III. Préposites. — C'étaient là, somme toute, de
et qui, cependant, les éclaire vivement. On trouvera im exposé très agréable et très exact dans A. de Maricourt, En marge de notre histoire, in-S», Paris, 1905. — * Cassiodore, Hist. tripart., I. X, c. iv, P. L., t. Lxix, col. 1167. — ' Code théodosien, I. VI. tit. viii. Cf. Code Justinien, I. Xll.tit. v, l.I.
— • Philo, Legatio ad Caium, .\mmicn Marcellin. I. XV, ii, 10; I. XXII, III, 12; Michiels, op. cit., p. 376; Rostowzew, op. ci7.,p. 1734. — = Suétone, Tiberius, cxxi. — 'Lampride, Anton. Diadiim., c. ix. — ' Plutarque, Galba, vu; Marquardt, op. ri(., 1. 1, p. 169, note 9. — "> Plutarque, Galba, \n.
— " Hérodien, I. xvii, 6. — '-Suétone, Domitianus,c. xvi. ^ " Flav. Vopiscus, Carus, c. viii; Dion Cassius. //is(. roni., I. Lxxvi, c. xrv; I. Lxxviii, c. .xxxii; Suétone, César, c. il. — " Philo, Legatio ad Caium, c. .x.xvi, sq. — " Hérodien, I, xvii, 9. — '«Dion Cassius, I. LXXH, c xix. — " Martial, v, 6; n', 97. — "Suétone, .-iugustits, c. lxxxii. — "Dion Cassius, I. LXXIV, c. IV.
CHAMBELLAN
petits compagnons. Pour retrouver !e chambellan tel que nous l'avons rencontré anprcs des empereurs romains il faut, à Ryzance, en venir aux « préposites » qui détiennent la fonction la plus importante du palais, ■q T<ôv ).ci|j.7rpoTiTMV Tip» iiroiTiTMv àÇi'oc, héritiers directs des prepositi sacri cubiculi. Avec le temps, la charge s'était dédoublée. Aux iV et V siècles on distinguait dvihlcs prœposili sacri palatii des pra'posili cubiculi, l'usage ne s'était pas encore établi que tous fussent eunuques; dès le vi" siècle, cette coutume ne souffre plus guère d'exceptions et surtout la charge prend une consistance hiérarchique qu'elle n'avait guère connue jusque-là. Ils ont autorité sur tous les dignitaires eunuques qui, au jour de leur élévation, leur paient la gratification. En outre, ils transmettent les ordres du basileus ù tous les dignitaires auliques et dans les diverses cérémonies reçoivent de leurs mains les insignes qu'on présente à l'empereur, l'ar exemple, ils offrent à l'empereur les cierges; ils lui mettent la couronne sur la tête, etc.
Le nombre des préposites n'est indiqué nulle part. «Cependant, en confrontant les différents passages du Livre des Cérémonies, on peut remarquer que, dans tous les passages qui parlent de ])lusieurs empereurs.
2'i'iÛ. — Sceau d'un cubiculaire.
Ibid., p. 568, lig. 1.
il est fait mention des préposites; dans ceux qui parlent d'un seul empereur, nous ne trouvons trace que d'un préposite. D'autre part, nous pouvons faire la même remarque poiu- la maison de l'impératrice, ce qui semble bien indiquer qu'il y avait un préposite par cour, mais un seul, chef unique de chaque maison impériale, ayant sous ses ordres tous les cubiculaircs'. «
y.n terminant, nous voulons mentionner un chambellan nommé Théopliaues, o xojra/.o'j/.àpio; xx'i nipaxoi(i<ot..£vo;, qui confessa l'orthodoxie sous Léon IV (775-780), pendant la persécution iconoclaste.
Les sceaux byzantins, dont le nombre s'accroît chaque année, offrent la mention de plusieurs cubiculaircs et préposites. Nous ne mentionnerons parmi les plus anciens que celui d'un cubiculaire du vu" siècle nommé Théodore, qui s'intitule « esclave de la ïheotokos»(flg. 2410) =.
+ OeOA0JPOY KOYBIKOYAAPIOY, et au revers -f AOYAOY THC OeOTOKOY, vii^ siècle.
Celui du préposite Basile ' :
GCOTOKe BOHOei {en monogramme cruci/orme), TCi) COÛ A8AC0. viii^-ixi siècle (fig. 2441).
Celui de Joseph, protospathaire, préposite et doyen, 1 qui est un curieux exemple de ce que pouvait être la
' A. Vogt, Basile I'', empereur de Btjzance (S67-SS6), el la civilisation hijzanline à la fin du IX' siéele, iii-8°, Paris, l'JOS, p. 78. — 'G. Sclilumberger, Sigillographie de Fempire hginn(i;i,in-4», Paris, 1884. p. 486, n. L — 'Ibid., p.568,n. 2.^ ' Ibid., p. 'Ml, n. 1; p. 508, n. 5; Sorlin-Dorigny, dans la Revue archéologique, 1877, t. i, p. 87. — ' Amali, dans Giornale arcadico, t. L, p. 255; C. Fea, dans Bullctlino delV Islil. di corrisp. archeol, 1830, p. 123;' Cardinal!, Diplomi imperiali accordati ai mililari, in-4°, Velletri, 1835, p. 127. — ' Aniati, dans Giornn/c arcadico, t. lvi, p. 328, 330. — ' Outre
confusion des dignités dans une société telle que celle de Byzance. Voilà un honmie, très probablement eunuque, qui est à la fois préposite, c'est-à-dire chargé de fonctions importantes au gynécée impérial, protospathaire, c'est-à-dire membre de la hiérarchie nobiliaire militaire, enfin doyen, c'est-à-dire fonctionnaire de l'ordre ecclésiastique ". •<
IV. .Maires du palais. — Si nous quittons l'Orient pour revenir en Occident, nous rencontrerons encore les chambellans, mais pourvus d'un titre tout nouveau, celui de major domas, ce sont les « maires du palais ». Voir ce mot.
V. Sakcophace. — Le monument que nous allons décrire est un des plus curieux et des moins remarqués de l'antiquité chrétienne. C'est un grand sarcophage vu et étudié par J.-B. De Rossi à la villa Borghèse et d'une apparence païenne si on n'y prend pas garde. Amati affirme que ce monument fut trouvé dans une fouille sur la voie Labicane, el Fea précise en disant que ce fut dans le terrain désigné sous le nom de Torrc nnova, à un demi-mille environ de cette tour, en revenant vers Rome. Ces deux antiquaires et Cardinal! aprèseux ont copié et publié l'inscription qui se lit sur la face antérieure du sarcophage '; quant à l'inscription qui se
2441. — Sceau d'un pr<'-po3ile.
D'après G. Scblumljerger, Sigillographie de l'empire bijzanlin,
1884, p. 480. fig. 1.
lit sur la face droite elle ne les a guère préoccupés. .\mati a beaucoup insisté sur l'expression ordinalio Castrense qui mentionne une charge militaire". C'est à un autre titre que le défunt relève de notre travail, l'épitaphe nous apprend, en effet, qu'il était chambellan de l'empereur Commode et affranchi des empereurs .Marc-.\uréle et Lucius Verus.
Rien dans le texte de la face antérieure ne permet de soupçonner le christianisme du défunt, dont on énumère pompeusement les charges diverses. Outre celle de chambellan, il était encore pourvu de quatre autres charges : procuraior tliesauroram, procaraior palrimonii , procuraior munerum, procuraior vinorunt. Ce personnage important avait des amis parmi les affranchis pa'iens qui prirent soin de lui procurer la sépulture et y firent graver l'inscription suivante ' :
M • AVRELIO • AVGG ■ LIB ■ PROSENETI
A CVBICVLO AVG • PROC • THESAVRORVIVI PROC ■ PATRIIVIONI • PROC • 5 MVNERVIVI • PROC • VI NORVM ORDINATO ADIVO COMMODO IN KASTRENSE PATRONO PIISSIMO
LIBERTI BENEMERENTI
SARCOPHAGVM DE SVO • 10 ADORNAVERVNT
Amati, ^ea et Cardinali déjà mentionnés. De Rossi, Inscripliones christ, urh. Romie, in-lol., Romic, 1861, t.i, p. 9, n. 5 ; Corp. inscr. lat.. t. vi, part. 2, n. S49S ; llatz von Dulin, .Intike Bildœerke, t. n, p. 120 sq., n. 2453; Hirschfeld, Inscript, lalinœ sclccta-, t. i, p. 354, n. 1738; Tomassetti, Campagna romana (Labicana), p. 37, n. 1; Friedlànder, Uarstellungen aus der Siltengeschichte Roms in der Zeil von Aiigust bis zum .iusgang der Antonins, 1888, 1. 1, p. 196 sq.; J. \Vilpert,Die Papstgràber und die Cdciliengruft in der Katacombe des hl. Kiillistiis, iri-fol., ï'reiburg, 1909, p. 62, fig. 51.
CHAMBKI.LAN
Tout était dit lorsqu'un ami du défunt, affranchi comme lui, un nommé Ampelius, qu'une absence avait privé de s'associer à riiommage rendu, revint à Rome et voulut voir la tombe de Prosenés. 11 remarqua que l'épitaphe remplissait si complètement le cartel qu'on ne pouvait rien y ajouter, cependant l'inscription pas-
TVS IN LVCE DOMINI SVSCEPTVS EST' — DO- NATVS ACCEPIT REQVIE IN DEO * — HERACLIA
RECEPTAINPACEsj,'». Quoique la formule employée
par Ampelius pût, à la rigueur, se rencontrer chez quelque platonicien, elle ne se trouve nulle part.
In^ciipliun de Prùsenès. D'après W ilpert. Die Papstgràber, pi. v. n. 1.
PROSENES RECEPTVS AD DEVM-V-NON^SIII REGREDIENS IN VRBE AB EXPEDITI
ONIBVS
JIA-PRAESENTE-ETEXTRICATO-II.
SCRIPSIT AMPELIVS LIS
sait sous silence un fait que les amis païens avaient négligé, ignoré peut-être; la foi chrétienne du mort. Celui-ci reposait hors d'un cimetière réservé aux fidèles, sa qualité risquait d'être méconnue. Ampelius ne le souffrit pas et, sur la face droite du sarcophage, il fit graver une inscription à la mémoire du chambellan, son coreligionnaire (fig. 2442).
La revendication était claire. La formule rcccplas ad Deum ne se rencontre jamais sur les épitaphes
en fait. Au reste, un autre indice corrobore ce premier signe de christianisme; c'est la mention du jour de la mort. Tandis que les païens qui tiennent ce jour pour funeste s'abstiennent avec soin de le rappeler, les fidèles, qui en font le jour de la vraie naissance, prennent soin de le faire connaître. Ampelius n'y manque pas; il nous apprend donc que c'est le Y. XOX. apri LIS ('?) que mourut son ami et nous dit. en outre, que ce fut en l'année 217. Probablement
2443. — Sarcûpbat'e de Prosenés. D'après Wilpert, Die I^apstgraber uiui <ite CdCiitengrii.'l, l'Jua, p. o'-', u;;. M.
pa'i'ennes.clle reparait, au contraire, à plusieurs reprises, sur les inscriptions des fidèles: MALA ACCEPTA APVD DEVMi— IN PACE XPI RECEPTA"- — REQVIEM ADCEPIT IN DEO' — SEVERIANVS CVIVS SPIRl-
'Bosio, Homa sollerranea, in-tol., Roma, 1G32, p. 105. — * Gazzera, dans Memorie délia Reale accad. délie scienze di Torino, sér. Il, t. xvii. — = Corp. inser. lui., t m, n. 4221. — •De Rossi, Inscr.chrisl.urb.Hom.,t.'i, p.iy2, n. 442. — ' Ma-
Prosenès avait été de ce nombre de recrues que fit le christianisme pendant la longue accalmie du règne de Commode '.
Le sarcophage ^ est à peine moins remarquable que
rangoni,.4c(a 5. Viclorini, in-4°, Romae, 1740. p. 97. — • Ibid., p. 09. — 'Dictionn., t. i, col. 2S60. — " Ce sarcophage a été édite pour la première fois par J. Wilpert, Die Papslgrciber, 1909, p. 02, fig. 51, et pi. V, n. 1.