C. cxi.i : Lin chanoine sera directeur de l'hôpital
C. cxm : Les chanoines peuvent avoir des habitations privées dans l'intérieur de la maison canoniale, toutefois le réfectoire et le dortoir restent communs pour tous. Les anciens et les malades auront une infirmerie desservie par les chanoines.
C. cxLiii : Devoirs des portiers : Après compiles, ils ferment la porte dont ils apporteront la clef au supérieur.
C. cxi.iv : Les femmes ne pourront entrer que dans l'église; celles qui demandent l'aumône iront dans un bâtiment placé en dehors de la clôture.
Le concile de 817 ne fait aucune mention de la règle de saint Chrodegang qu'il se contente de reproduire presque intégralement. Ce silence a induit quelques historiens à supposer que la règle de Chrodegang n'avait jamais existé et qu'il fallait voir dans Icsdocuments qui se réclament de ce titre une simple contrefaçon des canons d'Aix-la-Chapelle. Cette hypothèse hardie est insoutenable; le texte primitif en trente-quatre chapitres ne laisse subsister aucune objection. Son grand intérêt consiste surtout à nous montrer la genèse de la Réforme, sa localisation à Metz, les retouches faites jusqu'au moment de l'adoption et ijromulgation ofTieiellc en 817.
On a avancé que les canons d'Aix-la-Chapelle passaient sous silence la règle de Chrodegang, parce qu'elle n'avait pas franchi l'enceinte de la ville de Metz et qu'elle était bientôt tombée en désuétude; mais cette opinion n'est rien moins que fondée, car les évêques présents à Aix-la-Cliapelle disent, dans le prologue des canons, que la plupart d'entre eux vivaient selon l'ordre canonique, ainsi que leurs Inférieurs, et que, in plerisque locis idem ordo pli'nissinw servaliir. On s'explique jusqu'à mi certain point le silence gardé sur la règle de Chrodegang par les statuts d'Aix-la-Chapelle, si l'on rélléchit que Louis le Débonnaire se proposait tout autre chose que de faire une simple réédition de la règle de Chrodegang.
CHANOINES
CHANOINESSES
Son but était de réunir ce que les actes des anciens conciles et les écrits des Pères contenaient de meilleur sur la vie canoniale. Ce qui prouve que Louis le Débonnaire tenait pour insuflisantc la règle de Chrodegang.c'estl'insistance avec laquelle ildcmande au concile de réunir les régies données par les anciens, quoique les évêques afTirniassent que la vie canoniale avait déjà été introduite partout. L'empereur estimait probablement que les statuts des plus anciens conciles et des Pères de l'Église auraient plus de prestige et de force qu'une règle composée par un évêque contemporain. Tout en utilisant cette règle. il a peut-être cru que le meilleur moyen de lui donner un vernis d'antiquité était de ne pas la mentionner en la citant dans ses Capitulaires. Les évêques s'expriment plus favorablement sur la régie de Clirodegang : la vie canoniale déjà organisée en plusieurs lieux ne leur déplut pas, et ils ne crurent pas. comme Louis le Débonnaire, qu'il suflirait de reproduire simplement les textes des Pères disposés à la suite les uns des autres. Aussj joignirent-ils à ce premier travail un secondqui.se substituant à la règle de Chrodegang. fit que celle-ci tomba en oubli. Dans ce cas encore, le mieux était de passer sous silence la règle de l'évêque de Metz.
X. BiBLioGR.\PHiE. — E. Amort, Vêtus disciplina canonicorum regiihirium el siecularium, ex ilocumenlis magna parte hucusqiic ineditis a temporibus apostclicis usqiie ad sœculum xvil critice et mortdiler expensa, in-4», Venetiis, 1747: De canonicorum ordine disijuisitioncs, in-4", Parisiis, 1697 : Des chanoines, leur origine el leurs préroyalivcs, dans l'Auxiliaire catholique. 1S46, t. V, p. 479-490. — R. Chaponnel, //(stoirc des chanoines ou recherches et critiques sur l'ordre canonique,in-i". Paris, 1699; cf. Ch. L. Hugo. Critique.... in-S", Luxembourg, 1700. — Hélyot, Diclionn. des ordres religieux. 1847, t. i, p. 761-789, 804-808. — Hospinianus, De canonicorum ordinis origine, dans Dugdale. .Monasticon.ingliecmum, 1846. t. vi,l"part.. p. 39-49. — L. Léonard, Ueber den Ursprung des Ordens der regulierten Chorherren vom hcil. Augustinus. dans Studien und Mittheilungen d. Bened. u. Cislerz. Ordens, 1890, t. xi, p. 407-41.i — J. Mabillon, .\.nn(d. ord. Bened., 17.39, t. iv, p. 68.5-686 : Velus formula professionis canonicorum regularinm. — J.-B. Meleg.arus, Institutio et progressas canonicorum ordinis, in-4°, Venetiis, 1648. — Aub. .Mirsus, Codex regularum canonicorum regularium, in-fol., Antverpla', 16.38. — Origines ac progressas canonicorum regularium ordinis .S. Auqusiini, in-S", Colonie, 1615. — C. du Molinet, Figures des différents habits des chanoines réguliers en ce siècle, avec un discours sur les habits anciens et modernes des chanoines, tant séculiers que réguliers, in-4, Paris. 1666; Kéflexions historiques sur les antiquités des chanoines, in-4'', Paris, 1674. — J. Mozzagruni, Xarratio rerum gestarum ccmonicorum regularium. in-iol., Venetiis, 1622. — L.-.\. Muratori, De canonicis, dans .intiquitates Italiie medii œvi, in-fol., -Mediolani, 1741, t. v, col. 183-272. — A. de Noris, De antiquitcdc et dignitate ordinis canonici ejusque proqressu et propagatione opusculum. — Paulin, Études sur l'ordre canonial ou l'ordre des chanoines réguliers, in-8", Avignon, 1885. — G. Pennotti, Generalistotius ordinis clericorum canonicorum historia tripartita, in-fol., Roraas, 1624; in-fol., Colonise Agrippinae, 1630; in-4''. Colonise Agrippinœ, 1645. — J. Pisani, Notice historique sur l'ordre des chanoines réguliers de Saint Augustin, in-8'', Poitiers, 1875. — L. Tliomassin, Ancienne et nouvelle discipline de l'Église, in-fol., Paris, 1725. t. i. col. 1326-13S5. —
p 'S. Cyprien, Episl., iv, édil. Harlcl, p. 473. — = Cabrol et Leclercq, Monum. Eccles. lilarg., 1901, t. i, n. 2710-
.J. TruUus, Ordo canonicorum regularium, ia-4'', C«sar- Augustse, 1571 ; in-4o, Bononiae, 1605. — ,T. A. Zunggo. Historiœ generalis et spccialis de ordine canonicorum regularium S. .iugustini prodromus, 2 in-fol., Tiguri. 1742; Monachii, 1749.
H. Leclercq.
CHANOINESSES. Il est impossible de traiter la questioii des clianoinesses sans parler des vierges chrétiennes; toutefois ce sujet devant être étudié à part (voir Vierges), nous ne dirons ici que ce qui semblera indispensable.
La profession de virginité et la continence dans le veuvage remontent aux origines du christianisme. L'entourage des apôtres et des disciples nous montre quelques femmes dévouées subvenant à leurs besoins, vivant à l'ombre de ceux qui leur distribuaient la doctrine et auxquels elles rendaient ces humbles services dont on ne s'aperçoit et qu'on n'apprécie à leur prix qu'à l'instant où ils viennent à nous manquer. Vierges et veuves vécurent longtemps, nous l'avons montré (voir Cénobitisme, t. :i, col. 3047), sous la discipline de l'ascèse domestique. Ce qu'était celle-ci. nous pouvons l'entrevoir. I'ne existence modeste, silencieuse, remplie par l'accomplissement des devoirs d'état alternant avec les obligations surérogatoires telles que l'assistance régulière aux assemblées liturgiques, le soin des malades, des pauvres et la suppléance des clercs pour certaines missions délicates que le tact plus fin de la femme lui permet de remplir avantageusement ou certains services intimes qui lui sont naturellement réservés. L'ascèse domestique entraînait évidemment l'inconvénient d'une certaine dissipation mondaine lorsque celle qui s'y adonnait vivait dans la maison paternelle où la réclusion ne pouvait être que tout à fait relative; ce qui explique la tendance marquée de bonne heure, dés le iir- siècle au moins, à grouper celles qui avaient fait profession de virginité dans des liabitations réservées pour elles seules et où les hommes ne faisaient pas leur demeure. C'est ce que dit clairement saint Cyprien : Xec paii virgines cum masculis habitare; non dico simul dormire sed ncc simul l'ivere; cum et sexus infirmus et letas adhuc lubriea, per omnia frxnari et régi debeat '. Toutefois ces maisons particulières n'étaient pas ce que nous appellerions aujourd'hui des« couvents». Vierges et veuves ne connaissaient encore ni une discipline aussi stricte ni surtout une clôture. Les « Canons d'Hippolyte nous montrent la préoccupation de terminer les réunions d'assez bonne heure pour que les veuves soient rentrées chez elles avant la tombée de la nuit : Si quit l'iduis ccenam parare vnlt, curet, ut habeant ccenam et ut dimittanlur antequam sol occidat. Si vero sunt nmltx, eavccdur ne fiât con/usio nevcimpediantur, quoniinus ante vesperam dimittanlur. Unicuique autem earum tribuatur sufficiens cibus polusque. Sed abeant cmtequam nox advesperascal ^. 11 en est de même pour les vierges puisque la caractéristique des unes et des autres est le jeûne fréquent et la présence assidue dans l'église : Virginum el viduarum est, ut ssepe jejunent et orent in ecetesia '. Lepape Corneille nous apprend que l'Église de Rome, outre son clergé, composé de cent cinquante ecclésiastiques, avait la charge de quinze cents veuves, infirmes ou pauvres, auxquels on distribuait quotidiennement une pitance : quibus universis gratta el beniguitate Dci alimenta siippeditat *. Il est clair qu'il fallait venir chercher ce secours et ce qui est plus évident encore, c'est que les vierges sortaient de leur maison pour prendre leur repas quand l'occasion se présentait; ce qui fut le cas lorsque l'impératrice
2712. — ' Monum. Eccles. lilarg..
Eccles. lilarg., t. i, n. 2310.