More volans aquilœ vcrho petit astra Johannes
22. Actes des Apôtres. Le Christ monte au ciel; deux anges adressent la parole aux apôtres : Viri Galilei,quid adspicitis... La Pentecôte. Dans une salle surmontée d'un dôme, douze apôtres assis, la Vierge Marie au centre. Autour des murs de la maison, une foule très agitée.
23. Scènes de la vie de saint Paul. Saint Paul reçoit mission des prêtres, qui semblent lui donner une liste
expose les Écritures, on l'écoute et deux sténographes recueillent ses paroles (fig. 2658). Dans la biljle de Saint-Paul, il y a un entretien avec quatre moines dans une cour et un autre entretien avec trois femmes sous une arcade (fig. 2659). Même infériorité pour la distribution des exemplaires. Ici, le saint assis puise dans deux coffres les volumes que les moines emportent chez eux; là, le saint debout déballe en hâte une caisse de livres avec trois grands gaillards qui font sauter les exemplaires par-dessus la muraille. Évidemment, Ingobert était fort satisfait de lui après de telles miniatures, c'est alors sans doute qu'il se disait que les Italiens ne sauraient en faire autant et, de tait, il ne manquait pas d'imagination: il manquait surtout de talent.
Les scènes consacrées au paradis terrestre sont médiocres, mais on ne pouvait rien attendre de bien satisfaisant. D'ailleurs, cette page est également piteuse dans la bible de Vivien. On a voulu représenter des corps nus, mais ce ne sont guère plus que des baudruches souillées. La miniature consacrée à
•26Ô8. — Saint JénJme exposant les Écritures. Bible de Vivien. D afirès une photographie.
de suspects et lui prodiguer les reconunandations: tous parlent à la fois. Le chemin de Damas: sauf une certaine maladresse dans l'attitude de la chute, le geste est très bien observé, l'intention vaut mieux que l'exécution. Saint Paul arrive à Damas, Ananias est averti pendant son sommeil, il touche les yeux de l'aveugle et lui rend la lumière. Saint Paul expose la toi nouvelle à dix auditeurs, qui semblent des plus animés. Saint Paul s'évade de Damas, descendu pardessus les remparts dans un panier. Pour la justesse, la \'ivacité, la correction, cette miniature est, de beaucoup, la plus excellente du volume. Les architectures même sont à peu prés raisonnables; mais c'est surtout l'observation qui est excellente (fig. '2(j57).
24. La cité céleste par les anges. .\u centre, l'autel et l'agneau. Le tétramorphe.
Dans la description qu'on vient de lire, nous n'avons pas mentionné les initiales ornées.
Sam. Berger dit, avectoute raison, quecetle illustralion est riche, mais d'un art grossier, lourd, disgracieux, et qui sent la décadence. Comme Janitschek le fait remarquer, le modèle des figures historiques doit être cherché dans la bible du comte Vivien: mais si Ingobert s'est ingénié à taire plus, il n'a pas su faire mieux ni même aussi bien. Son procédé consiste à nuiltiplier les épisodes, au besoin à les sectionner; avec un seul il en fait deux, mais, pour juger du succès avec lequel il se livre à ce travail, il suflit de comparer les scènes de la vie de saint .lérôme dans les deux manuscrits. La scène centrale sert particulièrement de démonstration. Dans la bible de Vivien, le sujet est traité avec autant de goût (|ue de science. Le saint
David montre, soiume toute, qu'il y a peu d'invention chez Ingobert. Ne voulant pas reproduire la page de la bible de Vivien il ne parvient pas à l'oublier. Il aura donc, lui aussi, David debout, deux écuj'ers, quatre musiciens assis; tout ce qu'il pourra faire sera d'attribuer des places un peu différentes de celles que nos gens occupent dans le modèle; ayant ainsi dégagé le centre, il y amène deux chantres qui ressemblent à des chefs d'orchestre, car tous deux battent la mesure. Enfin, le triomphe d'Ingobert sera de loger un petit personnage inutile qu'il a sans doute calqué dans un cahier de modèles où s'était approvisionné le décorateur de l'évangéliaire d'Ebbon; c'est là sa vraie trouvaille, on ne la lui disputera pas. Enfin, un simple rapprochement entre l'habile disposition de la miniature de pré.sentation de la bible de Vivien et la pesante image du frontispice de la bible de Saint-Paul achève de classer chaque décorateur à son rang.
Janitschek relevait dans ce cycle de peintures l'excès du mouvement et le nombre exagéré des personnages. Tout ce monde gesticule, saute, court, bondit, se démène pour arriver à un résultat assez mince, plutôt fatigant à la vue que satisfaisant et où l'interprétation du texte ne dépasse guère la partie anecdotique.
Ce qui fait l'intérêt plus réel de la bible de Saint- Paul, c'est la décoration, originale et neuve à bien des égards, des initiales. Cette partie de la décoration se rapproche tant du style franco saxon que l'on a cru pouvoir ranger notre bible parmi les nuinuscrits de cette école. Les initiales à entrelacs, accompagnées
CHARLES LE CHAUVE (MANUSCRITS DEl
de têtes d'animaux, s'y retrouvent comme dans les manuscrits franco-saxons. L'écriture, petite et fme, porte tous les caractères de la calligraphie du nord de la France.
On ne décrit pas des initiales : un enchevêtrement de li;,'nes, de pleins, de vides, de nattés, d'entrelacs.
Voici les principales divisions du volume; la lettre et le texte cité remplissent une page entière :
1. Début de la préface de la bible, lettre de saint Jérôme : Frnler Ambrosiux; la lettre F.
2. Début de la Genèse : Incipil liber Brésil iJ csl Geneseos; la lettre I.