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nativité a été, au contraire, simplifiée : le ciseleur a supprimé le personnage qui apporte des parfums à l'entant dans son bain. En outre, le Christ, dans la crèche, n'est pas nimbé, tandis qu'il l'est dans le bain. Enfin, saint Joseph est muni du pcdum des bergers.
€ Sur l'autre côté de la boite sont les rois mages, vêtus de tuniques courtes, avec des manteaux flottants sur les épaules, comme ceux de la p>"xide du musée de Rouen '. Ils sont coilTcs de bonnets phrygiens et portent des présents sur des draperies. Le ciseleur les a placés les uns derrière les autres, au lieu de les grouper '. La présentation au Temple n'est pas très bien interprétée. La Vierge est figurée assise, tenant l'enfant sur ses genoux. Derrière elle, un personnage debout, les mains voilées. Devant, le vieillard Siniéon, transformé en saint nimbé, n'ayant presque plus rien de Son type traditionnel, s'avance d'un pas rapide et semble présenter une draperie à l'enfant. Dans le haut, on aperçoit une étoile. Sur le fond, se détachent des colonnes cannelées en spirale ', à chapiteaux corinthiens, avec des rudiments de construction et une porte en plein cintre. Les proportions des personnages sont disgracieuses. Les corps ramasses, les membres grêles, les yeux trop grands, faits de lignes parallèles, dénotent un art assez peu raffiné. Il faut reconnaître cependant que les rois mages et Siméon ont un réel mouvement, et que les draperies, malgré leurs plis conventionnels au simple trait, ne sont pas d'une trop mauvaise facture.
« L'un des petits côtés est orné d'une composition originale : les rois mages cheminent, le bras droit tendu vers l'étoile, ([ue leur montre un berger appuyé sur son pecliim. Derrière le berger sont trois brebis avec des queues très fournies et la patte gauche ployèe, rappelant celles des mosaïques des églises Sainte- Praxède, Saint-Marc çt Sainte-Cécile à Rome «. Cette paroi est munie d'un anneau.
« L'autre petit côté offre l'image de l'agneau pascal, sur une éminence, tourné vers la droite, et environné des symboles des quatre évangélistes. En face de l'agneau est l'ange qui, les cheveux séparés au milieu et Vêtu d'une tunique, paraît à mi-corps, sortant d'un nuage. Il tient un gros livre à deux fermoirs, avec reliure décorée de quatre cabochons et d'un motif central rectangulaire. A droite de l'ange est l'aigle, dans la même^attitude. A gauche de l'agneau sont le lion et le bœuf tenant des livres semblables. Les ailes sont petites et complètement déployées, les extrémités dirigées vers le haut. Quoique ces animaux, le lion particulièrement, soient très grossièrement exécutés, l'ensemble est néanmoins satisfaisant. Évidemment, le ciseleur s'est inspiré d'un modèle excellent, peut-être d'une mosaïque. Ce qui donnerait à le penser, c'est le double trait du nimbe, ainsi que les nombreuses hachures sur le corps des animaux et les ailes.
« Le couvercle à glissière, d'une seule pièce, est plat, avec un renflement à l'une des extrémités et un repli transversal au bout, permettant de le saisir. Deux petits anneaux mobiles placés dans l'axe, en haut et en bas, donnent la facilité de le faire glisser, soit pour le fermer, soit pour l'ouvrir, en maintenant la boîte à l'aide d'un autre anneau fixé sur la partie postérieure. Il est orné de personnages, au repoussé et ciselés, de plus grandes dimensions que ceux qui sont représentés sur les faces latérales.
' É. Molinier.Les !Uoircs,p.56. 11 faut aussi rapprocher de l'adoration des mages du coffiet celle qui est figurée sur la pyxide d'ivoire de Florence: il existe entre ces deux scènes une très sensible analogie. Cf. Venturi, Sloria delFarte ilaliana. t. i, p. 441, fig. 401. — = On trouve cette scène, tra.tée d'une manière très \oisine,sur une pyxide d'ivoire du Museo naxionale de Florence. Cf. Venturi, Sloria deWarle italiana, %■ 1, p. 441, fig. 401. — ' Des colonnes de ce t\-pe se ren-
« Au milieu est figuré le CI rist, assis sur un trône, entre saint Pierre et saint Paul, l'un tenant les clefs, l'autre un li\Te. Au-dessus, dans deux médaillons formés chacun d'un cercle en relief, orne de points creux entoures de pointillés, sont les bustes de deux anges nimbés, aux cheveux longs partagés en bandeaux, vêtus de tuniques et tenant la baguette des hérauts terminée par deux boules superposées, distantes l'une de l'autre. Ces anges rappellent ceux de la coupe bjzantine en argent de la collection Stroganofî, mais ils sont d'une exécution moins soignée. Voir Diclionn., t. I, fig. 616. Le Christ porte un nimbe crucifère, consistant en un pointillé entre deux cercles en creux, avec une croix pattée. Son front est bas, son nez très long; ses paupières sont figurées par quatre traits courbes en creux et un point au milieu. Les cheveux soigneusement lissés sont séparés au sommet de la tête; la barbe est taillée en rond, avec un bourrelet tout autour, en forme de collier. Il est vêtu d'une tunique augusticlave et d'un palliiim flottant. De la main droite, il bénit à la mode grecque (l'index et le médius joints. Voir Bénie [Manière de], t. ii, col. 746); l'autre main est appuyée sur un gros livre à deux fermoirs, qu'il tient dressé sur son genou gauche. La reliure de ce livre est ornée d'un encadrement de points, et, au centre, d'un carré en quatre feuilles ou cœurs, disposésdans les coins. Les plis des vêtements sont souvent interprétèspar des traits doubles. Surles pieds, deslignes parallèlesindiqucnt les courroies des sandales. Le trône estdes plussimples.Tresbas.il aie siège recouvert d'un coussin et offre, sur le devant, une sorte de marche ou de tabouret assez élevé, à trois pieds, orné sur la frise d'un rectangle entre deux ellipses, le tout inscrit dans un pointillé. Au-dessous, sont les quatre fleuves du paradis, figurés par quatre virgules très grosses et ondulées, avec les pointes tournées à l'intérieur, et placées symétriquement deux par deux, de chaque côté d'une fleur ronde à pétales, 'ur haute tige, qui les sépare^ Saint Pierre, dont le nimbe est cerclé de points, tient de la main droite deux clefs, dans lesquelles on reconnaît nettement le monogramme de Pelrus. Sa main ouverte, le pouce en haut, est tournée vers le Christ. Sa tonsure, très spéciale, est celle qu'on appelle de son nom lonsura S. Pétri ou encore tonsura scolica, à cause de son origine irlandaise. Les cheveux sont complètement rasés sur le haut de la tête; il n'en reste qu'une couronne sur le front, allant d'une oreille à l'autre, et une touffe sur l'occiput. Saint Paul, caractérisé par sa barbe en pointe et un front très découvert, porte un nimbe semblable. Il tient, dans son bras gauche, un livre à peu près identique à celui du Christ.
« La date de ce coffret est difficile à déterminer, d'une façon précise. Il est assurément postérieur à la croix d'émail, c'est-à-dire au \i' siècle. Faut-il l'identifier avec celui dans lequel le pape Serge I*' retrouva la croix"? C'est une question qu'il est très délicat de tranclier, car, entre l'argenterie du vii« siècle et celle du vins ou du ix", il n'existe pas de différences bien appréciables. Néanmoins, on ne peut s'empêcher d'être frappé du caractère nettement carolingien du couvercle que nous venons de décrire. Le type de saint Pierre surtout, avec cette tonsure scotique, dont la mode semble avoir été apportée de Grande-Bretagne par des moines irlandais et anglo-saxons, nous paraît être
contrent sculptées sur les diptyques du musée de Brescia et du trésor de Monza. — ' A. Venturi, Sloria, t. ii, fig. 192- 1U4. On peut auss. y comparer les agneaux du mausolée de GaUa Placdia, ù Ravenne. — ' Une représentation toute semblable des quatre Ileuves du paradis existe sur la coupe byzantine en argent de la collection StroganofT que De Rossi datait du vu' siècle. Cf. Cli. de Linas. Les origines de l'orfèvrerie cloisonnée, t. il p. 3G4; Dtctionn. t. I, fig. 616.
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un excellent éK'ment pour la fixation de la date. C'est la même tonsure que portent les moines de Marmoutiers au début de la Bible de Charles le Chauve '. Ce saint Pierre ressemble beaucoup à celui d'un ivoire carolingien de la collection Strosanofï, où on a cru voir, par suite d'une confusion évidente, une représentation du Clirist -. De plus, les clefs qu'il tient forment le monogramme du nom Pclrus. Cet usage de la clef monogrammatique est encore carolingien. Nous le relevons notannnent dans les miniatures de la Bible de Charles le Chauve et d'un sacramentaire carolingien de la seconde moitié du ix^ siècle (Bibl. nat.,ms. lat. 1114, fol. 5 V"). et on connaît le monogramme des clefs remises par le Christ à saint Pierre, sur le tympan antérieur du ciborium de Saint-Ambroise de Milan, que l'on a date du ix" siècle^. Il n'est pas, jusqu'au nimbe perlé ■■, et au type des anges, à grosses têtes allongées, qui ne reportent à l'époque carolingienne. J'inclinerai donc à considérer au moins le couvercle du cofîret comme étant de cette époque. Alors, se pose la question de savoir si le coffret tout entier est de la même date. Les scènes des parois sont beaucoup plus petites que la composition décorant le couvercle : c'est delà, peut-être, que provient la différence apparente de stylet Cependant, la torsade qui orne les quatre côtés du coffret ne se retrouve pas sur le couvercle, dont l'encadrement, très particulier, consiste en un rang de perles. De plus, nous y trouvons l'agneau nimbé, et l'on sait que le pape Serge I'' favorisa le culte de Uieu sous le symbole de l'agneau, contrairement aux grecs qui l'avaient condannié au concile in Trullo de 09'2. De même, nous avons attiré l'attention sur le mouvement qu'il y a dans l'adoration des mages ou la présentation au Temple. Ce mouvement, un peu exagéré même, n'est pas sans analogie avec celui qu'on remarque dans certains bas-reliefs syriaques du vue siècle. Les petits personnages offrent une certaine ressemblance avec ceux des parois de la capsella de Brivio. Enfin, les colonnes cannelées en spirale se retrouvent sur des ivoires du vi'' et du vu" siècle. On pourrait donc considérer le couvercle comme postérieur au coffret, en expliquant les similitudes de détails qu'on relève (mêmes ornements sur les reliures des livres des quatre évangélistcs et sur celles des livres du Christ et des apôtres, costumes du même genre, types d'anges très voisins, même fleur, etc.), par l'imitation des côtés que l'auteur du couvercle aurait été amené à faire. Le coffret lui-même serait donc, à l'extrême rigueur, identifiable avec celui que retrouva Serge !«', mais le couvercle doit être postérieur au vu" siècle, et très probablement de la fin du vni« ou du début du ix'?. •
2° Une deuxième châsse, faisant partie du même trésor, se compose d'une boîte de forme ovale allongée, mesurant en longueur O^IOS sur O^OGô en largeur et en hauteur O^OSS sous le couvercle. Ce couvercle a lui-même OmOôô de hauteur à sa partie centrale. Sur un fond elliptique rapporté s'élèvent les parois sur lesquelles sont ciselées des figures dans des médaillons. Sur un des grands côtes, ce sont les bustes des apôtres Pierre et Paul nimbés, le premier portant la tonsure en couronne, séparés par un arbuste à grandes feuilles allongées. Sur le côté opposé, trois médaillons séparés par deux arbustes : le Christ, avec un nimbe crucifère et une barbe arrondie, bénissant suivant la
' Cette tonsme scutiquc do saint Pierre se rencontre cependant sur une reliure d'i\oire de la cathédrale de Rouen, qu'Emile Molinier datait du v ou du vi« siècle. Les ivoirca, p. .53 — «F. Hermanin, Alcuni avnri delta
colkzionc StrognnofI, dans YArle, I89S, p. 4, flg. 4-.
> A. Vcnluri, Sturki dcU'urlr itaUana t. Il, p. 53i), fig. 379; E. Berlaux, J.'ait dans rilalic méridionale, Paris, 1904, p. 247, 402. — ' Cf. Uil)l. nnt., nis. lat. ////, [ol. 0;
manière grecque, entre deux saints nimbés ettonsurés portant la barbe taillée en pointe; tous trois tiennent un livre dont on aperçoit la partie supérieure à leur gauche. Sur les petits côtés, un saint imberbe avec une couronne de cheveux et un saint barbu. Ce cpii caractérise toutes ces figures, ce sont les yeux en relief, avec un point creux au centre et les ponnnettes saillantes Le couvercle, bordé d'une torsade, est divisé en quatre registres par une croix en relief ornée de cercles et de rectangles figurant des gemmes. Dans les registres 1, 2, une main symbolique bénissant à la grecque; une colondje en plein vol avec un anneau dans le bec; dans les registres 3 et 4, deux anges nimbés et vêtus de longues robes qui les couvrent entièrement, serrées au genou; ils portent des bande-
2G'J7. — Cluisse d'argent.
D'après les Moniimetits Piot, t. XV, pi. 12, n. 3.
lettes dans les cheveux et de grandes ailes. Ces deux anges, légèrement penchés en avant, les mains jointes, sont tournés l'un vers l'autre et semblent voler (fig. '2697).
Cette châsse est tout â fait du même type que celle d'Hcnchir Zirar.i; elle doit appartenir au y" siècle ou au premier quart du vi'".
XIIL Quelques ch.vsses mérovingiennes. — Nous avons décrit et figuré la châsse d'Henchir Zirara {xoiv DicUonn., t. i, fig. 148; t. ii, col. 2344- 2.345), également la châsse de Saint-Maurice d'Agaune (voir Dic/ionn., t. i, fig. 192, col. 8G8), celle d'Henchir Akhrib (voir Dictionn., t. ii, col. 234,')-2347, fig. 2173), nous n'y reviendrons pas.
Lhie autre châsse bien connue des archéologues et que nous ne pouvons passer sous silence est la châsse cîite de Mummole, conservée dans la sacristie de l'église abbatiale de Saint-Benoît-sur-Loire' (Loiret) (fig. 2698). En 1642, divers changements furent faits dans le sanctuaire. Dom Chazal, dans son His-
Évangéliaire de la bibliothèque de Cambra , n. 327. — ' Par exemple, cofîret StroganofI, dans YArle, 1898, p. 1. — •Rocher, S'otcs hisloriques sur les prineipales restaurations de réijlise abbatiale de Saint-Benoit-sur-Loire, depuis le xiii" siècle, dans Bulletin de la Société archéologique de rOrléanais, t. m, 1861, p. 445; Rocher, Histoire de l'abbaye royale de Saint-Benolt-sur-I.oire, in-S", Orléans, 1805, p. 511.
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toire de Fleury^, nous apprend qu'en démolissant l'autel pour le repousser, on trouva d'abord à la partie supérieure le billet qui constatait sa consécration en 1536 par l'évêque d'Ébron. Mais, une découverte bien plus intéressante fut celle du reliquaire ou philactère de saint Munimole, que l'on retrouva dans la fondation même, qui n'avait pas été remuée depuis le xi« ou le xii^^ siècle : in imo loco invenlum est. « Cette petite cassette, écrit doni Chazal, qui a la forme d'une église très simple, est recouverte en cui\Te repoussé. On y voit l'image des douze apôtres, six d'un côté, six de l'autre. Elle est longue de cinq pouces moins une ligne, quatre pouces de haut environ. A droite et à gauche de la cassette on lit ces mots: Mumm.me fieri Jussit in honorent B. Mnriœ et S. Peiri -. »
Ce que ne dit pas dom Chazal, c'est que la châsse ne consiste qu'en une petite boîte de bois, peu épaisse, recouverte de plaques de cuivre, ornées de figures au repoussé dont le travail et le dessin indiquent l'époque
combien cette abréviation est Singulière et inusitée; surtout, si l'on songe que le graveur n'avait pas, dans le manque de place (puisqu'un côté entier du cadre est resté vide), une raison de dissimuler ainsi et le nom et le titre du donateur. Il y a plus. La disposition de l'inscription s'oppose à une pareille interprétation. En effet, tous les autres mots de l'inscription, d'une lecture certaine, sont séparés les uns des autres par un point. Or, les cinq premières lettres forment un seul groupe séparé du suivant par un point. Mumma est donc un mot. C'est le nom de la personne qui a fait taire la châsse, une femme sans doute. S'il est ^Tai que l'on n'a pas cité jusqu'ici d'autre exemple de ce nom, cependant, outre que sa forme n'a rien d'in\Taisemblable, on connaît un nom de femme du même temps, qui lui est apparenté, celui de Mummia, Leotheria sive Mummia, qui, l'an 695, et non 719, fit une donation à l'abbaye de Saint-Pierre-le-Vif de Sens '. La Vierge et saint Pierre, en l'honneur desquels
2698. — Chasse de Saint-Benoit-sur-Loiie. D'après le Bulletin monumental, 1880, t. xi.vi.
barbare. Nous y voyons représentés une frise d'anges à mi-corps, d'une extrême sauvagerie, accompagnés d'un ornement comportant des cordons noues ensemble et inscrivant des étoiles et des croix à branches égales'. Au revers, se développe, autour du champ et sur trois côtés seulement du cadre, l'inscription suivante en lettres capitales :
MVMMA ■ FIERI •