CHAINES DE SAINT PIERRE — CHAIRE ÉPISCOPALE
autres en limaille. Vu celte dispersion et l'incertitude qui en résulte sur les dimensions réelles de la chaîne, nous ne pouvons que conjecturer qu'il en existait deux primitivement, l'une ayant enserré le col, l'autre les mains. On a pu remarquer dans le texte de saint Grégoire le Grand, cité plus haut et relatif aux chaînes de saint Paul, que le pape parle de ccilenîe. au pluriel ; mais ce pluriel vise deux parties de la même chaîne et non deux chaînes. Ce pluriel reparait dans la mention des reliques pour le culte liturgique, c'est la tête des Vincula Pétri '.
Un catalogue des églises de Rome remontant au vu« siècle réduit l'expression à son véritable sens : Biisilicd ijmr appellatur « rincuta Pelri », ubi habetiir calena quti Petrus ligalus est ". L'existence de deux chaînes, l'une d'origine romaine, l'autre apportée de Jérusalem, par Eudoxie, identique à la première et se soudant à elle, en sorte qu'on n'arrive plus à les distinguer, est un racontar qui ne commence à courir que vers le xiii^ siècle, une amplilication assez naturellement appelée par le récit que l'on trouve dans l'homiliaire de Paul Dfacre, composé par ordre de Cliarlemagne, entre 77(5 et 784», de l'existence d'une chaîne romaine et d'une chaîne hierosolymitaine. La soudure spontanée mit donc cinq siècles à s'opérer. C'est sans doute à de pareilles historiettes que s'appliquait cette critique des correcteurs nommés par le pape Benoit XI\', pom la réforme du Bréviaire romain : Qaœ in brcvinrio exlanl historiain exhibent giix eriticis pêne omnibus non probalur'.
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H. Lecleucq.
CHAIRE ÉPiSCOPALE. — L La calliedra.
IL Chaires dans les catacombes. IIL Chaires après la paix de l'Église. IV. Chaires voilées. V. Chaire de saint Pierre. \1. Chaire de Saint-IIippolyte. VIL Chaire de Saint-;\Iarc. MIL Chaires historiques. IX. Chaire de -Alaximien de Ravenne. X. Quelques monuments.
i.L\CATiiEDnA. — Chez les Grecs, y.o.')iir,x avait le sens général de siège et s'appliquait indistinctement au e?ovoç, à dossier haut et'droit, au S;?po:, espèce de tabouret, au x>,i<j!i.b; (ou ■/.'/.■.cir,. ou y.),..vT/,?), au dossier concave, et à la simple banquette. Si on s'en rapporte aux ligures représentées sur les v.ases peints, le x/.iaix'i;
' Cf. !■', l'idhst. Die àlleslen runiisclien Sacramenlarien, in-S«, Munclien. KSy2, p. 274. — = De Rossi, Roma sotlerranea crislianu, I^ome, 1S(14, t. i, p. 143. ' Homiliie
était de forme identique au siège que les Romains désignaient sous le nom de cathedra. Chez ceux-ci, les femmes surtout en faisaient usage, bien que les hommes ne dédaignassent pas de s'en servir. Dans une maison romaine, l'appartement de réception était pourvu de cuthedrie: nous savons, en outre, qu'.Vuguste lit asseoir Cinna sur une calliedra et Pline le Jeune offre des calhedrse dans la chambre où il réunit ses amis, à sa campagne du Laurentin.
Ce meuble pouvait être exécuté en marbre, en bois: la cathedra ou chaise curule des sénateurs était confectionnée en ivoire, c'est-à-dire revêtue d'un placage d'ivoire. Des étoffes, des coussins garnissaient la cathedra et amélioraient ce siège d'une commodité relative. Suivant que le dossier était plus ou moins incliné, le siège recevait différentes cpithètes, telles que longa, supina et la catlwdra ainsi transformée ressemblait assez à une chaise longue. La belle statue d'Agrippine assise, conservée au musée du Capîtole, nous montre la cathedra au siège large et peu élevé au-dessus du sol, le dossier assez peu élevé pour que le bras puisse s'y appuyer commodément. Afin de faciliter le transport de la cathedra, on s'ingénia à la façonner d'une matière très légère: Pline parle de euthedrœ en osier qui de- \aient ren(h-e des services analogues à ceux de nos fauteuils de jardin.
Les proportions amples de la cathedra s'altérèrent avec le temps. On rétrécît et on exhaussa le siège, le dossier fut rogné et perdit presque complètement sa courbure large, ou bien 11 s'évasa d'une manière ridicule, ou bien encore se recroquevilla au point de former le demi cercle. En même temps la cathedra cessait d'être le meuble préféré du gynécée et le siège olTiciel des sénateurs pour obtenir une vogue très large. Rhéteurs et philosophes — et on sait à quel point ils étaient nombreux — adoptaient la cathedra, docteurs et évêques des chrétiens transportaient volontiers dans l'église le siège familier d'où ils avaient adresse leurs leçons dans l'école et ainsi la cathedra se trouva rapidement amenée à prendre une dignité liturgique. Elle fut le siège du fondateur de la plupai-t des églises, avec elle se confondit le souvenir des origines souvent obscures, et obscurcies à dessein, des premiers apôtres et évêques dune ville. La cathedra localisa ce souvenir comme nous le verrons bientôt. Toutefois, dans les monuments chrétiens que nous allons étudier ou énumérer, le type de la cathedra primitive s'est considérablement altéré. Le dossier recourbé s'est aplati, la partie supérieure a été relevée et arrondie, le siège est demeuré bas, mais on l'a pourvu d'appuis pour les bras. Ainsi transformée, la cathedra se rapproche assez du sotium, siège d'honneur du maître de la maison; cependant ce dernier terme fut délaissé, celui de cathedra prévalut et donna naissance au mot « chaire ». Le lieu où l'évêque posait sa cathedra ]irenait aux yeux des fidèles une dignité éniînente, c'était désormais l'Éghse épiscopale, le siège officiel d'une chrétienté et l'édifice qui abritait la chaire n'existait pour ainsi dire qu'en fonction de cette chaire, on lui donna donc le nom de ecclesiu cathedrie. la « cathédrale ». La chaire elle-même est un objet de vénération. Chaire et église épîscopalcs sont inséparables désormais. -Vu cours des siècles si troublés par les invasions de barbares ou de pirates, nous voyons souvent les é\'êques s'obstiner dans une cité parce que leur catliedra y est en quelque sorte attachée; ce n'est qu'à la dernière extrémité qu'on se résout à transporter ailleurs ce siège qui a, pour ainsi dire, pris possession du sol et créé une unité ecclésiastique, le diocèse. Cathedra
de sanclîs, n. xx.xviii. In vinculis sancii Pétri, P. L., t. xcv, col. 14S5. — ^ es. Analecta jtiris iMnli/icii, ISSd, t, XXIV, p. yi3.
CHAIRE EPISCOPALE
prend ainsi le sens d'établissement. On raconte que saint Josse était à la recherche du lieu où il fonderait luie Ésïlise : Devenil in ixillifiilmn quritmtam. ubi rivulum aquœ perparvum reperU'iis, ail : « Hic est cathedra », veluti liicerct « Ilfec erit sedes mea^'^. Chez Victor de Wie, cathedra est pris au sens de diocèse, le 11« concile deMilèvelui donne le sens d'éfîlise; c'est ainsi qu'on lit : cathedrœ vidaitu', catliedrœ matrices, catlicdrœ principales-; un capitulaire rendu à Aix-la- Chapelle, en 789, s'exprime ainsi : L't non liceat episcopo principalemcathedram sitœ parochiiv netjligere et aliqiuim ecclesiam in sua dioecesi rna;/is frequentare '. Dès le vr" siècle, le concile de Tarragone, en 516, donne le nom d'Ecclesia mater à l'église qui possède la cathedra; on ti'ouve ailleurs ecclesia matrix et simplement matrix. Quant au terme i cathédrale», pris au sens absolu pour ecclesia cathedralis. on ne le renoonlre guère avant le x' siècle cl exclusivement en Occident.
A mesure que cathedra s'imposait dans le monde latin et servait A désigner un meuble liturgique indis- ])ensahle, les Grecs adoptaient pour équivalent le terme f)f6vo,-, lequel, décidément, vu la déformation subie par la cathedra, convenait mieux que ■/.'/■iitJ.o:. Chez Eusèbe nous trouvons l'expression : 'fir,u(XY.x\ Opdvo; ■j'J/7|>.o;'pourdésigner le siège épiscopal adopté par Paul de Samosate, impatient de se distinguer des sièges du reste de son clergé ii-'j-iç.o: fjpovoi*. La chaire de l'apôtre saint Jacques, premier évèque de .Jérusalem, conservée alors dans cette Église est appelée àTioci-To- Aixb; Opovo;°. De bonne heure on prend l'habitude d'élever la chaire ou le trône de l'évêque au-dessus du niveau des autres prêtres qui l'environnent, d'où l'expression ■j'J/riXoi Ôpôvoi chez Grégoire de Nazianze, cathedra gradata, sublimis, etc., chez les latins. Dans son Oralio contra Jnlianum, l'évêque de Constantinople nous dit : « Je me voyais assis sur un trône élevé; sur des sièges inférieurs étaient assis les prêtres, les diacres se tenaienl debout;» saint Augustin : « Les évèques sont assis plus haut que les autres prêtres, alin qu'ils songent, qu'ils se rappellent (|u'ils sont connne la vigie dont les regards surveillent le troupeau. » C'est très probablement au fait de cet exhaussement de la chaire épiscopale que nous devons l'adoption du mot throniis chez les Latins', pour qui ce terme évoquait naturellement l'idée d'un siège placé sur un lieu élevé, comme par exemple, le siège de l'empereur.
A vrai dire, du moment où l'évêque s'installait dans la basilique, il n'avait guère le choix de la place. L'usage invétéré voulait que, dans cet édilice affecté au service judiciaire, le juge ou président allât siéger au fond de l'abside, fort au-dessus des scribes et des assesseurs qui l'environnaient '.
Froiile sub aduersa gradibus sublime tribunal ToUilur, anlistes preedical unde Dcum ".
Le siège ainsi exposé aux regards de tous était, nous l'avons vu — et nous y reviendrons — drapé et rembourré au moyen de coussins. C'est encore une pratique qu'on adoptera pour les chaires épiscopales : In
' Cabrol et Leclercq, Monum. Ecclesiic lilitrgica, 1901, t.I, n. 946, 1749,1964. — =MabiUou, Annal. Ord. S.Bened., t. u, p. 569. —'Il.Conc. Milcvil., caji. 21, 24, 25, Coder canon. A/ric, n. 38, 123; Capit. Aquisgran., 789, can. 40.
— ' Eusèbe, Hist. eccles., l.VII, c. xxx, P. G., t. xx, col. 712.
— ' Eusèbe, Hist. eccles., 1. X, c. v, P. G., t. xx, col. 880 sq.
— • Eusèbe, Hist. eccles., 1. VII, c. xix, P. G., t. xx, col. 681.
— ' S. Fulgence de Ruspe, dans son Homil. v, dit : altissimiun consccndi'miis (hronum; notons que Fulgence savait le grec. — *Voir, par exemple, l'ivoire de Berlin, Dictionn., t. îr, col. 785, fig. 1519. — "Prudence, Peri SIephanôn, hymn, xi, vs. 225, V. L., t. lx, col. 554. — '»S. .\ugustin.
futuro Christi judicio, nous dit saint Augustin, ncque absidse gradalœ, ncc calhedrœ velalic adhibcbuntur ad defensionem '".
Ainsi orné et drapé, le siège épiscopal donne naissance à im type distinct que nous rencontrons sur des sarcophages et des mosaïques et que nous étudierons en son lieu sous le nom d'cliinasia (voir ce mot), c'est-à-dire : t, éToiaaaii toù Opovo-j, « la préparation du trône »". Ces sortes de chaires sont toujours richement décorées. Il y a lieu de soupçonner que ce luxe ne commença qu'après la paix de l'Église. Auparavant, la première chaire venue devait suffire aux besoins que ne compliquaient pas encore les exigences abusives de l'opulence. Nous verrons dans un moment que la chaire de l'apôtre Pierre était portative, par conséquent en bois; d'autres devaient être en marbre, et pour se les procurer on n'avait que l'embarras du choix. Sans doute, la communauté pouvait se cotiser, lui riche Adèle, cjuclque sénateur ou une clarissime devait parfois tenir h honneur d'offrir le siège de
2^85. — Chaire épiscopale en Ijrouze.
l'évêque; à défaut de ces dons on s'adressait aux marbriers qui en fabriquaient de grandes quantités ; nous savons que les thermes d'Antouin à eux seuls possédaient six cents cathedra''-. Plusieurs de celles qui subsistent aujourd'hui encore à Rome, par exemple, à Saint-Clément, à Sainte-Marie-in-Cosmedin, etc., n'ont pas d'autre provenance.
L'n type caractérisé de chaire épiscopale qui ne peut évidemment provenir de ce mobilier de rencontre, c'est cehii de la chaire dont le haut dossier est surmonté d'un insigne chrétien. Xous parlerons bientôt d'un fond de coupe trouvé dans les catacombes, sur lequel la chaire de Pierre porte au sommet du dossier le symbole du chrisme ". La précieuse lampe en forme de basilique tout en bronze, trouvée près d'Orléansville, en Afrique, contenait dans l'abside de cette petite basilicjuc la cliaire épiscopale, également en bronze, surmontée d'une croix" (fig. 2385); une autre chaire figurant sur un marbre trouvé dans la catacombe des Saints-Pierre-et-Marcellin, nous montre un autre symbole : la colombe avec la tète nimbée'^. Xous nous éloignons ainsi de plus en plus de la cathedra sénatoriale.
iîpisf., xxiii, P. I.., t. xxxiii, col. 96. Pacien de Barcelone, Epist., II, ad Sempronium, P. I.., t. xiii, col. 1059, parle également des linleatas sedes. — "P. Durand, Etude sur rEtimacia, symbole du jugement dernier dans V iconographie grecque clwétienne, in-S'^, Chartres, 1867; De Rossi, Bull, di arch. crist., 1872, p. 125-140. — ' = MontIaucon, Diariiuii ilalicum, in-4<', Parisiis, 1702, p. 137. — "R. Garrucci, Vetri ornali di figure in oro, in-fol., Ronia, 1SG4, pi. xxv, n. 3. — "A. Darcel, Collection Basilewsky. in-4", Paris, 1874, pi. ix, n.37: De Rossi, Bull, diarclu crist., 1880, p. 150; un exemple ù S. Giorgio Magijiore. — "De Rossi, Bulleltino di archeol. crist., 1872, pi, ix, n. 2.
CHAIRE ÉPISGOPALE
II. Chaires dans les cvtacomiîes. — Quelques cryptes des catacombes nous ont conservé des banquettes et des sièges de larges dimensions mais d'une extrême simplicité. Ces chaires, dont on s'est un peu trop hâté de déterminer la destination, sont taillées dans le tut. Dans la petite basilique souterraine du cimetière Ostrien, l'extrémité du presbijlerium est marquée par une large chaire qui ne peut être que celle de l'évêqueM dans ce même cimetière un cubicule très exigu — il ne mesure que 3 mètres environ de côté — est entouré d'une banquette et présente deux chaires de chaque côté de la porte -. Martigny y voyait la chaire épiscopale et celle dans laquelle on invitait à prendre place les évëques de passage; mais l'exiguïté de ce local rend assez peu probable qu'on y ait tenu des réunions liturgiques et célébré la synaxe eucharistique. 11 parait plus \Taisemblable que cette salle
eUe devait contenir la chaire dont on ne voit aucune trace"; c'est donc qu'il existait des chaires transportables dans les catacombes. On se rappelle que dans la crypte papale au cimetière de Calliste, nous avons pu constater la présence des mortaises qui fixaient l'autel; entre celui-ci et le mur du fond était adossée la chaire épiscopale dont il ne subsiste aucun vestige». Une fouille faite en 1873 par ^I. Armellini, sur la voie Nomentane, à ÏOstrianum, lui a fait découvrir une crj-pte spacieuse avec abside jadis visitée et mentionnée par Bosio. C'est une petite église (chicsuola) qui a pu servir jadis à des réunions liturgiques : sous l'abside du fond se voit un arcosolium; dans les parois latérales on a entaillé dans le tuf, à droite, une mensa circulaire et, à gauche, une chaire " (fig. 2387J.
Toutes ces cathcdrœ des catacombes sont de plalnpied, ce qui s'explique sans peine vu le ]ieu d'éléva-
2386. — Calhedi'ie, au cimetière Ostrien. D'après Th. RoUer, Les catacombes de Rome, 1880, t. ii, pi. 63, n. 7-8.
ait servi à l'instruction des catéchumènes ; en ce cas une des chaires était réservée à l'évêquc. l'autre au catéchiste. Dans un autre cubicule du même cimetière, les chaires, au nombre de deux, présentent une disposition un peu différente; elles sont ménagées aux deux angles opposés du cubicule'; enfin, dans un dernier cubicule, les chaires accoudoirs se font faee* (fig. 2386).
Outre ces exemples heureusement conservés, les anciens explorateurs des catacombes mentionnent la rencontre de chaires dans les souterrains. Bosio en signale une, creusée dans le tut au cimetière de Cyriaque'; Marangoni découvrit une chambre avec une cathedra faite de marbres peints* et il visita les cnbicules ' décrits par le P. Marchi, sous le nom de cimetière de Sainte-.\gnès, et qui sont ceux du cimetière Ostrien que nous venons d'énumérer. I
Dans la petite basilique du cimetière de Saint- Hermès, la niche du fond de l'abside est conservée;
'G. Marchi, I moniimenli délie urte cristiane primitioe, in-4°, Roma, 1811, t. i, pi. x.xxv, xxxvi, xxxvii, xxxviii; H. Leclercq, Manuel d'arcMol. chrét.. in-S», Paris, 1907, t. i, p. 292-204, ng. 80, 81, 82. — =G. Marchi, op. cil., pi. xvii; H. Leclercq, op. cit., t. i, p. 298, fig. 87. — ' G. llarchi. op. cit., pi. XXV ; H. Leclercq, op. cit., t. i, p. 298, fig. 88. — •G. Marchi, op. cit., pi. xxviii; H. Leclercq, op. cit., t. i, p. 298, fig. 89. — '.\. Bosio, Roma solterranca, in-fol., Roma, 1632, p. 409. — "Marangoni, Istoiia delV anlichissimo Oratorio communemenle appellato Sancfa Sanclorum, in-4«.
tion des e\d)iculcs et des petites églises souterraines. Cependant ce n'était pas une règle absolue. D'après la chaire de la crypte de Sainte-Émérentienne que nous venons de représenter, il est clair qu'un escabeau ne devait pas être inutile pour se jucher sur ce siège élevé. Ce n'est guère que dans les édifices à ciel ouvert qu'on pourra exhausser considérablement la chaire épiscopale, comme nous le voyons dans le petit oratoire découvert au monte délia Giustizia^^ ; une pareille disposition semble étrangère aux catacombes où cependant on prend soin de ménager une niche dans l'abside pour y loger la chaire, comme c'est le cas dans la crypte de Sainte-Pétronille, au cimetière de Domitille'-.
Les fresques antérieures à l'époque de la paix de l'Église sur lesquelles nous voyons des chaires, sont en petit nombre. A la cataconibe de Priscille une fresque, représentant un sujet un peu énigmatlque,
Roma, 1747, p. 1G8, neir iiitertio del Cimilero di Ciriaca di un cubicolo fornito di caltedra dieiro Fabside delta basilica di S. Lorenzo. De Rossi, Bull, di arch. crist., 1877, p. C2. croit che ta cripta veduta dal Marangoni sia quella appunta di S. Ciriaca. — • Marangoni, op. cit., p. 391. — * G. Marchi, op. cit., pi. XXXVIII ; H. Leclercq, op. cit., t. i, p. 295, ng. 83. — 'Dictionn., t. il, col. 1724, fig. 1937. — "•Bull, di aicli. crist., 1873, p. 161-162; 1877, p. 150-152, pi. xi. — "Bull, di arcli. crist., 1876, p. 50; Dictionn., t. i, col. 189, fig. 47. — " Bull, di arch. crist., 1874, pi. iv-v.
CHAIRE ÉPISCOPALE
nous montre un vieillard assis dans une cathedra et une jeune femme assise elle aussi dans une cathedra^. Ces deux chaires sont de couleur foncée, en bois probablement, d'une extrême simplicité et posées sur le sol, sans socle ni escabeau; le dossier arrondi monte jusqu'aux épaules, il n'y a pas d'accoudoirs. Dès le iv-' siècle, nous rencontrons souvent deux compo-
Chaire d'un cubicule sur la voie Nomentane.
sitions : le Cbrist docteur et l'Adoration des Alages. Presque toujours ces sujets sont l'occasion de représenter une chaire luxueuse; au contraire, pendant la deuxième moitié du ii"" siècle, nous voyons au cimetière des Saints-Pierre-et-Marcellin le Christ enseignant six apôtres, les sièges sont des plus simples, une banquette pour tous. I.e Christ lui-même n'est pas encore pourvu de la cathedra''.