‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 231 sur 303 · MET.\LL · texte numérisé non relu

MET.\LL

Après le triomphe du christianisme, la législation des conciles aura à lutter longtemps pour faire pénétrer non seulement le respect de l'esclave, mais la mansuétude â son endroit. Vers l'an 300, le concile d'Elvire porte le canon suivant : .S'( qu<i domina jurore zeli accensa fUu/ris lurbcrcwcril ancilhim .snam. ita iil in ierlium dicm (tiiimam cum crucialii efjundtd, et) quod inccrlam sil, uoluntale an casii occiderit; si voliinlale, post seplem annos, si casa jwst qiiinquennii Ifmpura, acia leriilima pœnilentia, ad cummunionem placuil iidmilli. Quu si infra lempura conslilula /uerit inflrniala, acripial comnmnionrm^.

On pourrait prolonger longtemps les considérations sur ce sujet. La constitution du monde antique remettait, sans défense, une portion considérable de l'huma-

nité au pouvoir de quelques individus. Ceu.\-ci, outre les passions auxquelles nul n'échappe, avaient :'i compter avec ce vertige d'un genre particulier que donne un pouvoir sans contrôle; beaucoup y perdaient la modération qu'ils eussent gardée au sein d'une situation moins désordonnée. Dès lors, fantasques, excessifs, opiniâtres, impatients de toute résistance,, même de ces délais que crée la nature des choses et qu'imposent les lois de l'univers, ils passaient leur humeur sur des malheureux qui, à tout prendre, n'étaient peut-être pas toujours les plus à plaindre.. La familia devenait ainsi le champ d'expériences des gronderics du maître et, à ce point de vue, la situation de l'enfant n'était guère plus avantagée que celle de l'esclave : Quanlo lempore liserés paruulus est niliii difjert a servo '.

2" En/ants. — Une peinture murale d'Herculanum va nous introduire dans une école, à l'instant où un petit coupable recevait le châtiment classique. Sur cette peinture, précieuse représentation de la vie réelle, nous voyons, sous les colonnes d'un portique, par conséquent, en plein air, trois jeunes élèves assis. Ce sont bien des écoliers, leurs longs cheveux (cirrali) le disent». Le premier est vêtu d'un manteau d'un rougesombre; les deux autres portent des tuniques à largesmanches, l'une verte, l'autre rouge. Tout ce petit monde est en classe. Sur les genoux de chacun sont placés des rouleaux ou volumina ouverts, qu'ils tiennent des deux mains. Leur attitude rappelle les prescriptions sévères, mais souvent enfreintes, au dire de Quintilien et de Juvénal". sur la décence dans les écoles. Devant eux se tient debout un homme barbu, vêtu d'un manteau rouge sombre, sous lequel ses mains sont cachées : c'est le maître d'école (liidi mngisler). Derrière les colonnes, quatre personnes, des- 1 passants » probablement, se sont arrêtées, sans doutepour écouter la leçon ; peut-être sont-ce des parents ou' des serviteurs venus accompagner les enfants. Cettemanière d'ouvrir école en plein vent existait encore sans modification aucune au temps de saint Augustin ■; on prenait simplement la précaution de suspendre une tenture '. Précaution que les écoliers ne devaient pas trouver superflue à certains moments,, quand le maître ou un de ses aides châtiait les accès de paresse ou les gamineries. C'est cet instant désagréable que nous montre la peinture. Un élève est tout nu à l'exception d'une ceinture en étoffe brune nouée autour des reins {venlrale). Vn de ses camarades, vêtu <rune tunique rougeâtre, le maintient avec lesdeux bras sur ses épaules et sur son dos, tandis qu'un autre condisciple, en tunique verte, le tient par lespieds (fig. 2727). Un aide du maître d'école lève la verge et,â voir la figure du coupable, on devine qu'il n'en est pas au premier coup. Pas au dernier non plus, car un autre personnage apporte des verges de rechange ".

1 Cette scène très vivante explique de nondjreux passages d'auteurs où il est question de corrections infligées au.x écoliers contrairement au précepte de Quintilien qui dit : Cœdi vero discrntes, quamquani et reci'pliim sil el Chriisippus non im]>robei, minime

' Sénéquc, De ira, c. x.vxii. — - Apulée, Méliim., ix. — ' Conc. lllibcritanuni, can. 5, dans Mansi, Conc. ampUss. coll., t n, col. 6. — ' Gai, IV, 1. — ' Pour designer les ccolicis, les auteurs emploient les lermes: cirrali, capilliUi,cirraloriiin ealerim,oiilitrhii Perse, 1,20; Martial, IX,xxix,7; X,i xii.l ; Martien Capellii. III, :i'2l); S. .Jérôme, Adu. /<ii/inii»i, 1 I, c i, P. L., t. x.xTii. col. 112. Au moment de la puberté, on coupait impitoyablement les boucles et cheveux longs. — «Quintilien, I, ii, 1 ; .Juvénal, vu, 2.'Î7. Cf. Pline, Eyiisr, III, m, .'i. — '.S. .\iigusliM. Ciinfi-ssitmes, I. I. c. xvr, /'. /.., t. x.xxii, col. 672 : tlor tn/ilur tnihlivû in joro. — ^ Vcla pendent liminibus riraninialicantni scliutonim, dil encore saint .\ugus-

tin. — ' (.). .)ahn, IJarslellunijcn tics llandwerks auj anliken Wandgcmdldcn, dans Abliandliingen dcr sàchs. Ocs. der Wiss., 1870, t. v, p :i88-2ii(i, pi. i, n. 3; Duruy, Ilisloire des Romains, t. v, p. .146; Uaumeister, Dcnkmider, t. m, lig. lli.'jlî; .\. Kirli, /J/c/if)ri/i., au mot Liidits; Dareinberg- Saglio, Diclionnaire des antiquités grcctiaes et romaines, aux mots. Edaealio, t.ndus; Fougère. Z.a vie des Grecs cl des Homains, p. 5-1, lig. 353; .Ï.-P. Waltz.ing, Orolannum viens. Ses inscriptions, ."ics monuments et son liis'oire, dans Le musée helije, l'.lOl, p. 301 ; Pillure di ErcoUino, t. nr, pi. xi.i, n. 1 ; llclbig, Wandgcmdlde Canipaniens, n. 1492; Stcfani, dans Comptes rendus de VAead. de Saint-Pctersbonrg, 1872, p. 215.

CHATIMENTS

vtlini '. On se rappelle le plcigosus Orbilius, maititd'Horace °; la verge ou la férule, dit plaisamment Martial et, après lui, Ausone, était le « sceptre des pédagogues '. » Ils se servaient aussi du fouet à une lanière * ou de 1' « horrible fouet à plusieurs lanières et à nœuds '. » La correction était appliquée sur la main ou sur le derrière. Apulée décrit une correction de ce genre : Vocatis duobus e fumilia validissimis quam iillissime subhilu piiero itates ejux obverbcrans ' et Hérodas nous montre le maitrc d'école appelant trois ccoliers quand il veut fouetter Kottalos ' :

y.O'j KôxzaÀo;, y.oC <ï*r/.).o;; oO Ta^Éw; tojtov àpeÏT' È;t' MU.OU.

Prudence décrit, lui aussi, une correction infligée à

C'est à peu près vers le même temps que le poète Ausone s'exprimait en ces termes en parlant à un écolier :

Tu qiioqiic ne mcluas^ quaniuis schola uerbcrc muîto Increpet et truciilenta senex gerat ora magistcr. Dégénères animas tinior tirguil, et tibi consta întrepiduSy née te elanwr plagseque sonantes A'ec niaiatinis agitet formido sitb horis. Quod seeptnini vibrât fenilœ, quod miilta suppellex Virgea, quod /altux seuticani prœtexil (duta, Quod fervant trepido subsellia vestra tumulto Pompa loei et uani fueatur scena tinioris.

L'emploi du fouet comme moyen d'éducation était alors général et il devait demeurer longtemps en usage. La règle de saint Benoit contient deux prescriptions relatives aux corrections traditionnelles :

2727. — Châtiment dans une école. Peinture murale à Herculanum. D'après Abhandl. d. sdchs. Ges. d. U iss., 1870, t. v. pi. i.

un jeune élève par le maitre d'école; celui-ci se contentait de la main * :

Vix bœc profotus pusionem prœeipil Sublime toUant et manu puisent nates, -A/ox et remota veste virgis verberent Tenerumquc duris ictibus iergum secent.

Un petit garçon nous a confié qu'il priait de tout cœur ne in scholn vapiilarem, mais sans grand résultat ; il devint cependant saint Augustin '.

Injanlam vero iisqiie ad quindecim annonim œlalis, disciplinée diligenlia ab omnibus cl ciislodia sil i°, et ailleurs : Omnis œtas vel intellectus proprias débet habere mensaras. Ideoijiic qaoliens pueri, vel adolescenliores œtalc, aul qui minus intelligere possunt quanla pcena sil excommunicalionis : hi talcs duni dclinquunt, aul jejuniis nimis afUganlur. aul acribus verberibus cierccanlur cl S(HUV!(ur'..\insi. jusqu'à l'âge de quinze ans, les jeunes garçons confiés au monastère étaient exj^osés à recevoir le fouet. Cette limite de quinze ans

' Otùntilien, I, m, ii. — = Horace, Epist., II, i, 70. Cf. Suétone, De gramm., 9. — ^Virga. Cf. Virgile, Georg., I, 165; .luvenal, vin, 210; Prudence, Péri Stephanôn, I. X, vs. 628, P. L., t. LX, col. 494. C'était une verge de saule (saZi.r, dit Prudence, vs. 703) ou une tige de fende, plante herbacée. Martial, Y, LXii, 1; xiv, 80; Ausone, iv, 24. — * Scutica. Ovide, lier., ix, 81. Isidore de Séville, Etumoî., v, 27, l'appelle anguilla. — ' Flagellum. Horace, Sut., I, m, 110, indique la gradation entre la ferula^ la scutica et le flagellum horribile. J. Waltzing, op. cit., p. 301. — ' Apulée,

Metam., i.v, 28; dans ce^ passage, il n'est pas question d'un écolier. — ' Hérodas, Mimiamhes, iii, vs. .59, édit. .1. A. Xairn, p. 39. — ^Prudence. Pcri StepUanôny 1. X, vs. 1)96 sq., P. L; t. LX, col. 498. — » S. .\ugustin, Con- /essiones, 1. I, c. ix, P. L., t. xxxii, col. 667. Spartien, lîadr.y emploie le verbe cûfomididre; on disait aussi calhonio cœdi ou suspendi pour exprimer le châtiment des enfants, exactement la fessée". — „" .S. Benoit, RcgttUu c. lxx, P. L., t. Lxvi, col. 921.— "Régula, c. x\x, P. L., t. i.xvi, col. 533.

en \T1ME.\TS

));irait avoir été anciennement adoptée, car on lit dans les Dicilogues de Sulpice-Sévèrc que deux enfants, l'un (le douze, l'autre de quinze ans, furent fouettés par leur abbé pour les punir d'avoir raconté aux moines un miracle du supérieur dont ils avaient été témoins '. 11 est vrai que saint Benoit n'établit pas à cet afie une limite absolue après laquelle le fouet passera au ran^; des souvenirs d'enfance; les adolesrniliores et les minus Itiihfnlcs étendent beaucoup le privilège, grâce auquel on leur infligera les verges, acribus verberibiis. C'était une modification de la règle de saint Basile (|ui s'exprimait ainsi par rapport aucliâtimentdes enfants: « Il a devancé l'heure des repas? qu'on le fasse jeûner la plus grande partie du jour. Il a mangé avec de mauvaises façons? qu'on lui fasse regarder le dîner des frères sans lui donner rien, il apprendra à bien se tenir. Il a dit des choses inutiles? Il a été insolent? menteur? qu'on lui Inflige le jeûne et le silence forcé ^. » Mais, celte mansuétude était alors tout à fait exceptionnelle. Saint Pakhôme prescrit au contraire : Omnes pucri qui non liment confundi pm pcccalo, <•/ correpli vcrbo non cmniilai'crinl. vfrl'crcntur quandiu

272S. — Kpituplie d'Arlon.

D'après I.e luusée liflr/i', juillet-ocl. 1004, p. 300.

disciplinam accipianl et limorem '. L■^ règle du Maître dît de même : Inlanlulus usque ad quindecim cuinnx non excommunicari, sed pnecipimus viipnlari pro culpis '. La règle de saint Fructueux : Quod si in aliquo quœ diximits deprehensi fuerinl. euntinuo <ib ipso suo decano virrj'L emenilcntur^; erifln. saint Isidore : In minori œtate non sunt e^e^ccndi senlentin exeommunieationis, sed pro qualilute nei/tiyenliie eonijruis cmendandi sunt playis, ut quos a'tatis infirniitus a eulpa non revucal, jlagelli disciplina compeseal ^. Au monastère de Nitrie, le fouet était exposé en permanence. Il existait, nous AiiV Histoire Lausiaque, une vaste église et, dans cette église même, trois palmiers ])orlant chacun un fouet destiné à la correction des moiaes, des voleurs et des hôtes. Le délinquant embrassait le palmier dans ses bras cl tendait le dos à la lumière : <»; -ivTa; ■n-xUr/'x: /.ai oi-.'/s./oij.ivou; (.'>; à;;o'j;— ).r,ywv —ïp'.'Axa^âvciv tov 9o:v'.y.a, y.x\ ).a[j,oâvov-a; £-'■ vwTO'j pr.TJ; 0-jtm; i-ol-Js-rO ï'. '. On voit que les enfants n'étaient pas toujours seuls en cause: néanmoins, leur tour devait revenir fréquemment et il est probable que les petits oblats des monastères n'étaient guère à envier par leurs compagnons des écoles. Ht plus d'un, l'âge venu, devait souscrire volontiers au jugement de saint Augustin : Qu(nilis erucialibus propc quotidianarum phuiarum Ivnera

pucrorum œtas subdiliir? Quantis eliam scholis vigiliarum cl abstinentiœ molestiis exercentur, non propter discendam sapienliam, sed propter opéra Itonoresque vimilalis. ut numéros, et titlcras. et disertas fallacias eloqui discanl ».'.\vec le temps, les préoccupations scolaires changèrent, mais le fouet demeura. On ne songeait plus guère, à la fin du vi= siècle, à faire des rhéteurs, mais on faisait grand cas d'une bonne maîtrise. L'n pape lui-même, et des plus illustres, saint Grégoire 1'=', dota l'Église romaine d'une scliola canlorum qu'il pourvut de tout le nécessaire. On se réunissait au Latran, le pape valétudinaire assistait cependant aux répétitions, étendu sur une sorte de chaise-longue, prenant sa part et chantant avec son petit monde, qu'à l'occasion il régalait de quelques coups de férule, .■\pres sa mort, le fouet fut conservé, et, deux siècles et demi plus tard. Jean Diacre allait vénérer l'antiphouairc et la férule : fnijellum ipsius, quo pueris mirhthatiir. vencrationc eonyruii autlientico antiphonario reservalur''. Les petits choristes n'avaient pas trop à se plaindre puisque nous voyons un em-

AUTONO

2729. — l^pitapbe romaine.

D'après Perret. Les catacombes de Rome, t. v, pi. i.v, ii. 18 lis.

pcreur, le jeune Constantin II, coupable d'avoir com- ])loté contre la régence de sa mère, Irène, mis aux arrêts et fouetté sans rémission, bien qu'âgé alors de dix-huit ans (789).

Avant de quitter ce sujet, il nous reste à citer un monument curieux trouve à .^rlon (Belgique) dans les remparts, en 1671 : il nous est connu par un dessin de .\. Wîltheim. Ce dessin représente une scène à trois personnages. .\u milieu, un jeune garçon tout nu, vu de dos et prêt à recevoir la correction traditionnelle, à main plate. Déjà celle-ci est levée tandis que, de la main gauche, l'exécuteur relient le gamin par la ceinture et l'empêche de fuir. A droite, un autre personnage, vêtu du sagum et portant une large écharpe, lève la main comme ])our donner l'ordre de frapper. L'inscription de celle pierre nous ajiprend que c'est un affranchi qui élève le nmnument à son patron et, quoique le rapport etilre le bas-relief et l'inscription soit diflîcile à expliquer, on peut croire qu'il s'agit d'une correction scolaire et que l'affranchi auquel son jiatron a élevé ce tombeau était quelque maître d'école (fig. '^728) '».

3» Martyrs. — Nous rencontrons, à plusieurs rep ises, dans les textes chrétiens, la mention de l'emploi du fouet ou des verges, moins à titre de supplice (pie de simple châtiment, et. à ce litre, formant une

*Sulpicc-Sévère, Dititoffi. 1. I, c. x, P. /... t. xx. col. 190. — -S. Basile, Rcgulx pisius tractatœ, c. xv, P. (»., t. xx\i, col. 952. — ' S. Pakhi'ime, Heyulti, art. 97. — ' Hci/iilo Alagisiri, c.siv. — ^S. l-'ructueux, RegulayC.vi. — 'S. Isidore, Kcffaïa, c. XVII. — 'Pallade, Ilistoria I.aiisiaca, c. vu.

édil. Huiler, p.25. — ■ S. .\ugiistin, Scrni., i.xx, 2, P. /.., L. xxxviii, col. 41 1. — ° Jean Diacre, ^\ Gregorii vila, I il, c. VI, P. L., l. i.xxv, col. 90. ~ '»J.-1>. Wallzing, Oroluiimim i>icu.s. Ses inscriptions, ses monuments et son liisloire, dans Le musée belge, juillet-octobre 1904, p. 301 sq.

CHATIMENTS

sorte de liors-d'œuvre gratuit et non mentionné ni prévu par la condamnation capitale.

Dans la passion de Jésus-Christ, saint Luc nous apprend que « Pilale, ayant convoqué les princes des prêtres, les magistrats et le peuple, leur dit : Vous m'avez présenté cet homme comme portant la nation à la révolte; et voici que, l'interrogeant devant vous, je ne l'ai trouvé coupable d'aucun des crimes dont vous l'accusez, ni Hérode non plus; car je vous ai renvoyés à lui, et on n'a rien fait à l'accusé qui montre qu'il mérite la mort. Je le renverrai donc après l'avoir «hâtié : Tiotiosj'îi; o-jv xOtov i-r)).-Juo)'. » Il entendait probablement un châtiment assez bénin.

Les apôtres, traduits devant le Sanhédrin et un instant menacés d'une sentence de mort, sont finalement renvoyés indemnes : . Ayant rappelé les apôtres.

L'Hisloria perseculionis VandaUcœ de Victor de Vite conserve le récit des châtiments infligés par les Vandales ariens aux petits lecteurs de l'église de Carthage, (eclores infanluti, exilés avec le reste du clergé *. Tous partaient pour la destination assignée, tendant l'cchine aux coups : parantes ilaque universi dorsa sua verberibus; cependant, on sépara les enfants au nombre de douze, petits chanteurs intrépides, de qui on comptait venir à bout en les isolant de leurs maîtres. Mais les ariens perdirent leur temps et leurs raisons; alors ils en vinrent au fouet : Imprimunlur vulneribus vulnera el rursum pœna restaurala crudescit. Facliim est Domino con/orlanle, ut nec selas minor deficeret in dolore et magis animus cresceret roboratus in fide. Quos nunc Carthago miro colit ad/ectii et quasi duodecim aposlolorum chorum conspicit puerorum'.

(n. 9066) (n. 9065) (n. 9063) (n. riijt;i,

2730. — Chaudrons coptes. D'après Strzygowski, Koptische Kntist. Catalogue du inusée du Caire, 1904.

on leur défendit absolument, après les avoir fouettés, déparier au nom de Jésus et on les relâcha-, » îi:';av-jç, c'est la flagellation.

Saint Paul, qui avait eu affaire, tantôt à la juridiction de ses compatriotes, tantôt à celle des Romains, avait été flagellé cinq fois par les .Juifs, bâtonné trois fois par les Romains '.

La passion de sainte Perpétue nous la montre pénétrant dans l'amphithéâtre avec ses compagnons de martyre, passant sous la tribune d'Hilarianus, le procurateur intérimaire pour proconsul défunt, et lui criant : « Tu nous juges. Dieu te jugera. » Soudain, le peuple s'émeut, voit une provocation et réclame un châtiment immédiat et supplémentaire; ou fait passer les martyrs sous les fouets des lanistes : ad hoc populus exa-iperalus, flagellis eos vexari prn ordine venaiorum postulavit '.

" Luc, XXIII, 13-lG. — = Act. apost., v, 40. — ' II Cor., XI, 21-25. En qualité de citoyen romain, snint Paul ne devait être que bâtonné et non frappé de \erges, aussi est-ce par erreur qu'on lui infligea les verges à Philippes, colonie romaine. Act., XVI, 22,23,37. — ' Passio S. Perpétua;. n. XVIII, dans Texts and sladies, in-8», Cambridge, 1891 t. I, tasc. 2, p. 88. — 'Victor de Vite, //is/ona persecutio-

Enfln, nous citerons une pièce d'authenticité contestable ' dans laquelle un fidèle nommé Timothée est sommé de sacrifier aux dieux: il refuse, on le met à la torture, on mande sa femme qui. mariée depuis vingt jours seulement, est encore très émue. « Peut-être, dit-elle à son mari, es-tu chargé de dettes, ou bien serait-ce à cause des impôts que tu as été saisi. » La scène se passe dans la Haute-Egypte, en Thébaïde et là, plutôt que partout ailleurs, la question de la jeune femme s'explique. Les Égyptiens se faisaient souvent un point d'honneur de ne pas se soumettre à l'impôt avant d'y avoir été contraints par la violence. Tout, même la torture, leur paraissait préférable à l'abandon de leur épargne, aussi le fouet jouait un rôle fréquent et redouté. > En Egypte, dit Ammicn Marcellin, on rougirait d'avoir satisfait aux collections sans pouvoir montrer son corps tout sillonné de coups *. »

nis, 111,34 (olim, v, 9), dans Corp. script, eccles. tut., t. vu, p. 80. — ' Ibid., lit, iO(olim, v, 10). — ' Pussio .S'S. Timolhei ci Mattrœ, dans At-tu sanct., 3 mai, t. i, p. 376; Tillemont, .A/cni. pour servir à Vhist. ecclés.^ t. v, p. :iô4, 726; E. Le Blant, Les actes des martyrs, dans Mémoires de VAcad. des inscriptions, t. xxx, p. 161 sq.; Les martijrs, 1903, t. il, p. 444 sq — " .Ammien Maiccllin. xxii, 16.

CHATIMENTS

CHAUSSES

Je crois pouvoir rattacher aux souvenirs des martyrs une pierre des catacombes sur laquelle on voit figurés une croix et un fouet ' (fig. 2729).

H. Leclercq.

CHAUDRON. Sous les noms divers de chaudron, bassine, marmite, etc., nous entendons les récipients de terre ou de métal que les anciens désignaient sous les noms de ■/.■xi./.i.nr,, ■/.^■/./.■xvi, ■Ai-/./.ir,rj;, cacabus,cacabulus ou cucabuliim. C'était le vase ou pot dans lequel on faisait cuire la viande, les légumes : vas ubi co^/uebant cibum. On faisait ces vases en terre, ftctilis: en étain, slaïuieus; en bronze, aheneus; en argent, argenleus. Ils étaient tantôt arrondis ou effilés à la base, et dans ce cas on les posait sur un trépied de fer ou d'airain, ou bien ils étaient pourvus de pieds qui, en assurant l'équilibre, dispensaient de recourir au trépied.

Le musée du Caire possède quelques beaux spécimens de chaudrons en bronze; plusieurs étaient pourvus d'une poignée ou d'une oreille. La plupart sont, aujourd'hui, recouvert s d'une belle patine verte qui n'a pas toujours préservé le métal de plus graves détériorations. Cependant, on constate que ces vases étaient ordinairement embellis par des ciselures, des torsades en relief ou des figurines {fig. 27.'30).

Voici les dimensions de quelques-uns de ces vases :

Diamètre à la partie supérieure : 0"25, O^IS (fig. a),

o^iô? (fig. 6). o^iag (fig. f), o^oQQ (flg. </;, o-ovs

(fig. e).

Hauteur : ()'"142; O-'IOG (fig. o), O^ISG (fig. b), O^IU (fig. f), U°>075 (fig. d), 0""078 (fig. e).

Longueur du manche : 0"22 (fig. d); 0'»090 (fig. e).

Les figures d. e sont de véritables capis, c'est-à-dire

des vases destinés à puiser dans un vase plus grand,

et, à cet ellet, munis d'une poignée ou d'un manche,

au moyen desquels on les saisissait.

H. Leclercq.

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