VALENTI
NVS
Au bas, un aigle, les ailes déployées, c'est incontestablement le meilleur morceau de tout l'ensemble. — Strzygowski, p. 32-33, pi. viii.
7° Niilales Cœsarum. C'est le titre de la miniature qui se rattache au type dit des canons d'Eusébe
2911. — Le mois d'avril.
D'après Strzygowski. op. cit., pi. x.\u.
(voir C.\NONs d'Eusèbe), dont c'est le plus ancien modèle connu. Trois colonnettes à chapiteaux portent une architrave d'une seule pièce au-dessus de laquelle ont été découpes deux cintres; au-dessus, nouvelle architrave avec un large cintre sous lequel se montre un empereur nimbé avec la boule et le pliénix. De cliaquc côté du cintre, des Victoires désignent l'empereur du doigt. — Strzygowski, p. .'i3-3.î, pi. ix.
8" Les planètes. Saturne. Deux prisonniers ligottés à une colonne affleurent avec le sommet de leur tête une architrave sur laquelle repose une architecture de fantaisie dans laquelle sont ménagés deu.x cartouches rectangulaires et une niche surmontée d'un cintre. Dans la nielle, Saturne; de chaque côté du cintre, deux têtes d'augures dans des macarons. .\ la partie inférieure, entre les prisonniers, un cartouche avec ces mots :
SATVRNI DIES N. Salurni (lies horaquc cjus cuni irit noclunui .tiin; diiirnd, omnia obscura laborioscK/ue fiant, qui na.iccnlur periculùsi criinl, qui recesscril non invenictur, qui decubaerit pcriclilabiiur, jurlum jaclum non innenictur. — Strzvgowski, p. 35-36, pi. x', |). 40-11.
^ De \Vitte, Les diitinités des sept jours de la semaine, dans la Gazelle archéologique, 1877, p. 50 sq., 77 sq.; 1879, p. 1 sq. — ■ Ou capere, nis. ; compari.
9" Mars. Même composition : dans la niclie. Mars; dans les macarons, deux guerriers.
MARTIS DIES N. Marlis dies honique ejus ciim erit nociurntt sive diiirna. nomen mililiie dnre arma miliiuria conpararc ' ulilc esl, qui nascenlur periculosi erunl, qui recesscril non invenictur, qui decubuerit periclitabitur, furlum jaclum non invenictur. — Strzxgowski, p. 36, pi. XI, p. 41.
10» Mercure. Même composition : dans la niche. Mercure: dans les macarons, deux bustes d'Hermès.
WIERCVRI DIES C. Mcrcwi dies horaque ejus cum erit nrcturna s/c? diurna, vilicum, actorcm, inslitorem in ncgotium ponere utile est. qui nascenlur vilcdes erunl. qui recesscril invenictur, qui decubueril cito convalescet, jurlum jactum invenielur. — Strzygowski, pi. xii,
11" Le Soleil. Même composition : dans la niche.
2912. — Le mois d'aoïit.
D'après Strzygowski, op. ci(., pi. xxvi.
une femme tenant un globe, couronnée d'un cercle à pointes; de même les deux bustes des macarons.
SOLIS DIES C. Solis dies horaque ejus cum erit nocturna sive diurna, viam nai'igium ingredi, navem in aquam deducerc utile est, qui nascenlur vitides erunl, qui recesscrit invenictur, qui decubuerit convrdcscct (ms. convalescil). jurlum jaclum invenielur. — Strzygowski, pi. XIII, p. 42.
12» La Lune. Même composition : dans la niche, une femme appuyée sur une torche aussi haute c[u'elle, tenant une corne d'abondance dans la main g.uchc; dans les macarons, bustes d'adolescentes avec le croissant non sur la tête, mais derrière le cou.
LVN>E DIES C. Lunie dies horaque ejus cum erit nocturna sive diurna, stcrcus in «<7TO(.s) millcre, pulea, cislernas jabricare utile esl, qui nascenlur vitales erunl, qui recesscrit invenielur, qui decubueril eonvcdescet, jurlum jaclum invenictur. — Strzygowski, pi. .xiv, p. 42-43.
13° Jupiter. Perdu.
lOVIS DIES B. ./ovis dies horaque ejus cum erit nocturna sive diurna, benejicium petere, cum potenle colloqui,ralionem rcddcre utile esl, qui nascenlur vitales erunl, qui recesscrit cito invenictur, qui decubueril convalescet, jurlum jaclum invenielur. — Slrz\gowski, pi. -xv, p. 43.
CHRONOGRAPHE DE 354 — CHRYSANTIIE ET DARIA (SAINTS)
14" W'iuis. Perdu.
VENERIS DIES B. Vencris (lies Imraque ejiis cum eril iioclurna sive diurmi, sponsaliii /iicvre, jnieros pueltiis- (que) in disciplinn(m) millerc utile est, qui imscenlur vilales erunt, qui recesseril invenietur, qui decubueril convalescel, furlum jaclum invenietur. — Strzygowski, pi. XVI. p. 43.
15° Les Mois. Titre perdu. Cf. Strzygowsl^i, p. 44-55, pi. XVII. Les séries données par Gra?vius et Strzygowski uilrent parfois des dillorciioes notables. Toutes les miniatures de la copie Barberiiii ont un encadrement fantaisiste identique.
16° Janvier. Un homme nu- tête, appuyé sur un bâton, approche sa main d'un réchaud (Strzygowski, p. 56); dans la copie de Vienne, un homme approche la main de la flamme d'un réchaud, à ses pieds un coq.
— Strzygowski, pi. xviii; GriEvius, fol. 95.
17° Février, Une femme tient un c.mard, à ses pieds, une cigogne à droite, un poisson à gauche; dans le fond, vase, coquillage, pieuvre. — Strzygowski, p. 60-61, pi. xix; Grœvius, fol. 95.
18° Mars. Un homme nu, vêtu d'une peau de bête, ticntde la main gauch-j une chèvre: c\j la droite il excite une pie, dans le fond un oiseau volant à tire-d'aile, trois corbeilles, une marmite. — Strzygowski, p. 62, 65, pi. XLi; Grœvius, fol. 98.
19° Avril. Un homme vêtu de chausses et d'une veste collante, chaussé de s.indales, saute en s'accompagnant de sortes de castagnettes à manche long, devant un autel de Vénus dont la statue est entourée de myrte et devant laquelle brûle un cierge (fig. 2911),
— Strzygowski, p. 65-67, pi. xxii; Grœvius, fol. 98. 20° Mai. Un homme vêtu d'une longue tunique,
tenant un ciste empli de fleurs, à ses pieds un paon, dans le fond, un plant de roses trémiéres. — Strzygowski, p. 67-69, pi. XXIII ; Grœvius, fol. 99.
21° Juin. Un homme tout nu, vu de dos, devant un cadran solaire, un ciste de fruits, une serpette.
— Strzygowski, p. 70, pi. xxiv; Grœvius, toi. 99. 22° Juillet. L'n homme nu, vu de face, tenant de la
main gauche une corbeille de fruits, de la main droite un sac; à ses pieds, de l'argent monnayé, deu.x cistes à couvercle. — Strzvgowski, p. 70-72, pi. xxv; Grœvius, fol. 100.
23° Août. L'n homme nu, vu de face, buvant à une large coupe; un flabellum en plume; de paon, trois melons, une amphore (fig. 2912). — Strzygowski, p. 73-74, pi. XXVI ; Grœvius, fol. 100.
24° Septembre. Un homme nu, vu de face, avec une draperie tombant de l'épaule droite sur la cuisse. Il t'iiTt de la main droite une renou'll". attachée à un lil, de la main gauche, un ciste; au fond, une étagère avec des fruits. — Strzygowski, p. 74, pi, xxvii; Grœvius, foL ICI.
25° Octobre, Un tout jeune homme nu, à la chasse, tient un lièvre, corbeille, oiseau. Il semble que le jeune chasseur veuille introduire le lièvre vivant dans une nasse, dont le couvercle est retenu à terre avec un fil. — Strzygowski, p. 76, pi. xxvni; Grœvius, foL 10'.
28° Octobre, Le calendrier de ce mois, — Strzygowski, pi, xxix,
27° Novembre. Un homme chauve tient un sistre de la main droite, un plateau de la main gauche; à ses pieds, une oie, — Strzygowski, p, 78, pi, xxx; Grœvius. fol, 102,
28° Novembre, Le calendrier de ce mois, — Strzygowski, pi, xxxi,
' On la trouve citée par saint .\dhehne, évéque de Shrewibury en 709,13e lar.dibus virginilatis,lS P. L., t, lxxxix, — 'Suiius, Ville sanctonim, t. x, octobre, p, 78 sq. ;B Ilandistes. Acta sanctonini, oclobr. t. xi, p. 469 sq, La grande Passion que nous venons do résumer est publié,-
29° Décembre. Un berger, tenant une torche; un masque, des oiseaux pendus à un clou, une table avec un cornet et des dés. — Strzygowski, p. 80-82, pi. XXXII ; Grœvius, fol. 102.
30° Signes du Zodiaque. — Strzygowski, pi. xxxiii.
31° L'empereur Constance II, assis, faisant une largilio. — Strzygow.ski, p. 90, pi. xxxiv,
32° Le césar Constance Galle, tenant la statue de la Victoire. — Strzygowski, p, 90, pi, xxxv,
H, Leclercq.
CHRONOLOGIE. Voir f^.iu:,
CHRYSANTHE ET DARIA (Saints). Le Martyrologe biéronymien nomme à plusieurs dates les saints Chrysanthe et Daria : à la veille des ides d'août, au vi des calendes de novembre, au m des calendes de décembre, au xiii des calendes de janvier (12 août, 27 octobre, 29 novembre, 20 décembre), La mention du 12 août leur donne de nombreux compagnons de martyre : Romœ nal. scorum Crissanti et Duriœ et qui cum eis passi sunt Claudius, Ililaria, Miuirus et milites LXX. Celle du 29 novembre ajoute à cette nomenclature l'indication de leur tombeau : Romœ (in cœmeterio) Thrasonis, Saturnini, Chrysanthi, Dariœ, Mauri et alioruni LXX IL
Dans la forme où elle nous est parvenue, la Passion la plus complète des saints Chrysanthe et Daria appartient probablement au vii° siècle ', Elle est par conséquent de trop basse époque pour qu'on puisse y distinguer sûrement l'histoire de la légende. Mais il en exista une rédaction plus ancienne, que connurent Grégoire de Tours et, comme on vient de le voir, le compilateur du Martyrologe hièronymien. De ces données on peut, en éliminant les détails trop visiblement légendaires, recueillir quelques faits,
La Passion raconte que Chrysanthe, venu à Rome sous le règne de Numérien, et converti par le prêtre Carpophore. convertit lui-même la vestale Daria : ils s'épousèrent, avec la résolution de vivre dans la virginité. Tous deux prêchèrent la foi du Christ, et opérèrent à leur tour des conversions. Parmi leurs convertis furent le tribun Claudius, sa femme Hilaria, ses fils .Maurus et Jason, et de nombreux soldats. Ces nouvcau.N. chrétiens furent décapités, à l'exception de Claudius, que l'on jeta dans le Tibre, une pierre au cou. Les soldats furent inhumés dans un conduit d'aqueduc abandonné, sur la voie Salaria. L'épouse de Claudius, épargnée par les bourreaux, put enterrer son mari et ses fils dans un terrain funéraire de la iiiême voie : .'irrêtée à son tour, elle mourut subitement, et partagea leur sépulture. Quant à Chrysanthe et Daria, après avoir subi divers supplices. Us furent conduits dans un arénaire de la voie Salaria, où on les ensevelit vivants sous le sable et les pierres. Les miracles qui ne tardèrent pas à se produire en ce lieu y attirèrent de nombreu.x pèlerins : un jour que la crypte était remplie de fidèles, parmi lesquels le prêtre Diodore et le diacre Marien, Numérien en fit murer l'ouverture, condamnant ainsi les pèlerins à une mort horrible-.
Après la pai.x de l'Église, raconte Grégoire de Tours, la sépulture de ces martyrs fut miraculeusement retrouvée : on aperçut le sol couvert d'ossements, et les urcei d'argent, conten.int encore du vin. qui avaient été apportés pour le saint sacrifice. Rien ne fut changé à la disposition des lieux : on laissa en place ces émouvantes reliques : seulement une
par ^les bollandistes, en grec et en latin, sous le titre de . Vita et passio: ils donnent ensuite des Acta breoiora. d'autres actes abrégés d'après le Martyrologe d'Adon. le texte du Sijnaxuire grec au IS mars On trouve encore une courte IV.ssion dans la I.cgendtt aiirea de Jacques de Voragiiie.
CHRYSANTHE ET DARIA (SAINTS
muraille fut construite devant la tombe de Clirysanthe et de Daria, divisant la crypte en deux parties. Une fenêtre fut ouverte dans la muraille, afin de laisser voir les restes des pèlerins martyrises. Pour empêcher les profanations, le pape Damasc munit cette fenêtre d'une transenn<i : au-dessus, il posa une inscription en vers. Les choses étaient encore en cet état au temps de Grégoire de Tours '.
Plusieurs faits sont à retenir : le martyre de Claudius et de ses compagnons, et leur inhumation sur la voie Salaria; le martyre de Chrysanthe et Daria, inhumes sur la même voie; le martyre des pèlerins nmrcs dans la crypte de ces derniers. Diverses observations viennent appuyer les renseignements donnés à leur sujet par le double récit que nous venons de résumer.
M. De Rossi l'a dit, il y a longtemps : dans les plus mauvaises Passions de martyrs peut se rencontrer un détail pleinement historique, provenant d'une tradition vraie. Aussi avait-il pour principe de ne pas condamner trop facilement en bloc les pièces les plus suspectes. Une parcelle d'or peut se trouver cachée dans les scories qu'on a balayées avec dédain. Je trouve dans la Passion de t^hrysanthe et de Daria la justification de ce principe. Elle raconte que les soldats martyrisés furent inhumés par les chrétiens dans un conduit (cuniculus) d'aqueduc abandonné, qu'ils nettoyèrent pour le rendre propre à la sépulture. Le détail pourrait sembler bizarre; mais, par cela même, on aurait quelque raison de croire que le narrateur ne l'a pas inventé. Les découvertes archéologiques sont venues le confirmer. A un mille de Rome, dans le cimetière de Thrason, que nomme à propos de nos saints le Martyrologe hicronymien, ont été rencontrés des conduits souterrains d'aqueduc, d'où l'eau avait été vidée, et que les chrétiens employèrent à un usage sépulcral. Cette observation, faite par Bosio ^ a été vérifiée par M. De Rossi'.
L'itinéraire à suivre pour arriver aux lieux sanctifiés par :a mort de Chrysanthe, de Daria et de leurs compagnons, est très simple : c'est celui que traçaient aux voyageurs du vu» siècle, en un temps où les tombeaux des martyrs étaient encore intacts, les guides qui f^/rent alors rédigés pour faciliter la visite des sanctuaires e.r/nt muros. En partant de Rome et en suivant la voie Salaria Nova, on rencontre, à un demi-mille delà ville, le cimetière de Maximus, qui doit son nom à un chrétien sous la propriété de qui il fut creusé, et dans lequel ont été enterrés sainte Félicité et son fils Silanus. Après le cimetière de Maximus, se trouve celui de Thrason, à la suite duquel est situé, toujours sur la voie Salaria Xova, le cia.etière des Jordani, où reposaient trois autres fils de sainte Félicité, Ale.cani^rc, Martial et Vital. Entre ces deux cimetières, contigu à l'un et à l'autre, s'étend l'arénaire où furent martyrisés et enterrés Chrysanthe, Daria et les fidèles qui étaient venus prier sur leur tombeau : à cette mcme région appartiennent les sépultures d'I-lilaria, de Maurus, de Jason et des soldats '. Cet ordre était suivi par les pèlerins du vu' siècle, quand, partant de Rome, ils suivaient la voie Salaria Nova pour en vénérer successivement les souvenirs chrétiens, depuis le cimetière de Maximus (ou de Félicité), leur point de départ, jusqu'à la grande catacombe de Priscille (appelée alors aussi de saint Sylvestre), qui nuirquait, sur cette voie, le terme de leur pieuse promenade. Voici, en ce qui concerne nos martyrs, le texte de la partie de ces itinéraires qui a trait à la voie Salaria Nova :
' Grégoire de Tours, De gloriii marUjrum, i, 38. — =Bosio, Roma soUerninea, 1632, p. -^8-503. — " De Rossi, Biilleltino di anlieologia cr sliaim, IST.'i, p. 11. — • Jbid., p. 1-22, 4.3- 76. — " L'auteur a parlé au paragraphe précédent do la
voie Salaria Velus. — ' Roniii sollcrrancii, t. i, p. 170. — Saint-Saturnin.
Deindc vcnics ad S. Fclicilatem altéra via. qux similitcr Salaria dicitiir s... deindc eadem vi<i pervenies ad ecclcsiam S. Saturnini (un des noms du cimetière de Thrason) : in idicra ecclesia Daria virgo et martyr pausat cl Crixanti martyr. Postea pcrvcnies eadcm via ad spcluncam iibi .S. Hilaria martyr : deinde eadem via ad S. Alcrandrum martyrem (cimetière des .Jordani)... — llinerurium ex unico codice Salisburgcnsi : De Rossi, Roma sotlerranea, t. i, p. 176.
.Jii.vta vi'!m Salariam ecclesia est S. Felicilatis... Ju.vta eandem viam S. Salurniniis... in alla quaque ecclesia S. Chrisantus cl Daria virgo et LXIl martyres : prope ibi S. Alexcmder, etc. — Epitomc de locis sanetorum martyrum : De Rossi, ibid.
Deinde ba.silica l-'elicitatis. ..Ibidem in cdtcra eolcsia sunl Crisanlus et Daria et Saturninus et Maurus cl Jason et mater eorum Hilaria et alii innumera biles. Et in altéra' ecclesia S. Alcxander,etc. — Nolitia portarunj, viarum, ceclesiarum circa urbem Romam : De Rossi, ibid.
Un paragraphe de la Vie du pape Etienne I" (77'2-795), au Liber pontificalis, énumérant les travaux exécutés par ce pape sur la voie Salaria Nova, suit le même ordre topographique :
Cymiterium vero sanclic Felicitatis via .Salaria, una cum ecclesiis sancti SiUmi marlyris et sancii Bonijacii confessoris atquc pontificis, uno cohœrentes solo, mirx reslauravit magnitudinis. Scu et basilicam sancti Saturnini in priedicta via Salaria posita una cum cymiterio sanctorum Crisanti et Dari;c renovavil, atque cimiterium siinctic Hilariœ innovarit. Immo et cimiterium .lordannorum, videlicet sanctorum Alexandri, Vitalis et Martialis martyribus... reslauravit. Pariter in eadem via Salaria cymiterium sancti .Si.'i'cs/ri (cimetière de Priscille)... in ruinis posilum renovavit. — V'ita Hadriani, 79 : Duchesne, Liber pontificalis. t. I, p. 509.
Ces textes sont très clairs au point de vue de l'ordre topographique dans lequel se succèdent les divers cimetières ou groupes de sépultures. Ils concordent exactement avec l'Index olcorum de la basilique de Monza, liste des huiles recueillies, au w" siècle, dans les lampes brûlant prés des tombeaux des plus célèbres martyrs des cimetières ronuiins : le même ordre topographique est suivi dans cet index, mais en sens inverse, c'est-à-dire en commençant par l'extrémité de la voie Salaria la plus éloignée de Rome : Sci Silvestri, etc., puis ; Sci Grisanli, Sce Dariœ, Sci Mcuiri, Sci Jason, etc., puis : Sci Saturnini. Sce l-'elicitatis'^. Mais si les itinéraires font très bien comprendre l'ordre dans lequel se succèdent les sépultures, ils sont moins clairs quant à la description de chacune d'elles. Cependant, ils donnent tous une indication très précise : les tombes de Chrysanthe. Daria et leurs compagnons se rencontrent dans une région intermédiaire entre le cimetière de Thrason (ou de Saturnin) et celui des Jordani (ou d'Alexandre). Et deux de ces textes, plus e.KpIicites, celui du premier itinéraire cité plus haut et celui de la Vie du pape Hadrien, marquent nettement la distinction entre la sépulture de Chrysanthe et de Daria et celle d'Hilaria et des siens. L'itinéraire dit même expressément que. sur la tombe de Chrysanthe et de Daria, avait été construite une ecclesia, petite basilique soit souterraine ', soit même extérieure, comme on en rencontre dans plusieurs catacombes au-dessus de la tombe souterraine de martyrs illustres, et que la tombe d' Hilaria était restée à l'état de crypte, spe-
' Armellini, Le chicsc di Hoina, 1887, p. 670, ridcntiiie avec « un grand édifice souterrain de forme rectangulaire, précédé de deux autres de forme circulaire, » que vit Bosio à gauclie de la voie, u à cinquante pas environ des ruines de
CHRYSANTHE ET DARIA 'SAINTS
lança. La notice d'Hadrien se borne à nommer l'un après l'autre le cimiterium sanctoram Crisanti el Daria; et le cimiterium sanclie Hilariee, citant successivement les travaux de restauration faits dans tous les deux, remwavit, innovai'it. et montrant bien ainsi qu'ils sont distincts et séparés.
Un document postérieur d'environ un siècle aux itinéraires, et à peu près contemporain du pape Hadrien, nous fait connaître quelques-unes des inscriptions qui ornaient les tombeaux de ces divers martyrs. C'est le recueil ou sylloge rédigé vers la lin du VIII' siècle ou le commencement du ix', qui de la bibliothèque de l'ubbaye de Saint-Pierre de Corbie passa dans celle de Saint-Germain-dcs-Prés. puis, au moment de la Révolution, fut acquis par la bibliothèque impériale de Saint-Pétcrsbourt!. M. De Rossi l'a publié dans le second volume de ses Inscriplioncs chrislianœ, p. 78-94. 11 comprend de nombreuses inscriptions, copiées à Rome dans les églises et les cimetières, le long des principales voies, par des pèlerins ou des lettrés de l'époque carolingienne. Quinze de ces inscriptions (les n. '26-41 du recueil) se rapportent aux cimetières de la voie Salaria Nova, et sur ce nombre quatre paraissent relatives aux sépultures des martyrs nommés dans la Passion de Chrysanthe et de Daria.
La première célèbre l'hèroisme de soixante-deux martyrs, dans lesquels on reconnaîtra aisément les soixante-dix ou soixante-douze soldats que la Passion et le Martyrologe hiéronyinicn mettent en rapport avec eux :
IMATRIS TEMPORE QVO GLADIVS SECVIT PIA VISCERA SEXAGINTA DVO CAPTI FERITATE TYRANNI EXTEMPLO DVCIBVS MISSIS TVNC COLLA DE-
[DERE CONFESSI CHRISTVM SVPERATO PRINCIPE
MVNDI /ETHERIAM PETIEREDOMVM REGN AQVE PIOR VM
Au temps où le glaive déchira les sacrées entrailles de la Mère, soixante-deux, pris par la cruauté du tvran, livrèrent aussitôt leur tête aux chefs envoyés contre eux. Ayant confessé le Christ, et vaincu le prince du monde, ils sont montés vers la demeure céleste et le royaume des saints. •
L'expression ducibus missis ne laisse pas de doute sur leur qualité de soldats : ces martyrs paraissent avoir été jugés par leurs chefs militaires. L'inscription qui vient après celle-ci dans le sylloge est consacrée à Maurus :
[RETENTAT WIARTYRIS HIC MAVRl TVWIVLVS PIA MEMBRA QVEM DAMASVS RECTOR LONGO POST TEM-
|PORE PLEBIS ORNAVIT SVPPLEX CVLTV MELIORE DECORANS INSONTEWl PVERVM CVI POENA NVLLA DEFECIT
B Ce tombeau garde les restes sacrés du mart\r Maurus, que Damase, paste ir du peuple, orna, suppliant, après de lon.aues années, honorant d'un culte meilleur l'innocent enfant auquel nul supplice ne manqua. '
La troisième inscription n'est pas du pape Damase,
^ .-Viiisi portent les manuscrits. De Rossi, Bull, tli nrcheolouia cristicina, 1S8D. p. 37. 38, propose de corriger le vers et de lire SuntlGrum i<tnitili pra'tia /«rcn//.s cr:int. Il croit que l'inscription a clé copiée incomplètement, cî qu'il doit y avoir une lacune. — ^ Liber poniiftcalis, Silverius : Duchcsne, t. i, p. 01. — = Le Liber pontifuolis ne parle pas des travaux laits par Vigile dans les cimetières; mais il est nommé dans plusieurs inscriptions. — * De Rossi, Jnscriptiones christianœ urbis Romie, t. ii.
comme les deux premières. Elle était placée au-dessus du sépulcre de Chrysanthe et de Daria :
HIC VOTIS PARIBVS TVMVLVM DVO NOMINA