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CHAUX

CHAUSSURE A INSCRIPTION. On ne satteiul guère à rencontrer répijirapliie avec les souliers. Cependant, Clément d'Alexandrie, dans son Pédagogue, parmi tant d'autres récriminations qui (,nt dû désespérer les fiiléles de son temps avant de réjouir les archéologues de nos jours, qu'il renseigne à merveille sur les mœurs antiques, Clément critique le luxe des femmes de son temps et leur dit ' : 'A),).à 5= toù; f{Xo-jc; ;>!xoî[S<ô; TOÎ; •/.oiTT-JjjiïTtv à-f/.aTaxpo-Jctv à£io'j5iv ito).- /ai os xai £pwTtxo"jç à(nia(7îJ.où? è'c/oipi'z-vjrjiy aÔTOî;* roç 'XV, âxT-r,; iiz'.ôy.'stM- f'jOjii^O'Joat ir,v yriV, ■/.otl t"o i-aipixov TciO ypov7|i;.ato; èx toO ëaôi<7a«îrj; ivaTtoT^paYi'i-j'îi. « Les femmes poussent le caprice jusqu'à faire enfoncer les clous de leurs semelles en lignes sinueuses. Beaucoup d'entre elles y inscrivent même des saints amoureux, de sorte que, mesurant le sol de leur marche cadencée, elles y impriment avec leurs pas, comme un cachet, leur pensée de courtisanes. »

Les collections d'antiquités, publiques et privées.

2747. — Chaussure à inscription.

D'après les Mùmoires de la Société des mitiquaires de France,

1877, t. xxxvni. p. 92, 84.

offrent fréquemment de petits vases reproduisant la forme d'un pied humain, soit nu, soit chaussé. Ces vases servaient à divers usages. « Tantôt ils sont surmontés d'un orifice étroit, à large rebord plat, à la manière des alabastres et des aryballes, qui servaient à verser goutte à goutte une huile parfumée. Quelquefois, la partie supérieure du goulot est percée d'un grand nombre de trous, comme dans nos passoires et dans nos poivrières : les vases ainsi disposés devaient contenir une poudre fine ou bien un liquide précieux que l'on distillait en rosée. Souvent aussi, ils se transforme it en petites lampes, et ils sont alors percés, vers le gros orteil, d'une seconde ouverture pour le passage de la mèche. Sous ces divers aspects, ils présentent un intérêt commun : ils nous font connaiti'e, par des modèles ordinairement exécutés avec beaucoup d'art et de précision, différents types de la chaussure antique, surtout de la chaussure des femmes '. »

Un petit vase, malheureusement brisé à sa partie supérieure et qui a été acquis ' dans un lot de ces terres cuites gréco-romaines de la Basse-Egypte, qui sont ordinairement d'un brun foncé, mais parmi lesquelles on rencontre quelques pièces d'une terre noirâtre, comme l'objet qui nous occupe, est certainement antique. C'est une chaussure couverte, lacée sur le cou-de-pied et terminée en pointe relevée, comme les souliers à la poulaine et suivant un modèle encore en usage dans tout l'Orient; c'est le type du calceolus répandus. Ce qui est beaucoup plus rare et peut-être sans exemple, c'est que cette petite chaussure porte sous la semelle une inscription grecque, inscription dessinée, connue dit Clément d'-\lexandrie, jiar la disposition des clous, qui se trouvent simulés. Au milieu d'une bordure formée par d'autres clous, on lit distinctement le mot ï/o>.o'j6:, qui est une forme corrompue par l'iotacisme peur àzolo-JÔEi, deuxième personne de l'impératif du verbe a/.oXo'j(i(.i, « suivre », ce qu'il faut évidemment traduire par : i< Suis-moi » (fig. 27-17).

« L'explication de cette singulière coutume n'est pas difficile à deviner. Lorsque la femme qui portait de semblables chaussures avait marqué ses pas sur le sol, ceux qui venaient derrière elle lisaient à terre cette inscription autant de fois répétée; ils savaient, sans autre information, à quelle sorte de promeneuse ils avaient affaire et ils ne risquaient pas de perdre sa trace. Ajouter, pour ne pas oublier l'épigraphie en un sujet si léger, que les caractères de l'inscription ne sont pas d'une haute époque, que la barre brisée de l'A et le style général de l'écriture indiquent environ le If siècle de notre ère '. »

H. Leclercq.

CHAUX. Les Gi'ecs et les Romains préparaient la chaux de deux façons différentes qu'on trouve ainsi décrites par saint Augustin : Proplcr quod eam calcem vivam loquinmr, vclut ipsc ignis lalens anima sit inrisibilis L'isibilis corporis. Jam vcro quam mirum esl quod cuni exUnguilur, tune accendilur ! ul enim oeeullo igné eareat, aqua injundiiur aquarc per/andilur; et cum anle sit Jrigida, indc jervcscit, unde jerventia cuncta frigescunt. Velul expirante crgo illa glcba, discedens ignis qui latebat apparel,acdcindc tanquani morte sic frigida est, ul adjccla unda non sit arsura et quam calcem vocabamus vivam, vocemus extinctani. Quid est quod liuic miraeulo addi posse videatur et tamen additur; nom si non adijibeas aquam, sed oleum, quod magis est fomes ignis, nutla cjus perjusione vel infusione fervescit ^. Il Nous disons que la chaux est vive, comme si le feu qu'elle contient était l'âme invisible d'un corps visible : mais ce qu'il y a d'étonnant, c'est qu'elle s'échauffe lorsqu'on l'éteint; car, pour lui ôter ce feu caché, on la fait infuser dans l'eau, ou bien on l'y trempe, et de froide qu'elle était auparavant, elle devient chaude, tandis que tous les corps enflammés sont refroidis par le même procédé; et lorsque cette chaux se décompose, son feu caché se manifeste en la quittant : et ensuite, comme un corps privé de la vie, elle devient si froide qu'en y ajoutant de l'eau, elle ne peuli)lus s'échauffer; alors, au lieu de la nom-

■ Clément d'Alexandrie, Pœdagogus, I. II, c. xi, P. G., t. VIII, col. 537. Cf. Balduinus, Calceiis anliqiiiis cl mgslictis, in-1', Parisiis, 1G1.Ï, p. 148; L. Hcuzcy, l ne cliaiissiire antique d instrijilion grecque, dans les Mémoires de la Soc. nat. des anliq. de France, 1S77, IV' série, t. viii <t. xxxviii), p. 85-97. — » L. Ilcuzey, op. cit., p. 85-86. — = Par le musée du I.ouvrc. — • L. Heuzcy, op. ci(., p. 93-94. — 'S.Augustin. IJe c:nilateDci,\. XXI, c. iv, P. /.,, t.xLi, col. 712. Cette question de la préparation de la cliaux est moins étrangère à nos études qu'on pourraiC de prime abord, être disposé à le croire. La préparation et la qualité de la chaux importaient giaiulcment aux ingénieurs des

catacombes ipii avaient de vastes surlaces à étayer et à recou\Tir.Les parois destinées à être recouvertes de fresques demandaient une préparation délicate, et Pline et Vitruve nous font connaître la série des opérations :■! exécuter pour enduire un mur. Suivant Pline, la paroi doit recevoir trois couclies de chaux et p(»uzz()Iane,et deux couclies de chaux et de slue marmorin; Vitruve réclame, oiilie un premier badigeon grossier, trois couclies de ciiaux et pouzzolane et trois autres couclies de ciment marmorin. Cf. O. Donner von Richter, Die erhaltcnen aniiken Wundnialereien in ierlinisclicr Bc-zicbanq nntersuclit iind iKurlIieill. cf. II. Leclercq, Manuel a'archéol.clircl., 1907, t. Il, 141.

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