la Bihliotlu'que de l'Écnlc des Charles, 18,")G,t. xvii, p. 142-1.59 (Lacombcn. Vin); et sur la bibliothèque de Charles V, l.c Cabinet des nianuserits, 1808, t. I, p. 13 S(i., 27 sq. — ' Gazelle des beaux-aris, lévrier, avril, mai 1881 ; je citerai le tirage à part, 39 p. et 5 planches (Lacombe, n. 889). — ' C'est la date du tirage ù part (Lacombe, n. 1181); cette notice fut composée pour le t. XTXi
les V et du duc de Berry ', comme de publier quelques notices sur des manuscrits à peintures. En 1884, il fit paraître des articles très remarqués sur Les livres d'heures du duc de Bernj ', en 1890 la belle notice sur les Livres d'images destinés à l'instruction religieuse cl au.v exercices de piété des laïques *. Il avait trouvé un filon d'une extrême richesse; il l'exploita surtout pendant les dix dernières années de sa vie. L'étude des monuments de l'art carolingien, pensera-t-on, l'avait particulièrement préparc à cette entreprise. On peut faire rentrer commodément ses diverses publications dans le cadre de la Sotice de douze livres royaux du -V///» et du A/rc siècle (1902) "; il suffit de reculer la limite inférieure jusqu'au XVI" siècle, pour faire une place aux derniers ouvrages de 1910. La définition donnée des « hvres royaux > tient bon : une •< série de livres, psautiers, heures et bréviaires, qui ont servi aux dévotions de rois, de reines, de princes et de princesses de la Maison de France"... » — du xiii'-' au xvi" siècle. En dehors de cette catégorie, Delisle n'a examiné qu'un petit nombre de manuscrits liturgiques enluminés, qu'il n'y a aucun inconvénient de placer dans une section ultérieure (VI). Je présenterai donc successivement, et le plus brièvement possible, d'après Delisle, les livres liturgiques attribués à saint Louis, à Philippe le Bel, à plusieurs reines et princesses royales du xiv» siècle, à Charles V, à Jean duc de Berry, à Marie de France fille de Charles VI, à Charles frère de Louis XI, à .\nne de Bretagne, à Henri II.
/. Livres de saint Louis. Delisle en fait connaître cinq :
1. Le Psautier d'Ingeburge, au Musée Condé, Chantilly, n. 9, 200 feuillets ", comprenant : un calendrier parisien, une cinquantaine de tableaux de l'Ancien et du Nouveau Testament (fol. 10-37), les psaumes et les cantiques, des litanies (fol. 188), une série de prières (fol. 191-200) '-. Ce volume doit avoir été fait au commencement du xiii" siècle pour la reine Ingcburge de Danemark (t 1236), femme de Phi!ippe-.\ugustc; il appartint ensuite à saint Louis (selon une note du xiv« siècle au verso du dernier feuillet ; Ce psautier ju saint Loys), puis à Charles V (un gros Ps(ndtier. nommé le Psaultier saint Loijs, très richement enlumijné dur cl ijstorié d'anciens ymaycs..., comme porte l'inventaire de 1380).
2. Le Psautier de Leyde, Université, supplément n. 318, 18.5 feuillets, fin du xii' siècle " ; calendrier où dominent les fêtes anglaises, tableaux comme dans le psautier d'Ingeburge, psaumes et cantiques, litanies avec beaucoup de saints anglais, dix oraisons (fol. 182 v°-184) augmentées au xiii« siècle des suffrages pour les jours de la semaine ". Le calendrier et les litanies certifient l'origine anglaise; le livre a pu être fait pour Geoffroi Plantagcnet, archevêque d'York (1191- 1212), on pour un de ses familiers ; il y a raison de croire
de l'Histoire littéraire de la France, qui ne parut qu'en IS'.Kl (p. 213-28.-)). — » Lacombe, n. 1878. — " Notice, p. 1. — " l'Uudié à diverses reprises par Delisle : A'o/icc sur le Psaidier d'Inqeburqe, dans la Bil>liolhi''que de l'École des cliarles, 1867, I. xxviii, p. 201-210 (Lacombe, n. 294); Ilisloire lilléraire de la I''rance, 1893, t. xxxi, p. 264 sq.; Chanlillji. Le Cabinet des livres. Munu.scrils, 1900, t. i, p. 9-12; Notice de dnu:c livres roijau.r, 1902, u. i, p. 1-17, appendice, p. 9.")-97, et planches i-m; lircliTrlws sur la librairie de Charles V, 1907, 1. 1, ]>. 163-172. Ilelisle consiilére comme purement gratuite la thèse d'A. Ilaseloil tendant à attribuer une origine anglaise à ce maïuiscrlt. ■ — '^ Delisle donne les premiers mots de chacune de ces trente et une I)rièrcs, S'oticc..., p. 96 sq. (.\i>peudiee n). — "Cf. Mélanqcs de paléograiihic et de bibliographie, 18,S0, n. vu, p. 167- 172; Histoire lilléraire de la France, t. xxxi, p. 267 sq.; Notice de douze livres rouaux, n. il, p. 19-26, appendice, p. 100 sq., planches iv-vii. — " Voir In liste dans Notice.,., p. 23.
DELISLE
qu'il fuL rapporté d'Angleterre peu après 1212 par Louis de France, fils de Philippe- Auguste, et que Blanclic de Castille le reçut de son mari; une note du commencement du xiv« siècle atteste qu'il servit à l'instruction de saint Louis : Cist l^saulticrs juil muiisaiijneur suint Looys. ({iii fil roijs de France, auquel il aprisl en s' enfance (fol. 30 v", de même fol. 185).
■i. Le Psautier de l'Arsenal, n. ll)>6, 192 feuillets, du commencement du xiii" siècle ' : même composition (|ue les livres pi-éccdcnts: le calendrier est français; une note du xiv siècle déclare : C'est le psauUier monseiijneur saint Loijs, lequel fu a sa mère (fol. 191); le volume en effet fut composé i)our une dame et » a bien l'aijparence d'un livre royal •.
4. Le petit Psautier de saint Louis, Bibl. nal., lOiii, 260 feuillets -; soixante-dix-huit tableaux (fol. 1-78, " le meilleur c-cemplc qui nous soit parvenu de la peinture française du milieu du xm" siècle «), calendrier avec obits intéressants (.Robert d'Artois, reine Blanche, fol. 79-84 v), psaumes et cantiques, i II a droit à tous nos respects, car il a été fait pour saint Louis qui a dû souvent en tourner les feuilles pendant les dernières années de sa vie ^ ; ■ il appartint ensuite à Charles V (un autre psaultier mcndre, qui fut monseigneur saint Loys, très bien cscript et noblement enluminé...), puis à Marie de France, fille de Charles VI, religieuse de Poissy.
5. Le petit Psautier du cabinet Yates Thompson, 3U0 feuillets ' : un frère jumeau > du précédent quant à la décoration, mais ollrant en plus : l'oirice de Notre- Dame (fol. 177-198). une série de ' mémoires » (fol. 198- 2118). les petites heures de Notre-Dame (fol. 209-22(5), Us psaumes de la pénitence et les htanies (fol. 227-233), (|uelques oraisons, l'oflice des morls (fol. 242-271), les offices pour les dilïèrentes fêtes de Notie-Dame; Delisle fait remarquer que tout ce supplément annonce les livres d'Heures du xive siècle. Ce volume est sorti du même atelier que le petit psautier de l'Arsenal et dut appartenir à une princesse de la famille de saint Louis, peut-être Isabelle de France, sœur du roi, fondatrice de Longchamp.
On ne peut sui\Te au delà du xv« siècle la trace du célèbre bré\iaire de saint Louis, perdu dans la déroute de Mansourah, puis retrouvé à \.\ suite d'un incident merveilleux dont il est question dans Ici anciens ofiices de la fête de saint Louis '.