‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 143 sur 303 · IV. Au m" ET AU iv» SIÈCLE. — Dcpuîs que la pré · texte numérisé non relu

IV. Au m" ET AU iv» SIÈCLE. — Dcpuîs que la pré

■ dication et l'exemple des apôtres et de leurs imitateursont révélé la charité, celle-ci gagnedeplusenplus. Désormais, « elle est partout, quoique son enseigne ne soit nulle part, semblable à ces sources cachées qu'on ne devine qu'à la fraîcheuretà lafertilîtéqu'elles entretiennent sur le soP. » La charité fait, à tel point, partie intégrante du christianisme que bien long-

I temps avant l'hommage d'un adversaire, Julien, des

' sectes rivales ne jugeront pouvoir désormais passer sous silence le problème moral. Les gnostiques s'efforcent d'introduire dans un cliristianisme corrigé à leur usage, les principes moraux correspondant à la tendance dualiste ou à la tendance panthéiste. « Les sectes gnostiques, dit Clément d'Alexandrie, donnent toutes contre l'un ou l'autre de ces deux ècueils : ou une coupable indifférence en fait de mœurs, ou une abstinence outrée, fondée sur la haine de la création *. » Celles-ci, opposant au principe du bien, créateur du monde invisible, un principe du mal, auquel elles attribuaient la création du monde matériel, considéraient toute jouissance des biens terrestres comme une concession à ce principe mauvais. Celles-là, identifiant Dieu et l'univers et faisant, en conséquence, tout dériver de Dieu, le mal comme le bien, voyaient dans une promiscuité licencieuse et désordonnée le sublime de la sagesse. Tout se retrancher ou tout se permettre, tels étaient les deux excès entre lesquels oscillaient les sectes gnostiques, et ces deux excès aboutissaient également à la négation de la propriété '. Épiphane, fils de Carpocrate, enseigne sans détours la communauté des biens et la communauté des femmes. Une secte peu connue et qui prit de son docteur Prodicus le nom de prodiciens s'affranchit de toutes les lois morales, et établit cette communauté des biens et des femmes que toutes les branches du carpocratianisme dérivaient de leurs doctrines panthéistes.

Quant aux l>iens, on croyait voir le principe de cette communauté dans les usages de la société primitive

t. VIII, col. 1114-1145. — ' E. Chaste!, Éludes hisl. sur l'influence de la charité..., p. 71. Clément d'Alexandrie, Stromata, 1. m, c. IV, nous apprend que Marcion interdisait de posséder rien en propre.

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