‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 157 sur 303 · XXII. ÉV.\NGÉLI.\IRE DE CH.\RLEM.iGXE A SlOX · texte numérisé non relu

XXII. ÉV.\NGÉLI.\IRE DE CH.\RLEM.iGXE A SlOX

Une série de monuments, la plupart riche? et précieux, se réclament du nom de Charlemagne, bien que postérieurs à l'époque où vécut ce prince. Xous ne croyons pas pouvoir les passer sous silence, ne fût-ce que pour ne pas paraître autoriser ces attributions erronées; d'autre part, nous ne leur devons qu'une mention et une notice très succinctes, puisque ces objets, malgré leur mérite historique et artistique, se trouvent placés en dehors des limites chronologiques de nos recherches.

Le manuscrit désigné sous le nom à' évangéliaire de Charlemagne fut vendu en 1851, par le chapitre delà catliédrale de Sion, à un marchand de curiosités de Genève, des mains duquel il passa dans le cabinet du marquis de Ganay, où Ed. Aubert a pu l'étudier et le décrire '. La provenance du manuscrit est douteuse ; il n'y a pas à s'attarder à l'affirmation des chanoines de Sion qui veulent y voir un présent de Charlemagne à leur église de Sainte-Marie de Valère, où le manuscrit a été conservé depuis l'époque de la donation. .\ l'abbaye de Saint-Maurice d'Agaune, on revendique le manuscrit et le même donateur; ce n'est qu'au xiv» siècle que le monument aurait été soustrait pendant les guerres civiles du Valais et transporté à Sainte- Marie de Valère. La date du vin= et même du ix" siècle pour le manuscrit est inacceptable; quant à la reliure, à l'exception des plaques cmaillces, elle ne peut être antérieure au xii<^ siècle.

Manuscrit sur vélin, bien conservé, blanc, sauf quelques feuillets devenus sombres, 0™255 haut, Û'°218 large, 187 feuillets dont 146 consacrés aux évangiles et 41 au propre des saints. Grandes marges, une seule main. Il n'y a ni lettres ornées ni miniatures, les têtes de chapitres sont écrites en capitales romaines de couleur rorge; les A ne sont pas barrés. De l'examen direct du ms., L. DeUsle conclut que la date doit être abaissée jusqu'au x^ et peut-être même jusqu'au début du xi= siècle ; en outre, il remarque que la revendication pour Saint-Maurice d'Agaune est injustifiée, puisque deux lignes seulement sont consacrées à ce saint au 22 septembre, jour de la fête de saint Maurice, et l'évangile est renvoyé à la transcription qui s'en trouve faite pour une autre fête. On n'eût pas traité de la sorte la fête du patron principal du monastère. Au verso du dernier feuillet, écriture du XII* siècle commençant, on lit le début d'une chro-

» Histoire de la Vulgtle. in-S", Paris, 1S93, p. 275. — 'Voir en outre, sur ce ms.. Die Trierer Ada Ilandschrift, iii-fcl., Leipzig', p. 74. — ' H.-E. Gaullicr, Mém. sur quelques livres earolinSj ou de Vépoque carlouingienne, à l'occasion d'un manuscrit latin avec couverture d'or, provenant du trésor du chapitre de Sion en Valais et désif/né sous le nom d' a évangéliaire de Charlemagne n, dans Lectures faites à Vlnstitul genevois, sect. des sciences morales et politiques, 30 sept. 1853, attribue le ms. au x' siècle et le fait donner à l'église de Sion par Rodolphe II, roi de Bourgogne transjurane (911- 937>. De Gingins la Sarraz. Lettre à M. GaulUer, Lausanne, 1^* sept. 1853, en appendice au mémoire cité, fait donner l'évangéliaire à l'église de Sion par Aymon 1"', évèque de Valais (1037-1053). A. Daicel, Musée rétrospectif. Le

nique relative à l'expédition de Charlemagne contre les Lombards en 773.

La couverture d'orfè\Terie offre les dimensions suivantes : 0'°255 x 0"'218. Les ornements sont cloués sur un ais de bois dur qui forme la carcasse de la reliure. Au centre de la composition, le Clirist assis sur un trône, bénissant, nimbé et tenant de la main gauche le li\Te des évangiles; les pieds nus posent sur un tabouret. La tête est imberbe et encadrée de longs cheveux flottants. Cette figure, traitée avec beaucoup d'art, est fâcheusement déformée par suite d'un choc qui a aplati le nez, et donne une expression dure et vieillotte; mais la chevelure, le vêtement, la pose sont encore parfaits et la donnée générale a été, cela n'est pas douteux, inspirée par une tradition qui a pris naissance dans les oeu^Tes byzantines et qui s'est maintenue pendant bien des siècles. Toutefois, nous ne nous trouvons pas devant un modèle byzantin ; la main bénissante le fait à la manière latine (voir Bénir, Manières de); en outre, le volumineux coussin qui orne le siège des chaires byzantines (voir Chaire épiscopale) a été enlevé. L'ne inscription en émail cloisonné encadre ce motif central; sa technique et sa formule ne nous apprennent rien de notable.

La couverture a eu à subir de nombreux remaniements. En contre-bas du panneau central et de son inscription émaillée, règne une bordure en or repoussé représentant un rinceau composé de feuillages. De chaque motif du rinceau jaillit une tige portant une pomme de pin. Les angles et les miUeux de cette deuxième bordure sont occupés par des pierres précieuses serties dans des chatons ciselés et filigranes. Une troisième bordure occupe tout l'espace, jusqu'au bord de la couverture; elle se compose de plaques d'émaux cloisonnés, au nombre de huit, alternant avec le même nombre de pierres fines montées sur des plaques d'or décorées d'ornements exécutés au repoussé et au filigrane. Les quatre émaux fixés dans les bordures supérieure ttinl'érieure et les quatre émaux des bordures latérales sont identiquement semblables entre eux, quatre d'un type, quatre d'un autre type. Ce sont des morceaux d'une rare perfection et de travail oriental. Des cabochons occupent les milieux et les angles de cette troisième bordure, ils sont sertis dans des chatons de travail varié d'une extrême délicatesse. C'est, en définitive, une œuvre d'art hors ligne à laquelleCharlemagneest parfaitement étranger.

XXIII. La ch.\sse de Charlem.^g.xe. — Les chroniques latines et les chansons de geste qui entre- ])rirent de rapporter l'histoire de Charlemagne ne furent pas seules à conspirer contre la vérité. L'art voulut y prendre sa part. Le hasard voulut que la châsse destinée à renfermer les ossements du saint empereur, après leur découverte par Frédéric Barberousse (1166), fût ornée, une des premières sans doute, de compositions retraçant les principaux épisodes de la guerre d'Espagne, d'après le récit du pseudo-Turpm *. L'artiste qui fondit et cisela ce chef-d'œu^Te de l'orfèvrerie au xii" siècle y ajouta d'autres scènes également d'un caractère fabuleux, et notamment le

moyen âge, dans la Gazette des heaux-arts, 1865, t. xix, p. 437, 511 et pi.; Bévue de Fart pour tous, 6' année, n. 158; E. Aubert, Reliure d'un manuscrit dit évangéliaire de Charlemagne, dans ^lémoires de la Société nationale des antiquaires de France, 1874, t. x.xxv (IV" série, t. v), p. 1-17 et planche, cette dernière planche est la seule exacte. — ' Kântzeler, Der die Cebeine Karls des Grossen... enlhaltende Behalter, in-S'>, Aachen, 1S59; E. .\us'm Weerth, Kunstdenkmdler des christlichen Mitlelalters in den Rheinlanden, in-8'>, Leipzig, 1857, p. 108-122, pi. xx.xvii; Cahier et Martin, Mél. d'cu-chéol.. in-l", Paris, 1847, t. i, p. 26; E. Muntz, dans Romania, 1SS5, t. xiv, p. 334-336; Fr. Bock, Der ReliquienschcUz des Liebfraticnmùnsters zn Aachen, in-S", Aachen, 1860, p. 43-50.

CHARLEMAGNE

récit de l'expédition de Charleniagne en Terre-Sainte.

Nous omettons ici !a description technique pour nous en tenir aux compositions relatives à notre sujet.

1° Charlemagne endormi. A ses côtés, se penchant vers lui, l'apôtre saint Jacques, tenant une banderole avec l'inscription :

Karole, stirge, ueni : Gaïeciam libi dare veni.

Plus loin, Charlemagne, debout à une fenêtre par laquelle il regarde les étoiles. Inscription :

Apparel Jacobiis in sompnis anfe duohus, Deniqiie stellala perbebelur in ethere strata^ Occiduum mundum per se perhibens adeundum.

Dans les chansons de geste, c'est l'ange Gabriel qui apparaît à Charlemagne. Dans la châsse d'Aix-la- Chapelle, c'est l'apôtre saint Jacques, conformément au récit par lequel s'ouvre le pseudo-Turpin.

2° Cité crénelée, avec l'épigraphe PAMPELVN. A gauche, Charlemagne en prières; près de lui, des chevaliers. La main de Dieu apparaît dans les airs, et, comme à Jéricho, un pan de muraille s'écroule, entraînant avec lui le soldat qui le garde. Au centre, la ville avec ses détenseurs, dont l'un sonne du cor; à gauche, la lutte entre les assiégés et les soldats de Charlemagne.

In Pampiïone persistons obsidione KaroUts orai'il; me sicnt ad isla vocavil Jacobiis — et vere cadit iirbs^ miiri eecidere.

3° Charlemagne agenouillé au milieu de deux groupes de guerriers. La main de Dieu, paraissant dans les airs, lui indique ceux de ses chevaliers qui succomberont. Une croix rouge marque leur épaule. Plus lom, ces chevaliers enfermés dans une église :

Rex eruec premonittts belïo quis sit moriturus, Claiidit in ecclesia signatos, lendit ad arma.

4" Charlemagne, sous sa tente, entre deux jeunes femmes, dont il embrasse l'une. Une troisième femme agenouillée à ses pieds. Au dehors, à gauche, des chev aliers tenant des lances dont le bout est fleuri; à droite, des chevaliers partant pour la bataille, avec des lances également fleuries :

(Audet quœrendi sorlem qui sunt) pcrimendi : A'e dubitanda foret hec questio lancea floret Tempore nocturno morituris marie diur(no).

L e miracle des lances qui fleurissent tient une grande place dans le récit de la guerre d'Espagne.

5° Une bataille. Charlemagne debout sous une arcade ou une porte :

(Mortem non aiisi nioriuntiir, tempore clausi) Victor ab hosie redit, clausorum fanera ptangit.

6° Charlemagne assis, conversant avec l'abbé Egidius. Charlemagne communiant. Un ange apparaît tenant une banderolle avec l'inscription :

Crimen mortule convertitur in veniale.

Egidio ' Karolam crimen pudet edeire solum lUud enim tanli gravât. Egidio celebrcmti Angélus occullum perhibet reseratque sepuUam.

1" Un souverain debout, tenant un sceptre fleurde- , Usé. Devant lui, à genoux, Charlemagne, un évêque et un personnage inconnu. Plus loin, Charlemagne à ! cheval, partant accompagné de l'évèque. Dans les

> Vie de saint Gilles, publiée par G. Paris et A.. Bos, pour la Société des anciens textes, inlrod., p. lxiv-lxxi, lxxv. — — 'B. de Montfaucon, les monuments de la monarchie françoise, in-fol., Paris, 1731, t. i, p. 277, pi. xxiv. — ' L. Courajod, Inscription gravée sur Cépée dite de Charle-

airs une étoile, des rayons de laquelle s'échappe la main de Dieu, comme dans l'Adoration des mages :

Mittuntur dona Karolo, Christique corona Spinea, flos de qua novus c-xit, quo ciroteca Turgens (dum traditur in) aère stans reperitur.

C'est une scène de la légende latine du Voyage en Orient.

8° Charlemagne agenouillé, en compagnie d'un évêque, et offrant à la Vierge le modèle de l'église d'Aix-la-Chapelle :

(Huic) par et exemplum (prœcelso culmine) templum,

Karole rex, a le matri datur inviolale

Hic, ubi semper aquis ferventibus affîuit, Aquis.

L^ne autre partie de la châsse nous montre Charlemagne assis, le modèle de l'église d'.Aix à la main, et d'un côté le pape Léon III, de l'autre, l'archevêque Turpin, avec l'inscription : Stiis Karolus imperalor. — Slàs Léo papa. — Sins Turpinus episcopus.

XXIV. Épée de Charlemagne. — Montfaucon a publié une épée de Charlemagne ou plutôt « qu'on appelle, à Saint-Denis, de Charlemagne, « ce qui montre assez ce qu'il pensait de l'attribution. « Il n'y a, dit-il, que le pommeau et la garde qui soient bien anciens, la poignée et tout le reste ont été faits dans les tems bas ^. » « Cette épée — dont le pommeau en forme de champignon n'est pas sans analogie avec l'épée dite de saint Maurice, du trésor de Vienne — porte une inscription pleine d'intérêt pour son histoire. Dans une des parties qui sont antérieures au xin= siècle, sur la garde, ou, pour mieux préciser, sous les deux quillons, on lit en lettres moitié capitales et moitié cursives :

Il ë)[arc.s] ft DEMI et X ef/elli;n]s.

» La lecture n'est pas plus diflficile que le commentaire : cette mention a été inscrite dans la deuxième moitié du xiii" siècle, par un garde du trésor royal qui, pour n'être pas obligé à chaque nouvel inventaire de recommencer la pesée de l'or, a gravé à l'aide d'une pointe, sur ce bel or si pur et si malléable, le poids exact du métal précieux. On retrouvera, probablement, la même évaluation dans les inventaires où Joyeuse peut avoir été décrite '. »

On ferait une panoplie — d'ailleurs intéressante — avec les " épées de Charlemagne » dispersées dans les collections de l'Europe et dont l'authenticité marche de pair avec l'authenticité des « Durandal », plus nombreuses encore. Xous ne savons sur quel fondement critique pouvait s'appuyer F. de Lasteyrie pour admettre l'authenticité » sinon absolument certaine, du moins probable » d'une épée retirée du tombeau de Charlemagne, déposée depuis à Nuremberg et ensuite à Vieiiue '. Mais l'Allemagne, aussi jalouse que nous pouvons l'être des reliques de Charlemagne, a cependant introduit la critique dans les vitrines du trésor du Saint-Empire romain. Il est admis que la plupart des objets servant au couronnement des empereurs d'Autriche ne remontent pas au delà de la domination normande en Sicile.

XXV. Vitrail de Cii.arlemagne. — La cathédrale de Chartres conserve un vitrail célèbre de la fin du xii' siècle ou du début du xiii«. Toute cette verrière sert d'interprétation à deux récits célèbres du moyen âge : 1° une légende latine de 1060-1080, contenant le récit du prétendu voyage de Charlemagne à Jérusalem et à Constantinople; 2° la Chronique du pseudo-Turpin. Ces deux récits offraient un

magne, dans Bull, de la Soc. nal. des antiq. de France, 1876, t. xxxvii, p. 177-178. — ' F. de Lasteyrie, L'épée de Charlemagne, dans le Magasin pittoresque, 1871, t. xxxix, p. 146; cf. 1839, t. VIT, p. 43-46. Cette épée ofire d'ailleurs par ellemême un certain intérêt pour la technique.

CHARLEMAGNE

thème analoftuc et on les rapprocluiit volontiers. La li^^geiuie latine est intitulée : Drscriplio qiialiter Carolus Marjnus clai'um et coronam Domini a ConslanlinopoU ailukril, (jualilerqiie Carolus Caluus hœc ad sanctum Dioinjsium reluleril. Elle a été reproduite par Hélinand et, d'après celui-ci, par Vincent de Beauvais, qui, comme le peintre du vitrail, la fait suivre immédiatement par la Chronique de Turpin, Spccuhim inajits, I. XXIV, c. IV, V. Quant à la Chronique de Turpin, les chapitres qui correspondent exactement à notre verrière sont les chapitres ii, m, vni, x, xxii, xxiii, xxv. Il y avait à Saint-Denis un vitrail conçu suivant le même plan. Ce beau vitrail a été reproduit, commenté par des archéologues et des' crudits ', nous n'avons pas à nous engager dans la description et moins encore dans la discussion des scènes qui s'y trouvent représentées.

XXVI. Couronne de Ch.\rlemagne. — La couronne, dont le type est devenu légendaire, parait avoir été fabriquée pour Chnonradas Dei rjraiia Romanorum impcrainr augiislus, ainsi que s'exprime l'inscription qui se lit sur un des émaux. I! s'agit ici de Conrad II, qui monta sur le trône en 1027. Cette date s'accommode fort bien du style de la couronne et de la technique de plaques émaillées dont elle se compose, plaques arrondies par le haut. L'ne disposition analogue se retrouve sur la couronne de Constantin Monomaque, empereur de Byzance, de 1042 à 1054 2.

XXVII. Le verre deCh.\rlem.\gne. — L'ancienne abbaye de la Madeleine, à Châteaudun, conserva jusqu'à la Révolution une coupe de verre « d'une grandeur extraordinaire », suivant l'expression du vieil historien blaisois. En 1789, la coupe fut expédiée à Paris et s'arrêta à Chartres où elle est demeurée '.

C'est une belle coupe en forme de calice, de 23 cent. 28 mill. en hauteur, posée sur un support de cui\Te argenté mesurant 9 cent. 4 mill. de hauteur. Le diamètre de l'orincc inférieur est de 0""426, celui de la base 0"^1S, celui du support C^SOSG. Le milieu du vase est orné d'une large bande circulaire d'entrelacs dessinés par des filets dorés dont l'intérieur est rempli iIî pois blancs et bleus en relief, formés par des émai X incrustés; lu-dessus de celte bande,règne une inscription en caractères dorés au milieu et colorés en rouge sur les côtés de leurs entailles, et, au-

' Monographie de la cathédrale de Cluu-tres; BuIteau.Zïcscription de ta cathédrate de Cluwtres, in-S'^, Chartres, 1S50; Lé\"y et Capronnier, Histoire de la peinture sur verre, in-S"*, Bruxelles, 1S62, p. 64 ; A.Vétault, Ctiartemagne, p. 545, 547, et pi. IV, v; en fin. pour mémoire, les bouffonneries ordinaires de M. K.-J. Huysmans, La catliédrate, in-12, Paris, 1S9S. — = Fr. Boclv, Kteinodien des heit. rontisclien Reichcs Deulsclier .V«(ion,in-fol., Wien, 1864, pi. xxxui, p. 49, 157-164; Les twls soniptuaires, pi. x; A. Vétault, Cliartemagne, pi. m, p. 544; B. Simson, dans Jalwbiicher des frànl<i$clten Reiclies unter Kart dem Grossen, t. i, p. 193; Barbier (de Montault). Le trésor de Monza, dans le Bulletin monumental, 1SS3, p. 2; Inventaires de ta basilique royale de Monza, dans \e Bulletin monumental, 1880, p. 18, 46, 60 ; J. Labarte, iîecherches sur la peinture en émail, p. 11,33; Frisi,. 1/cmorie storiche di Monza, t. i, pi. vu; du Sonmierard, Les arts au moyen âijc, album, série X. pi. xiv; G. Fontanini, De corona jerrea, c. iv, p. 34; B. Grueber, Das Stijl des hcil. Jolmnnes in Monza, pi. vu, p. 40; Pottier dans Villemin, Monuments jrançais inédits, t. i. p. 13; t. ii, pi. xix; A. Essenwein. Die Krônungsinsiynicn im Mitlclaltcr, dans Anzeiger liirKundederdeutsclienVorzeit,lS66. p. 113, 161; F. Bocli, Die deutsclw Kaiserkrone, dans Mitlieilungen der \ Centralcommission, t. xiii; CIi. Cahier, Caractéristiques des saints, t. i, p. 266; P. Lacroix, Le moyen âge et ta Renaissance,t. m. Vie pn'ui^e. A Aix-la-Chapelle, on conserve également une couronne de Charlemagne. Cl. Noppius, ^ac/ic;ier Chronik, 1632, part. I, p. 47; .Meyer, Aaschenclte Geschichlen, I, p. 288, 290; Quix, Codex diplomaticus

dessous, un cordon d'ornement courant en frise circulaire. Le pied est ciselé à sa partie supérieure et godronné.

Le fait de la fondation ou de la restauration de l'abbaye de la Madeleine par Charlemagne est entièrement indifférent au fait de la présence d'un verre gravé dans cette maison au xviii^ siècle. A supposer que, parmi les magnifica munera offerts à l'empereur par les envoyés du khalife Haroun-al-Raschid, il se trouva une coupe de verre, resterait à établir son identification et les pérégrinations qui l'auraient, àunedate inconnue, conduite dans le trésor de Châteaudun.

La seule inscription gravée sur cette coupe semblerait devoir éclaircir les doutes sur l'époque de fabrication et la destination du vase. Cette inscription est d'une banalité parfaite et les traductions qu'en ont faite Fr. Morel, Lancelot, Reinaud, Marcel, Caussin de Perceval aboutissent toutes plus ou moins à celle-ci : » Que sa gloire soit éternelle, sa vie longue et saine, son sort heureux, son siècle favorable, sa prospérité parfaite. » La formule ne donnant rien de positif, on s'est rabattu sur la paléographie. • Ce verre vient d'Egypte, écrivait Reinaud; la forme des lettres prouve qu'on ne peut en faire remonter la date avant la fin du xii"" siècle. « Et à une observation sur la forme nesA-/i/ des caractères, forme dont'on aurait constaté l'emploi dès la hn du vu» siècle, Reinaud répondait que, si assurément les caractères npsATîi, ou cursifs, remontent à cette antiquité, le verre n'en appartient pas moins au xii" ou au xiii^ siècle. Son inscription appelle la comparaison avec celle qui se lit sur un globe céleste fabrique pour INIalek-Kamel, sultan d'Egypte, l'an 622 de l'hégire (= 1225 de notre ère). La même analogie se fait remarquer entre l'inscription du calice et les légendes des médailles frappées sous les princes de la famille de Saladin. Il est douteux qu'un présent si humble eûtjamais été d-estiné à un prince : la matière et le travail sont de faible prix et de nul mérite, l'inscription peut s'appliquer au premier venu. De son côté, Caussinde Perceval écrivait : « J'inclinerais à penser que l'inscription et la coupe appartiennent à des temps plus rapprochés de nous que le siècle de Charlemagne. »

Comment la coupe vint-elle d'Orient en France? Par les croisés, ce n'est pas impossible *; dans une pacotille de marchands, c'est tout aussi possible.

Aquensis, n. 192; F. Bock, Kteinodien, pi. ix, fig. 11; F. Bock, Die deutsclie Konigskrone im ,Schatze der ehemaligen Kronungskirclie zu Aaehen, dans Mitlieilungen der Centralcommission, t. iv, p. 65; A. di ■\Iiranda, Ricliard von CoriHuatlis itnd sein Vertuillniss zur Krônungsstadt Aaehen, dans Annalen des tiist. Vereins fiir den Xiederrhein^ t. XXXV, p. 65; enfin à Saint-Denis, Felil>ien, Histoire de l'abbaye royale de Saint-Denis, pi. iv, et à Paris, Beaunier et Rathier, Recueil des costumes français, pi. XLViii. — 3 J. Bernier, LHstoirc de Blois, contenant tes antiquitcz et singutarilez du comté de Blesois, in-4<', Paris, 16S2, p. 212 ; Bordas, Histoire du comté de Danois, de ses comtes et de sa capitale, publiée et rcouc par AMuenée, in-S°, Cliâteaudun, 1850; Doublet de Buisthibault, Recherches sur te verre de Charlemagne, conservé anciennement^dans le trésor de ta Madeleine de Cliàteaiutun (Eure-et-Loir) et aujourd'Iuti dans la Bibliothèque publique de ta ville de Chartres, dans Mémoires de la Soc. nat. des antiquaires, 1832, t. ix, p. 129-133; Le même. Le verre de Cliartemagne, dans laRevue arcliéologiquc, 1857, p. 161-169, pi.- cccvm; Reinaud, Description des moniunents du cabinet de M. de Btacas, in-8°, Paris, 1828, t. n, p. 421, n. 10;^Doublet de Boisthibault, Eure-et-Loir géographique, statistique et lopograpliique, 1836; Magasin pittoresque, 1876, p. 400; L.-D. Coudray. Le verre de Cliartemagne, dans Bulletin de ta Société danoise. Archéologie, histoire, science et arts, 1SS1-18S4, t. IV, p. 297-303. — ' On voit le sergent Bourgogne rapporter de la campagne de Russie un verre à boire. Mémoires du sergent Bourgogne, in-12, Paris, 1909, p. 57, 172, 255.

CIIARLEMAGXE

XXVIII. Reliquaires de Chahlemagne. — On devrnit encore mettre au compte de Charlemagne un certain nombre de dons qui comportaient une ocu\Te d'art. .\ Clairvaux, l'opinion commune attrilniait à la libéralité de Charlemagne le chef de saint Barnabe conservé dans le trésor de l'abbaye'; à Argenteuil, c'était la tunique du Christ que l'empereur avait donnée ^; évidemment, de pareils dons ne se faisaient pas sans un reliquaire précieux; à Conques, au dire du Liber mirabilis, chronique de l'ancienne abbaye, Charlemagne aurait offert un reliquaire ayant la forme (le la lettre A, début d'une série complète répartie entre vhigt-deux fondations monastiques et affectant la forme de chacune des lettres de l'alphabet '.

Nous ne savons, en vérité, s'il faut rappeler le reliquaire de la» sainte vertu ' à Charroux; une mention sulTira*. Quant au clou et à la couronne d'épine que Charlemagne rapporta de Jérusalem, on sait [à quoi s'en tenir sur le voyage et les prétendus souvenirs que l'empereur en rapporta '. Le texte de la Dcscriplio qualilcr Karoliis Mtignus ckwuni et coronani Domini a Consiantinopoli Aquisijranum detuleril' a été composé à Saint-Denis au xi= siècle finissant, vers 107.5-1095. C'est une œuvre d'imagintition dont on ne voit guère les sources, au sens ordinaire de ce mot, sinon dans la cervelle du moine qui a inventé ce qu'il raconte et' combiné ses trouvailles avec certains faits qui traînaient alors un peu partout. Le texte de la Descripiio a été, semble- 1- il, utilisé dans une forme plus étendue par l'auteur d'une Vie de Charlemagne, écrite au xii" siècle sur l'ordre de Frédéric Barberousse, à l'occasion de la canonisation du grand empereur par Pascal III '.

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