‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 102 sur 303 · DIL · texte numérisé non relu

DIL

P.EGniintc chil DEBErto

Puis à côté se trouve le nom de Clodoald, son neveu, qui était sans doute du voyage, mais celui-ci écrit en caractères runiques, ainsi qu'un certain nombre « d'épitaphes tracées sur des tuiles à rebord, et le nom d'un Franc inscrit sur la vasque où il avait sans doute reçu le baptême. » Llne de ces inscriptions runiques, ainsi conçue : « Ingomer, fils de Hagen, en paix sous le régne de Clovis, consul, » prouverait que Clovis, ayant reçu de l'empereur Anastase les insignes du consulat, se serait paré de ce titre de consul en même temps C[ue de celui de roi '.

Certes, remarquait Alf. Darce!, toute cette série de découvertes était de la dernière importance. Malgré ce fait, énoncé tout d'abord par Ch. Lcnormant que le sieur Boutel avait arraché " jusqu'au dernier moellon du baptistère »; malgré le mot «imagination » inséré plus loin, on croyait trouver sur place au moins quelques vestiges de ce baptistère, dénudé il est vrai, mais assez bien caractérisé pour qu'on pût le «reconstruire, en imagination, tel qu'il existait peut-être, » avec ses inscriptions monumentales.

La conviction qui, chez M. Lcnormant, avait donné tant de relief à sa phrase, s'était communiquée à ses lecteurs, de sorte que la Société de l'Eure, désireuse de visiter ces admirables découvertes, fut bien surprise de ne rien rencontrer de ce qu'elle s'attendait à voir.

Suivant elle, le trou elliptique d'où Boutel avait ■extrait les pierres dont le tas avait formé le champ des explorations de Ch. Lcnormant, n'avait point reçu sa forme d'une maçonnerie formée par ces matériaux. Ceux-ci, ne laissant voir aucune trace de mortier, n'auraient servi que comme remblais pour combler cette excavation. Mais qu'était celle-ci, et pourquoi la forme régulièrement elliptique que lui avait donnée Boutel'? Celui-ci, suivant la commission, retirant les pierres taillées du sol où elles étaient enfouies « formant une espèce de mur à sec, » fut obligé d'enlever en même temps le sol éboulcux qui bouchait sans cesse ses excavations. Il arriva ainsi jusqu'au sol vierge. Celui-ci formait un trou à sec-

'' Décoiiverle.p. 68; Inscr. chrel., t. i, n. US, pi. 71 ; Corp., inscr. lat., t. xiii, p. 37», n. 362*. — 'Inscr. chrél., t. i.

tion elliptique, dont le grand diamètre était de2"°40 et le petit de 2 mètres. Au fond était un^encuvement elliptique mesurant l^JO sur 1 mètre, épousant exactement la forme de l'enceinte extérieure, et profond de O"!."), formes qu'il n'avait point cherchées. Un petit canal oblique, de 0'"4ô de large, conduisait de cet cncuvcment vers la vallée. II était formé de moellons et de fragments de tuiles romaines dont quelques-uns étaient encore en place. Le terrain vierge qui bordait le canal et celui qui décrivait la forme du prétendu baptistère étaient brûlés ; les blocs de marne, noyés dans le sol, étaient effrités. C'était, suivant la commission, un four à chaux, à fourneau elliptique, avec le canal nécessaire pour alimenter ce foyer d'air et de combustible.

Fr." Lcnormant, dans sa réponse, soutint sans en démordre, que les moellons trouvés en tas par son père et par lui, tapissaient les parois de l'encuvement; que les fragments de colonne composant ce mur sont encore couverts de mortier. Ce mortier prouve qu'ils servaient à former un mur, tandis que l'absence de trace de feu sur ces fragments, indique que ce mur ne contenait point un four à chaux. Les traces de feu que l'on remarque sur les parois du trou seraient antérieures à la construction de ce mur, et la couche de charbon ciue l'on a trouvée au fond de rencuvcraent ne serait autre chose que ce que l'on trouve d'ordinaire dans les ruines romaines du département de l'Eure.

Le mur, qui tapissait les parois de l'excavation, avait 0"°20 d'épaisseur. 11 remplaçait, on le sait, l'exèdre entourant la colonne votive de Serquinius, exèdre orné de deux petites statues de génies à ses extrémités, ajoute Fr. Lcnormant à la description sommaire donnée par son père. Or, si nous mesurons les dimensions données par M. Lambert, architecte, dans la restauration qui accompagne le second Mémoire de Fr. Lcnormant, nous trouvons, pour le petit axe du baptistère :

Diamètre total 2°'40

A déduire, deux murs de 0"20 chacun

au minimum O^^O

Reste, pour l'enceinte intérieure . . 1 "80 Petit diamètre de la cuve baptismale

à déduire 1°10

Reste.

0"ôO

Ce sont ces cinquante centimètres dont il faut prendre la moitié pour avoir l'intervalle laissé libre entre la cuve et le mur extérieur, soit 0'°25. Ainsi, quelles que soient la simplicité de la primitive église et la rusticité des constructions élevées par saint Taurin, un évêque aurait fait élever un baptistère pour y entrer, même avec un seul parrain et un seul clerc, par un couloir de 0"15 do largeur, et il n'y aurait trouvé pour s'y mouvoir qu'un espace circulaire de 0"25 1

Nous av'ons j^ris pour le petit diamètre la longueur de 2 mètres donnée par Fr. Lcnormant lui-même. M. Lambert l'augmente un peu dans son plan, de façon à donner 1 "30 au lieu de 1 "oO à ce petit diamètre intérieurement. On trouve alors 0°M0 pour l'espace circulaire. Celui-ci est-il sufBsanf? Et que devient cet espace, si le mur extérieur, mur de soutènement en même temps, au lieu de cette épaisseur minime de 0°20, est porté :\ O^IO, comme le veut la commission, afin de pouvoir placer dans son épaisseur des fragments qui mesurent ces dimensions en tous sens'? 11 est réduit ù 0"°0ô, c'est-à-dire à rien.

n. 127, pi. 99; Corp. mscr. lat.. t. XIII, p. 36', n. 337*. > Inscr. chrél., 1. 1, n. 145, pi. 112.

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