II. Leclercq
CHANDELIER A SEPT BRANCHES. Le Seigneur dit à iMoïsc : Tu feras un chandelier en or pur,
' A. de Barthélémy. Chandelier antique trouvé près de Chàlons-sur-Marne, dans le Bullelin de la Société nationale des antiq. de France. 1877. t. xxxvin, p. 98-9!). — ' .\. Bertrand. Sole relative à des objets trouvés à Inclteville prés d'Eu, en lS7ù (communication de l'abbé Cochet f. dans la Reçue des Sociétés savantes, VI* sér.. t. m. p. 131-134. — ^ BuU. de la Soc. nat. des antiq. de France, 1877, p. 99. cf. p. 104. — * F. OrS!, Suave explorazioni nelle catacombe di S. Giovanni nel 1S94, dans Atti délia reale Accademia dei lincei. 1895, sér. Y. Classe dei scienze niorali, storiche e filologiche. t. m, Sotizie degli scavi. p. 498. — ^ Prudence, Cathenierinon. hymn. v, vs. 141, P. L.. t. lix. col. 829. — «Corblet. Le chandelier pascal, dans la Revue de l'art chrétien, 1859, t. m, p. 170. — • Exode, x.xv, 31-32; cf. xxxvii, 17 sq. ; xx.xix, 37. — ' Perret et Chipiez, Histoire de Tort dans ranliqailé, in-S». Paris, 1887, t. n-. p. 312, 313, fig. 161-163; W. Xovack, Candlestick, dans 7'/ic Jewish Encyclopedia, 1902. t. m. p. 531-533; Reland. De spoliis Templi Hierosolyniitani in arcii Tiliano, in-4<', Trajccti ad Rhenum, 1775, p. 82 sq. — C. Jullian, Inscriptions romaines de Bordeau.v, in-4*', Bordeaux, 1890, t. II, p. 106. — " Maury, dans ]a Revue archéologique, 1883, 1. 1. p. 222. — '' D. Kaufmann, Étudesd'archéologie juive, dans la Revue des études juives, 1886, t. xin. p. 52-55; S. Rcinach, Soles sur la synagogue d'Hamnïan el £n/, dans même revue, 1886, t.xni,p.219: " Je suis moins certain que M. Kaufmann que ce symbole n'ait jamais clé employé par les chrétiens. M. Tliédenat, Lampes antiques trouvées à Chypre et en Asie-Mineure, dans le Bull, de la Soc. nat. des antiq. de France, 1881, t. xlii. p. 225-226, signale une lampe de la collection Sorlin-Dorigny portant le chandelier entre la palme et la corne, « on a écrit de longues dissertations sur le chandelier à sept branches. Était-il représenté sur leurs monuments par les premiers chrétiens, ou seulement par les .luifs? La question, je crois, a été résolue dans le sens des Juifs. E. LeBlant, La controverse des chrétiens et des juifs au.v premiers siècles de l'Église, dans
six branches sortiront de ses côtés : trois branches d'un côté du chandelier, trois branches de l'autre côté du chandelier '. Cet ordre fut exécuté et le chandelier à sept branches devint comme le symbole de la foi juive, symbole infiniment cher aux anciens Hébreux qui en multiplièrent la représentation '.Ce chandelier prit une telle importance dans l'histoire politique et religieuse du peuple juif qu'il devint, même et peutêtre surtout après son transfert à Rome, par Titus, le signe symbolique et mystérieux de la race et de la foi juives '. Désormais, on le trouve sur tous les monuments figurés quels qu'ils soient, qui ont une origine hébraïque: épitaphes, lampes, pierres gravées, pâtes de verre, anneaux. .\ vrai dire, on le rencontrerait également sur des monuments clirétiens", ce qui a été discuté". Mais avant d'aborder cette question, il importe d'être fixé sur les représentations juives. Tout d'abord, il ne semble pas que représentation figurée, fresque ou bas-relief du chandelier fût une contravention de la défense qui ne portait que sur une copie du chandelier employé comme objet d'usage journalier '^ Avant la destruction du Temple, ce symbole n'était pas encore adopte comme tel, car on ne le rencontre pas sur les monnaies juives''; sa reproduction sur l'arc de triomphe de Titus dut avoir quelque influence sur sa propagation : il figurait sur le monument de la défaite de la Judée par Rome, ainsi, il devenait assez naturellement le symbole ofiTiciel du judaïsme en exil.« Mais, de même que ce symbole a pris son essor à Rome, il est venu aussi directement de la Palestine à travers la diaspora. Tandis qu'en Occident, le chandelier à sept branches n'apparait ordinairement que sur des tombeaux, des èpitaplies. des lampes funéraires, des verres dorés ou des pierres sculptées, on le voit en Orient, sur des édifices, des colonnes, des chapiteaux, comme un symbole très fréquent. Tantôt il est représenté en relief, tantôt simplement comme ornement d'une surface ". .-Vux preuves déjà connues viennent s'ajouter la lampe trouvée dans une tombe juive du Carme!'-' et les spécimens découverts dans la région orientale du Jourdain '*. .
Mémoires de la Snc. nul. des antiq. de France. 1896, t. LVii, p. 249. note 5 : On sait combien ce signe, que ne porte aucun monument chrétien, est fréquent sur les épitaphes juives. ' et il cite Corp. inscr. grœc, t. iv. p. 587 sq. ; Corp. inscr. lut., t. ix. n. 6199. 6204. 6212, 6219, 6221, 6224, 6225, 6236; Inscript, chrét.. de la Gaule, t. il. n. 621 ; Xouveau recueil des inscr. chrét. de la Gaule, 1892, n. 284 a, 292, etc. Kraus. dans Realencgklopcidie, 1886, t. il, p. 296 : bis fetzl muss angenommen iverden, dass der Candelaber nur auf jiidischen Monumenten angebracht ivar. — ' = C'est cette contravention qu'avait soutenue H. Guthe. dans Zeitschrift des deutschen PalasHnavereins, t. viii. p. 334, en s'appuyant sur la baraita de Menahot, 2S b (cf. Rosch haschana, 24 a; .Aboda Zara 43a). — '^L'exception citée par Madden est encore douteuse. Cf. ^ladden. Coins of the Jews, in-8**, London, 1881, p. 102. — "Kraus, Leuchtcr, dans Realencyclopàdie der chrisllichen .Ulerlhumer, 188G, t^ ii, p, 296. Cf. de Saulcy, Voyage en .Syrie et autour de la Mer ^lorte, t. il, pi. XLVi; Riehm, Hamhvorlerhuch des bibl. .-illerthums, Bielef., 1879, t. IV, p. 902; Héron de Villefosse, Xotice des monuments provenant de la Palestine et conservés au musée du Louvre, in-S°, Paris, 1879, p. 50, 74. — "Lawrence Oliphant, dans Palestine Quarlerly Statement, 1884, p. 41 ; 1886, p. 8. — "Schumacher, dans Zeitschrift des deutscb. Paltestina Vereins, t. VIII, p. 333; D. Kaufmann, op. cit., p. 53. E. Michon, Mélanges, dans Revue Biblique, 1905, nouv. sér.. t. il, p. 576, rappelle « que l'on \oit sur l'une des colonnes de l'ancienne église, aujourd'hui la grande mosquée de Gaza, un bas-relief, représentant le chandelier à sept branches dans une couronne et, au-dessous, un cartel portant une inscription en caractères hébraïques et en caractères grecs, à .-Vnanias. fils de Jacob; il n'est pas douteux que cette colonne ait été empruntée à une synagogue soit de Gaza même, soit d'une autre grande \ille. Cf. Ch. Clermont-Ganneau,
1 Archœolog. researches in Pn/es(mn,in-4«, London, 1899, t. il,