‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 196 sur 303 · V. INLBVS : T. 23 (= L · texte numérisé non relu

V. INLBVS : T. 23 (= L

^^aLBVS:T.5(=Mab. Suppl., 69, L. 3, Mus. 2).

^^a IBVS: T. 9(= Mab. 377 [reprod. inexacte] L. 7).

VIR. INL. : avec des signes d'abréviation après les deux mots : T. 6 (= Mab. Suppl.. 70, L. 4, Mus. 3); T. 12 (= L. 9, Mus. 7); T. 13 (L. 10, Mus. 8) '.

Pour justifier la lecture insolite : vir inluster, on imagina d'en faire le titre adopte par les rois francs depuis la collation du titre honorifique de consul par l'empereur Anastase à Clovis. La justification est purement conjecturale. Tandis que vir inluster ne se lit nulle part dans nos diplômes, viris inlustribus s'y rencontre dix fois sans hésitation ni discussion possible. De plus, cette formule se trouve souvent dans d'autres diplômes conservés par des copies. Le sens est certain, on désigne par là les fonctionnaires royaux à qui le diplôme est adressé et qui sont chargés d'en assurer l'exécution. « Tantôt ces fonctionnaires sont nommés, par exemple : Theudericus rex Francorum viris inlustribus Audoberctho et Rocconi patriciis, etc. '; tantôt l'adresse est plus générale : Theudericus rex Francorum viris inlustribus omnebus agcniebus lam presentebus quam et futuris ^. Ailleurs, l'adresse est contenue tout entière dans ces deux mots : Chilperichus rex Francorum viris inlustribus. Oportit climenciœ princepcde, etc. *, alors le diplôme s'adresse à tous les fonctionnaires à qui leur charge assure le rang d'illustres, et ceci nous apprend que ce rang avait une valeur précise et n'appartenait qu'à un petit nombre ^ Dans tous les cas, la forme du diplôme est clairement imitée de celle des constitutions impériales que nous ont con-

' yi. Pireiine a soulevé une difficulté pour ce sigle où Havet voyait un signe d'abréviation après vir. dans le n. 12 de Letronne. Après nouvel examen et confrontation dun. 10 avec le n. 14, Havet a maintenu, avec raison, son classement. — » T. 21 ( = L. 17, Mus. 13). — » T. 23 ( = L. 19). — • T. 46 ( = L. 39, Mus. 27). — ' L'emploi du mot illustres, pour désigner avec précision une catégorie de fonctionnaires déterminés^ se trouve déjà dans le Code théodos.. 1. VL tit.xv: De comitibus qui illuslribus ugentibiis assideruni, et plus loin : Assessores qui, cum printi ordinis comitiva, oirorum illustrium in aclu iiosilonim... jiwerunt consilia vel furabimt. Comparez Marculfe. l. ii. n. 50 : Indecolum commendalium nd uiros inhislris laicos ; Zeumer, t. i, p. 15; de Rozière. n. 666. — 'Code juslinien : De Jusiiniano codice confirmando. — ' Code théodosien, 1. IX, t. i, 1. 19; comparez encore les formules initiales des lettres de Thcodoric, dans Cassiodore : Boelio viro illuslri pnlrilio Tfieod. rex. — ' Tardif, Carions des rois, n. 46; Letronne, n. 39: Musée des archives, p. 27. — 'Le diplôme mérovingien est une lettre; il y en a de toutes formes jusqu'à la salutation finale : Bene valete. Cf. d'Arbois de Jubainville, dans la Bibliothèque de r École pes chartes, 1880, t. xli, p. 86, note de la page 85. Ce point

ser\èes les codes : Imperator Juslinicmus, etc., Menx vira illuslri prœfeclo prselorio, etc. ', ou Imperatores Honoriiis et Theodosius Augusti consulibus, prœtoribiis, tribunis plebis, senatui, etc. '. L'acte étant toujours adressé à des fonctionnaires élevés en dignité, il est naturel de voir dans le texte les destinataires désignés encore par des expressions honorifiques, conformes à leur rang ; Idio cognuscat magnetudo seu utilitus vestra, Veslra cognuscat solercia, etc. '. Tout ici se tient, tout est logique et rationnel. Il en est de même dans les diplômes qui portent v. inl., en abrégé, si on lit cette abréviation, viris inlustribus; ils sont alors pareils aux autres. Ce sont encore des lettres du roi, adressées à l'ensemble des hommes illustres, c'est-à-dire des fonctionnaires royaux. Si l'on veut lire rex Frcmcorum vir inluster, plusieurs difficultés se présentent. Le diplôme devient une lettre sans adresse '. Il faut que les mots A', rex Francorum vir inluster forment une phrase à eux seuls'". Les destinataires n'étant plus nommés, doit-on croire que l'acte s'adresse à tout le monde? Xon, car, dés les premières lignes, le roi donne à ceux à qui il parle des titres honorifiques, et ce sont les mêmes dont il se sert ailleurs pour les viri inlustres : Cognuscat magnetudo seu", ordonne de ne pas mettre obstacle à ses volontés et de ne pas permettre que d'autres y mettent obstacle : absque vestra aut cujuslibet contrarietate "; il s'adresse donc à un nombre limité de personnes et à des personnes qui ont en main l'exercice de l'autorité. Ailleurs, le roi charge ceux à qui il parle de payer des sommes d'argent de sa part : vobis omnino jobemmus adque super omnia demandamus ut, quomodo missi ipsius basileci domni Dionisii vel mcmoralo Chœnone abbati ad vos venerinl, ipsus soledus cento... eis omnemodis dure et adenplire facialis ". Ceci ne peut s'adresser qu'à des agents royaux, et s'adresse, en effet, à eux, si on lit au commencement viris inlustribus, qui est le titre de ces agents. .Si on lit vir inluster, sans adresse, ces clauses n'ont pas de sens ". »

Mais à qui peut aller la lettre adressée viris inlustribus"! La plupart des chartes royales qui contiennent explicitement ces mots les font suivre immédiatement de noms propres ou d'autres substantifs au datif pluriel. Cependant, l'une d'elles" donne simplement ceci ; Chilperichus rex Francorum v. inlustribus. Il ne s'agit pas de la récuser. .Sur trente-deux protocoles originaux en tout, on ne peut prétendre trouver un grand nombre d'exemples de chaque variété, mais cette charge n'est pas unique en son genre, on peut — et on doit — lui adjoindre deux autres où le viris illuslribus n'est suivi de datif pluriel d'aucune sorte''. La mention viris illuslribus, sans plus, est donc suffisante pour désigner les destinataires, quels

avait été contredit par Pirerme et par Bresslau, il a été prouvé par J. Havet : « Sur les quatorze placila qui figurent dans le recueil de Letronne, treize (n. 13. 18, 24, 25. 27. 28, 30, 33, 35, 30. 37, .38, 41) portent plus ou moins visible, au-dessous ou à la place du sceau, la formule de salutation usitée à la fin des lettres : bene valete. De plus, l'un de ces actes (n. 25) se termine par une phrase qui contient le pronom personnel de la seconde personne et qui ne peut s'adresser qu'à des fonctionnaires royaux : Jobemmus ut quicquid le.t lucî vestri de laie causa edocit, memoralus Ernienoaldus... omneniodis vobis distringentibus componire 'et salisfacirc non recusit. .\insi tous les actes des rois mérovingiens, les placila comme les autres, étaient des lettres, et ces lettres étaient toujours adressées à des fonctionnaires, d Cf, M. Prou, Prc/ace à Lauer, Les diplômes originaux, p. vu. — " Tardif, op. cit., n. 20; Letronne, op. cit., n. 16; Musée, n. 12. — " Tardif, op. cit., n. 25; Mabillon, De re diplom.. p. 379; Letronne, op. cil., n. 20. — '= Tardif, op. cit., n. 20; Letronne. op.' cit.. n. 16; Musi-e.n. 12. — " Tardif, op. ci<., n. 31 ; Letronne. op. cil., n. 26. — " J. Havet, Œuvres, t. I, p. 4-5. — " Letronne, op. cit., n. 39. — "Letronne, op. cit., n. 4, 9.

CH ARTES

qu'ils soient, rlc la lettre. Ce n'est pas seulement une qualification honorifique, mais un titre de fonction. Si nous ouvrons le Code ttiéodosien, qui n'est guère éloigné des temps mérovingiens, nous trouvons ces mots illuslres aijenles, sans autre détermination, servant à indiquer certaines catégories de fonctionnaires', et, pour ces mêmes temps, nous trouvons un emploi analogue dans une fornuile de Marcu!fe=. En l'espèce, la qualification d'illustres s'adresse l'iris inluslrvbus omnis tileitariis Masilicnsis, les préposés des douanes de Marseille, qui devaient doncoccuperun rang élevé'.

L'attribution aux rois francs du titre de l'ir inluster était, nous l'avons dit, entièrement conjecturale. Sans doute, dans l'empire romain, ce titre appartenait à de hauts fonctionnaires ^ ce qui n'était pas, précisément, la condition des princes francs. Clovis pouvait s'accommoder du titre de consul et d'auguste ', les consuls étaient clarissimi et non illuslres, l'auguste était réservé à la dignité impériale ; c'eût été singulièrement déchoir pour lui que de se contenter du titre de vir inlasler. « Quant aux princes dont nous avons des diplômes, ils ont régné longtemps après Clovis", et alors les rois francs étaient loin de briguer les titres conférés par les empereurs romains; ils se considéraient eux-mêmes comme des souverains émules et successeurs des empereurs. Ils disaient notre fisc, fiscus noster, la clémence de notre règne, clemencia rigni nostri: ils parlaient de leur sérénité princière, prrncipalis serenitas. Ils frappaient des pièces d'or au type impérial, et à côté de leur efligie, couronnée du diadème, ils mettaient leur nom précédé, comme à Rome, des mots dominus noster : D. N. THEODEBERTVS VICTOR '; ou bien, à la place du nom delà Victoire im])érialc, Victoria Augusli, ils mettaient celui delà \'ictoire du roi : VIC- TVRIA CHLOTARI ». Pense-ton que les princes qui parlaient ee langage fussent honunes à se parer du titre qui revenait, dans la hiérarchie impériale, à un magisler peditum, à un quaistor. à un préposé des douanes ? La preuve que ce titre était intérieur au rang d'un roi, c'est que les rois le donnaient à leurs sujets. Lesducs.les comtes.les fonctionnaires royaux cngénéral étaient viri inlustrrs. On a imaginé une distinction entre eux et les rois; on a prétendu que le prince était vir inluster et les ducs et les comtes, inlustres viri ": les faits contredisent cette hypothèse'". Or, si ce titre appartenait aux fonctionnaires sujets du roi, est-il croyable qu'il appartint en même temps au roi"?»

On ne saurait admettre que le roi prenne le titre qu'il donne à ses sujets, mais c'est en vérité imputer trop de négligence à la chancellerie mérovingienne de supposer qu'elle lui donne ce titre, tantôt au singulier, tantôt au pluriel. L'ne seule forme est rece-

' Code ttiéodosien, 1. XVI, tit. xv : De eomitîbus qui illustribus afjentibus assiderunt. — -Marculfe, Formulée, t. II, n. 50, édit. Zpimier, p. 105; édit. de Rozière, n. 666 : Indecoltmi comniendotiunt ad viros intitstres taicos. — ^ Nous ne nous attardons pas ù la [orme p. intbiis qui serait l'abréviation régulière au lieu de y. inl. J. Havet y a sufilsaminent répondu. Œuvres, t. i, p. 15. — *Voir la Xotitia digniliitum. — ' Grégoire de Tours, Hist. Francorum, L II, c. XXXVIII : Ctitodovectius nb Anastasio imperaiore codicillos de considata accepit,.. et ab ea die tamquani eonsut aut aiignslus est uncitiUus. — « Clovis est mort en 511 et le plus ancien diplôme original connu est de l'aii 625. — ' Du Cange, Gtossariuin niediiv et infimn' tatinitalis, édit. Henschel, t. iv, pi. i, fig. !). — ' Ibid., fig. 10. — 'Bréquigny, Dipîomala, ebartie, Prolég., 3'^ partie, éd. Pardessus, t. I, p. 191 ; Sickel, Acta reguin et imperatoriini Karolitiorum, T. Lebre l'ou deti Urkunden der ersten Karolinger, in-H°,Wien, 1867, p. 175-176. — '°,J. lia vet a ci té dix actes originaux qui donnent l'adresse aux fonctionnaires royaux, sous la forme viris iiitustribtts. Ailleurs, le même titre est employé dans le texte des actes: Vir inl. et fedelis Deo propieio noster Ursinus, dit Dagobert I", vers 628. Tardif, op. cit., n. 6.

vable, c'est celle du pluriel, qui s'accorde non seulement avec le bon sens, l'histoire, le protocole et les originaux, mais encore avec les formules Iranqucs dont les recueils nous sont parvenus. Dans Marculfe on ne lit jamais: ille rex Francorum vir inluster, mais bien : illc rct vcro inlustris; illo comité; ille rcx vero inlustre illo: ille rex Francorum viro inlustre ille comila;"; et dans les suppléments du même recueil : ille rex Francorum viris iiilustribus patriciis comitibus, lollonariis vel omnibus, curani publicam agentibus^'.

Cette formule que la chancellerie mérovingienne n'appliqua jamais au roi, la chancellerie carolingienne la lui applique presque toujours. Dans les diplômes de Pépin, dans ceux de Carloman et dans ceux des premières années du règne de Charlemagne.on trouve ordinairement, après les mots rex Francorum, ceux-ci vir inluster, écvHs soit en touteslettres, soit au moins assez au long pour ne laisser aucun doute sur la nécessité de lire ces deux mots au nominatif singulier.

VIR INLVSTER. J. F. Bôhmer-Muhibachcr, Rcg. imper., n. 100, 113, 116, 120, 128, 146.

VIR INLTER : Reg. imp., n. 87.

VIR INLVST : Reg. imp., n. 105, 106, 107, 114, 11."), 117. 137, 140, 147, 107, 172, 173.

VIR INLT : Reg. imp., n. 187.

VIR INL : Rcg. imp., n. 76, 88.

VIRLT : Reg. imp., n. 166.

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