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CHANTILLY (MANUSCRITS LITURGIQUES DE) — CHANTRES

Fol. 159 v». \in kl. aug. Natale S. Jacobi apostoU.

Fol. 160. Kl. aug. Ad. S. Pelrum ad vincula.

Fol. 160. i /;/ kl. sept. Natale S. Bartholomei aposloli.

Fig. 160 V. .\7 kl. ocl. Natale S. Malhœi evangelistie.

Fol. 161. XV AV. nov. Natale .S. Lucœ evangclistse.

Fol. 161 v". v; kl. nov. Vigilia apostolorum Simonis et Maihœi.

Fol. 161 v". r kl. nov. Natale eorundcm apostolorum.

Fol. 162. XII kl. fan. Natale S. Thomse apostoli.

Fol. 162 V». 17// kl. febr. Conversio .S. Pauli apostoli.

Fol. 164. Kl. aug. Natale sanctorum VU fralrum Machabeorum.

Fol. 164 V". .Y 17 kl. Octav. S. Laurentii martiris.

Fol. 165. IJI kl. sept. Deeollatio S. Johannis Baptisse.

Fol. 165. r; id. sept. Natale S. Adriani martiris.

Fol. 165 V. V kl. sept. Natale S. Gorgonii martiris.

Fol. 167 V". -\7/ kl. apr. Natale S. Bcnedicti abbatis.

Fol. 168. Item in nat. S. Benedieti abbatis.

Fol. 168 V». 1 AV. sept. Natale S. Augustini episcopi et confessoris.

Fol. 169 V". ;; AV. nov. Vigilia omnium sanctorum.

Fol. 170. Kl. nov. Natale omnium sanctorum.

Fol. 171. Item missa in memoria onmium sanctorum.

Fol. 171. /// id. junii Vigilia .S. Nazarii martiris.

Fol. 171 v". Item missa de sancto Nazario die octavo festii'itatis efus.

Fol. 172. In anniversaria dedicatione xclesie.

Fol. 175 v». Messes pour chacun des jours de la semaine. De S. Trinitate, die dominica; — feria II, de caritaie; — ferla III, de sapienlia; — ferla III, in honore sanctorum evangelistarum; — feria V, in veneratione sanctœ Mariœ: — feria VI, de sancta Cruce; — — sabbato, missa votiva.

Fol. 180. Jlesses pour diverses intentions.

Fol. 195 v». Missa pro rege vel impcratore.

Fol. 196. Missa pro regibus.

.\ trois endroits (fol. 46, 51 et 14G), le copiste a copié, en caractères minuscules, d une grande finesse, des mots qu'il avait omis ou qu'il trouvait à propos de répéter pour éviter au célébrant la peine de tourner le feuillet.

Des mots grecs ont été soigneusement écrits au bas des feuillets 147 et 150 v. Sur la page qui contient la messe du deuxième dimanche après les octaves de Pâques, on lit, en lettres onciales, les premiers mots du exte grec du psaume De profundis : EK BA0EON EKEKPAZA CE KE; et sur la page qui contient la messe du sixième dimanche après les octaves de la Pentecôte, les premiers mots du texte grec du psaume Laudate Dominum : AINEITAI TON KN OTI ArAGOCTTc.

Les morceaux suivants ont été ajoutés après coup dans le manuscrit : sur le fol. 1, oraison : Mémento mei. Domine, peccatoris (xi» siècle); — sur les fol. 10 v», 13 v°, 14, 21 v°, 73, 212 v° à 214, oraisons de diverses messes, en caractères du xii^ siècle : De sancto Servatio (fol. 21 \ »); natale scmcti Nicftolai (fol. 73); missa pro rege vel impcratore (fol. 212 v"). Cette dernière messe est différente de celle qu'on trouve sous la rubrique r.u fo!. 195 v. — Sur les fol. 65 à 71, intercalés au XV» siècle, on a transcrit VE-iultet du samedi-saint, avec la notation musicale. — A la fm (fol. 215-222) a été ajouté un cahier de huit feuillets contenant, en gros caractères gothiques du xv= siècle, les évangiles des grandes fêtes de l'année.

L'écriture et la décoration du volume sont particulièrement remarquables. Plusieurs pages sont écrites en onciales ou en minuscules d'or sur fond pourpré avec des encadrements formés de bandes d'or, d'argent, de

palmettes, d'enroulements et d'entrelacs. Pour la messe de la Pentecôte, les grandes lettres d'or se détachent sur des bandes pourprées et sur le fond blanc du parchemin. Le cadre des deux premières pages de la préface est formé par de majestueuses arcades que supportent des colonnes de marbre. Le fol. 3 est couvert par les mots VERE DIGNVM.en grandes capitales d'or;de mêmele fol.5parlesniotsTE IGlTVR.Surpresque toutes les pages brillent des initiales fleuronnées, les traits principaux en or, les traits accessoires en argent, les uns et les autres cernés d'un filet de vermillon, ornés çà et là d'entrelacs, se terminant souvent par des têtes d'animaux fantastiques. Les petites initiales sont tracées en vermillion ; le corps en est rempli par des placages d'or et d'argent. Sur le fol. 4 v°, tableau du Christ en croix; des inscriptions en or ont été mises à côté des personnages et des médaillons qui sont entrés

dans la composition du tableau: IHC XPC DNS NR. —

SCÂ DÎGENnRIX MARIA. - SCS lOHANNES APOSTOLVS. - SOL. — LVNA.

Le livre a été exécuté pour l'abbaye de Lorsch, au diocèse de Worms. Ce qui le démontre, ce sont : 1» l'insertion du nom de A'azarius, patron de cette abbaye, au canon de la messe, dans le Comnmniccmtes ifol. 60 V) et dans le Libéra nos (fol. 9 v); 2° le soin qu'on a pris de faire entrer dans le corps même du sacamentaire(fol. 100 V) les oraisons de la messe de la fête de saint Xazaire : II idus junii. Natale sancli Nazarii martiris sociorumque ejus Basilidis, Cyrini et Naboris, et de tracer ce titre et les premiers mots des oraisons avec le même luxe qu'on avait déployé pour les messes de Xoël, de l'Epiphanie et dePâques;3"'rintroduction dans la partie complctaire des oraisons de deux messes pour la veille et pour l'octave de la fête de saint Xazaire.

CHANTRES. Le rôle des chantres dans les premières assemblées chrétiennes ne peut qu'être entrevu dans les textes les plus anciens que nous avons eu occasion de citer en étudiant le chant. Voir ce mot. Le plus qu'on puisse présumer, c'est qu'en recevant des Juifs les textes de la psalmodie, les chrétiens auront pu leur emprunter aussi la manière de chanter ces textes, de là à organiser un groupe d'exécutants, la distance dut être vite franchie. Mais tout ceci n'est qu'hypothèse. A s'en tenir à la lettre des quelques phrases détachées des Pères et de quelques écrits contemporains, le plus qu'on puisse admettre c'est l'existence du chant liturgique dès les origines du christianisme: quant au mode d'exécution, on entrevoit tles chœurs, dont les femmes ne sont pas toujours exclues, s'accordant dans la psalmodie en commun. La psalmodie formait, en etïet, le fonds intarissable du répertoire mélodique auquel s'ajoutaient des pièces d'un caractère moins sévère, telles que les hymnes. Il est facile de se représenter la place nécessaire du chantre, le ■lii'i-r,;, dans ces assemblées chorales, la prépondérance que sa voix plus juste, plus forte, plus cultivée lui obtient, le prestige qui s'attache à sa fonction. Bon gré, mal gré, il fallait recourir à celui qui sauvait les frères de lamentables cacophonies; on le savait et on en convenait de bonne grâce. Xous voyons les fidèles de la jeune cité d'Hadriani, en Bithynie, rendre pleine justice au chantre de leur église :

TON nACIN 4)|AI0N KAI AI[iov nOAYOABOIC ANAPACIN [i-inOIC A02AN Ei^EIAAIVIIe- NOC NEIKATOPIC niNYTO[j 5 ZENO<t)G0NTOC rONETOY[o c;:- •rj. iVJ TEIMHN HAEICTHN EKTH-

CHANTRES

aa]TO RACI BPOTOICIN [iv

o/]COTEAACÛ GEOY [j.^i-

aT]OY nOIMNEIA TEPn[,ov 10 TAAMOIC TE ATEIOIC K[at avot-

rNCOCMACIN HANTAC E0I[;mv

EN ATEICO TE TOnCO EY [ôel

XPEICTOY AXPANTO -^ iv.z-

TOTE ANAKTA ZOHC BI[ov anac- , If. THCAI KAI 0AAEP[ïv ônTa £v

t]Oic meaaopoic Ariîioi; TtÀii

a]AC TE AMWMOOC 0KT[(.) xi; ôsy.a ),'j- KABANTAC EM[7ief,iii£vci AOZAN AXPAN[:ov

« A la mémoire d'un homme chéri et estimé de tout ce qu'il y a sur la terre de mortels opulents. Succédant à la gloire d'un vainqueur habile, de son père Xénophon, [A***] s'est couvert d'honneur aux yeux de tous les hommes et parmi tout le peuple, charmant le troupeau du Dieu Très-Haut, et formant tous les fidèles au chant des psaumes sacrés et à la lecture des saints livres; dormant maintenant dans le lieu saint, sous la protection du Christ sans tache, il est allé demander au prince de l'existence la vie et sa place aux joyeux banquets dans la demeure céleste ; après avoir accompli sur la terre, sans mériter de blâme, dix-huit années, il attend maintenant la gloire sans tache '. » Le jeune chantre si lieureusement doué cumulait les fonctions du psallcs et d'anaynoslcs, ce qui n'était pas rare à une époque où le personnel hiérarchique ne suffisait pas toujours à remplir les diverses charges d'une Église. L'épitaphe est certainement antérieure à la paix de l'Église, elle appartient probablement au ii<^ ou au iii'= siècle. On ne pourrait souhaiter un monument plus explicite et plus antique pour nous faire prendre contact avec les chantres; car ici c'est bien moins de leurs attributions que de leur mention individuelle dans les documents que nous voulons traiter et aussi de leur organisation.

Leurs attributions nous sont sumsamment connues par les textes cités à propos de l'étude du chant. De très bonne heure, la psalmodie chrétienne s'exécute à la manière de solo psalmodique, en imitation de la synagogue. Le psaume cxxxv nous laisse voir le mécanisme de cette psalmodie chez les juifs où le soliste chante le verset à la fm duquel l'assistance entonne le refrain : quoniam in ivlcrimm misericordia e/us. Ce procédé, antérieur à l'antiphonie, réserve un rôle assez important au chantre qui n'a guère mieux à faire qu'à se conformer à l'usage établi. Eusèbe nous apprend * que les Thérapeutes chantaient suivant des rythmes et des mélodies très variés exécutés par des chœurs tantôt d'hommes, tantôt de femmes, lesquels se réunissent ensuite en un chœur unique, ou bien en solo, auquel l'assemblée répond par rày.poTEÀEJttov ou l'Écp-jiiviov. Eusèbe prend soin de faire remarquer que cette description s'adapte parfaitement à la pratique de son temps.

Le répertoire des thérapeutes pas plus que celui

' G. Pcrrot, Exploration de la Oalalic et de la BWujnie en IStil, 1863, t. I, p. G3, n. 14; Ch.Bayel,De iilutis Atticœ eliristianis antii/nissimis, 1878. p. 71, n. 14, note 2; D. Cabrol et D. Lcclercq. Moniim. Bcclesice liturfjiea, 111-4°, Parisiis, 1902, t. I, n. 27S.Î; H. Leclercq, I.'éijlise (flladriulli ad Olympttni. dans ia Revue bénédictine, 1905, t. xxii, p. 80- 90; pour la critique du texte, voir Dic/ionn., t. 11, col. 920. • — 'Eusèbe, Hisl. ecdes., I. Il, c. xvii, P. G., t. xx, col. 173. — 'J. Parisot, Rapport sur une mission scientifique en Turquie et en Siirie, dans Xonuelles arctiiues des missions srienlifiques. l'.Hl2, t. x, p. 174-17."). — ' J. Parisot, Récitatifs isracliles et chants de stjnagoquc. Dans ces morceaux, léchant se trouve intimement lié au texte qui règle tous les

des solistes chrétiens du iv'^ siècle ne nous sont connus; mais avant de nous séparer définitivement des Israélites, rappelons que leur influence paraît avoir été profondément empreinte sur les chantres chrétiens. « Mieux que les chants des Syriens ou des Grecs, ces récitatifs de synagogue s'assimilent curieusement aux formules de notre chant médiéval, par des tonalités identiques, par le groupement des intervalles et la contexture des formules mélodiques. L'une de ces pièces, le chant attribué au Cantique des cantiques, offre les caractéristiques d'anciens récitatifs latins, dont le type est conservé dans le chant de l'ofiiciant au rite mozarabe. Lin autre, la récitation des Lamentations, qui m'a été donnée comme spéciale à la communauté juive de Damas, se présente dans la même tonalité et avec les mêmes formules que la mélodie appliquée au chant des Lamentations dans nos offices de la Semaine Sainte. De leur côté, les chants vocalises, réservés aux grandes fêtes juives, offrent, par le fait de leurs longs et riches développements de notes sur les dernières syllabes, une réelle analogie avec les neumes des alléluias et des répons grégoriens. J'ajoute que l'identité de plusieurs traits mélodiques est à ce point remarquable, que des parties de ces récitatifs Israélites, pourvues de paroles latines donneraient l'illusion d'anciens chants ambrosiens ou romains. Aussi, ces documents pourront-ils aider à démontrer que le patrimoine musical que l'Église romaine a reçu de l'Orient a pu consister, sinon en des mélodies complètes, du moins en formules mélodiques toutes faites, et non pas en des types de psalmodie très simple, dont le canevas développé postérieurement serait devenu les chants du répertoire actuel grégorien. Il m'a semblé utile de mettre en relief ces ressemblances, trop nombreuses pour être dues au hasard, et qui, si elles éveillent l'idée d'un emprunt ou d'une ancienne communauté d'usage, ne peuvent que démontrer la dépendance du chant latin de celui de la Synagogue ' » et établir de quelle manière les chantres chrétiens furent tributaires des chantres juifs.

Les cinq exemples qui vont suivre sont tous empruntés au travail de D. J. Parisot' :

« Notre premier exemple, le chant du Cantique des cantiques, rappelle de très près d'anciens récitatifs dont le type se retrouve dans le chant mozarabe du canon liturgique dont voici les formules.

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