‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 39 sur 303 · CHANAAN (GRAPPE DE RAISIN DE) — CHANANÉENNE · texte numérisé non relu

CHANAAN (GRAPPE DE RAISIN DE) — CHANANÉENNE

jiidaicum populum figurarc. Isli ergo sunl duo, id est, Synagogœ v-l Eccesix popiili. El quia prior fuit Jiidœonim populus,pra:cediÙudieussequiliir Chrislianus : sahilem suam hic anle conspcctum stium gcrit, ille posl dorsîim. Enfin, Aponius écrit: Ut eum in holro a duobiis de (erra promissionis populis iudaieo videlicel el romano, in phalanga crucis in lorcular morlis exprimendo, paria to inveniat '.

On remarquera que la décadence s'accuse entre l'enseigne de Ponipéi et la lampe. Sur ce dernier monument les explorateurs ne marclient plus, ils sont plantés en face du spectateur, les jambes écartées; il en est de même sur une autre lampe provenant de Thébessa en Afrique et conservée au musée du Campo santo tedesco, à Rome, d'une facture moins soignée encore que la précédente '. Outre ces lampes, il en existe quelques autres offrant le même sujet avec d'insignifiantes variantes ^ Une d'elles, publiée par E. Le Blant. est d'une singulière grossièreté et marque la période d'extrême décadence; néanmoins, cette lampe, celle que Garrucci a publiée et celle de la collection Zurla nous offrent toutes trois la juxtaposition du monogramme et de la grappe supendue, ce qui montre assez que celle-ci représentait bien pour es anciens le corps même de Jésus attaché à la croix.

2458. — Bas-relief d'Hébron.

D'api-ès la Revue biblique, 190-2, t. xi, p. 600.

Cette pensée familière aux Pères de l'Église devait se prolonger dans la littérature alors que l'art avait déjà abandonné la représentation correspondante. Saint Eucher de Lyon, au V siècle, et l'apocryphe intitulé Clef de Méliton, s'accordent à accueillir et à répandre ce symbolisme parmi leurs lecteurs. Bolrus Ecclesia, sive corpus Domini. In Numéris : Eo quod Botrum de terra repromissionis in falanga crucis Israelitici speculatorcs rcportarcnt, lit-on dans la Clef *, et dans saint Eucher : Bolrus Ecclesia sù'c corpus Domini. In Xum. Eo quod bolrum iiide portassent filii Israël *. Enfin, le Liber de proniissionibus el prœdictionibus Dei : J\Iysteria Christi Domini résonant Ecclesix. Bolrus in Chrislo, vox Ecclcsiœ in canticis canticorum : Bolrus cypri fralruelis meus. Quod ligno porlalur crucifixum agnosce, etc. '.

Il nous reste à parler d'un petit bas-relief récemment trouvé. Il a été découvert aux environs d'Hébron, en Palestine. « C'est un fragment de très fin marbre blanc, mesurant O"»!? de long, sur 0"i095 de haut et une épaisseur presque égale. Il est brisé sur trois côtés, mais le sujet sculpté est en assez bon état. Sur une

'.\ponius. In Canlica Canlicorum, in- 1", Roraœ, 1843, I. XII, p. 212. — ' RomischeQuartalschrill, 1887, 1. 1, pi. x, n. 4, p. 327. — ' Garrucci, Sloria delV nrie crisliana, t. vi pi. 476, n. 2 ; E. Le Blant, De quelques sujets représentés sur des lampes en terre cuite de l'époque c/irt'/iennc, dans les Mélanges d'archéologie el d'histoire, 1886, t. vi, pi. iv, n. 4. — ■- «Pitra, Analecta sacra Spicilegio .Solesmensi parata, %. II, p. 30. — ' S. Euclier, Lifccr formularum spiritualis in-

face très soigneusement poUe, on a taillé en creux, presque à Qo'Ol de profondeur, un cartouche rectangulaire de 0 " 105 sur 0 " 07 en moyenne. Dans ce cadre est représenté le pittoresque épisode biblique de la fameuse grappe d'Echkol. Deux hommes aux vêtements courts et retroussés comme il convient à des explorateurs, les pieds chaussés, la tête nue, s'avancent avec effort, visiblement écrasés sous leur fardeau. Du milieu d'une longue perche appuyée sur leurs épaules pend une grappe énorme de raisin dont les grains mal détachés, sans doute à dessein, font ressortir davantage l'apparence massive. La perche a légèrement fiéchi et le dos busqué du premier porteur, le pas lourd du second donnent la vive impression de l'effort. En cela, du reste, tient toute la valeur artistique du morceau, dont la facture est par ailleurs médiocre, soit que le sculpteur n'ait su mieux faire ou qu'il ait négligé la correction et le fin: des traits, le soin des proportions, l'élégance de la draperie. Le dessin qu'on a sous les yeux suppléera à tout autre détail (fig. 2458). Ajoutons seulement que l'examen de la pièce ne laisse aucun doute sur son antiquité. On y verrait volontiers une traduction plastique, romaine ou byzantine, de l'opinion qui place aux environs d'Hébron la vallée fertile où les espions de Moïse coupèrent jadis leur merveilleuse grappe '. »

H. Leclercq.

CHANANÉENNE. « Jésus quittant Jérusalem s'en alla sur les confins de Tyr et de Sidon; et, étant entré dans une maison, il voulait qu'on l'ignorât; mais il ne put demeurer caché, car une femme dont la fille était possédée d'un esprit impur, ayant entendu parler de lui, entra aussitôt et se jeta à ses pieds. C'était une femme pa'ienne, syro-phénicienne de nation. Et elle le pria de chasser le démon de sa fille. Mais Jésus lui dit : « Laisse d'abord les enfants se rassasier; car ' il n'est pas bon de prendre le pain des enfants et de le ■' jeter aux chiens. » Mais la femme répondit : « C'est " vrai. Seigneur, mais les petits chiens mangent sous la " table les miettes des enfants. » Alors, il lui dit : a A « cause de cette parole, va; le démon est sorti de ta « fille. » Et s'en étant allée dans sa maison, elle trouva la jeune fille couchée sur le lit; le démon était sorti *. » Tel est le récit de saint Marc; celui de saint Matthieu est plus complet, c'est certainement à un détail donné par le seul Matthieu que fait allusion la représentation dont nous parlerons plus loin : « Voici qu'une femme chananéenne, venue de ces contrées, s'écria : « Ayez « pitié de moi. Seigneur, fils de David; ma fille est af- « freusement tourmentée par le démon. » Mais Jésus ne lui répondit pas un mot. Et ses disciples, s'approchant de lui, le priaient, en disant : « Renvoyez-la, car elle « crie derrière nous. » Il répondit : « Je n'ai été envoyé = qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël.» Mais elle vint cl l'adora, en disant : « Seigneur, secourez- « moi,» et le reste'. C'est aussi la dénomination de Chananéenne, employée par saint Matthieu, qui a prévalu.

L'épisode ainsi rapporté par deux évangélistes est un de ceux qui se rencontrent le plus rarement sur les monuments de l'art chrétien primitif. L'n sarcophage, provenant de l'ancien cimetière du Vatican et publié pour la première fois par Bosio^", nous montre le Christ aux pieds duquel une femme de taille minuscule baise les mains du Sauveur, pendant qu'un apôtre pose

telligenliee, c. v, P. I... t. l. col. 727 sq. — " E. Le Blant, op. cit., p. 238, note 2. — ' M. Vincent, La grappe d'Echkol, dans la Reinie biltlique, 1902, t. xi, p. 600-GOl ; J. E. Hanauer, Scutplured pqures front llie Muristan and othcr notes, dans Palestine E.vploration Fund, Quarterly .Slatenient, 1003, t. xxxv, p. 83-81. — » Marc, vu, 24-30. — • Jlatth., XV, 21-28. — " Roma sotterranea, in-fol., Roma, 1032, p. 05.

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CHANANEENNE

CHANCELLERIE

a main sur l'épaule de la suppliante. L'identification de ce petit bas-relief à celui que rapporte le texte cite est très vraisemblable sans être certaine ' (fig. 2459).

On n'est pas plus certain pour deux verres dorés conservés, l'un au musée du Vatican, l'autre au British Muséum. Tous deux représentent une femme agenouillée, les mains suppliantes. La première porte sur la tête un pepliim qui lui couvre les épaules (fig. 2460); la deuxième a la tête découverte et, par-

Grégoire le Grand. G" vii^-ix" siècles. 7" RcUiquise. I. Chancellerie impérl\le. — « Dès le début de l'empire, la maison impériale comprit une foule d'employés, indispensables pour remplir les services nouveaux qui venaient s'imposer au chef de l'État ^. Ces emplois n'eurent qu'un caractère privé; ils furent confiés aux esclaves et aux affranchis impériaux'. On connaît la plupart des affranchis qui ont occupé ces postes, sous les premiers empereurs, ainsi que le rôle

2459. — Sarcophage du cimetiiJre du Vatican. D'après Bosio, Roma sottcrranca, 1632, p. 05.

dessus la coiffure, un petit ornement horizontal, à moins que ce ne soit, tout simplement, ce paquet de cheveux au sommet de la tète qu'on désignait sous le nom de lululus. \5\\ voile gonflé par le vent flotte dcr-

2460 et 2461. — Verres dorés.

D'après Garrucci, Vetri ornati, pi. 9. n. 1, 2.

rière le dos, retenu sur l'épaule gauche et à la ceinture (fig. 2451).

H. Leclercq.

CHANCELLERIE. — I. Chancellerie impériale. II. Chancellerie pontificale. 1» Période des persécutions. 2" Époque constantinienne. 3" Au iV siècle. 4" De saint Léon à saint Grégoire (4G0-G04).5''Saint

*]\Iartigay, Dictionnaire des anliq. chrct., 1877, p. I(i2. — - O. Hirschfeld, Unlersuchungen auf deni Gt'hit'te dcr rumischen Verwaltungsfjeschichte, in-8">, Berlin, 1S70, t. i,Uie Kuiserlichcn Verwallnngsbeamlen bis au/ Dioclelian, p. 201-208; Mommsen, Roniiscjies Slaaisreclit, in-S*^, Leipzig, 1871, part. 2, p. 784-787; L. Friediândcr, De iis qui primis duobus sa-culis, a ralionibus, ah epislolis, a libellis inipcratonwi romanorum fueriml, in-4», Konigsberg, 18R0; J. Xaudet, Des changements opérés dans toutes les parties de l'empire romain sous les régnes de Dioctétien, de Constantin et de leurs successeurs jusqu'à Julien, 2 vol. in-S'», Paris, 1817, t. I, p. 94, 224 sq. ; Gaictti. Del Primicero délia sanla Sede apostolica, in-4<>, Roma, 1770. p. 5. 133 sq. ; CanccWieri, De secretariis biisilica' ^'atic^nil• neteris ac noi'tv, 4 vol. in-4°, Roniœ. 17SG, n'est pas, malgré son titre, une histoire de la chancellerie pontificale; J. M.idvig, Die Verfassung und \'eriv:illung des rumischen Staates, in-8°, Leipzig, 1861, t. I, p. 553; E. Egger. Heeherches historiques sur la jonction de secrétaire des princes chez les anciens, dans Mé-

important qu'ils ont joué dans l'histoire; nous n'avons pas à faire ici l'énumération de ces divers emplois*; qu'il nous sulTise de dire que bientôt certains d'entre eux acquirent une grande importance, et furent dès lors enlevés aux affranchis pour être confiés aux chevaliers. Ces fonctions sont les procuratèles financières et provinciales et celles de la chancellerie impériale ^ t Nous n'avons à nous occuper ici que de ces dernières.

La chancellerie impériale, protoljpe de la chancellerie pontificale, se composait de plusieurs bureaux désignés sous le titre de leurs principales attributions: ab episiolis, a libellis, a memoria, a cognilionibus. Au cours du 11= siècle et surtout pendant le siècle suivant, le premier bureau se dédouble et dépend de deux titulaires, l'un ab epislolis latinis, l'autre ab epislolis grxcis, qui centralisent toute la correspondance oflicielle. Le bureau a Iibellis,d'abord peu chargé de travail, reçoit les mémoires adressés à l'empereur par les particuliers, les annote et propose la réponse qui équivaut souvent à une véritable consultation juridique"; aussi le poste de nnii/islcr a libellis a-t-il été occupé par

moires d'histoire ancienne, in-8", Paris. 1863. p. 220-259 ; Ed. Cuq, Épigraphie l'uridifiue. De quelques inscriptions relatives ri l'administnUion de Dioctétien, II. Le magister sacrarum cognilionum, m-8'', Paris, 1881, p. 77-138. L'auteur est arrivéà des solutions nouvelles très importantes sur l'origine et les fonctions de l'a cognilionibus et du magister cognilionum.— ' Cela tient à ce que l'empereur, malgré son pa/a/iuni, qualifié ailla, n'est considéré que comme un particulier, administrant la partie de l'empire qui lui est confiée, comme il administre son patrimoine propre. Le caractère de fonctionnaires publics des employés impériaux se développe peu à peu, à mesure que la conception monarchique fait des progrès. — * Exemples : a censibus, a studiis. a bibliotheca, triclinnrclia, a fibulis, etc. — ' ,I.-B. Mispoulot, Les instilat ions politiques des Rouuûns ou exposé historique des régies de la constitution et de l'administration romaines depuis la jondation de Rome jusqu'au régne de .luslinien, in-S", Paris, 1882, t. I, p. 278. — ' H. ïhédenat, Libellis (a), dans Saglio, Dictionn.des antiquités grecq.ct roni.,t.iii, part. 2, col. 1175.

CHANCELLERIE

tréniinonts jurisconsultes'. I.c bureau a cmjnitionibus lait un rapport ni empereur sur les questions qui lui sont soumises. Enfin, le bureau a memoria, qui apparaît, pour la première fois, sous Caracalla, acquiert rapidement une grande importance et attire à lui les alTaires des bureaux a lihcllis et a coriiiilionibus dont le magisler ne semble plus travailler que pour le compte du miifiister memoriœ-. Celui-ci, à l'époque où fut rédigée la Xnliliii, a l'expédition de toutes les affaires concerlumt la cbancellerie impériale.

.\ l'époque de Diocléticn et de Constantin, la chancellerie forme quatre divisions principales appelées scrinia et placées sous la surveillance du Miiijisler officionim qui conununique directement avec les cjuatre préposés à ces bureaux : magislri scrinioiiirn^.

he scrinium l'jiislolarum l'cçoit les députés des cités, prépare et expédie les réponses aux demandes des magistrats (consultalioncs) ou des parties (pièces)'. En Orient, nous trouvons un nmgisicr ei)islolanini grœcanim qui rédige les lettres devant être écrites en grec, ou qui traduit, en cette langue, les lettres rédigées en latin '.

Le serinhim memoriœ a pour mission de rédiger les décisions sommaires, sous forme d'annotations {aclnnlare), d'expédier les nominations à certains emplois {emi(lere) et de répondre aux placcts des particuliers ".

Le scrinium libcUontm qui a absorbé, à cette époque, le bureau des cogniliones. prépare et expédie les jugements des affaires portées devant le prince (conniliones) ainsi (pie les réponses aux placets des particuliers.

La Xolilia. d'ailleurs incomplète en cet endroit, ne mentionne pas le scrinium cpistolarum gra'curum en Occident. Il est probable que le bureau qui manque est celui des disposilioncs, qui était chargé de préparer les voyages du prince et d'instruire certaines affaires extraordinaires qui ne rentraient pas dans la comiiéteiice des trois autres '.

II. Cii\NCELLF.piE .\PosTOLiQUE. — 1° Période des persécutions. — Dès ses origines, l'Église chrétienne eut à prendre soin de documents relatifs à son organisation, à son administration, au gouvernement de .ses membres. Nous avons déj.à étudié ce que furent, pendant la période antérieure à la Pai.x de l'Église, les bibliothèques naissantes. \o\r Diclionn., t. ii, col. 885. Outre les livres, les écrits des Pères et des docteurs, tout ce qui relevait de l'instruction et de l'édification, d'autres écrits encore réclamaient des soins au moins égaux, c'étaient les actes, la correspondance, les matricules, la comptabilité, en un mot tout ce cjui regardait l'administration. De là naquit pour les grandes Églises, principalement pour celle de Rome, l'absolue nécessité d'une chancelierie. A mesure que le nombre des fidèles allait croissant et que les communautés se multipliaient, l'Église se trouvait obligée de subir la centralisation et de prendre modèle sur ce qui se faisait dans l'État.

'E. Ciiq. op. cit.. p. 77 sq. — - O. Hirschfeld. op. cit., p. 210 sq.; J.-B. Mispoulet. op. cit.. l. i. p. 281; H. Thédenat, loc. c(/., col. 1175. — ^ Xolitia di<jnilalum,Occkl.,c. vin, c. XVI ; Orient., c. x, xvii. — * Magisler cpistotanim tcgationes civitcdujuet consuîtcdioncs et preres tractai. — '^Eaxcpi^lolas quic greece soient emitti aut ipse dictai, aiit latine dietatas transfert in grœcum. — ''.4rfno/(((io/ies dictât et cmittit, precibns respondet. — ' J.-B. Mispoulet, op. cit., t. i. p. .328-329. — » G. Marini, Memorie isloriclie degli arcliiin délia Santa Scde, forme l'Appendice I, de H. Làmnior. Monumenla Vaticana historiam eccîesiaslieani Sîeciili aiv illustrantia, in-8», Friburgi Brisgoviae, 1861 ; J.-B. De Rossi. De origine, lùstoria, indicibus scrinii et hibliolliecce Sedis apostoUcœ, dans tiudices palatini latini Bibliotbecœ Vaticana', in-S^, Roma', 1.S86, t. I, p. xvill sq. — » Liber ponliftcalis. édit. Duchesne, t. i, p. 147, cf. p. xcv; édit. Moiumsen, t. i. p. 26. La correction proposée par De Rossi, Roma sottcrranca, t. Il, p. 182, est inacceptable ainsi que lui-même l'a reconnu.

La plus ancien ne mention du scrinium apostolique se lit dans la notice du pape Antéros au Liber ponlificdlis '. Voici le texte : Hic gesicis martijrum diligenter a iiotariis exquisivil et in ecclesia recondil, propler quediim Ma.vimino prcsbitcro, qui marlyrio coronalus esl'. Le martyre d'un prêtre nommé Maximin fut ainsi l'occasion d'instituer une branche distincte dans le scrinium apostolique"; le bureau chargé de recueillir ce cjui avait trait aux supplices des fidèles fut réorganisé par le successeur d'Antéros, le pape Fabien : Hic rcgiones dividildiaconibus clfecil VII subdiaconos. qui VII nolciriis imminercnt, ut gcstas martyriiin in in~ icijio fideliicr colliijerenl ". Des liasses formées alors,, il ne nous est rien ou presque rien parvenu; du moins, avons-nous quelques témoignages de l'activité desbureaux. Saint Cyprien nous apprend que le clergé romain avait mandé à l'Église de Carthage — et probablement à beaucoup d'autres — le supplice du pape F"abien et celui du pape Sixte II '*. Les actes des. martyrs romains sont ceux sur lesquels nous sommes le moins renseignés; presque tous furent détruits pour être reconstitués tant bien que mal après la Paix de l'Église. Mais à Rome même, on faisait peu de cas de ces récits ". Nous ne sommes pas réduits, heureusement, à ces trop rares indications. Divers indicea permettent d'entrevoir quelque chose de l'activité du scrinium apostolique.

Ce que par anticipation on serait tenté d'appeler le premier bureau a. dans ses attributions, la correspondance administrative, les documents cjui seront désignés un jour sous le nom de regesla. On a supposé, plus qu'on n'a ))rouvè, que de très bonne heure, l'Église romaine, suivant le modèle que lui donnait la chancellerie impériale, avait possédé ses regesta epistularum pontiftcum romanorum ". Jusqu'au IV siècle révolu, nous n avons aucun vestige, aucun indice de ces regesla ; à partir du v siècle, nous savons que le bureau fonctionne, le charlarius ecclcsiœ Romana: se remplit. Juscju'à cette date relativement tardive, nous savons que les papes ont beaucoup écrit, qu'ils ont entretenu des correspondances avec les Églises, mais aucun document ne nous est parvenu d'original. Isolés les uns des autres, ces documents n'en gardent pas moins une grande importance au point de vue di])Iomatique, car on y peut entrevoir l'apparition et les premiers linéaments des formules et des dispositions destinés à constituer, plus tard, le stjie de la chancellerie romaine.

Du bureau de la correspondance relèvent : vers l'an 97, la lettre du pape Clément à l'Église de Corinthe; — vers l'an 168 une autre lettre du pape Soter aux Corinthiens et une série de lettres adressées à diverses Églises: — en l'an 177, une instance de l'Église de Lyon sollicitant l'ordination et recommandant la mission de saint Irènée; — en 197, des lettres d'indiction synodale à Éphèse et en Asie-Mineure, relativement à la question de la Pâque; — en 199, unesen-

De origine hisl., p. .xix. note 3. — 'o Le renseignement donné par le Liber pontifiealis parait venir de bonne source, édit. Duchesne, p. xcv-xcvi. — ^^ Liber pontifiealis, édit. Duchesne. t. i. p. US; édit. Jlommsen, t. i, p. 27. Telle est, du moins, l'anirmation de l'auteur du Liber. — '-S. C>'prien. Epistolœ, III, P. L., t. IV, col. 229. — " Le décret dit de Gélasc : De libris recipiendis et non recipienrfi.';. atteste qu'on n'y lisait pas en public : gesta martijrum singutari eaulela in Ecclesia romana [publiée non] legi. Grégoire de Tours. De gloria nmrigrum, c. xxxi\, dans Monum. Germ. Itisl., Script, rer. nieroi'., t. i. p. Ô13, nous dit que niultorum marlyrum (enterrés à Rome) historias pa.'<sionum nobis intégras non esse delatas. — '* H. Breslau, Die Commenlarii der romiscbcn Kaiser und die Regesterbiiclier der Pdp.'^te. dans Zeitscbrifl der Suvigmj-Sliftung fiir Recldsgescliicbte. Rom. Abtlieil., 1883, t. VI, p. 242-2G0; Liiwenteld, GescbiclUe des pàpstliclwn .Arclïins, dans ^Lislorisclies Tascbenbuch, Leipzig , C.ISS, p. 308. ■'

CHANCELLERIE

leiice du pape Victor, comminaloiic. selon les uns. exécutoire, selon les autres, d'excommunication contre les principaux cvêques asiates: — en 2 10. une censure contre l'évcque de Lambése. Privatus; — en 251-252. une active correspondance de l'Église de Rome avec des Églises d'Afrique, de Gaule et d'Espagne, correspondance menaçante et aigre-douce entre Rome et Cartilage. Les pontificats des papes Etienne, Corneille et Fabien sont des plus actifs au point de vue épistolairc. Quoiqu'ils aient aujourd'hui disparu en partie ou en totalité, ces documents ont existe et, probablement, beaucoup d'autres avec eux ; il est vrai- .semblable et même très probable que ces actes, cléments des regesia les plus anciens, ont été conservés à l'exemple de ceux des empereurs et ont formé le premier fonds du scriniam.

Une autre catégorie d'archives est attestée par quelques textes formels. Au dire de Gennadius, un chrétien, nommé Bachiarius, faisant profession de philosophie, remit au pape un écrit justificatif de sa conduite : sadsfecisse ponlifici L'rbis advcrsns qucrulos et infamalores pcregrinationis siiiv '. Il y avait des précédents puisque TertuUien nous apprend qu'on conservait avec soin un écrit signé par un hérétique noëtleii, Praxéas, rétractation autographe de ses erreurs : cai'issc de cmendationc sua, et manne chiroijiaphum apud Psyehicus (les catholiques) apiul quos les f/esta est'; ceci se passait à Rome, sous le pontificat de Zéphyrin'. A quelque temps de là. c'était au tour d'OrIgène, à propos de cpielques expressions hasardeuses, qui prodiclis pii'iiiltiit, lihelto pivititentix ad l'abianum tune urbis Romsc episeopam dalo'. Nous voyons ainsi que, dès le m' siècle, on gardait copie à I^ome, et on y gardait même les originaux quand la chose était possible, des controverses et des décisions soumises au jugement de l'Église romaine. Les textes que nous venons de transcrire ne font connaître (lu'une parcelle minime de ces documents: le peu qui nous en est parvenu a été conservé par des manuscrits de provenance étrangère à Rome *.

Dans les attributions d'un deuxième bureau devaient se trouver les questions de contentieux. Chaque Église avait alors de lourdes charges à supporter. TertuUien en dit quelques mots : Areic... imidieam anusquisque stipcm menstrua die. vel eum velit et si modo velit et possit. apponit :... Iia'e quasi deposita pietatis stint, nam inde... dispensatar cgenis alendis humaitdisque... e^iis) qui in melallis. in insulis i>cl in eustodiis... alumiii eonfessionis suie /îu/i;*. Vers le milieu du iii^' siècle l'Église de Rome, à elle seule, pourvoyait aux besoins et à l'entre tien de plus de quinze cents clercs et pauvres'. Un pareil nombre exigeait une comptabilité minutieuse suivant la nature et la qualité des prestations auxquelles chacun avait droit. Pensions et subventions alimentaires, en espèces ou en nature, devaient

' (Jennadius, De viris illustribus. c. .xxiv, édit. Riehardson, Leipzig, 1896, p. 71 ; Muratori, Anecdola ex codd. Amtmis., :Mcdiolanl, 1697. t. ii, p. U. — =TertulMen, ,!<;versas Praxeiwu c. i, P. L., t. il. col. 156. P. Monceaux, Ilisltiire lillér. de VAIriq. clirét.. in-S". Paris, 1901, t. i. p. :■>', récianic cet autographe pour Cartilage. — ^ De Uossi, Bull, di (irch. crisl., 1806. p. (jS-72. .SO sq. Cf. Ilagemann, Die romisebe Kircbe uml ibr Einflass tiaf Disciplin and Dotjnia in den crslen drei .Jahrbanttertcn.in-H", l'reiburg im nr.,isr)l. p. 145. — ' Rufin. Inneclii'a in llieruninuan. 1. I, 0. xr.iv, /'. /,., t. xxr, col. ()20; S. .lérônic. lîpist., i.xxxiv, ad Patnmacbiani et Oceanani. o. x. /*. /.., l. xxii, col. 751 ; ^Oriffenes in epistola, qaani srribit ad Fabianain liomana' arbis episeopam. pirnitenliant agit, car lalia scripscril. Cf. Kusèbe, //is(. ccdos.. I.VII.c. xxxii, P. fi., t. xx, col. 722. — ^ Pitra, Étade sar les lettres des papes, dans Analeela nonissinai. Spieileyii S(desatensis altéra eontinaatiit, Paris, 18.S5. l. I. p. 14. — * Tcrlullien. .\palo(ietieas, c. xxxix, P. /,., l. I. cul. 470. — ■ Euséhe. llisl. eeeles.. I. VL c. XLiir,

faire l'objet d'un enregistrement pour lequel on avait VTaisemblablement pris modèle sur Valbum qui contenait les noms de ceux qui recevaient des pensions ou des distributions de blé de l'État. Deux inscriptions romaines rappellent la mémoire de veuves qui ne turent pas inscrites sur la liste des assistés ^ :

DAFNEN VIDVA-Q-CVN VIX[en'i annos...

ACLESIAN III • GRAVAVIT et :

RIGINE VENEMERENTI FILIA SVA FECIT VENE RIGINE IVIATRI VIDVAE QVE SE DIT VIDVA ANNOS LX • ET ECLESA NVMQVA GRAVAVIT ■ VNIBYRA • QVE 5 VIXIT ANNOS LXXX. MESIS V.

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