‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 138 sur 303 · Ordre du renouvellement du vœu (fol · texte numérisé non relu

Ordre du renouvellement du vœu (fol

27. Prière de la bénédiction de la coiffure (des religieuses) (fol. 391).

28. Prière du renouvellement du vœu dite par le Maître sur ses disciples religieuses (fol. 393) (en carchouni). .

29. Prière du renouvellement du vœu (fol. 396) (en carchouni).

H. Leclercq.

CHARIOT. Les Romains avaient peut-être emprunté aux Gaulois un véhicule qui rendait à peu près les mêmes services que les anciens coches de voj'age; on lui donnait le nom de carpentum. C'était essentiellement un chariot à deux roues, couvert d'une capote formant berceau ouvert par devant. Sur ce modèle très simple et lourd d'aspect, libre à chacun d'ajouter les élégances et les commodités de la plus délicate litière. A Rome, la loi Oppia dut interdire dans l'intérieur de la ville l'usage de toute voiture attelée, interdiction dont l'effet se continua longtemps après l'abrogation de la loi, car les rues de Rome étaient si étroites que pour éviter l'encombrement il était nécessaire d'interdire la circulation des voitures pendant le jour. Jusqu'à la fin du W siècle, aucun homme ni aucune femme n'eût osé se montrer dans la ville en voiture s'il n'avait à remplir une fonction dans les cérémonies d'un culte public. Au III' siècle, il n'en était déjà plus ainsi; les grands officiers de l'empire eurent dans leurs privilèges celui de faire usage de voiture dans Rome même, et le carpentum est nommé dès lors parmi les chars qui portaient les dignitaires, tels que le préfet du prétoire, le vicarius urbis et l'empereur lui-même. En dehors des villes, l'emploi des voitures ou chariots fut libre en tous temps. Les voyages étaient fréquents et l'état des routes les rendait cahoteux et incertains, presque toujours longs et pénibles. La Passio sanctorum Mariani et Jacobi nous montre, en 258, ces deux mart\TS conduits prisonniers sur les grandes routes de Xumidie de Muguas à Cirta et de Cu-ta à Lambèse *

den aus der Verlolgungszeil der clirislliclien Kirclie, in-I2, Berlin, 1902, p. 135, 137. 142. Sur cet incident, voir Dicl. d'Archéologie, t. i, coL 6'J5, note 2.

CHAIUOT

et soulTrant beaucoup. Dans le Martijrium Pohjcarpi, le vieil évêque est ramené de la campagne à Suiyrne dans la voiture de l'irénarqne qui, voyant l'obstination du martyr à ne pas prononcer la formule : KOpio; Kaïaap, se met en grande colère et le jette de

2()12. — Lampe en terre cuile d'Utique.

D'après les Arcidves des missions scientifiques, 1883,

111* série, t. IX, pi. xi.

la voiture : xaTiôvTs àub t?,c xapo-j'/a; '• Le meilleur commentaire archéologique que nous puissions donner de ces textes nous paraît être une lampe en terre cuite provenant d'Utique. Au premier jilan un <-har à deux roues traîné par un clieval marchant de

un bâton; sa chaussure monte jusqu'aux genoux et est attachée autour de la jambe. Le mouvement est celui d'un homme qui gravit avec entrain une pente difficile. Au second plan, une maison d'habitation, une ferme sans doute, dont les toits pointus sont couverts de larges tuiles " (fig. 2612).

La carruca, xaisoûxa, que nous venons de voir mentionner dans le Marlyriutn Pulijcarpi, différait du coche de voyage parce qu'elle était posée sur un train de quatre roues; en outre, ce nom était toujours

fvy.isfe

'.iClS. — Ivoire de Tièves idtlail).

D'après une photograpiiie.

appliqué chez les Romains à des voitures de luxe pouvant contenir plusieurs personnes et servir au besoin de voiture de voyage, puisque certaines carruca: étaient disposées de façon que l'on y pût dormir ^. A partir du m" siècle, les carrucœ devinrent un privilège de la noblesse et du rang et finirent par être l'attribut obligé de tous les fonctionnaires qualifiés d'honoraii; c'étaient des chars très élevés, somptueux, quoique moins magnifiques que le carpcnUini de l'empereur, lequel était attelé à quatre chevaux taudis que la carruca n'en avait que deux, ou plus ordinairement

2611. — Bas-relief du musée de Cordoue. D'après une photographie.

droite i\ gauche et conduit par un personnage qui tient les rênes de la main droite; il vient de dépasser xin arbre qui, sans doute, jalonne la route. Devant le char, un autre personnage, chargé d'un sac qu'il porte sur l'épaule et s'appuyant de la main droite sur

' Id., p. -1. .\mmicn Maiccllin, llist., 1. XX.KI, donne le nom de carpcnlum aux cliariots de voyage des Alains. — - * R. Gagnât, Rapport sur une mission en Tunisie, dans Archives des missions scientifiques et littéraires, in-S", Paris,

IJICT. u'arch. cnuÉT.

deux mules. Un célèbre ivoire do Trêves (trésor de la cathédrale) représente une translation de reliques. Les deux patriarches d'Alexandrie et de Constanlinople sont assis sur une riche carruca et transportent au delà de la C.ornc-d'Or, à Sainte-Irène des Figuiers,

1883, III" série, t. IX, p. 160, il. 11, pi. xi. Les écrivains agricoles donnent le nom de carpcntuni a un tombereau a fumier. — 'Digeste, I. XXXIV, tit. ii, leg. i;S, Carruca dorm itoriu.

lu

CHARIOT

CHARISMES

les reliques de sainte Irène jusqu'alors déposées à Sainte-Sophie ' (fig. 1762 et 2613).

Quant au ctirrus, c'est le pesant véhicule destiné aux lourds fardeaux, sorte de plate-forme portée sur quatre ou sur deux roues, ordinairement peu élevé, avec des planches sur les côtés ou de simples taquets pour maintenir les objets qui y sont déposés. Nous en avons rencontré des exemples, notamment dans les scènes de vendange sur les sarcophages et sur les mosaïques de la voûte annulaire de Sainte-Constance. Voir DicL, t. i, fig. 238.

Un monument publié ici pour la première fois, grâce à la bienveillance du R. P. Fidel Fita y Colomé et de M. Henri Romero de Forrer, ancien directeur du Musée archéologique de Cordoue, représente une chasse au cerf par deux cavaliers suivis d'une carriole attelée de sept ou huit animaux ' fig. 2614). Ce basrelief mentionné par E. Hubner ' est passablement énigmatique. Les chasseurs jettent leurs lances sur le cerf;run de ces chasseurs brandit une sorte de bouclier, va-t-il le jeter également sur l'animal'? Derrière eux, dans une voiture à quatre roues contenant trois personnes dont le cocher, il est difficile de voir quelque partie de plaisir suivant la chasse. Les bêtes de trait qui remorquent ce chariot semblent avoir toute leur charge, un piqueur dirige le premier groupe sur lequel le conducteur lève une gaule qui lui sert de fouet. Quel que soit le sens de ce petit bas-relief, il nous parait trop curieux pour être négligé. Hiibner le juge appartenir au vu" siècle; le P. Fita si instruit des antiquités de l'Espagne m'écrit qu'il « n'ose y croire ». D'après Hûbner, ce bas-relief appartiendrait à un sarcophage dont il donne l'inscription. Si le rapprochement du fragment sculpté et du fragment épigraphique était soutenable, nous aurions ici le défunt Oppila à la chasse avec ses serviteurs, en arrière la femme et l'enfant d'Oppila. Mais tout cela est bien hypothétique. Ajoutons à cela que la Hacienda del Castillo et la maison de la Sefiora Prado sont distantes de trois lieues; ainsi on voit que l'inscription étant aujourd'hui disparue nous n'avons pas beaucoup de chances d'éclaircir le sens et même l'origine de ce fragment, rien ne prouvant qu'il appartienne à la même tombe que l'épitaphe. Quant à la date du bas-relief, ce qui manque le plus pour cette époque, en Espagn,e, et dans cette région de l'Espagne, ce sont les moyens de compiu-aison.

H. LECLEnCQ.

CHARISMES. — L Saint Paul. IL Didachè.

III. Saint Clément de Rome. IV. Hermas. V. Fin du W siècle. VI. Décadence. VII. Le montanisme. — VIII. Bibliographie.

I. S.UNT Paul. — Les charismes sont caractéristiques d'une période de l'histoire du christianisme. Les individus investis de ces dons surnaturels prennent dans les communautés naissantes, et même déjà adultes, un rang ofiîdcl. Cette hiérarchie accidentelle ne doit cependant pas être confondue ni mise sur le même pied que la hiérarchie essentielle. Celle-ci composée de l'évêque, du prêtre et du diacre, est immuable et locale; celle-là, dont nous allons énumérer les degrés, semble passagère et nomade. Le fidèle, homme ou femme, qui opère soudain les œu^Tes de l'Esprit et conquiert un ascendant considérable au sein de l'assemblée chrétienne ne sera peut-être jamais de nouveau l'objet de cette faveur et ne se distinguera plus parmi les frères.

Pour une œuvre aussi immense et aussi difficile que

' J. Strzj'gowski, Die Eljenbeintafel des Dômes zu Trier, dans Orient oder Rom, in-4<', Leipzig. 1901, p. 85-89; Hetlenislische und koplische Kunst in Alexandria, in-8°, Wien, 1902, p. 77, fig. 54; de Beyllé, L'habilation byzantine, ln-4°, Paris. 1902, p. 113; Diclionn., t. il, fig. 1762.

celle qui incombait à l'Église, une hiérarchie et des grâces régulières avaient été accordées par son fondateur. Toutefois, Jésus, avant de quitter la terre, avait promis a ses disciples une effusion de nature à forcer les résistances que rencontrerait leur apostolat et en vertu de laquelle ils chasseraient les démons, parleraient des langues, rendraient inoffensifs le venin et le poison, guériraient les malades '. La promesse n'avait pas tardé à se réaliser. Elle devait, chez ceux qui s'en trouvaient comblés, provoquer plus de reconnaissance que de surprise. Pour ces juifs imbus des conceptions de l'Ancien Testament, l'intervention divine devait se produire assez naturellement sous forme de phénomènes extérieurs. L'esprit prophétique avait été pendant des siècles le procédé normal dont Dieu s'était servi pour avertir son peuple. L'homme de bonne volonté était celui qui se tenait prêt à recevoir le souffle. Dès le jour de la Pentecôte, l'Esprit s'était manifesté et depuis lors les effusions s'étaient multipliées à Jérusalem sur les apôtres ', à Samarie sur de simples fidèles ^, à Césarée sur des gentils ', à Éphése sur d'anciens adeptes de Jean-Baptiste '. Ces effusions, dont on ne pouvait mettre en doute la réalité, constituaient une sorte de suppléance et d'extension mystérieuse à l'expansion régulière de la grâce divine. Une Église se trouva particulièrement comblée, celle de Corinthe"; les néophj-tes, un peu déconcertés et émus, recoururent à saint Paul pour apprendre de lui la valeur et l'usage de ces dons extraordinaires.

La consultation n'était pas superflue, le phénomène ayant de quoi troubler. La langue de l'inspiré pouvait paraître l'organe direct de la Divinité répandant à profusion sur l'homme choisi les dons les plus précieux d'éloquence et d'inspiration. Dès les premières prédications apostoliques, on avait constaté un privilège merveilleux, le « don des langues ». Avant tout essai de rédaction évangclique, avant même que naquît la simple idée de cette rédaction, les apôtres avaient à s'acquitter de leur mission d'enseignement parmi les nations. Or, comment s'y prendraient-ils pour se faire entendre de tant de peuples faisant usage d'une infinité de dialectes'.' Le « don des langues » y pourvut. Si extraordinaire qu'il parût, le fait était patent; les assistants appartenant aux nations et employant les idiomes les plus divers avaient entendu la première prédication apostolique chacun dans sa langue, c'est-à-dire que la parole apostolique se traduisait d'elle-même à chacun des assistants '. Xous ignorons dans quelle mesure ce don fut départi et les variations qu'il put avoir à subir dès l'origine. On voulut représenter ce phénomène comme une sorte de bégaiement, de gloussement, parfaitement dénué de sens et d'ailleurs incohérent et inintelligible. •• C'était, a écrit E. Renan, comme une vague musique de l'âme, épandue en sons indistincts, et que les auditeurs cherchaient à traduire en images et en mots déterminés, ou plutôt comme des prières de l'Esprit, s'adressant à Dieu dans une langue connue de Dieu seul et que Dieu sait interpréter. L'extatique, en effet, ne comprenait rien à ce qu'il disait, et n'en avait même aucune conscience. On écoutait avec avidité, et on prêtait à des syllabes incohérentes les pensées qu'on trouvait sur-le-champ. Chacun se reportait à son patois et cherchait na'ivement à expliquer les sons inintelligibles par ce qu'il savait en fait de langues. On y réussissait toujours plus ou moins, l'auditeur mettant dans ces mots entrecoupés ce qu'il avait au cœur '■''.' Toute cette description est pure fantaisie. Ce qui

— = E. Hûbner, Inscriptionum Hispanix cliristianarum Siipplementiim, in-4», Berolini, 1900, n. 123. — • Marc, XVI, 17-18. — • .\ct., II, 4. — ».Act.. VIII, 8. — ' .\ct..x, 46. — ■ .\ct., XIX. 9. — 'l Cor., xii, 1. — ' .\ct.. ii, 5-11.

— 1» E. Renan, Les Apôtres, in-8°, Paris, ISGfi, p. t>S.

CHARISMES

ressort du récit de saint Luc, dans les Actes, c'est que les apôtres, sous l'impulsion de l'Esprit, parlaient une vraie langue pouvant être comprise de ceux qui la savaient : ày.o'jo[jL£v XaXoOv-rtov a-JTwv rat; Yi[j,£Tépoci; y'i.wis'^ri,:- zx p.z-fa.ïi'.a toO 6eo-3 '. Cette effusion

I Cor., XII, 8-10.

1 Discours de sagesse.

2 Discours de sciei'.-c.

3 Foi (des miracles i.

4 Grâces de guérisou.

5 Opérations de miracles.

6 Prophétie.

T Discernement des esprits.

8 Genres de langues.

0 Interprétation des langues.

temps et les brèves indications de l'apôtre, suffiiautes pour ses lecteurs, ne le sont plus pour nous. Souvent le nom seul nous guide dans nos conjectures '■''. » Il y a dans saint Paul quatre énumérations de charismes. Les voici par ordre de date " :

I Cor., XII

Rom., XII, 0-8.

Ephes., IV, 11

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