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CHAPITRE DES CATHEDRALES

caractère de leur ministère et de leur activité. Tout au plus y a-t-il à noter ici le pouvoir qui leur était accordé, d'admettre, à défaut d'un prêtre, à la communion de l'Église, les apostats repentants de leur faute et qui se trouvaient en danger de mort •.

Nous ne possédons qu'un unique indice sur le nombre des membres dont se composait un collège presbytéral. Une lettre souvent citée du pape Corneille fait le dénombrement du personnel de l'Église romaine laquelle comptait quarante-six prêtres et sept diacres dans le conseil presbytéral. Peu de temps après la paix de l'Église, sous l'épiscopat de saint Alexandre, l'Église d'Alexandrie compte dix-sept prêtres et vingt diacres '. On voit d'après ces chiffres, qu'on ne peut rien conjecturer de très probable relativement à la statistique. Quelle pouvait être l'importance d'un collège presbytéral dans les bourgades où on voyait établir des évêques nonobstant les défenses des conciles'? L'abus était invétéré, on le signale en Syrie, en Égv'pte, eu Italie '; près d'Alexandrie, un évêquc s'installe dans un hameau jusque-là si insignifiant que chaque dimanche les habitants allaient assister à la messe du village voisin. Dans ces conditions on entrevoit qu'il ne pouvait être question de collège presbytéral. Il en est de même pour les évêques ambulants ou chorévéques qui se portent tantôt sur un point tantôt sur un autre, évitant un personnel qui entraverait leurs mouvements.

III. Aux iv= ET v^ SIÈCLES. — L'idée du lien qui rattache entre eux les membres du collège de l'évêque et ce collège à l'Église qu'il administre, apparaît clairement au concile de Xicée qui interdit à l'évêque, au prêtre et au diacre de quitter pour quelque motif que ce puisse être l'Église dont ils font partie intégrante en vertu de leur ordination : placuit omnino iskan ascindi consueiudinem quœ contra rcgulam est sicubi iamcn sit, id est, ne de civitate ad civitateni transeat vcl episcopus, vel presbytcr, vcl diaconus ^. Le canon 18» n'est pas moins important en ce qu'il montre la nécessité de rappeler aux diacres une subordination dont ils n'étaient que trop disposés à s'écarter; nous avons déjà signalé cette tendance : Diaconi inlra suas mensuras pernumeant, scieiiles quod siint quidem episcopi ministri, presbyteris vero minores... ncc in medio presbyterorum liceat diaconis scdcre '. Ce rappel à l'ordre n'empêche pas qu'on reconnaisse à tjut le collège son rang éminent, ainsi le concile d'Antioche, en 341, dans son canon 1" donne aux trois degrés dont il se compose le titre de « présidents » de l'Église : tl ai

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TEpo; Y, S'.ixovo;. Saint Jérôme est donc bien dans' la tradition quand il parle de sénat ecclésiastique composé de prêtres : ci .nos habemus in ecclesia senatam noslnim, ccetum presbytcrorum ', mais saint Basile est ])lus intéressant encore lorsqu'il évoque le souvenir de la vieille institution municfpale, la polis, et qu'il parle de ce cjvéôp'.ov toO ^fïaôjiïoio'j toO y.xx'x Tr.v -ôXiv '. — A ces textes, il est aisé d'en ajouter plusieurs autres qui marquent tous la tendance à réprimer les excès de pouvoir de l'évêque par l'intervention du conseil. Les Stnlula Ecclesiœ antiqua imposent à l'évêque, sous peine de nullité, de ne prononcer de sentence juridique qu'avec la collaboration de son clergé, représenté par le conseil : Episcopus nullius causam audiat absque prœscntia clcricoruni suonim;

alioquin irrita erit senlentia episcopi, nisi clericorum prœscntia firmetur'; restrictions analogues en ce qui concerne les ordinations : Episcopus sine concilioclericorum clericos ordinet '°. En l'absence de l'évêque une phrase de saint Hilaire de Poitiers, au temps de son exil (354-560), nous apprend que le conseil jouissait de droits identiques à ceux que nous avons vu déléguer à Cartilage un siècle auparavant : Episcopus ego sum in omnium Gallicarum ecclesiarum et episcoporum conuminione, licet in exilio permcuiens et Ecclesiœ adhuc per presbyleros meos communioneni distribuens ".

Au iv* siècle, nous avons vu que le conseil d'un évêque d'Alexandrie se composait de dix-sept prêtres et vingt diacres; nous serions très disposé à croire que jualgré le triomphe officiel du christianisme et le recrutement subit des communautés et du clergé, le nombre des collaborateurs de l'évêque fut moins considérable qu'on est disposé à le croire. Saint Hilaire, dans son commentaire sur la première lettre de saint Paul à Timothée, opine que dans chaque cité on doit trouver un évêque, sept diacres et deux prêtres pour chaque église : Septem diaconos, idiquanlos presbyteros, ut bini sint per Ecclesias. A Hippone, saint Augustin fut quelque temps l'unique prêtre de l'évêque Valère et lui-même, devenu évêque, n'eut que neuf prêtres dans son conseil outre les diacres. Nous ne hasarderons pas de décider de la situation des prêtres et des diacres vivant hors de la ville épiscopale. Leur nombre était considérable et parfois ils semblent former un groupe bien déterminé dont nous ignorons les rapports avec le conseil épiscopal proprement dit. Ainsi, à Alexandrie, la sentence de déposition d'Arius est souscrite p.ar dix-sept prêtres et vingt diacres de la ville et far dix-neuf prêtres et vingt diacres de la ilaréote'-, district dépendant de la ville et dans lequel il n'y eut jamais d'évêque ni même de chorévêque '^. Thomassin a tranché la question sans égard pour ce clergé diocésain. « Le clergé supérieur de chaque ville épiscopale composoit, selon lui, un corps et formoit le conseil de l'évêque, goiivernant avec lui et sous lui tout le temporel et le spirituel du diocèse. Voilà la nature des chapitres en ces premiers siècles : voilà leurs occupations; voilà le rang et l'autorité sublime qu'ils avoient. Ils ne vivoient pas en communauté", non plus qu'à présent; mais ils possédoient en commun tous les revenus de l'Église, chacun en recevant les distributions manuelles proportionnées à son ordre, et à son travail, comme nous dirons en son lieu. Ils étoient liez entr'eux et avec leur évêque par une société très étroite et très nécessaire pour le maniement de toutes les affaires spirituelles et temporelles du diocèse, ou de la province '^. » C'est cependant le même Thomassin qui a recueilli dans Socrate la mention d'un prêtre de la banlieue de Constantinople >* à propos duquel il remarque que s les curez composoient le chapitre et que les prêtres ou chanoines avoient des églises particulières pour lesquelles ils étoient ordonnés. >

Outre le conseil épiscopal on vit parfois, et par mesure générale, des évêques i associez par divers accidens et qui ne se croyoient pas deshonorez de rentrer dans une si auguste compagnie, dont ordinairement ils avoient été tirez. » C'était le cas pour les évêques qui n'avaient pu se faire recevoir dans leur ville épiscopale; le concile d'Ancyre les confinait dans

' De Smedt, loc. cit. — 'P. G., t. xviii, col. 577 sq. — ' Conc. Laodic, can. 57', dans Mansi, Conc. antpliss. coll., t. II, col. 574. — * De Smedt, loc. cit., n. iv. — ^ Conc. Kiceen., 325, can. 15, Mansi, op. cit., t. u, co!. 691. — * Can. 18, op. cit.: col. 675. — ' S. Jérôme, Comment, in Isaiam, c. m, P. /.., t. .xxiv, col. 61. — " Ph. Schneider, Die bischoflichen Domkapitel, in-12, Mainz, 1885, p. 13. — • Hefele-Leclercq, His/oire des concites, in-S», Paris, 1908,

t. n, p. 115. — ^'Statuta, can. 22, op. cit., p. 114. — "S. Hilaire, Ad Constantium, P. G., t. xviii, col. 577-581. — '-' Maryout. chet-Iieu de ce district, est situé à vingt-six kilomètres sud-ouest d'Alexandrie. — "S. .\thanase, Apol. contra arianos, c. lxxxv, P. G., t. xxv, col. 400. — " Voir Chanoines. — " Thomassin, Ancienne discipline de f Église, in-fol., Paris, 1725, t. i, col. 1361. — '• Socrate, Hisl. eccles., I. VII, c. xxvi, P. G., t. Lxvii, col. SOO.

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