II. fis TERMINATIONF.S DE LA BiDLE. C'était
l'usage de lire l'Écriture sainte en entier chaque année, et pour cela, les différents livres en étaient distribués en tcrminaliones qui étaient fixées d'avance, mais d'une étendue très variable selon le temps de l'année. Très longues en hiver, elles étaient plus courtes en été.Deux exemples nous montreront quelle étendue pouvaient avoir les lerminationes durant
^ De servorum Dci beatificatione el bcatorum canonizatione, 1. I, c. xiii, n. 17, 18. La pratique de l'ordre se résume dans ces mots de Théophile Raynaud, Operum, t. IX, In simclo Bnmonc, p. 10, § 2, n. 6, cités par Benoit XIV : A'on tcan sollicitus fuil ordo Carihusianus muîtos sanctos siws paiefacere qiiain muîtos sanctos facere. Déjà dés le xii'siècle, Pierre le Vénérable avait fait la même constatation, Z)e iniracuUs, I. II, c. xxix, P. L., t. cxxxix, col. 946. — • - Radulphus de Rivo, De canonunx observantia Ziiier, prop. 17, passim, dans Hittorp, De divinis cathoUcœ Ecclesiœ o/fïciis, in-fol., Parisiis, 1021, col. 1139 sq. — ■ ' Stal. noit., part. I. c. iv, 5. — * Le Gouteulx, Ann., t. vi, p. 295. — 'Voir Stat. anl., part. I, c. XLiii, 57, et Slat. nov., part.I, c. V, 31. Nous complétons les renseignements qu'ils
l'hiver. Nous les prenons dans une Bible où elles ont été marquées, au début du xiv« siècle, pour la Chartreuse de la Part-Dieu en Suisse ", et dont le témoignage est confirmé par celui d'autres documents. La Genèse, dont la lecture s'achevait en une semaine, y compris le prologue de saint Jérôme, car alors on lisait avant le texte tous les prologues, est divisée en sept terminaisons, plus une terminaison spéciale pour la lecture au réfectoire le dimanche de la septuagésime. On voit quelles proportions prenaient les leçons de l'oirice. Ainsi le lundi, on lisait du chapitre xvii, verset 9, au chapitre xxv, verset 7; le mardi, la suite jusqu'à la fin du chapitre xxx;le mercredi, on continuait jusqu'au chapitre xxxvi, verset 15, et ainsi de suite. Lesautres livres du Pentateuque et d'autres encore étaient distribués dans des proportions analogues. S'il survenait en semaine une tête de douze leçons, le lendemain, à l'ofiice de matines, on lisait deux terminaisons, à savoir celle du jour avec celle de la veille qui avait été empêchée par la fête de douze leçons. Bien plus, certaines terminaisons pouvaient être triplées. Ainsi Isaïe, dont aucune partie ne pouvait se lire au réfectoire, comprenait vingtsix terminaisons. Or, la dernière semaine de l'Avent pouvant varier de un à cinq jours, il en résultait que, pour lire le prophète en entier, on doublait et même on triplait les terminaisons des derniers jours quand c'était nécessaire '.
III. LE cÉHÉMoyi.ii.. — Relevons quelques particularités parmi les plus intéressantes innovations. C'est d'abord un point capital de l'ancienne observance cartusienne qui est modifié en 1509 : Permitiimus, liumanic compalienles infirmilali, quod omni Icmpore religiosi possinl posl malulinas redire ad leclos, non obstante slaluloK Disons de suite que, bien que cette concession n'ait été faite officiellement à tout l'ordre qu'en 1509, nous savons que, dès la seconde moitié du xv^ siècle, certaines provinces d'Allemagne, où nous avons constaté tant de particularités liturgiques, avaient adopté d'elles-mêmes ce nouvel usage. On se mit donc à devancer peu à peu l'heure de l'office, de manière à prolonger le temps du second sommeil, jusqu'à ce qu'en 1581 fut établi officiellement et définitivement le règlement moderne, qui, rompant avec l'observance primitive, fait commencer l'office de matines avant le milieu de la nuit.
En 1271, on permet à ceux qui le voudront d'avoir, dans la porte qui sépare le chœur des moines de celui des laïques, un guichet, osliutn fraclilium, que l'on ouvrira seulement au moment de l'élévation à la messe. En 1319, c'est une autre ordonnance qui modifie ainsi l'usage ancien du baiser de paix : De cœlero pax sumalur in ecclesia cum tabula in qua sitdepicta imago cruci fi.ci.
Un cérémonial rédigé sur la fin du xr\'= siècle nous fait connaître quelques usages, parmi lesquels nous signalons les deux suivants. Aux messes matulinales, le célébrant ne devait pas réciter les secrètes avant le lever du soleil, et, s'il le fallait, il s'arrêtait pour attendre son apparition". Aux messes tant con-
nous fournissent par d'autres relevés dans plusieurs manuscrits. Voir également J.Wickham Legg, Tracts on llie mass, in-8», H. Bradshaw Society, London, 1904, p. 104. — • Durand de Mcnde tait, lui aussi, la même constatation. Rationale divinorum o/7icionini,l. TV. c. i, n. 23, in-4», Lugduni, lG72,p. 90 : Potest quoque sacerdos unam missam cum sacrifîcio,etaliam siccam celebrare. — 'Bibliothèque de l'État de Fribourg, ms. L'ô. — 'Sur cette longueur des leçons chez les anciens moines, on peut voir Martène, De anliquis monacborum rilibiis. 1. I, c. il, n. 59, in-fol., Antverpise, 1764, t. IV. p. 11. et Baûmcr. Hisloirc ilii brci'iaire, trad. par D. Biron. in-S, Paris, 1905, l. i, p. 191 sq. — ' rerdii cnmpilatio slatutorum, c. xiii, 4. — '• Manuale cœremoniarum damus majoris Carlusiœ, c ii.
CHARTREUX (|L1TURGIE DES)
ventuclles que privées, lorsque le froid sévissait avec rigueur, le diacre ou le servant présentait des charbons enflammés au célébrant pendant la messe '. Aujourd'hui encore, bien que l'usage en soit tombé, VOi~ dinarium prescrit au diacre d'apporter ces charbons pendant l'épitre, après la préface et après le Pater^.