‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 146 sur 303 · CHARITÉ — CHARLATAN · texte numérisé non relu

CHARITÉ — CHARLATAN

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H. Leclercq.

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CHARLATAN. Il faut en prendre son parti. A toutf une tourbe d'astrologues, d'empiriques, de nécromans, de charlatans, les anciens donnaient le nom de mcdici; mais il ne semble pas que les professionnels aient regimbé. La médecine était un art fort pratiqué. Dans une riche maison le maître possédait ses médecins esclaves, medici domestici; dans la ville, les praticiens soignaient leur clientèle. En outre, bien des gens, en Grèce et à Rome, exerçaient la médecine sans brevet et sans titre de médecins; ils n'étaient ni les moins occupés ni les moins renommés. La médecine rationnelle était déjà en conflit avec la médecine divinatoire; les gens de sens rassis, ceux qui jugeaient d'après les résultats, ne savaient à laquelle des deux accorder la préférence. En face des auteurs hippocratiques, les charlatans dressaient leurs tréteaux, interprètes de songes, guérisseurs, rhabilleurs, rebouteurs exploitaient la superstition d'un grand nombre et la sottise du reste. Les songes surtout étaient un objet d'exploitation, on y trouvait le diagnostic des maladies, des recueils de recettes circulaient et jouissaient de la vogue la plus étendue. Ces humbles recueils épargnaient de recourir au charlatan pour les maladies communes, mais celui-ci retrouvait tout son prestige lorsque, à l'aide de quelque com])arse, il accomplissait une cure merveilleuse destinée à convaincre ou du moins à rendre réservés les plus sepliques. Ce charlatan n'était pas nécessairement un histrion empanaché et ridicule, on le trouvait dans les grandes villes sous les traits du médecin à la mode, essayant d'en imposer par le luxe de ses vêtements, de sa maison, de sa litière, de ses instruments, coffrets d'ivoires, lancettes incrustées d'or, ventouses d'argent.

Constantin n'est pas le premier à pourchasser les charlatans. « On doit, dit-il, iniliger les peines les plus sévères à ceux qui, au moyen d'arts magiques, détruisent la santé des hommes '. j

Honorius et Théodose ordonnent que les matemalici, c'est-à-dire les astrologues, soient chassés de Rome et de toutes les autres villes, à moins qu'ils ne renoncent à leurs erreurs et brûlent, en présence de l'évêque, les li\Tes qui servent à leurs consultations'.

Léon II prononce la peine de mort contre quiconque ose recourir à des maléfices, incantations, quand bien même ce serait dans le but de rétablir la santé d'un malade, de protéger une récolte compromise ', étant « persuadé, dit ce prince, que de semblables enchantements sont pernicieux. Xous savons, en effet, que ceux qui les opèrent invoquent, au lieu du Seigneur et Créateur, les démons malfaisants et cruels. »

Ces répressions annoncées ne se passent pas seulement en menaces; les empereurs ont la main lourde, quand elle s'appesantit sur les pauvres diables qui n'osent guère défendre même ceux qui se croient leurs obligés. Constance fait détruire nombre de temples, en particulier celui d'Esculape en Cilicie *. 'Valens fait saisir un jeune homme qu'on avait vu dans son bain approcher les doigts de ses mains alternativement de la baignoire et de sa poitrine en débitant les sept voyelles mystiques, avec l'espoir de guérir par ce moyen ses maux d'estomac. Le malheureux tut traîné en jusUce, torturé, tué enfin d'un coup d'épée '. Une vieille femme inollensive qui i)réten(lait avoir le secret de charmer, par le chant, les fièvres intermittentes, fut mandée jiour exercer son pouvoir sur la fille de l'empereur Valons qui ensuite fit périr cette pauvre vieille °.

Avec les Barbares on peut s'attendre à la multipli-

prena. — ' Eusèbe, De vila Conslantini.l. III. c. Lvu, P. G., t. XX, col. 1123-1124. — 'Ammieii Marcellin, Ilisloriaronuvia. 1. XXIX, o. ii. — ' .\mmi?n Marcellia. llisl. ronm/iii, 1. XXIX, c. ii.

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