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2564 à 2569. — Chapiteaux de Sainte-Marie d'Aumna, à Milan. D'après F. de Darlein, Étude sur l'architecture lombarde, 1882, p. 103.
piteau de la mosquée de Kairouan, c'est le losange'.
Mais tandis que les chapiteaux que nous venons d'analyser présentent quatre faces nettement marquées par des arêtes qui en délimitent les contours, voici qu'à Saint-Apollinaire Niiopo, les rinceaux traceront leurs méandres tout autour du chapiteau, sans que rien n'en vienne interrompre le contour sinueux (fig. 2562). Ce feuillage rappelle le dessin un peu dur du chapiteau de Saint-Vital.
Les chapiteaux de Sainte-Sophie et ceux de Ravenne nous aident à comprendre le parti pris décoratif de l'art byzantin : réduire les lignes ri des contours afin de ne rien enlever à iiffet des surfaces. Nulle part mieux que dans les chapiteaux cette préoccupation apparaît évidente. Tandis que l'acanthe accrochait le regard, l'iu-rètait et rompait la ligne, le cube damasquiné, pour ainsi dire, ouvragé, s'harmonise avec l'ensemble de la décoration, ses sculptures, fines et délicates; n'offrent ni reliefs prononcés, ni motifs accentués, comme les revêtements en marbre et en mosa'ique des parois, elles sont purement superficielles. Si méri-
' Ch. Diehl, Justinien et lu civilisalion byzantine au VI.' siècle, p. 176, fig. 64.
la base du chapiteau, de telle sorte que celui-ci n'a pas l'apparence d'une pièce séparée, mais qu'il produit l'effet d'un épanouissement de la colonne. Le parement se trouve découpé par un réseau de sculptures refouillées par dessous, véritable dentelle qui enveloppe la masse du chapiteau et qui semble indiquer jusque dans une matière dure et homogène, le caractère essentiellement superficiel de la décoration byzantine. La plate-forme n'est chargée qu'au milieu; les bords ne portent rien : aussi les sculptures des parements vont-elles jusqu'au sommet sans qu'il y ait aucune moulure de couronnement. La pression des arcs est transmise à la colonne par un grand sommier, d'un profil très ferme, qui repose sur le dessus du chapiteau par une base carrée, à peu près de même largeur que le diamètre de la colonne. Les quatre faces du sommier sont inclinées, de manière à élargir la surface d'appui supérieure: mais leur inclinaison est inégale, afin que cette surface, au lieu d'être carrée, se trouve allongée, comme il convient, dans le sens de l'épaisseur du mur. Le sommier n'est décoré que par quelques moulures à la partie supérieure et par un monogramme, sculpté en saillie, sur la face de devant. Ses parois lisses et ses formes accentuées
CHAPITEAU
lui donnent le caractère vigoureux qui convient à sa destination. Il fallait une base très ferme à une colonne aussi robuste. Cette condition a été parfaitem;nt réaliste par une espèce de socle composé d'une série de gradins octogonaux ou circulaires cjui vont en s'élargissant assez pour que le diamètre de celui qui pose sur le sol soit à peu près égal à la largeur du chapiteau.
Et puisque nous avions soin de noter il n'y a qu'un instant la présence simultanée de deux courants artistiques à Ravenne se manifestant dans les basiliques de Saint-Apollinaire et à Saint-Vital, nous pouvons faire remarquer que dans Saint-Vital même, d'un étage à un autre, ces courants reparaissent. Le chapiteau et la colonne qui viennent d'être décrits offrent au plus haut degré les traits saillants et caractéris-
l'architeclurc et dujsystème^de'^construction, remonter au VII' ou au viii" siècle, ce sont les basiliques de Saint-Vincent à Milan et de Sainte-Marie (lelle caccic à Pavic. Ajoutons-y le vase de Liutprand à Bologne, l'autel de Pemmone et le baptistère de Cividale.
A Saint-Sauveur de Brescia, la plupart des chapiteaux sont de diverses provenances, deux sont d'une forme et d'un travail purement byzantin;. A Saint- Vincent in prato de Milan les chapiteaux offrent une série dégradée de types depuis le chapiteau corinthien romain jusqu'à d'informes ouvrages faits sans doute pour le monument. Avec l'église d'Aurona, dont les débris se trouvent aujourd'hui au musée Brera, à Milan, nous avons les restes d'un monument qui remonte à la première moitié du vin' siècle. Les
2ô'M et 2Ô71. — Chapiteaux ciu baptistère de Cividale. D'après F. de Dartein, Étude sur l'architecture lombarde, atlas, pi. 12, 13.
tiques de la colonne byzantine à l'étage inférieur. Colonne et chapiteau de l'étage supérieur, quoique surmontés d'un sommier sont bien moins originaux, le chapiteau imite le corinthien romain et la base rappelle la base attique.
XrV. Italie. — L'invasion des Lombards détruisit plus qu'elle n'édifia en Italie^ II est malaisé de juger des constructions eu égard au petit nombre et à l'incertitude des dates de celles qui subsistent. Les recherches ont restreint de plus en plus le nombre des édifices estimés lombards, si bien que tous ceux qui auraient droit à ce titre sur la foi des dates relatives à leur fondation, un seul, à notre connaissance, subsiste à peu jirès dans son état primitif, c'est la basilique du Saint-Sauveur à Brescia. On peut lui associer les débris de l'église d'.\urona à Milan; et peutêtre convient-il d'attribuer le même âge à l'église de Sainte-Marie in l'ulln à Cividale. Deux autres églises, sur l'origine desquelles on ne possède aucun renseignement, pourraient aussi, d'après les caractères de
* Cordero di San Quintîno, DeW ilaîîana architettura durante la dominazione hnijoharda, Brescia, 1S29; Odorici, Antichilà cristiane di Brescia, Brescia 184")-, F. de Dartein, Étude sur l'architecture lomhnrde et sur les origines
sculptures ressemblent beaucoup à celles des petits monuments de Cividale. Les chapiteaux décorés de feuilles d'acanthe semblent témoigner par le modelé plus mouvementé des feuillages d'un art un peu plus libre et plus avancé (fig. 2564 à 2569); mais l'exemple des chapiteaux du baptistère de Cividale (fig. 2570-2571), qui remontent au viii' siècle et sont exécutés, quant aux saillies, avec une hardiesse encore plus grande, peut s'expliquer à Aurona par une simple difitércnce dans le type des chapiteaux. Les uns en forme de corbeille, enveloppés par plusieurs rangs de feuilles aux extrémités proéminentes, dérivent du chapiteau corinthien. Les autres, à faces planes, taillées en forme de segment circulaire et raccordés au fût par des triangles sphériques, appartiennent :fl! type du chapiteau cubique : ils sont couverts, à la mode byzantine, d'ornements méplats d'un faible relief qui remplissent la condition essentielle pour des chapiteaux à contours géométriques, de ne point altérer les formes. Nous trouvons ici, dans son complet développement,
de rarehilectare romano-by:anline, Paris, 1882, p. 91 sq., et Atlas, in-fol.; R. Cattaneo, I.'archilellura in Italia dal secolu VI al mille circa. Ricerclie slorico criliche, in-S", Venezia, 1889.