‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 76 sur 303 · CHANT GRÉG. DU XI" AU XIX'' S. — CHANTS POPULAIRES LITURGIQUES · texte numérisé non relu

CHANT GRÉG. DU XI" AU XIX'' S. — CHANTS POPULAIRES LITURGIQUES

La chapelle sixtine conserva ses anciens livres, ainsi firent les basiliques de Rome, et les ordres religieux gardèrent leur chant traditionnel : dans les petites églises on se servit des diverses éditions de Venise, dont les unes, comme celles de Liechtenstein et des Giunta, reproduisaient le chant des manuscrits, tandis que d'autres, comme celle de Balleoni, étaient pires que la Médicécnnc. Elle est devenue à peu près introuvable.

Les idées de réforme avaient cependant fait leur chemin, et bientôt des éditions nombreuses parurent dans les divers pays d'Europe, basées à peu près sur les mêmes principes que la Médicéenne. Il est impossible de les énumérer ici; ou peut voir dans une intéressante brochure de dom Raphaël Molitor ', quelle idée les réformateurs avaient du plain-chant, et d'après quelles règles ils ont fait leurs réformes. Les moins mauvaises de ces éditions sont encore celles qui parurent en France, celle de Valfray, imprimée à Lyon en 1669, et celle de Nivers, qui, terminée en 1682, fut imprimée chez Christophe Rallard, à Paris, en 1697. Il parut en même temps une multitude de méthodes et d'ouvrages didactiques sur le plain-chant; on en trouvera une longue liste dans la brochure de dom Molitor; les principaux auteurs de ces ouvrages sont le bénédictin d-m Jumilhac ^, qui avait d'excellentes idées mêlées à beaucoup de principes erronés, et les abbés Lebeuf = et Poisson', l'un et l'autre érudits, laborieux, profonds même sur les théories du chant ecclésiastique et versés dans la science des antiquités de ce genre ^. Mais la lecture de leurs ou\Tages montre qu'ils étaient incapables de remonter le courant, et de ramener le chant ecclésiastique à sa pureté primitive. Comment, d'ailleurs, auraient-ils pu y songer, lorsque les diocèses de France abandonnaient l'un après l'autre la liturgie romaine pour lui substituer des formules qui n'avaient aucun lien avec l'antiquité"? Le sous-chantre d'.\uxerrene fit que précipiter la décadence du plain-chant par les mélodies lourdes et sans caractère qu'il composa pour le graduel de Paris, et qui se répandirent par toute la France grâce aux livres de chœur parisiens. Il a fallu attendre jsuqu'à la seconde moitié du xix" siècle pour voir la renaissance de l'antique chant de l'Église. Cette restauration a provoqué des travaux et des polémiques dans l'étude desquels nous n'avons pas à entrer. On en trouvera le récit dans les livres, les études et les revues que nous citons à la bibliographie.

III. BlBLiOGR.\PHiE. — Danjou, Revue de la musique religieuse, de 1845 à 1849. — Ricmann, Dietionnaire (le musique. — Paléographie nuisicale, publiée de 1889 à 1911. — Rassegna Gregoriana, revue publiée à Rome de 1902 à 1911. — Dom Potliier, Les mélodies grégoriennes. Tournai, 1880. — Rousseau, L'école grégorienne de Solesmes, Tournai, 1910. Voir aussi les ouvrages cités à l'article précédent. ^»

Aug. G.4TARD.

Page 1