CHAPITRE DES CATHÉDRALES — CHAPITRE MONASTKjUE
metropolitunonini et calhedrcilium archi- el episcopatuiini Germania; origine, progressa el furibus, in-4'', Amstelodami, 1758. anonyme et réimprimé dans Opuscula juridica varii argamenti, in-4'', Ingolstadii, 1747-1759, t. II, p. 370-500. — Les chapitres des cathédrales au concile de Trente, dans Analecta juris pontificii, 1863, p. Ifi58. 1795, 1978. — P. Leurenii, Vicarius episcopalis siue tractaliis qaaternarias, puta de episcoponim vicariis, quales siint el in jure dicuntur : Vicarius episcopi generalis, e/usdemque coad/iitor, capitulum sede vacante et archidiaconiis, in - fol., Colonise Agrippinse, 1739. — M. Lowenheim, Dissertalio de vita canonica ejusque vestigiis hodiernis, in-4°, Wirceburgi, 1795. — A. Marci, Disserlatio de turno ecclcsiarum germanicarum, in-4°, Moguntiae, 1782. — C. M. de MasUaux, Dissert, juris eeclesiastici exhibens historiain exercitiiun ac suspensionem turni ecclcsiarum cnlleg. Coloniensium, in-8<',Bonns, 1786. — F. J.L. MuyeT.Disserl.dcdignilatibus in ca pitulis ecclcsiarum cathedraliumet collegiatarum, in-8'', Gotting;e,1782. — E.de Mezeray, Mémoires historiques et critiques pour divers points de l'histoire de France et plusieurs autres sujets curieux, in-8°, Amsterdam, 1732; 2' édit., 1753, p. 73- 84. — A. Mirjeus, De' collcgiis canonicorum per Germaniam, Belgium, Galliam, Hispaniam, Italiamque aliasque orbis christiani provincias liber singularis, in-S", Col. Agripp., 1615. — A. Mûller, Lexikon des Kirchcnrechls und der rômisch-katholischen Liturgie, in-S», Wu-zburg, 1830, t. ii, p. 101 : Domkapitel. — G. C. Neller, Lucubratio succincla de varietale resideniiarum canonicalium, in-4°, Treviris, 1759; Disicrl. de genuina idea et signis parochialitatis primitivœ ejusque principio incorporatione ex chartis Trcvirensibus confccta. in-4<>, Treviris, 1752; Dissert, de juribus parochi primitivi, in-4<>, Treviris, 1752. — J. F. Pavinus, Tractutus de officia et potestute eapiluli sede vacante, in-S", Parisiis, sans date. — F. S. Petz, Der Bischof und das Domkapitel oder die ivechselseitigen Bezichungen der Bischôfe und ihrer Kapilel, in-S", Passau, 1875. — Chr. Probst, Turnarius ecclcsiarum Germuniie seu liistoria turni eeclesiastici, in-4'', Bambergîe. 1777. — J. S. Rau, Die Redite der Domkapitel ivàhrend der Erledigung und Behinderung des bischoflichen Stuhls, dans Tùbing. theolog. quartal- .tchrift. 1842, p. 36 5-412. — J. J. Ritter, Der Kapitularvikar. in-S», Miin.tcr, 1842. — N. Rodr. Fermosinus. De poteslate eapiluli sede vacante neenon sede plena et quid possint episcopi per se aut debeant una cum capitula exequi, tractutus très, in-fol., Lugduni, 1666. — J. Sartori, Geistliches und weltliches Staatsrecht der deutschen catholischgeistliehen Erz-Hoch-und Ritterstifter, 4 vol. in-8°, Nurnberg, 1788-1791. — H. Schuberth, Dissert, de origine et condilione ecclcsiarum collegiatarum dans Mayer, Thés, nov., t. i, p. 157. — Pli. Sclineider, £)ie bischoflichen Domkapitel; ihre Entwiklung und rcchtliclie Stellung im Organi.<!~ mus der Kirche, in-12, Mainz, 1885. — L. Stigzel, De cûllegiis canonicorum cathedralibuset monasteriis, in-4'', Upsalîe, 1771. — L. Thomassin, Ancienne et nouvelle discipline de l'Église louelmnt les bénéfices et les bénéficiers, in-tol., Paris, 1725, t. i, col. 1356-1419. — ,J. C. Zindel,i3e ecclesiis cathedralibus disserl, canonicojuridica, dans A. Mayer, Thésaurus iiovus juris eeclesiastici potissimum Germanise, seu Codex statulorum ineditorum ecclcsiarum calhedralium el collegiatcu-um in Germania, 3 vol. in-4'', Ratisbonnae, 1791- 1794, t. i. p. 33.
' Voir Dictionn., 1. 1, col. 3043. — ' E. Martène, De aniiq. Ecclcs. ritib.. I. IV, c. vu, n. 4; .\rdon, Vila Bened. Anian., c LU, dans Acla sanct. O. S.^B., saec. iv.part. 1 ; Hajften,
CHAPITRE MONASTIQUE. Chapitre, capitulum, est la division factice mais logique sous laquelle on groupe un ensemble de faits ou de décisi >ns tendant au même but : brevis nmltorum complexio. Le terme prit au moyen âge une grande e.xtens'.on et se prêta à une rare compréliension.
Capitula ou capitularia servit à désigner un ensemble de dispositions législatives. Voir CAPiTri..\iRES.
Capitula désigna également une sentence concise sertie dans la trame de l'offl.'e liturgique, le « capitule » nommé tantôt capitulum, tantôt capitellum.
Capitula evangeliorum, catalogue de péricopes liturgiques prises dans les évangiles et réparties sur l'ensemble de l'année. Voir C.\pitul.\ri.\. ev.\xgelionuM.
Capitula, les divisions d'une règle monastique ou canoniale, les « chapitres » qu'il était d'usage de lire périodiquement devant les moines ou les chanoines assemblés. .Saint Benoit prescrivait dans ses monastères la lecture de la Règle afin que nul n'excipât de son ignorance pour en violer les dispositions; saint Chrodegang, évêque de Metz, imposait aux chanoines vivant sous sa règle de se réunir après l'office quotidien de Prime, à l'effet d'écouter une lecture tirée du martyrologe ou de quelque ouvrage analogue. Les dimanches, mercredis et vendredis et aux fêles des saints, cette lecture était précédée d'une prédication ou d'une homélie; les autres jours on lisait une partie de la règle, capitulum. On se réunissait pour écouter le chapitre; on vint donc au chapitre et il advint que si les athéniens avaient donné le nom d'un monticule au tribunal qui y siégeait ', les moines imposèrent à une chambre le nom d'une lecture qu'on y faisait; mais on fit mieux, on ne se contenta pas de venir pour le chapitre, de venir au chapitre, on fut en chapitre, c'est le nom que prit la réunion dont les membres composèrent le chapitre, capitulum -.
Le « chapitre » se terminait par la répartition du travail manuel de la journée entre les frères. Saint Benoit souhaitait dans le chapitre xlviii"! de sa règle que ce travail commeu ; t en été après prime, en hiver après tierce; or, dans la Concordia de saint Dunstan, c. i et v, nous voyons prescrire la tenue du » chapitre » en hiver après tierce et en été après prime. Dans la vie de saint Germer, abbé de Flavigny (f 658), on tient le II chapitre » à la troisième heure '.
Le » chapitre » était contigu au cloitre, plus anciennement la réunion se tenait sans doute dans le cloître. Les règles monastiques, et les vies de saints ne font absolument aucune mention d'un local distinct désigné sous le nom de Capitulum. Le célèbre plan de Saint-Gall, que nous étudierons plus tard en détail, ne mentionne rien qui y ressemble; le premier témoignage que nous rencontrions d'un édifice destiné à réunir les frères, hors de l'église et du réfectoire, est contenue dans la vie d'Ansegise, abbé de Fontenelle : Jussil condere domum juxta absidam basilicx sancti Pétri ad plagam seplentrionalem, quam conventus seu curiœ quse grœee beleulerion dicitur, appellari plaçait propter quod eonsilium in ea de qualibet re perquirentes convenire soliti sint*: ceci nous reporte vers l'année 807. On trouvera des détails fort circonstanciés sur la réunion du chapitre dans le De antiquis monachirum ritibus, 1. I, c. v : De capitula, de dom Martène: ces renseignements n'appartiennent plus à la période chronologicpie de nos études.
H. Leclercq.
Disqiiisiliones, 1. VIII, c. i, disq. 1. — ' Acla sancl. O. S. B., sa?c. Il; .\drevald, De mirac. S. Bened., c. xxviii. — ' Acla sancl. O. S. B., s;ec. iv, part. 1, p. G35, Vila .insegisi, c. ix.
GHAQQA
CHAQQA. — I. Basilique. II. Kaisarieli. III. Kalybé. IV. Deir. V. .Maison.
Nous avons l'cjà souvent rencontré les édifices exceptionnellement conservés de la Syrie centrale. Voir Amrah, t. I, col. 1778; Antioche, t. i, col. 2380; Baal!!Eck, t. II, col. 5; Babisk.\, t. ii, col. 11; Ba- EOUDA.t. II, col. 22; Bakirha, t. ii, col. 110; Banaq- FOUR, t. II, col. 172; Baquouza, t. ii, col. 469; Behioh, t. II, col. i:48; BosRA, t. ii, col. 1003). Nous abordons aujourd'hui les constructions de Chaciqa, située entre Damas et lîosra.
Chaqqa possède une basilique et un palais, résidence probable de quelque fouction.iairc impérial romain et qui garde ic nom de Kaisarieh, corruption de C:rsarea.
I. Basilique. — La basilique, publiée avec beaucoup de soin par JI. de Vogiié ', a été l'objet d'une
tral flanqué de deux arcs latéraux de dimensions moindres. Une vue idéale de la construction permet de se rendre compte de tous les détails du sj'stème
2572, — Basilique de Chaqqa. Plan.
D'après de Vogué, Sijrie centrale, pi. xv.
nouvelle élude de la part de M. H. C. Butler à titre d'illaslratiDii oj ihe Iransilionnal style, a style part liassic aiid part nalivc, thaï eûmes bclween Ihe style of the roman period, as ive jind it in the Ilaoarun, and thaï of the third eenliiry, which is very di/Jerent from il '. La date, qui demeurait incertaine pour M. de Vogiié, entre le II' et le nr>^ siècle, paraît, d'après certains détails techniques, notés sur d'autres monuments du Ilaouran, devoir être loenlisée vers le dernier qua t du ii' siècle, en tout cas, elle ne aurait être postérieure à la première moitié du siècle suivant, c'est d'ailleurs à ces concluclusions que tendait déjà M. de Vogué ^. Le plan adopté est celui que nous retrouvons plusieurs fois dans le Haouran ; une basilique à triple division à chacune desquelles correspond une porte dans les façades de l'est et de l'ouest (fig. '-572). Peut-être aura-t-if existé un ])orclie à colonnes devant l'entrée principale, mais il n'eu subsiste aucun vestige.
La con Iruclion à l'intérieur est de type rigoureusement indigMie, par la seule combi laison d'arcs et de dalles. On compte six travées assez rapprochées, chacune d'elles consiste en un grand arc cen-
' M. de Vogiié, Syrie centrale. Architecture civile et reliqicusc dit i'^^ nu vii'^ siècle, iii-l", Paris, 1S05, p. 55-57, pi. xv-
2573. — Basilique de Chaqqa. Reconstitution. D'après de Vogiié, Syrie centrale, pi. xvi.
suivi (fig. 2573). « L'élément constitutif est un mur percé de baies voûtées en plein cintre : — une grande baie centrale pour la net du milieu, — deux baies latérales plus petites pour les bas-côtés, surmontées
2574. — Basilique de Chaqqa.
D'après de Vogiié, Syrie coUrale, pi. .xv.
elles-mêmes de deux baies semblables pour les galeries supérieures. Les dalles posées d'un mur ù l'autre complètent tout le système; elles forment le sol de la galerie du premier étage, et le toit plafonné de tout l'cdi-
XVI. — ' H. C. Huiler, Arcltilecture and ollier arts, ia-l°. New- York, 1901, p. 365-368.— 'O/i. cit., p. 56.
CHAQQA
fice.' Chacun de ces éléments est indépendant; l'arc central est'contre-butté par les arcs des bas-côtés; la poussée générale de chaque élément est maintenue par la plus grande épaisseur donnée aux deux piles ex-
grossière; seuls, le mur de la façade et les parements des piliers intérieurs sont appareillés avec quelque soin. La fatade ne manque pas d'un certain style; les linteaux des portes sont décorés de canaujc assez soi-
m;m.:^:^./'JiZyyi^:-,^v:;:mimi^^<Kyz:>^i^SyA.i:.: Coupe sur CD ■:';y//////////M::ci'/Wy^/////^^^^^
2575. — Basilique de Chai'ii I». [.:-.:. V. lu , .s'i/rie cenrraie, pi. xv.
trëmes; les murs extérieurs, sans liaison avec aucune de ces piles, ne jouent qu'un rôle de clôture, de telle sorte que les diverses portions de l'édifice ont pu s'écrouler sans que l'ensemble disparût. Les dalles des
gneusement exécutés : à la porte centrale, outre cet ornement, on remarque une frise bombée, décorée de rinceaux assez vigourei:sement découpés et une corniche composée de toute la série des moulures et des
2576. — Moitié sui de ia façade est de la basilique de Chaqqa. D'après H. C. Butler, Architecture and olher arts, p. 367.
plafonds se sont cassées, les murs latéraux ont été en partie renversés par les tremblements de terre, mais les arcs sont re tés debout, formant comme la gigantesque ossature u'un squelette de pierre. La maçonnerie, faite sans ciment, est d'une exécution très
ornements en usage aux meilleures époques de l'architecture impériale >.ii la seule décoration dans l'intérieur consiste en moulures sur les piliers qui sup-
' Op. cil., p. 55, 56.
CHAQQÀ
purtfiit les aucs. Arcs et piliers sont plus soigneusement travaillés que le reste qui est simplement épannelé. Peut-être faut-il faire, dans ces différences de façons, une large part aux restaurât ions successives dont
Le système de construction est des plus simples; un arc qu'on répète, parallèlement à lui-même, autant de fois que la longueur de rêdifice projeté l'exige. C'est ce système qu'a adopté l'architecte du palais de
2-.77. — Le Kalybé de Chaqqa. Ruines, plan el reconstitution. D'après H. C. Butler, Archtlccture and other arts, p. 396-397
on peut relever la trace sans trop d'efforts dans les parties restées debout. On remarque dans les arcs cette particularité : la largeur des voussoirs est plus considérable que leur hauteur.
La façade est d'une simplicité élégante. L'ne porte centrale et deux portes latérales plus petites, dans les intervalles deux niches flanquées de colonnettes accouplées d'un ionique assez peu correct et ornées d'une coquille. Les statues qu'elles renfermaient ont disparu ainsi que les quatre statuettes ou vases qui devaient être posés sur les socles placés de chaque côté des deux entrées latérales (fig. 2576).
Voici les principales dimensions de cette basilique' :
Longueur diuis œuvre IS^SO = 60 pieds.
Largeur dans œuvre 19 ""80 = G4 —
Largeur de la nef centrale y compris les piliers 9»S0 = 32 —
Ouverture des baies du bas-côté. 3 "72 = 12 —
Ouverture des baies de la galerie
supérieure 3°^10 = 10 —
Longueur de la façade 22 "GO = 72 —
Hauteur de la façade 8 "36 = 27 —
II. K.\is.\RiEH. — < Ce n'est pas un bâtiment d'habitation, mais un ensemble de grandes salles destinées à des réunions, à l'expédition des affaires publiques,» type anticipé des modernes bâtisses administratives,
' Hauteur des piliers de la nef:2niètros;hauti'UrdfS piliers des bas-côtés, 1 » 65; le vide de la porte centrale a 5 mètres
DicT. u'Ancn. cnr,i':T.
Chaqqa; la distance entre les arcs parallèles varie de 1 "806 à 1 ■" 10; sur les reins de ces arcs on bâtit des pans de mur que l'on arase au même niveau.puis, d'un mur
•^■jis. — Plan du monastère de Chaqqa.
D'après de Vogiié, Syrie centrale, pi. xxn.
à rautre,on pose des dalles parfaitement appareillées qui forment le plafond. Quand la portée est un peu
de haut sur 3" 30 de large; les portes latérales ont théoriquement 3 mètres de haut sur 2 mètres de large.
CHAQQA
grande, on a recours , comme c'est le cas ici, à une petite habileté. Sur l'arasement de chacune des arcades, au lieu de poser directement les dalles plafonnantes, on pose préalablement une sorte de corniche à un ou deux rangs formant encorbellement et d'un bon eflet décoratif. C'est sur l'extrémité de ces corbeaux qu'on pose les dalles plafonnantes, aprèsavoirpris soin de charger le centre des corbeaux pour éviter l'effet de bascule. Les inscriptions désignent cette arcade fondamentale sous le nom de ili-, et la solive ou dalle de pierre sous le nom de a-p^zr^o. C'est à l'aide de ces deux éléments, l'arcade et la d.illc, que les architectes satis-
III. K.\LYBÉ. — La Kabyle de Cha(iq^ est un sanctuaire antique que nous mentionnons ici à raison de l'intérêt que présentent ces constructions pour l'histoire des origines des édifices du culte chrétien'. Après la chute du paganisme, la Kalybé fut' transformée en chapelle dédiée au martyr saint Georges et à ses compagnons*. L'autel fut placé sous la coupole, derrière une barrière de bois dont on voit encore les trous de scellement dans les pieds-droits de l'arcade; en avant, fut ajoutée une construction qui, avec le porclie, formait une sorte de T. Tout cet ensemble s'est écroulé. Le linteau de la porte git à terre, il porte une inscrip-
2579. — Ruines du monastère de Cliaqqu. D'après de Vogiié, Syrie centrale pi. xvm.
font à tous les besoins de leur programme; en guise de toit, ils battaient une couche de terre sur le plafond de dalles de l'étage supérieur. Dans des cas plus rares, ils montaient un pignon sur l'estrados de l'arc et y appliquaient un toit en dalles rampantes. Presque tous ces procédés, même celui des petites coupoles, ont été employés sur l'un ou l'autre des édifices de Chaqqa.
Le palais se compose de quatre salles : A, B, C, D, du plan'. Les salles A, B, D, sont antérieures au iv= siècle, la salle C ne remonte guère plus haut que le v= siècle; mais au iv« siècle, l'édifice reçut une destination chrétienne, les symboles idolâtriques furent alors grossièrement martelés.Xous en avons un exemple dans la grande et belle fenêtre qui éclaire l'extrémité de la salle B: on ménagea dans la masseunc croix + accostée de deux X en relief et très mal exécutés ^
' De Vogué, op. cit., p. 47-51; pi. viii. ix. x; H. C. Butler, op. cit., p. 370-375.— ' De Vogiié, pi. x, n. 1 ; Butler, p. 371- 373. — ■ " H. Leclercq, Manuel d'iirchéol. chrél., in-S°, Paris,
tion attribuant à l'évêque Tiberinus la construction du sanctuaire et fixe à l'année 263 de l'ère locale l'achèvement des travaux, cela peut nous reporter vers la fin du iv^ siècle. L'inscription désigne sous les noms de iîfxTîrov, «sanctuaire», -nu:, « nef », et -pod-'j/ •/./■„ " porcheries trois parties de l'édifice sacré (fig. 2577). Ainsi transformée, la Kalybé se compose d'une chambre carrée ou plutôt cubique, recouverte par une coupole hémisphérique; deux ailes sans profondeur, simplement en façade, étaient décorées de deux étages de niches et de petites bases de statues. La porte donne accès, de ciiaque côté, dans la niche supérieure. Le plancher était formé de dalles posées sur un système souterrain d'arcs parallèles, à trois niveaux différents, afin d'exhausser le fond du sanctuaire. La couverture centrale est tombée, ainsi qu'une partie de
1907, t. I, p. 395-396. — ' De Vogué, op. cit., p. 41-43, pi. VI; H. C. Butler, Architeclitre nnd olher art!:, p. 396-
CHAQOA
l'aile gauche; néanmoins, on reconnaît que la cliambrc cubique était recouverte par une coupole portée sur des dalles disposées en octogone, suivant une méthode dont la Kabjbé d'Omn-es-Zeitoun nous ofïre un exemple plus complet'.
Voici les principales dimensions du monument :
Côté du cube intérieur .... 8 '"15 = 26 pieds.
Largeur de la baie centrale. . . 5"55 = 18 —
Largeur des niches 2 "55 = 8 p. 1.
Longueur totale de la façade. . 20 "SS = 66 pieds,
Épaisseiu" des murs 0™90 =3 —
Hauteur sous-clef de l'arcade
centrale 6»30 = 21 —
Hauteur de la corniche au-dessus
du sol 7">60 = 24 p. 3.
IV. Deir. — Le monastère de Chaqqa est une construction du v" siècle, exécutée d'après les méthodes indigènes ci-dessus décrites. « C'est, certainement, le plus ancien exemple existant d'architecture monastique,» écrit M. de Vogilé; dans les conditions où se trouvent les ruines, on peut souscrire à cette remarque bien qu'il ne taille pas se montrer trop porté à leur donner l'antériorité sur quelques très anciennes ruines monastiques d'Égv'pte '.
Les tours marquées Aet B sur le plan (rig.2578)paraissent antérieures à la construction du monastère qui serait venu s'y adosser. La tour A, notamment, est d'une exécution soignée qui laisse assez loin derrière elle le reste de la construction. La porte unique de cette tour s'ouvre sur le dehors. D'après M. de Vogiié, la tour B aurait eu primitivement une destination militaire; l'étage intérieur, couvert en dalles, ne communique pas avec les étages supérieurs : le premier étage avait pour seule entrée la grande porte qu'on voit sur le dessin (fig. 2.079), avec ses deux lourds battants de pierre encore en place à 1 époque de la mission de Vogilé; on y arrivait par un escalier de bois, facile à déplacer et qui s'appuyait contre un palier, également de charpente, porté par des poutres dont les encastrements se voient encore dans le mur. Au sommet de la tour, on discerne aussi deux fenêtres
ou de mâchicoulis pour la défense de la porte située en dessous, et enfin une gargouille pour l'égout de la terrasse.
2580. — Porte à C.haqqa.
D'après de Votriié, Syrie centrale, pi. Xiv.
L'église C a été bâtie suivant le système de la basilique de Chaqqa, moins les galeries supérieures f ses murs viennent buter contre ceux des tours. Ses trois portes, ouvrant à l'extérieur, permettaient aux fidèles
2581. — Maison à (lliaqqa. D'après de Vogiié, Syrie centrale, pi. .\ii.
fermées par des claires-voies de pierre, deux corbeaux de venir assister à l'olTice divin sans communiquer
destinés sans doute à soutenir une sorte de« hourd » , avec les habitants du monastère. Une petite porte
I latérale, s'ouvrant sur la cour, servait au passage des
' De Vogiié, op. ci/., p. 12. — 'De Vogiié, op. ci/., p. 58, j religieux,
pi. XVIII, XXII. I L'entrée du monastère est marquéesurleplanP;elle
CHAQQA — CHAQQARA
était fermée par un vantail de pierrc'qui gît quelques pas plus loin. La surface est sculptée de manière à simuler une porte en bois à deux battants, avec des panneaux, des clous de métal, des anneaux(fig. 2580). Un long corridor conduisait à la cour D qui a quelque aspect de cloitre.
La loge du portier se trouvait en F.
La saïle E était soit une bibliothèque, soit un vestiaire, elle est encore garnie de ses armoires^ménagées i dans la pierre.
La salle G servait de lieu de réunion, elle était soutenue par un arc d'un rayon double de celui des autres appartements
V. Maison. — Cette maison est entièrement construite en pierre ; elle doit être rapprochée de la maison d'Amrah. Dictionn., t. i, col. 1778, fig. 46S sq.La principale originalité de la maison de Chaqqa, c'est l'escalier extérieur qui dessort l'étage supérieur et la terrasse. Elle renferme aussi des plafonds très soignés, dont les dalles, exactement appareil ées, offrent une surface parfaitement régulière, entourée d'une corniche formée de l'extrémité bien profilée des corbeaux et décorée de rosaces en relief (fig. 2.581) '.
H. Leclercq.
CHAQQARA. — I. Le monastère d'apa Jèrémie. II. Le personnel. III. L'emplacement. IV. La basilique. V. Le narthex. VI. Le portique. VII. Le monastère. VIII. Cellules et officines. IX. Épigraphie. X. Le Cartulaire. XI. Dernière période. XII. Occupation arabe.
I. Le .monastère d'apa Jérémie. — Après le monastère de Baouit (voir ce mot), le monastère de Chaqqara va nous donner une nouvelle occasion d'éclairer par les monuments ce que nous avons dit du cénobitisme ég^-ptien (voir Céxobitisme, t. ii, col. 3129), bientôt ce sera le tour de Deir el-.\biod (voir ce mot) et ces simples notices laissent clairement entrevoir ce que sera l'histoire du monachisme en Egypte le jour où il aura enfin rencontré son historien.
La Chronique de Jean de Nikiou va nous faire connaître apa Jérémie (fig. 2582), autour duquel converge l'histoire artistique du monastère de Chaqqara '. « Le pieux empereur Zenon étant mort, Anastase, l'empereur chrétien, qui vivait dans la crainte de Dieu, lui succéda sur le trône : c'était l'un des chambellans de l'empereur, qui, piu' la grâce de Dieu et par l'effet des prières de nos pères égyptiens, devint empereur. En effet, l'empereur Zenon l'avait exilé dans l'île Saint-Iraï, située dans le fleuve de Menouf. Les habitants de la ville de Menouf, par humanité, le traitèrent avec bonté. Amonios, de la ville de Hezênâ, dans la province d'Alexandrie, et les habitants de cette ^^lle, se liaient d'amitié avec lui, l'honoraient et lui témoignaient une grande affection. Or, un jour, les gens de Menouf et ceux de Hezênâ convinrent, comme Anastase était en disgrâce auprès de l'empereur Zenon, de monter à son intention sur la hauteur au couvent du saint théophore apa Jérémie, d'Alexandrie. En effet: sur le territoire de ces deux villes demeurait un homme qui avait été favorisé par Dieu de la connaissance de toutes choses. Ils parlaient de la sainte vie de cet liomme de Dieu; ils voulaient être bénis par lui et désiraient qu'il priât pour eux le Christ, son maître. Ils se rendirent donc à la demeure d'apa Jérémie, l'homme de Dieu, qui les bénit tous, mais n'adressa aucune parole à Anastase. Celui-ci, au
^ De Vogué, op, cil., p. 54, pi. xii. n. 1. — - Chronique de Jean de Nikiou, édit. et trad. Zoteiiberg, in-S", Paris. 1883, p. 368, c. LX.xxviii. L'identification du monastère d'apa Jérémie avait été faite par Jlaspero, Annales du service des anliquités, 1902, t. m, p. 186. Cf. Annales, 1907 t. vni, p. 93.
' Un fait de cette nature n'a rien de \ en Bavière.
moment où tous partirent, fut très affligé : il pleurait amèrement, disant en lui-même : - C'est à cause de mes nombreux péchés que l'homme de Dieu en bénis saut tous m'a refusé sa bénédiction. » Les gens de Menouf et .\monios, de la ville de Hezênâ, retournèrent auprès du saint homme de Dieu et lui firent part du chagrin d'.\nastase. Apa Jérémie l'appela, le prit à part avec ses amis fidèles et avec Amonios et lui dit : « Xe t'afflige pas, en croyant et disant : « C'est à cause de mes péchés que ce vieillard ne m'a « pas béni.» Il n'en est pas ainsi; au contraire, je me suis abstenu de te bénir, parce que j'ai vu la main de Dieu sur toi. Comment oserai-je, moi qui commets tant de péchés, bénir celui qui est béni et honoré par Dieu? Dieu t'a choisi entre des milliers pour être son oint : car la main de Dieu, le Seigneur, est marquée sur la tête des rois; et il a mis sa confiance en toi pour que tu sois son heutenant sur la terre, afin que tu protèges son peuple. Seulement quand tu te rappelleras mes paroles et que tu auras réalisé la prophétie, exécute fidèlement le mandat que je te donne aujourd'hui, afin que Dieu te sauve de tes ennemis, à savoir : ne commets aucun péché, n'entreprends rien contre la religion chrétienne, la religion de Jésus-Christ, et n'adopte point la foi chalcédonienne, qui offense Dieu. » Or, ces recommandations qu'apa Jérémie donna à Anastase, celui-ci les reçut et les grava sur les parois de son cœur, ainsi que Moïse le prophète reçut de Dieu les tables de l'aUiance sur lesquelles étaient gravés les commandements de la loi. Quelque temps après, Anastase fut rappelé de l'exil auquel l'avait condamné l'empereur de cette terre en vertu de son pouvoir, puis il fut nommé empereur. Lorsqu'il fut sur le trône, il envoya un message aux disciples du saint apa Jérémie et les fit venir auprès de lui. Parmi eux se trouvait apa Vâryânôs, qui était parent d'apa Jérémie. Or, l'empereur leur demanda avec instance d'accepter de lui des provisions pour la route et pou' le monastère; mais ils refusèrent, leur saint père Jérémie leur ayant défendu d'accepter aucun objet, si ce n'est de l'encens pour célébrer la messe et pour offrir le sacrifice et quelques objets sacrés. Anas tase envoya aussi des gens dans l'île dans laquelle il avait été autrefois exilé et fit construire par eux une grande et superbe église, consacrée à saint Iraï; c'était auparavant une petite église. Il y fit porter beaucoup de vases d'or et d'argent; à ses amis de Menouf et de Hezênâ, leur conféra des magistratures et fit entrer quelques-uns d'entre eux dans le clergé. »
Le règne d' Anastase se place de 491 à 518, il faut donc faire vivre apa Jérémie dans la seconde moitié du vi! siècle; rien ne prouve qu'il ait été le fondateur véritable du monastère, mais il en fut à coup sûr la principale illustration et il lui aura donné un développement qui éclipsa les anciens souvenirs, à supposer qu'ils aient existé. Quoi qu'il eu soit, les vestiges aujourd'hui subsistants nous reportent vers l'année 470. L'objection soulevée contre cette date par l'excellence de plusieurs fresques n'est pas grave, car on ne peut guère interdire sur un point isolé un renouveau artistique ou la persistance d'une technique généralement délaissée, bien que depuis peu de temps '.
Quelque temps après l'invasion arabe, l'égUse fut gravement endommagée. Sa décoration, qui comportait des figures animées parmi une flore abondante, offensait la doctrine musulmane; en conséquence les représentations d'hommes et d'animaux furent mar-
suiprenant, il suflit d'un groupe de quelques artisans pour produire une manifestation artistique sans liaison avec le présent. On citerait par exemple de nos jours l'étrange production, sans ascendants et sans postérité, heureusement de quelques moines allemands de Beuron
Dicr. D'ARCiirni or.iK
Lk rOLZEV Kl Ané, edit.
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