II
CHAMEAU
les jambes. Une fois seulement, les mages forment un groupe et, en arrière d'eux, on voit un seul chameau représenté avec un certain souci d'exactitude '. Ce sarcophage, assez remarquable par un mérite d'observation directe de la nature, encadre la scène entre de vigoureux plants d'arbres et de feuillages. Le chameau n'est pas complètement dégagé de ces arbres, c'est, malgré l'imperfection des jambes, un assez bon morceau, inférieiir cependant au bœuf de la crèche. Les mages, vêtus à la mode orientale, offrent leurs présents les mains couvertes, suivant le cérémonial
sur divers autres monuments consacrés à la glorification de ce saint '. A vrai dire, ce n'est pas sans peine qu'on s'est décidé ù y reconnaître des chameaux. Auparavant, on voyait dans ces quadrupèdes énigmaliques, des agneaux S des éléphants ', des oiseaux', des dragons ', des crocodiles i", des serpents ", des lions '-; nous ne prétendons pas qu'on n'ait trouvé d'autres interprétations. Ce fut une ampoule du musée de Florence, bien conservée et offrant le nom de saint Menas, qui mit sur la voie de l'identification définitive ". Le saint est presque " invariablement représenté
245i. — Estampille ég\-ptienne. D'après J. Slrzygowski, Koplische Kuttst, pi. 22, n. 8991.
impérial. Un berger est vêtu de la tunique à l'exomidc, la Vierge, assise, amplement drapée, semble copiée d'après quelque statue de l'époque classique^Cfig. 2448). Plus étudiés, et, à tous points de vue, plus intéressants sont les chameaux figurés sur deux plaques d'ivoire servant à la décoration des bras de la chaire épiscopale de Maxhnien de Ravenne. Ces deux plaques font partie de l'histoire de Joseph et représentent le jeune garçon vendu par ses frères aux marchands Israélites de Madian et revendu par ceux-ci à Putiphar (fig. 2449-50). 11 y a dans ces deux petites pièces
debout, portant le vêtement d'un ofTicicr de l'armée romaine, la tête découverte et nimbée; il est accompagné de deux chameaux prosternés à ses pieds. C'était une allusion à un incident qui précéda la mort du saint. Celui-ci dit à la foule qui l'entourait : Après qu'on m'aura coupé la tête, prenez mon corps et le déposez sur un chameau que vous laisserez aller à sa guise ; vous verrez alors la volonté de Notre-Seigrieur Jésus-Christ qui mènera cet animal au lieu où il veut que son serviteur soit enterré. Ayant parlé, il s'agenouilla, tendit le col et ayant reçu le coup mortel, il obtint la couronne parmi les cohortes des anges et des
2452. — Poêlon de bronze.
D'açris Strzygowski, Koplisclie Kioist, pi. 28. n. 9063.
un grand souci du détail et une heureuse faculté d'observation. Les frères de Joseph, les Israélites et les Égj'ptiens sont représentés avec des distinctions faciles à saisir. Les chameaux sont encore un peu difformes, mais guère plus que leurs modèles '.
La représentation du chameau se trouve sur un certain nombre de monuments dont nous avons eu déjà occasion de parler, les ampoules de saint Menas *, et
"Liell, op. cil., p. 258, fig. 34. — = Photographie Parker, n. 2932; Garrucci, Sloria dcH'arte crisliana, in-fol., Prato, 1S73, t. V, pi. 398, n. 5 ; Lehner, Die Marienverehrung in den ersten Jahrhunderlen, in-S", Stuttgart, 1SS6, p. 317, pi. VI, n. 45; Liell, op. cit., p. 258, fig. 34, qui croit voir ici saint Joseph; Th. Roller, Les catacombes de Rome, infol., Paris, 1881, t. il, pi. Lxvii, fig. 2, p. 144. — > A. Venturi, Sioria dell'arte italiana, in-8'', Milano, 1901, t. i, p. 306, 307, fig. 288, 289. — ' Diclionn., t. i, col. 172.5-1730. — '■Dictionn., t. i, col. 1112, fig. 269; col. 1114, fig. 070; - col. 1115, Cg. 271 ; col. 1724, fig. 448; col. 1725, fig. 449. —
2453. — Lampe égyptieime.
Ibid., p. 293, flg. 324.
martyrs. Ce fut le troisième jour des ides de novembre qu'il entra en la présence de Dieu. Dès qu'il fut mort, les fidèles enveloppèrent son corps dans des vêtements précieux et le déposèrent sur un chameau qu'ils laissèrent aller. Le chameau se mit à gravir la montagne, précédé qu'il était de l'ange du Seigneur, et il se coucha au heu voulu par Dieu. Ceux qui avaient suivi s'approchèrent, prirent le corps et l'inhumèrent.
« De Rossi, Bull, di arcli. crisl., 1869, p. 46. — ' Garrucci,. Storia dell'arle crisliana, in-fol., Prato, 1873, t. vi, p. 53. — ' De Rossi, Bull, di arch. crist., 1869, p. 32. Cf. Revue archéologique, 1844, t. I, p. 405. — » A. Gayet, L'art copte, in-S", Paris, 1902, p. 1. — " /6id.,p. 115. — "Ibid., p. 116. — "De Rossi, Bull, di arch. crist., 1869. p. 32.— "Diclionn., t. I, col. 1725, fig. 449. Voir le même t\-pe dans J. Strzygowski, Koplische Kunst, in-4°, Wien, 1904, pi. xxi, p. 226, n. 8976. — " Il y a quelques e.'cceptions, par exemple, Diclionn., 1. 1, col. 1728, fig. 450;' ICoplische Kunst, pi. xxi, p. 226.n. 8975.