EIVS ANNO PRIMO IND • SEPTIMA
V. Charte épigraphique de l'église des Saints- Jean -et- Paul. — Ce monument s'est consente par deux exemplaires dont l'un est transcrit sur deux dalles de marbre fixées dans la muraille de la basilique des Saints-Jean-et-Paul. \o\r Dictionn., t. ii, col. 2832 au mot Celius.) L'autre exemplaire n'est guère plus qu'un fragment, rencontré au mois de septembre 1872, ayant fait partie d'un texte resté inachevé, le lapicide ayant négligé de transcrire le nombre des fundi qui donne au monument son véritable intérêt. Il débute par le commencement : GREGORIVS EPS SERVV(s) \servorum Dci] etc., et se termine ainsi : F(unihim), MVCIANV(m), F. COSCONE(m). F. PTO(pr.T/onoliim)..., via appiA MIL. XIII, F. PROCLIS. MIL. Il, F. VIRGINIS (flg. 2668). Bien qu'inachevé, ce texte ne laisse pas, pour la partie transcrite, d'être très correct, plus correct même que celui qui est complet. Les noms des fonds de terre sont, comme on vient de le voir, à l'accusatif, tandis que dans l'exemplaire complet, ils sont au nominatif'.
J.-B. De Rossi a remarqué que les deux dalles conservées dans la basilique des Saints- Jean-et-Paul ne sont pas ^ou^Tage d'un seul lapicide et n'ont pas même été gravées à la même époque. La deuxième, sur laquelle on lit le catalogue des biens-fonds, est la plus ancienne des deux, ce qui conduit à reconnaître que ce catalogue existait indépendamment de la formule diplomatique qui y fut ajustée dans la suite ^. Ce catalogue porte d'ailleurs un titre qui lui est propre et tracé verticalement sur deux files, de chaque côté de la liste; on y peut lire: NOTITIA FVNDORVM IVRIS TITVLI HVIVS. Les biens-fonds se trouvent mentionnés au nominatif, bien qu'il fallût employer régulièrement l'accusatif si l'on tient compte du contexte
de la formule diplomatique, et c'est ce que n'a pas manqué de faire le lapicide du texte inachevé, lequel d'ailleurs a jugé de mince importance les déterminations topographiques auxquelles son modèle s'était astreint. Par une anomalie apparente, le dernier des
biens-fonds de la liste est à l'accusatif : FVN. CASA-
CELLENSl" VIA APIA ML. XIII. L'anomalie n'est qu'apparente, en effet, puisque cette ligne et les quelques mots qu'on lit à la suite et qui continuent et achèvent la formule diplomatique sont de la main du lapicide qui a gravé la première dalle et qui, pris de court, n'a rien trouvé de plus simple que de terminer son texte sur l'espace libre que lui offrait la dalle ancienne; aussi n'avait-il pas le choix et il a mentionné en queue ce fundus Casacellensis qui, situé sur l'Appia, aurait dû naturellement prendre place parmi les autres biens-fonds situés sur cette voie. Enfin, l'ancien auteur du catalogue a jugé bon de signer son ouvrage ; CONSTANTINVS SERVVS S<m'>ORVM [dei].
Sous le pontificat d'un pape Grégoire, on épromva le besoin de confirmer les anciennes possessions de l'église, sans oublier une propriété nouvelle dont celleci s'était enrichie dans l'intervalle de temps écoulé depuis la transcription du catalogue. Ce nouvel acte fut confié à un graveur, qui avait déjà terminé la moitié de sa besogne et qui abordait le catalogue des biens quand on changea d'avis, et son travail fut abandonné. On préféra utiliser l'ancien titre original de la Xotitia fundoriim et, dans ce but, on procéda comme nous l'avons dit.
Quels sont maintenant ce Constantin et ce Grégoire? Ce n'est ni Grégoire le Grand, comme il était ordinaire
* Martinelli, Roma ex ethn. sacra^ in-S°, Romae, 1653. p. 278; Fabretti, Inscriptionum antiquarum, qitte m œdibiis palernis asservantur^ explicatio, in-fol., Romre, 1690, p. 416. n. 368; Bianchini, Anasias., t. i, prœf., n. 49; Rondini, De SS. Johanne si Paiilo, eorumque basilica, in-4*', Rom£E, 1707, p. 78, 107; Rondini, De basilica S. Clemenlis, in-4°, Romge, 1706, p. 243; A. Borgia, Isioria délia chiesa, e città di Vellelri, in-S°, Nocera, 1723, p. 137; d'après De Rossi, Bull., 1873, p. 36, note 2, il Borgia ne ha diviilgato un oitimo disegno incisa in rame ; je n'ai pu trouver ce dessin dans les deux exemplaires que j'ai consultés. Galletti,
Inscripl. infimi œvi, in -fol., Romse, 1760, t. i, p. 7, 8; Marini, Inscriptiones christianœ, dans {Mai, Scriptorum velerum nova collectio, in-l», Romae, 1831, t. v. p. 211-212; De Rossi. r>ip/oma pontificio inciso in marmo, dans Bull, di archeol. cristiana, 1S~3, p. 36-41; même titre dans Bullettino délia commissione archeologica municipale, 1S72, t. I, pi. n-, n. 3, p. 54-58; anon>ine, Chcu-les lapidaires de réglise Saints- Jean- el- Paul à Rome, dans la Bibliothèque de racole des chartes. 1873, t. xxxrv, p. 260-266;- Grisar, op. cit., t. I, p. 163, pi. ,iv, n. S. — 'Les dernières lignesde la deuxième plaque sont de la seconde main.
CHARTES
de le dire, ni Grégoire II, comme Suarcz de Vaison l'a insinué '. D'après les destinataires : Dcusdcdit cardinali et Johanni archipresbytero tituli SS. Johannis et Pauli, nous pouvons voir du premier coup d'oeil qu'il faut descendre à une date bien plus tardive, au X' siècle, au moins, lorsqu'on commence à rencontrer pour un même titre un cardinal et un ;u'chip être. La paléographie et les divers sigles confirment cette observation et amènent à reporter le diplôme au pontificat de Grégoire VII.
Ainsi, un diplôme de la fin du xi^ siècle est venu encadrer le texte d'une charte épigraphique ancienne, connue sous le nom de Xotitia fundorum. J.-B. DeRossi, <jui a étudié avec une particulière attention ce texte, estime que le quali letlcrc e sigle non solo agit inizii dell' otlavo secolo possono esserc attribuite, ma eziendo al settimo o al sesto ed ait' etù del magno Gregorio '.
Quant au personnage nomme Constantin, on l'a identifié bien gratuitement avec le pape de ce nom (708-715), lui attribuant la confirmation du diplôme attribué à Grégoire l". Mais on remarquera que ce Constantin n'est pas même évêque, il n'en porte pas le titre et, pour celui de servus senwnini Dei, qui fit partie de la titulature papale depuis le pontificat de Grégoire I", il ne laissait pas d'être porté par le premier venu qui aimait à s'en parer. Constantin était vraisemblablement le graveur de l'inscription et il a signé son ouvrage de la même manière que Furius Dionysius Philocalus signait les inscriptions damasiennes.
Voici le texte de la charte encadrée dans le diplôme dont le texte a profité de la découverte du nouvel exemplaire. Nous donnons le diplôme en italiques, et la charte en caractères d'épigraphie.
f Gregorius episcopus servus seruorum Dei, dilectissimis in Christo filiis Deusdedil cardinali et Johanni archipresbytero tituli sanclorum Johannis cl Pauli et per vos in eodem litulo in perpeluum.
Crédita: specalationis impellinuir, cura ctiuni christianie religionis et studio divini cultus permovemur pro venerabilium piorumque locorum percogitare slabilitale algue Dco scrvientium securitate; ut hoc provenienle pio labore, et anima: Christo dicatse, quœ
se illi diebus ville eorum servira ' decreverunt, persévèrent imperlurbatœ; nec non illa maneant fine tenus flrma, quie a Christianis in Dei laude{m) conslrucia
'^?'GR€G ORlVS'€PS'S'e mXPOPJO-lSDSDSDltCARDïNAU ] 0HÏS6TPAVL1 6T-FV OSIN SO^ lîONlSmPSÏ MH C V R A e T i AA 1^ eTVDlQDIVlN(CVLf-eM0V(5//|£|
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2668. — Le diplôme inachevé.
■ D'après Bullettino délia co^nniissione archeologica municipale, 1872, t. i, pi. iv, n. 3.
sunl. Quia igilur dilectio atque religiositas vestra petiit (a) nobis quatenus hos fundos in intégra sites territorio Bcllitrincnsi mil. xxii ac in aliis lacis,
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