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CHAMBRES DES SACREMENTS

on a prétendu faire exposer, suivant des règles didactiques parfaitement déduites, une apologétique chrétienne en images. Les « chambres des Sacrements » ont fourni un thème inépuisable à des synthèses auxquelles il ne manque rien que d'avoir été conçues au m^ siècle '.

II. La cha:mbreA=. — On peut, en s'aidant de la figure 2446, prendre une idée de l'ensemble décoratif de ce cubicule '. J.-B. De Rossi a cru dccou\Tir ici un cycle symbolique; c'est un divertissement inoffensif et, pour lui, c'était comme un délassement parmi des recherches plus positives. Cependant, on s'est attaché à son explication comme à la seule possible. La voici donc : le développement du cycle comprend Moïse frappant le rocher, un pécheur, le repas au bord de la merdeXibériade, le baptême, le navire secoué par la tempête, le trépied avec le poisson, les pains et les sept corbeilles, un docteur qui enseigne, Lazare ressuscité, un philosophe debout, un dauphin sur un trident; à la voûte : le bon pasteur; dans une lunette, Jonas couché sous le cucurbite. Du premier coup d'œil. l'inspection de la hgure 2146 permet de saisir les lacunes produites par la disparition de l'enduit; en sorte que le cycle dont aucun sujet n'est douteux est non seulement incomplet, mais contestable dans l'interprétation ofTicielle qu'on prétend en imposer. Nous ne voyons ici ni profit ni vraisemblance dans ces fantaisistes imaginations dépensées en vue d'attribuer aux premiers fidèles des préoccupations et des raisonnements identiques aux nôtres.

Chaque sujet, pris isolément, présente, au point de vue technique, un véritable intérêt. La pensée, à coup sûr, ne rachète pas la pauvreté de l'exécution. Pour apprécier la mesure du terrain perdu depuis un siècle, il suffit de comparer la Cène que nous trouvons représentée ici, avec la jractio panis de \a Cappella grcca. La maladresse et l'ignorance gagnent rapidement. On peut encore représenter les personnages de face et debout, mais, lorsqu'on entreprend de les asseoir et de les coucher, ils sont désarticulés; les convives qui prennent part à la Cène gesticulent tous de même façon et en même temps; celui qui monte le bateau dans la tempête se tient droit, ayant perdu l'équilibre, ainsi des autres. Le'navire en perdition, le trépied, les corbeilles, c'est-à-dire tout ce qui n'est plus le modèle vivant, sont traités avec soin et avec quelque succès.

III. L.\ CHAMBRE A'. — Le deuxième cubicule a des fresques moins endommagées que le précédent, à l'exception, toutefois, de la paroi latérale droite ^ Ici encore on a pensé découvrir un enchaînement d'une haute importance dogmatique. Nous retrouvons une partie des sujets figurés dans la chambre A^ : Mo'ise frappant le rocher, un pécheur, un baptiste, le paralytique portant son lit, un fossoyeur, la consécration eucharistique, le repas miraculeux au désert, le sacrifice d'Abraham, un fossoyeur, le Crhist et la Samaritaine, enfin les trois moments de l'épisode de Jonas, mais intervertis : jeté à la mer, se reposant sous le cucurbite, rejeté par le monstre marin. La voûte, heureusement conservée, offre une décoration très élégante, des paons, des oiseaux, des amours, des fleurs diversifient les compartiments traces par quatre

' Desbassyns de Richemont, L'art chrélien pendant les îroîs premiers siècles^ dans la Reutte des questions historiques, 1870, t. VIII, p. 104-108; A. Pératc, Vart chrétien, dans La quinzaine, 15 mars 1897, p. 171. — 'De Rossi, Roma sotterranea, t. H, pi. xi, pi. xv, n. 1-S; tav. d'agg., c, D. Wilpert, Le pitlnre dclle calacombc romane, in-£ol., Roma, 1903, donne les reproductions suivantes : pi. 27, n. 2 : Moïse, pêcheur, et repas au lac de Tibériade; pi. 27, 3 : pécheur, baptême du Christ, paralytique guéri; pi. 29, n. 2 : la Samaritaine; pi. 38 : voûte du cubicule A"; pi. 39, n. 1, résurrection de Lazare, dauphin; pi. 40, n. 3 : homme debout; pi. 41. n. 1, consécration eucharistique, n, 2, Abraliam, n. 3, repas miraculeux au désert. —

cercles concentriques et une double croix (fig. 2445.)

IV. Les chambres A«, A», A*. — La chambre A' a également des parois recouvertes de sujets symboliques ; à droite, le poisson et douze corbeilles; à gauche, trois moments de l'épisode de Jonas *; de chaque côté de la porte d'entrée, Moyse et Lazare; la paroi du fond avait reçu une apphcation de marbres, la voûte est tombée. La chambre A' a perdu la décoration et l'enduit de la voûte; les parois latérales ont reçu des peintures symboliques; à droite, Jonas couché; la cène et dix corbeilles; dans le mur du fond, le sujet a disparu'.

La chambre A* avait reçu une voûte décorée avec simplicité et d'un ensemble moins heureux que dans les cubicules A' et A'. Au centre, le bon pasteur; dans deux lunettes latérales, Jonas rejeté par le monstre, à droite, et Jonas, couché à terre, à gauche. La paroi du fond reçut, dés l'origine, une grande tombe a mensa avec niche rectangulaire; malgré les dégradations et les entailles faites pour deux loculi d'enfants, on voit qu'il existait sur cette paroi des sujets symboliques et deux petits orants. Les parois latérales laissent voir une bande décorée entre les deux rangs de loculi, c'est encore le banquet avec le poisson d'un côté et la première scène de l'épisode de Jonas de l'autre côté, ou bien, Moïse frappant le rocher. De chaque côté de la I porte, des fossoyeurs occupés à entailler le mur. Le sol a reçu un pavement de marbre de diverses couleurs; les morceaux dont il se compose sont taillés en forme de carrés, triangles et autres figures géométriques, ainsi que dans les beaux pavements du Palatin de l'époque de Septime-Sévère et d'Alexandre- Sévère.

On voit, d'après cette description sommaire, que l'intérêt se concentre exclusivement dans la décoration des cubicules A= et A'; les autres cubicules ne présentent aucun sujet qui ne se retrouve dans l'une ou l'autre, et parfois dans les deux chambres précédentes*.

V. Les symboles. — Le désir de chercher des interprétations, différentes de celles qui s'offraient instinctivement à la vue des sujets évangéliques ou bibliques figurés par les peintures, a parfois entraîné les archéologues à de bizarres solutions. C'est ainsi que dans la chambre A', sur le mur, à droite de l'entrée, un groupe s'expliquait tout naturellement par la rencontre de Jésus et de la Samaritaine au puits de Jacob '. Cette explication s'était présentée à M. De Rossi qui ne s'en contenta pas, fit de la Samaritaine court vêtue, un homme, et s'engagea dans des rapprochements contestables qui le conduisirent à voir dans le personnage assis de la chambre A' et dans le personnage également assis de la chambre A-, le chef d'atelier qui dirigea la décoration symbohque dont il offrait le schéma sur le rouleau déroulé devant lui. Vint V. Schultze qui déclara que l'homme assis auprès du puits était le propriétaire du cubicule qui, d'après un plan concerté, tracé sur le rouleau qu'il avait sous les yeux, en dirigeait de son vivant l'aménagement. Quant à Y homme qui puise l'eau, il y met un si bel entrain et tant d'habitude, qu'il est clair que tel devait être son métier*. On ne saurait s'arrêter ù tout ce fatras qui

"De Rossi, Roma sotterranea, t. n, pi. xnr, n. 3; pi. xvi, XVII, .wni, 1, tav. d'agg., c. d. ; Wilpert, Le pitture délie cal. rom., pi. 26, 29, 41. — 'De Rossi, Roma sotterranea, t. H, pi. .XIII, n. 1; pi. XIV. — 'De Rossi, Roma sotterranea, t. II, pi. XII, XVIII, n. 5-0. — 'De Rossi, Roma sotterranea, t. II, pi. XIII, n. 2; pi. XXV, n. 6; pi. xviii, n. 3-4. - ' De Rossi, Roma sotterranea, t. il, pi. xvii ; J. Wilpert, Die Malereien der Sacramentskapetlen in den Katakomben des ht. Caltislus. in-S», Freiburg, 1897, p. 4, fig. 3; J. Wilpert, Le pitture délie catacombe romane, in-fol., Roma, 1903, pi. 29. — ^ V. Schultze, Die Fresfren der Sakramentskapellen in S. Callisto, dans Archiiologische Studicn ûber altchristliche Monumente, in-S^ Wien, 1880, p. U5.

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