PRO
SIMILI • CONLIB[ RATIONIS . CHARTfaWae CLAVDIAE E0[
CLAVDIAE CO[
LIBERTIS LIBERlABVSOV[c
AEDIFICIVM-ADPLIC[
Un passage de Cassiodore peut également donner lieu de croire que, sous le Bas-Empire, le vocable chartarius avait pris une acception analogue à celle de chartularius'". Mais c'est surtout le sens objectif qu'on vise. Pline appelle les fabriques de papier chartariœ officinœ, et il y a des magasins ou entrepôts de papier à Rome qu'on désignait sous le nom d'/io/rea charlaria".
H. Leclercq.
CHARTES. — L Chartes de fondation et de dotation. II. La charta Cornuliana. III. Transcriptions épigraphiques. IV. Charte épigraphique à Saint- Paul-hors-les-Murs. V. A Saints-jean-et-Paul. VI. A Saint-Érasme. VII. A Sainte-Suzanne. VIIL -\ Saint- Pierre. IX. A Saint-Clément. X. .\ Sainte-JIarie-du- Transtévèrc. XI. Chartes épigraphiques postérieures.
Schol. Jiiven., iv, 24; Glossar. : ,
' Code Jus-
tinien, 1. XI. tit. XVII. — ' PuHqIi, Grammnlical. lut. anliq. auclores, in-i", Hanover.f. p. .313. — ' Gruter, Jnscripl. aniiq.. p. cccclxxx, n. 1; Orclli -Henzen, Inscripl. lal., 182S, t. II, n. 4159. Cf. ^larini. Papj'ri diphmatici, in-fol., Roma. 1799, p. 278a. — ' Corp. inscr. lal., t. vi, part. 2, n. 9255 ; belle inscription conservée à l'ambassade de Russie à Rome; c'est elle qui est citée par Foreellini./.exi'con, au mot Chartarius. — ' H. Greppo, Xolice sur une inscriplion de musée relative à un chartarius lyonnais, dans la Revue du Lyonnais, 1840, t. xii, p. 165-178. — ' Cittadini, ms. vatic. S253, loi. 267; Phil. de Winghc, ms. Bruxelles, 1, fol. 43; Sirmond, Ennodii opéra, 1. VII, epist. i;Reine-
sius, 5yn/agma inscrip/ionn/ïj. in-fol., Lipsiïe. 1682, p. 992, n.ccccix, cl. xx;Doni,Ms.MaruccIl, .4. G.. I.491;.\, 293, p. 112;cdit., cl. xx, n. 36; Muratori, \ovus lliesaurus vcl. inscr., i. iv,p. mcmi-iv,1 ; Marini, op.ci7..p.278; H. Greppo. op. cit., p. 170; Corp. inscr. lal., t. VI, part. 2, n. 9256. On trouve dans S. Jérôme, Adv. Rufinum, 1. III. c. xx, P. L., t. xxiii, col. 471. le terme cluirlarium. — ' Marini, / papiri diplomalici raccolli ed illuslrali, Roma, 1805, infol.. p. 278. — ' Bull, délia commissione di urcheol. municipale. 1872, p. 75; Corpus inscriplionum lalinarum, t. vi, part. 2, n. 8567. — "Cassiodore, Vnriaram, 1. VIII, c.xxiii, P. L., t. Lxix, col. 750. — " Preller. Die Regionen der Sladl Rom, in-8'', lena, 1846. p. 7, 102.
en <
yiaMcnwaMMMMft'-CWnfKIBïWPMRMi/WiKAnMimiVtv^!'*' r
CHARTES
XII. Chartes confirmées. XIII. Chartes sur papyrus et sur parchemin. XIV. Chartes diverses. XV. Chartes royales mérovingiennes. XVI. Catalogue des chartes royales mérovingiennes. XVII. Transcription d'une charte royale. XVIII. Chartes ecclésiastiques. XIX. Chartes originales. XX. Chartes récrites. XXI. Chartes perdues. XXII. Chartes confirmées. XXIII. Chartes vidimées. XXIV. Chartes fausses. XXV. Formules d'invocation. XXVI. Formules d'imprécation. XXVII. La suscription.XXVIII. La stipulation. XXIX. Notes tironiennes dans les chartes royales. XXX. Le sceau. XXXI. La souscription. XXXII. La ruche. XXXIII. La croix. XXXIV. Chartes royales des Carolingiens. XXXV. Bibliographie.
I. Chartes de fondation et de dotation. — Gactano Marini a groupé sous le titre de Bona in conimoda ecclesi'anim donata legata une série de monuments, tardifs pour la plupart, puisqu'ils appartiennent aux vii'^, vin'', ix' siècles, et d'un intérêt très grand néanmoins, non seulement au point de vue du formulaire de ces actes, mais encore au point de vue de la topographie ancienne des propriétés et de la toponymie des patrimoines de l'Église de Rome. Ces monuments ne sont pas les seuls que nous possédions sur cette matière, puisque le Liber pontificalis a pris soin de transcrire bon nombre de détails de même ordre. Il est souvent question, dans ce registre officiel, de fondations, réparations, embellissements d'églises et autres édifices religieux, de fonds de terre consacrés à l'entretien du culte, de vases sacrés, lampadaires, etc., à l'occasion desquels on nous donne des détails précis, touchant le poids, la destination, etc. Les renseignements ainsi conservés ne sont pas tous de même valeur. En ce qui regarde la fondation, les extensions et les embellissements successifs d'un édifice, les rédacteurs ont pu faire usage de renseignements assez divers, depuis les récits qui se débitaient dans la sacristie et l'atrium d'une église, pour le plus grand honneur et achalandage du saint patron, jusqu'à l'inscription dédicatoire de l'entrée ou de l'abside. Il y a là une part d'inexactitude toujours possible. Dès qu'il s'agit des catalogues de fonds de terre, avec indication de gisement et chiffres de revenu, énumérations de vases sacrés avec menlioii du métal, du poids, des ornements, il est clair que la tradition orale n'est plus consultée; au reste, sur des points de ce genre, elle est muette.
Une préoccupation dominante des fondateurs d'églises ou des administrateurs est d'assurer la célébration du culte et l'entretien du luminaire. Dans ce but, on prodigue généralement les dons mobiliers et innnobiliers. Une étude de donations faites aux églises au moment de leur fondation a permis de relever quelques particularités caractéristiques '. Partout on rencontre régulièrement deux catalogues, l'un de vases liturgiques et de lampadaires, l'autre de biens immobiliers afiectés à l'entretien du luminaire "■ Le premier catalogue présente toujours les mêmes objets' et généralement dans le même ordre; les différences ne concernent que le nombre des pièces, leur poids et leur richesse, qui sont en rapport avec la dignité de l'église. Cette fi.xité est très naturelle, car toute église, pour pouvoir fonctionner, a besoin d'un service de vaisselle sacrée dont le type est indiqué par les exigences mêmes de la liturgie eucharistique ou baptismale. .Sans doute, mais cette fixité est d'autant plus naturelle qu'elle reproduit évidemment un
' Dans la basilique Constantinienne, le baptistère Constantinien, Saint-Pierre. Saint-Paul, la basilique Scssorienne, Sainte- Agnès, Saiiit-I. aillent, Saints-Pi erre-et-Marcellin, les églises d'Ostie. d'.Mbano, de Capoiio. do Naples, le Itliiliix Equilii ou Silveslri: le lilulux Mnrci: le tittihis Damasi ; le tiliiliia Vestinw; l'oratoire de Sainte- Félicité; la basilique de Sainte-Marie; la basilique de Saint-Laurent-
formulaire; l'ordre presque constant, observé dans l'énumération des pièces du mobilier, ne permet guère d'échapper à cette conclusion; en outre, la transcription dans le Liber pontificalis de ces divers catalogues témoigne de la rédaction de chartes de fondation et de dotation dont nous rencontrerons bientôt un exemplaire.
Ces chartes relataient-elles dans un texte unique les clauses immobilières et les listes mobilières? On pourrait le penser, à s'en tenir au type de la charla Corniitiana, mais rien ne prouve l'existence d'une formule unique, et il serait arbitraire de prétendre la ressaisir à travers les utilisations qui en furent faites. Cependant, nous pouvons noter un certain nombre d'ustensiles que toute charte de fondation ne manque pas de cataloguer. Ce sont : 1° La patène, c'est un plat de grandes dimensions, généralement unique et qui sert à la communion de l'évêque et de ses assistants. — 2° Le scyphus, récipient destinéà contenir le vin de la consécration. — 3" Les calices ministériels, dont le nombre varie suivant l'importance des églises et qui ne diffèrent guère pour la forme et pour les dimensions de nos verres à boire. — 4" Les ama", grands récipients pour recevoir les oblations des fidèles. — .5" Assez ordinairement, un autel en métal. Outre ces pièces essentielles et que, saut lacunes, on retrouve partout, on rencontre aussi l'énumération de vases destinés à contenir la provision d'huile de lampe, le brûle-parfums; plus tard, après le iv^ siècle, le lavabo; enfin parfois des ustensiles de la liturgie baptismale, i Avec les lampes, lustres, candélabres, tout ce qui concourt à l'éclairage d'une basilique, le nombre, la forme et le choix des pièces varient presque sans limite; et l'entretien de cette lampisterie entraîne la fondation de rentes constituées sur des fonds de terre, des maisons, des édifices. .\ l'occasion de la basilique Constantinienne, nous recueillons cette mention : constiluil in servitio luminum; et il semble qu'on puisse la suppléer dans toutes les autres listes. « Du reste, il n'est pas douteux que le traitement des clercs de chaque église, ainsi que l'entretien et la réparation des édifices sacrés, ne fussent payés sur des revenus distincts de ceux qui étaient attribués au luminaire *. » Xous verrons bientôt deux spécimens, l'un sur bronze, l'autre sur marbre, contemporains de Grégoire l" et de Grégoire II, qui nous ont conservé des chartes épigraphiques mentionnant les fonds afiectés à la concinnatio luminum dans deux basiliques.
Ce sont ces fonds catalogués, ces immeubles disséminés, d'un rapport variable, qui nous mettent sur la voie d'un groupe de documents qui fait l'objet de cette étude. Ce sont ces documents que l'auteur du Liber pontificalis a pu consulter; mais quels étaientils et où les a-t-il trouvés? Au jugement de M. L. Duchesne, « nous devons d'abord écarter les inscriptions. Sans doute, il ne manque pas d'exemples d'inscriptions gravées sur marbre ou sur bronze, affichées à l'extérieur ou à l'intérieur des églises de Rome et contenant des catalogues de fonds de terre; je viens d'en citer deux, et j'y joindrai la Xotilia fundorum juris tituli hujus que l'on voit dans l'église des Saints- Jean-et-Paul, ainsi que la charte de donation du pape Sergius I" (687-701) en faveur de l'église Sainte- Suzanne, — tous documents auxquels nous allons revenir. Mais d'abord, aucune de ces quatre in-
Majeur. — ^ Le catalogue des biens immobiliers ne fait déiaiit que pour l'oratoire de Sainte-l-'élicité cl ])our la basilique de Saint-Laurcnt-Jlajeur. — 'Ceci ne s'applique pas :)U baptistère de Constantin; le mobilier liturgique d'un baptistère ne peut être le même que relui d'une église. — * l.iher ponliftcalis, édit. L. Duchesno, Paris, 1884,
t. I, p. CXLIV.
CHARTES
scriplions. los plus anciennes que Ton connaisse, ne remonte au temps où le Liber ponliftcalis a été écrit; ensuite, il semble que l'usage de l'épigraphie, pour des pièces de ce genre, ne soit pas primitif. En effet, nous trouvons à Saintt^Marie-Majeure une charte de donation sans date, mais dont la nomenclature et la terminologie appartiennent à la fin du vi'= siècle ou au siècle suivant. Or, il est expressément marqué que le texte en a été relevé sur les documents authentiques et transporté sur marbre bien longtemps après, sous le pape Grégoire IV (827-844). [
a Ceci, sans doute, n'exclut pas absolument la possibilité qu'il y ait eu, dès le commencement du vi« siècle, (les inscriptions de ce genre, d'où notre auteur aurait pu tirer ses informations. Mais on a constaté qu'il ne parait pas avoir accordé une grande attention aux inscriptions, même les plus monumentales et les plus solennelles. Il est donc peu probable que les renseignements qu'il nous donne sur les dotations immobilières soient le fruit de recherches épigraphiques. Celles-ci, du reste, ne lui auraient rien ou presque rien fourni pour ses énumérations d'objets mobiliers. Ce qui est plus probable et même certain, c'est qu'il aura tiré toutes ces indications de documents d'archives, de chartes de fondation et de dotation, où se trouvaient indiqués à la fois les biens- fonds et le mobilier liturgique'. »
Le ton qui règne dans ces énumérations nous est un sûr garant d'une source notariée, comme l'est celui d'une charte. En effet, rien de plus étranger au style laudatif des hagiographes et au style descriptif des historiens et des chroniqueurs. Tandis qu'Eusèbe. Prudence, Paulin de Noie, Sidoine Apollinaire, Grégoire de Tours s'arrêtent, s'extasient, cherchent des comparaisons, s'embarquent dans les épithètes à outrance, ici nous avons un inventaire rédigé avec l'indifférence la plus complète. Il ne s'agit pas d'enflammer l'imagination, mais d'énoncer droits, biens et charges. Et ces transcriptions ont d'autant plus de prix que l'auteur puise à pleines mains dans les archives et ne peut puiser nulle part ailleurs. Où trouverait-il, en effet, les détails qu'il nous donne, puisqu'au moment où il écrit, le mobilier précieux des basiliques qu'il inventorie a subi des pertes considérables? Or, ce n'est pas le chétif état auquel les rapines d'Alaric et de Geiserich ont réduit les trésors des églises que le Liber ponlificalis enregistre, c'est la somptueuse condition de ces mêmes églises à l'heure de leur fondation. Ce n'est pas par l'effet d'une sorte d'impuissante vanité, mais par suite d'un sentiment bien différent.' Le i''ve des grands papes sera d'effacer le souvenir des rajiines dont les basiliques ont été victimes en reconstituant, avec les ressources amoindries et les matériaux appauvris dont ils disposent, le mobilier primitif inscrit dans les chartes de fondation. Trop de désastres s'accumulent : ils n'y parviendront pas, mais ils ne se lasseront pas de tenter l'impossible. Le Liber ponlificalis lui-même en fait foi. Nous j" voyons le pape Célestin (422-432) reconstituant post ignem Geliciim, c'est-à-dire après l'invasion d'Alaric, le mobilier sacré de la basilique de Jules. Le pape Xyste 111(432-440) obtint de l'empereurValentinien III le renouvellement du fasligium argenleiim, le baldaquin d'argent; de l'autel principal de la basilique constantinienne, donné jadis par Constantin et emporté en Afrique par l'armée de Geiserich -.
Vn dernier trait à relever, et qui nous fait toucher aux chartes mêmes, se trouve dans les listes de fonds de terre insérées dans le Liber ponlificalis. Ces fonds sont presque toujours marqués au nominatif, bien que
' L. Duchesne, op. cil., t. i, prêt., p. cxlv. — = Ibid., t. i, p. 191, n. 29; p. 235, n. 9. — ' Ibid., préf., p. cxlix.
la listeentière soit précédée d'un verbe comme dedil, oblulil. Les copistes ont remarqué cette anomalie, ils ont même cherché à la corriger, mais sans y parvenir toujours; et ce tout petit fait montre déjà à lui seul que nous avons affaire, chaque fois que nous rencontrons ces énumérations, à un texte préexistant qui a été inséré tel quel, ou à peu près, dans le Liber ponlificalis, et non point à une rédaction exécutée exprès pour celui-ci et par son auteur '.^ Il est clair qu'il y a eu dés lors des actes de dates assez différentes. Lorsqu'on rencontre, à propos de l'un des fonds de la basilique de Saint-Laurent, sur la voie Tiburtine, celui-là même sur lequel elle s'élève, la mention quod fisctis occupaveral lempore perseculionis, il est à peine douteux qu'on nous reporte à la situation du .m» siècle, et, à plus forte raison, lorsque pour un autre bienfonds de la même liste, on nous apprend qu'il est prxstans nomini chrislianorum, cette désignation de la communauté est évidemment un souvenir antérieur à la dernière persécution de 303, la citation d'un terme très naturellement employé dans une charte du ive siècle et qu'on transcrivait deux siècles plus tard sans soupçonner l'évocation archéologique que comportaient ces simples mots.
Il reste maintenant à dire' dans quelle mesure et avec quelle fidélité notre auteur a reproduit son document, dans les parties pour lesquelles il a jugé bon d'y recourir. Que l'on jette un coup d'oeil sur l'article relatif à la basiliqueConstantinienne : on sera étonné de l'abondance et de la précision des détails, ainsi que de l'ordre parfait dans lequel ils sont présentés. L'énumération commence par la plus grosse pièce, le baldaquin de l'autel majeur; nous en connaissons non seulement la matière et le poids, mais la décoration ellemême, avec le nombre des personnages, leurs dimensions, leur groupement, leurs attitudes, l'orientation des scènes par rapport à celle de la basilique; on nous dit que la voûte intérieure de cet édifice d'argent est de l'or le plus pur, qu'un lampadaire, également d'or, est suspendu au-dessous, par des chaînes dont le poids est indiqué, que ce lampadaire est accompagne de quatre^couronnes du même^métal. L'auteur marque la dorure de l'abside, puis il passe à l'autel, ou plutôt aux autels, car il y en a sept au Latran; à propos des autels, on énumère toute la vaisselle liturgique, en ayant soin dedonner la capacité des plus grandes pièces, les aniœ. Alors, sous la rubrique ornamentum in bcisilica. on,; détaille tous les lampadaires de l'église : d'abord, deux fara canlhara, l'un d'or, l'autre d'argent, qui sont disposés devant l'autel; puis ceux qui éclairent la grande nef (gremitim basiliae), la nef de droite, la nef de gauche; puis des candélabres portecierges; enfin, d'autres candélabres, au nombre de sept, placés un devant chaque autel; on n'oublie pas dans ce chapitre les métrétes, grands récipients destinés, sans doute, àïcontenir l'huile des lampes; on a même soin d'indiquer que telles lampes sont alimentées par une huile odoriférante spéciale. Enfin, vient l'énumération des fonds deMerre. rattachée à celle des lampadaires par la formule qiiibus consliluil in servilio luminum.
L'ordre, la précision, l'abondance se retrouvent quand on passe de la basilique dans son baptistère, même quand!on se transporte du baptistère de Latran à la confession de Saint-Pierre et à la basilique Vaticane. Cependant il y a ici, dans l'énumération des pièces d'orfèvrerie, un commencement de confusion. Arrivé à Saint-Paul, l'auteur, apparemment fatigué de ces détails,' commence par les supprimer entièrement et entame tout de suite le catalogue des fonds de terre. Puis il se reprend, et, à la ligne suivante, il marque sommairement que Constantin a doté la basilique de la voie d'Ostie des mêmes vases en métal précieux
CHARTES
que celle du Vatican et qu'il a placé une croix d'or sur le tombeau de saint Paul, comme sur celui de saint Pierre; il continue ensuite son catalogue de possessioncs. Voici une première manifestation de la tendance à abréger. Pour les autres basiliques, ne pouvant se tirer d'affaire par une assimilation du même genre, il indique les pièces d'orfèvrerie, mais sans plus s'arrêter à décrire le fastigium, déjà néglige à Saint- Pierre, sans parler de la caméra basilicœ, sans donner la distribution des lampadaires entre les diverses parties de l'église, ni, sauf des cas très rares, la qualité de l'huile affectée à chacune de leurs catégories; les formules qui reliaient les diverses parties de la liste, dans l'article du Latran,sont désormais supprimées: en un mot, tout indique un homme pressé, préoccupé de simplifier sa besogne. Je crois donc en somme (|ue, ni pour le nombre des chartes de fondation ((ui ont été ainsi dépouillées, ni pour la teneur de chacune d'elles, nous n'avons ici une reproduction complète du document dont l'auteur du Liber ponlificalis a pu disposer '.
A tout prendre, si l'on veut se tenir le plus près possible du texte d'une charte de fondation et de donation, c'est toute la partie qui concerne le Latran dans la notice de Silvestre qui doit être consultée de préférence: mais nous n'avons toutefois qu'une approximation; toute la partie de protocole et de formule a disparu, et elle aurait son prix.
II. 1,.\('IHRTA CoitM'TiAyA. — Un des exemples les plus célèbres de chartes de fondation est le document désigné communément sous le nom de chaiia Cormiliana. C'est une charte de fondation et de dotation d'une église de campagne, située aux environs de Tivoli. Elle est datée de l'an 471 et signée par un certain FI. Valila qui et Theodorius, v. c. et inl. et cornes et magister utriusque mililiœ, personnage qui possédait à Rome, sur l'Esquilin, une riche et belle maison qu'il légua à l'église et dont le pape Simplice fit, moyennant quelques modifications, une basilique placée sous le vocable de Saint-André.
Le texte de la charla Conmtiana s'est conservé dans un cartulaire de l'église de Tivoli, actuellement aux archives du Vatican (armar. XIII, caps, v, n. 1), manuscrit du xn^ siècle. Les premiers mots ne font évidemment pas partie du texte épigraphique dont le début avait péri ou était détérioré au point d'être illisible. C'est la plus ancienne charte connue -.
Excmplar authenlicum cbarta: ' , unde colligere eam
poluimns, ecclesia' Cornutiane videlicet ut '
dii'ino mistcrio subiccti compelcntcm possint et de loeo cui serinant habcre substantiam^; illud quoque décorum putamus ut luminaribus* templum coltidie diiiina; religionis ornetur et ingrueiitibus pro tcmporum protixitate [necessitalibus] sarto teclo'' reparalioniquc sumptus^ hoc twstro munerc conlatus" déesse non possit. Quihus ' rébus congruas ' procuramus expensas ut obscquium nostrum possit propitiationem '" divinitatis mereri. Qiia consideratione pernwlus, largior tenore prsesentis pagina: ccclesiœ Cornuttanensis massic, quœ iuris nostri est "a me ipsoDei favore et iuvaminc^^ constitutx atque fundata:, fundum Paternum maranus " fundum Mons Paternus, fundum Casa Martis, fundum Végètes quod est Casa Proicctici et fundum Batilianum ",
excepta Sigillosa, filia Anastasii et Picse" colonorum, quam iuri nostro relinuimus atque retinemus, provincia Piceni, Tiburlino " lerriiorio conslitutos.pure et directe, liberalitatis litulo possidcndos, cum omnibus ad se pertinentibus et cum omni iure instructoquc instrumcnto suo, sicuti ipse possidro. cum omni scilicet onere " profcssionis suie vrl nrcissilate quam^^ ceituni est formensi'a" prœdia sustinere.
Donamus etiam cidem cccirsiam solum " in que constituta est cum area sua et [a] prœdicti prœtorii iure separamus et ad faciendos horlos -' vet habitacula clericis custodibusque largimur, id est a cava arcus qui mittitur ad prœlorium, et deinde per parietes qui contra prselorium redeuntcs aream ecclesia: claudunt usque trans absidam; et de parietibus ipsis per sepem ■- qui horlos inquilinorum qui in prœlorium commanenl videlur munire. quœ sepis descendit et regammcd " ad viam cavcmi -* sire ad torum qui redit ^^ usque ad arcum suprascriplum; ut inler sepem et viam cavam ^^ post absidam " supradicti clerici horlos possint habcre.
Prœtcrea eadcm largilale offero fundos,id est fundum Callicianum, Casa nova. Casa prcdi. Casa mcwtwi. Casa crispini, fundum Boaricum et Casa pressa, in provincia Picenis, Tiburlino " lerriiorio conslilutos, retento mihi " usufruclu viLv meœ, eidem ecclesix cathoUcœ propriclatem huius cpistolœ largilione transscribens. ea legc et condicione " ut cum etiam fruclus posl obitum meum capere cepcrit ac sibimet vindicare, non solum solemni " modo agnoscal fiscalium funclionem, vcrum elicmi propagationis '■ formarum, prout " ab omnibus dominis'* huiusmodi prxdiorum dependi consuevit.
Impendo argenti quoque ad ornalum eiusdem ecclesiœ vel celcbrilatem^' suprascripli mijslerii sacrosancti, in his scilicet =« speciebus, id est palenam argenteam " calicem^^argenteum maiorem'^ I, ecUices argenleos minores II. urceum "> argcntcum I. amulam " oblaloriam ", colum, thimiamaicrium »^ farum " catdarum « argenteum ch/ï! « catenis et delphinis XVIII.coronas argenleas II II cum catenulis suis.stanlarca, argentea; et in confessione ostia " argentea II cum ckwi sua *', quœ omnes species adpcnsalœ habcnl ad slideram urbicam argenti pondo [libras] quinquaginla quattuor, uncias septcm; faros " aerros duo, habentcs detfinos oclonos et per hermoras cantaros aereos maiores sex, minores XII, et lilia aerea " // et stanlarea aerea '^11; necnon et in pallcis :
Palleum olosiricum, agnafum, auroclavum " I,
Hem palleum olosiricum ", lelrafotum I.
Maforlem " tramosiricum redomcllinum aquilatum.
Item maforlem " lelcocuporphyro Iramosyricum, opus marinum.
Item cdium olosiricum » luricalum palleum cassioticum,
Item palleum lineum =' (iquitiuiicum.
Et alla pullea linea quatuor.
Et pro arcora vêla tramosirica alba auroclava duo.
Vêla blattea '^ auroclava paragaudata " //,
Vêla olosirica alba auroclava orlapluma II, ^
Vêla tramosirica prasinopurpura II,
Vêla tramosirica leucorodina " //.
Vêla tramosirica leucoporphira " //,
Vêla olosirica coccoprasina '- duo;
Item alla paralura olosirica blattea ",
• L. Duchcsne. op. cit., t. il, i>. ci.i. — - L. Bruzza. Regesta delta clùcsu di Tivoli, tlans Studi e documenli di storia e diriUo, 1S80, t. i, p. 3 sq., 15-17. Il existe deux actes plus anciens, écrits sur papyrus, dans Mariai, /'apiri diplomatici, n. 57, 73. J. M. Suarez. évêque de Vaison, avait transcrit le manuscrit en partie et les d»icunients également en partie. On n'y pensa plus jusqu'à la publication de Marini, qui donna cinq autres actes inédits, p. 229, 231, 255, 316, 317. La cliarta CormUiana est men-
tionnée par Léon .\Ilacci. De Ecc/es. occid. et orient, perpel. consensione. Colonia'.\grippina', 1648. p. 88; Honi. Inscript., p. 504, 507; Mabillon, De rc diplonudica, in-fol., Parisiis, 1709, p. 462; Bianchini, Ad <Amistas., t. m, p. xxiv. Le manuscrit que .\IIacci, Marini et C. Fea avaient seuls pu consulter a été publié par lînizza, Fegcsta delta cliiesa di Tiviili, dans Studi e docttm. di storia. 1880. toc. cit.. dont nous reproduisons le texte d'après le Liber ponlificalis, édit. Duchesne, 1884, 1. 1, préf., p. cxlvi.
CHARTES
Vêla auroclava orlopluma II,
Vêla tramosirica aqiiilat-a coccopratsina " duo.
Vêla tramosirica elioblacta II,
Vêla loricata " milino porphina uncinata II,
Veia olosirica blaltea " //,
Vêla apoplacia coccuprasina cancillata rosulala II,
Item vêla apoplacicia coccuprasina cantarata I,
Item alla paralura.
Vêla linea auroclava clavaiura quadras duos.
Vêla linea auroclava paragaudata ", clavaluras roiundas II,
Vcla linea paragaudata pcrsica clavaiura coccumellino prasinas duo.
Vêla linea paragaudata persica clavatura leucorodina duo,
Item vêla linea paragaudata persica clavatura subtile leucorodina '* duo,
Velii linea blactosima paragaudata II,
Vcla linea blactosima nrtapluma II,
Ilem vêla linea pura XII II,
Item ante regias basilicse.
Vêla " linea plumata maiora fissa numéro tria.
Item vêla linea pura tria,
Ante consistorium, vélum lineum purum I
In pronao, vélum lineum purum I,
Et intra basilica, pro porticia, vel linea rosulala VI,
Et ante secretarium vel corriccla, vel linea rosulala pensilia '° aventia arcus II,
Item codices : evcmgelia II II, aposlolorum, psulterium et comitem ".
Illud ante onmia mea caulione '* prospiciens ne mecum, quod absit, observatio cultusgue ^ ecclesiœ Cornutianensis videatur occidere ", ut Icgem et condicionem ponerem ■' donationi mese, ne umquam cuilibet antistilum presbiterorum sibimel "« succedentium " vel clericorum quicquam ex his prœdiis vel hortis " vel speciebus argenteis seu vestibus codicibusve " a me supra designatis cdienare in aliam quolibet titulo umqucmi liceat, aut certe sub occasione *° cultus divini ad alierius ecclesiœ ornaium qualicumque ex occasione ^ transferre. Quod etiam in his observari eadem condicione volo quse futuro lempore fuerint provocatione '^ nostrœ "^ devotionis adiecta, quoniam Icu-gilatis nostrœ prœsentis perpeluam prœfatœ ecclesiœ cupio pertinere substcmtiam. Quod si quicquam de alienatione a me prohibita juerit forte temptatum, tune ego vel hères hcredcsve " vel successor successoresve " mei vel qui illis ** deinceps successerint, universa quœ huius donationis *' sunt ienore ** comprehensa ad suum jus proprielatemque reducant: quoniam quod a nobis cogitalione vencrandœ religionis oblatum est *' secundum legem cl condicionem positam '" licere non débet cuicumque personœ vel clterius ecclesiœ vel prœdiis cuiuslibet umquam depulare conpendio.
Hanc autem scripturam donationis Feliciano notario meo scribendam dictavi eique relectse a me sine dolo malo manu propria subscripsi et gestis allegari propria voluntate mandavi, adstipulantibusque " venerabili viro presbitero diaconibus universisgue clerieis memoralœ ecclesiœ de omnibus supradictis spopondi, sub die " XY kal. maiarum, domno ^ Leone perpétua Augusto qualer " et " Probiano viro cl. console. Flavius Valila ijui et Theodorius *' vir clarissimus et inlustris et cornes et magister utriusque militiœ, huic donationi a me dictata et mihi relectœ priediorum omnium suprascriplorum, argenli et vestium,servata et in perpetuum custodila lege et condicione quam eidem donationi imposui, consensi et subscripsi, salvo scilicct mihi usufruclu suprascriptorum, quod supra eadem mihi scriptura servavi.
1, Authenta charta; 2, ut]a: 3, substantia: 4, luminalibus; 5, artis tectum; 6, suptus; 7, conlatos; S, quibus]qui; 9, congrua; 10, poscaiit propitiatione; 11, nostri est] nostrie; 12, iubamine; 13, inaranus(s/c);
14, Baliliaiius; 15, Aiiastasi et Pice; 16, Picini, Tyburtino; 17, honere; 18, qua; 19, formesia; 20, solu; 21, ortos; 22, scpse; 23, regam ante; 24, cabam; 25, rcdet; 26, via caba; 27, absida; 28,- Picini, Tyburtyno: 29, reteneo mihi; 30, legem et condicionem; 31, solum solum solempnem; 32, propagationi ; 33, prout]peracti; 34, domini; 35, caelebritate ; 36, licet; 37, patena argentea; 38, calice; 39, maiore; 40, urcium; 41, amula; 42, oblatoria; 43, thimia matere; 44, faru; 45, cantaru; 46, cumjet; 47, ostea; 48, sue; 49, frons; 50, erea; 51, erea; 52, molosiricum agnalu auroclabum; 53, molosiricum; 54, maforcem; 55, mafor et; 56, molosiricum; 57, linium; 58, blactea; 59, baragaudata; 60, leocorodina; 61, lecoporfira; 62, coccopraxina; 63, blactea; 64, coccopraxina; 65, lorica); 66, oblacta; 67, varagaudata {et ita porro); 68, leccorodina (6is); 69, vella; 70, pansila; 71, comité; 72, omniam meam cautionem ; 73, obsers'anti occultusque; 74, accidere; 75, ponere; 76, sivimet; 77, succidentium: 78, ortis; 79, codicibusve]ne; 80, occausione; 81, hoccasione; 82, provocatio; 83, nostraejnos; 84, heredum suse; 85, successore suœ; 86, illi; 87, donationi; 88, tenere; 89, est]me; 90, lege et condicione posita; 91, adst.Jet st.; 92, sub diejsubi; 93, domnu; 94, quat; 95, et (addit.); 96, Theodovius.
Indépendamment de son antiquité, cette charte présente un intérêt très grand. Elle nous montre avec quelle minutie étaient réglés les moindres détails d'une donation. Outre la description du terrain sur lequel l'église est bâtie et les dispositions p^é^■ues par le donateur touchant la propriété du sol et de l'édifice, on trouve quatre énumérations concernant : 1° les fonds de terre afiectés à l'entretien de l'église, du luminaire et des desservants; 2° les pièces de mobilier sacré, en métal précieux; 3° les voiles et tentures en étoffes diverses; 4» les li\Tes liturgiques. Cette dernière liste est fort sommaire, la précédente est au contraire fort coniplaisamment développée. On a relevé l'analogie qui existe entre cette charte et les listes enregistrées au Liber pon/i/if-a/is, lequel néglige, de propos délibéré, toute mention relative à la catégorie des tissus et à celle des livres, pour s'en tenir à ce qui concerne les fonds de terre et le mobilier liturgique. Cette restriction faite, il est inutile d'insister sur la ressemblance entre les énumérations du Liber pontificalis et celles de la charta Cornuliana. Ce sont les mêmes objets qui sont catalogués et dans les mêmes termes; les différences que l'on remarque ça et là s'expliquent par le fait que, dans la charte, il s'agit d'une petite église rurale, tandis que le Liber pontiftcalis s'occupe des plus célèbres basiliques de Rome. Il y a aussi plus de détails dans la charte; elle énumère des objets plus menus, moins précieux que le Liber pontiftcalis; celui-ci, du reste, procède vraisemblablement par extraits et néglige ce qui est de moindre importance. Mais il y a, entre ses notices sur les basiliques et le texte de la charte, un trait de ressemblance surlequeljeveux appeler l'attention, c'est que, ni dans l'un ni dans l'autre, on ne trouve une description de l'édifice sacré '.
III. Transcriptions épigraphiques. — Le document qui précède nous est par\enu non dans le titre original, mais dans la copie d'un cartulaire. On a recouru à d'autres moyens pour conserver le texte des chartes. En effet, nous trouvons à Sainte-Marie- Majeure une charte de donation, sans date, mais dont la nomenclature et la terminologie appartiennent à la fin du vi« siècle, ou au siècle suivant. Or, il est expressément mentionné que le texte en a été relevé sur les documents authentiques et transporté sur
' Liber ponlificalis, édit. Duchesne, t. i, p. cxLvni.
1884, prél..
CHARTES
marbre bien longtemps après, sous le pape Gré- j 40 TVL goire IV (827-844) ' :
+ TEMPORIBVS DOMINI NRI SANTISSISSIMI
GREGORII QVAR
Tl PAPAE EX ROGATV RADONIS NOT • REG .
[SCAE ROM • ECCL-
HOC EX AVTHENTICIS SCRIPTIS RELEVATVM
[PRO CAVTE
45 LA ET FIRMITATE TEMPORVM FVTVRORVM
RIBVS EXARATVM EST |HIS MARMO
Ce texte acéphale énumére des biens-fonds, comme
l'attestent plusieurs témoins et enfin :
+ EGO THEODORVS VII TABELL ■ VRB • ROM ■ ISCRIPTOR HVIVS CHAR
VSVFRVCTVARIAE DONATIONIS POST
(TESTIVN SVB