‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 29 sur 303 · CHAMBELLAN — CJIAMBRES DES SACREMENTS · texte numérisé non relu

CHAMBELLAN — CJIAMBRES DES SACREMENTS

l'inscription. C'est une œuvre soigneusement entaillée. Le sujet de la décoration n'offre rien de très digne d'attention quant à la cuve. Le cartel est soutenu par deux amours qui, pour mieux s'acquitter de leur tâche, ont jeté l'arc à leurs pieds et déposé en l'inclinant, la torche, attribut des génies funèbres; sous le cartel deux cornes d'abondance et à l'extrémité droite de la face antérieure un pilastre surmonté d'une urne cinéraire. Le couvercle est plus intéressant. Aux angles deux petits génies funèbres, assis, appuyés sur leur flambeau renversé, se désolent; ces petites figures sont d'un naturel parfait. Sur la longue dalle du couvercle, repose Prosenès. D'après ce qui subsiste, — car la tète et une partie du buste ont disparu et toute cette partie est déplorablement mutilée — nous avons ici une représentation très rare, et qu'on peut rapprocher du sarcophage d'Asclépia à Salone ^ Ce beau monument, quoique sorti à coup sûr d'un atelier païen, n'en devient pas moins, grâce à la précaution prise par l'affranchi Ampelius. un des plus curieux souvenirs du cliristiauisme primitif ( Tig. 2413).

il. I.ECLERCQ.

CHAMBRES DES SACREMENTS. — I. Les

«chambres des Sacrements». II. La chambre A-. III. La chambre A'. IV. Les chambres A' A^' A». "V. Les symboles. VI. Les vêtements. VIL Rapports des peintures entre elles. VIII. Technique.

I. Les « cii.\MBRES des .S.\cre.ments ■. — Dans l'étude consacrée au cimetière de Calliste (voir ce mol, t. II. col. 1664) nous avons décrit la situation topographique de plusieurs cubicules auxquels leur décoration à fresques a valu le nom de « chambres des Sacrements ". Ces chambres, au nombre de cinq, forment un groupe distinct et limité à une période chronologique assez restreinte dont le début nous reporterait aux pontificats de Zéphirin ou de Calliste, c'est-à-dire dans le premier quart du iii« siècle, au j)lus tard. Si on se reporte au plan général de la catacombe dite de Calliste, on verra que ces chambres désignées A^ A', A*, A", A«, sont situées le long d'un des deux ambulacres principaux de la 1'" arcci.ix peu de distance de la crypte papale. Les cubicules A" A' sont les plus anciens, situés au même niveau, ou peu s'en faut, et contemporains l'un de l'autre, les cubicules A", A', A", sont creusés à des niveaux dificrents et à des intervalles de temps plus ou moins rapprochés, en commençant par le plus éloigné pour se rapprocher des cubicules anciens; ainsi la série doit être établie dans l'ordre suivant : A^ A', A", A=, A*. L'architecture de ces cubicules ne présente rien de particulièrement remarquable; aucun d'eux ne renferme à'arcosolia mais seulement des lociili creusés dans les deux parois latérales et dans le mur du fond. Enterrés par mesure de préservation pendant la persécution de Dioclétien, on les dégagea plus tard, mais on laissa subsister la différence de niveau qui remontait à l'époque des excavations, tandis que l'on montait plusieurs degrés pour pénétrer dans A', A^ on en descendait plusieurs pour s'introduire dans A*, A", A'. Les fresques sont peintes sur le mur de l'entrée, sur les grandes surfaces planes entre les lociili et sur le plafond. Nous ignorons tout relativement aux tombes contenues dans ces cubicules, les ouvriers de Boldetti ont saccagé ces chambres, forcé les sépultures, volé le contenu, emporté les dalles funéraires trouvées intactes. L^n fragment négligé par eux dans un loculus de la chambre A" est resté en place, on y

'H. Leclercq, Manuel d'arch. chrét., t. ii, p. 306, fig. 241. — ' J.-B. De Rossi, De chrisliaiiis nioniimcnlis 7')j. exhibetitihus, dans Spicilegium Solesmensc, t. m, p. 545-577. — ' R. Garrucci, Sloria deU'arle crisliana, in-tol., Prato, 1876, t. Il, p. 11, 12, 14. — 'De Rossi, Honia sollerranea crisliinw, Roma, 1864, t. i, p. 246, 328-350. — ' Northcote

lit le mot : XPHCTH (fig. 2444). Sous l'administration néfaste de Boldetti ou peu de temps après, quelques peintures furent détachées des murs; cette forme nouvelle de dévastation, si elle se fût poursuivie méthodiquement, eût privé l'antiquité chrétienne d'un ensemble de monuments unique en son genre. J.-B. De Rossi, le premier, attira l'attention sur cet ensemble et lui consacra un commentaires adoptant et consacrant le nom imposé par le P. Marchi : camcre dei Sacranicnli, nom peu exact et qui a induit Garrucci à reconnaître la représentation de quatre sacrements '. En réalité, le baptême et l'eucharistie sont seuls figurés S il n'est nulle part question de la pénitence et de la confirmation. Ce dernier point a été définitivement démontré, et les travaux postérieurs dignes d'attention l'ont unanimement reconnu ^ Toutefois, pour les « chambres des Sacrements», comme pour la Cappella greca, on était en possession d'un terme

2444. — Épitaplie du cubicule A^.

D'après De Rossi, Roma sotterranea, t. ii, pi. .\.xxix, n. 22.

compris de tous et d'une exactitude relative; on le conserva *.

L'n texte ancien, les Philosoplmmena ', nous apprend que le pape Zéphyrin confia à Calliste la direction du clergé et l'administration du » cimetière ». Ce qu'on désignait sous ce nom, c'était le cimetière souterrain qui porta un moment le nom de ZéphvTin et prit bientôt le nom de Calliste qu'il a conservé. Calliste eut, en effet, la principale part dans l'excavation de la première area; d'où on a induit que son inHuence n'avait pas dû être moindre dans la décoration des cubicules, eu égard à la préoccupation théologique dont témoigne cette décoration. Cette induction est possible, vraisemblable jusqu'à un certain point, mais elle ne peut invoquer de preuves d'aucune sorte. On s'expliquerait difilcilement que l'administrateur ignorât la décoration, mais celle-ci ne présente cependant pas de ces profondeurs théologiques inaccessibles à un fidèle instruit de sa religion. Calliste aurait bien pu n'être appelé qu'à donner rien de plus cju'un témoignage de satisfaction. L'hypothèse, cependant, était à tel point séduisante qu'on l'accueillit; on lui donna une apparence historique, on grefia par-dessus des interprétations superlines au point d'en tirer toute une théologie sacramentairc. Les fresques des « chambres des Sacrements » ont partagé la malchance des fresques de la «Cappella greca ". Aux unes et auxautres,

et Brownlow, P. AUard, F.-X. Kraus, J. Wilpert. — * Dans tout ce qui va suivre il ne sera aucunement ques- Uon de la chambre A', laquelle perdit, à la suite de modifications architectoniqucs importantes, ses fresques et même son aspect primitif. — ' Pliilosophiimena, 1. IX, e. XI, P. G., t. XVI ter, col. 3383.

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