‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 99 sur 303 · CHAPELLE — CHAPELLE-SAINT-ÉLOI · texte numérisé non relu

CHAPELLE — CHAPELLE-SAINT-ÉLOI

prsesmnatar. Les revenus iront à la mense épiscopale ^.

Voici unautre exemple un peu différent : Les prêtres chargés du serNice de l'église Saint-Pancrace se dispensaient souvent d'y célébrer la messe le dimanche au grand mécontentement des fidèles venus en vain •; le pape transfère cette église à des moines et à leur abbé Maur aux conditions suivantes : sialiientes ul terras prœ/alœ ecclesiœ, vel quicqnid illic inlraveril. sed de redilibus ejus accesscril antcdiclo monasterio luo debeal applicari alqae illic sine diminuiione aligna perlinere. Les revenus iront donc au monastère de l'abbé !Maur qui s'engage à faire desservir la chapelle ul peregrinum non desinas adhibere presbyterum qui sacra missarum possil sollenuiia celebrare. Quem tamen et in monasterio tuo habitare, et inde vitse subsidia habere necesse est. Sed et hoc prx omnibus ciirœ tux sil, ul ibidem ad sacratissimum corpus beati Paneralii cotidic opus Del proculdubio peragalur. Voilà tous les revenus d'une chapelle transférés à une communauté qui n'aura à sa charge que l'entretien du desservant.

Ce sont là des chapelles de caractère mixte, mais qui ne paraissent pas renfermées à l'intérieur d'une habitation comme c'est le cas pour la chapelle du patrice Venance à SjTacuse, sur laquelle l'évêquo Jean jette l'interdit que lève le pape Grégoire : Adhnrtaniur. qualenus et oblationes anle dicli viri (Venantii) omnimodo in dulcedinc et Deo placita de beatis'sinceritaie suscipere et in domo ipsius missarum peragi mysteria permitlatis; aut, sicut scripsimus, si fartasse volueril per vos debetis aceedere et celebrando apud eof missas priorem gratiam reformare '.

Une lettre du même pape à l'évêque Fermo lui prescrit de consacrer une chapelle élevée et dotée par le comte Anio et d'y établir un desservant qui dira la messe à la requête du fondateur et suivant les besoins de la population : Presbyterum quoque te illic constituerc volumus cardinatem, ut, quotiens prsefatus conditor ficri sibi missas fartasse voluerit vel fldelium comursus exegerit, nihil sil quad ad sacra missarum sollemnia cxhibenda valeal impedire ^. Ainsi donc ce prêtre célébrait la ni?sse pour le fondateur seul autant de fois qu'il le réclamait et sans que le peuple y assistât, c'était bien une chapelle privée; mais en même temps, eu égard à l'èloignementdcs paroisses rurales on admettrait les fidèles et même on célébrerait la messe pour eux seuls dans le cas où le fondateur ne réclamerait pas pour lui. La chapelle fait un service double, l'un est dû. l'autre semble bien être encore tout bénévole. Le desservant attaché à cette chapelle diflère de ceu.K qu'on rencontre dans d'autres lettres réglant des cas analogues; alors l'évêque désigne un prêtre pour desservir la chapelle, mais ce prêtre est amovible : ici il est attaclié à la chapelle d'une manière fixe et il a une résidence, des revenus, en un mot il est titulaire et responsable.

VIII. riloxuMENTS. — L'emploi du mot « chapelle a pris une extension d'autant plus considérable que son sens est moins précis. Les dimensions d'une cathédrale ou le caractère paroissial avéré d'une église leur évitent seuls l'appellation de « chapelle » qui englobe sans distinction une multitude d'édifices religieux qui n'ont aucun droit à porter ce nom : mais il y a beau temps que martyrium est délaissé.

* S. Grégoire, Epiit., 1. II, ep. xv, édit. Ewald et Hartmann, dans Monum. Germ. Iiisl., p. 112; cf. I. II, ep. ix, p. 107; 1. IX, ep. Lviii, lxxi, clxxx, ccxxxii; 1. XIII, ,ep. XVIII, p. SI, 90, 174, 228, 385. Ct. Liber diurnus, n. xi : Responsum oralorii dedicandi. — 'S. Grégoire, Episl., 1. IV, ep. XVIII, p. 252-253. — ' S. Grégoire, Episl., 1. VI, ep. XLI, p. 417, en juillet 596; cf. Epist., 1. VI. ep. XL, p. 416. — ' S. Grégoire, Epist., I. IX, ep. lxxi, p. 90. —

oratoire semble prétentieux et ne s'applique guère qu'à un lieu minuscule; chapelle est donc devenu le terme courant et usager sans distinction de ville, de campagne, de privé ou de public. Cependant on a vu par ce qui précède que le terme capella n'apparut guère ou du moins, ne dut pas être d'un usage répandu avant le vT siècle et fut réservé à l'oratoire des rois mérovingiens avant de recevoir une application générale. Ce ne serait donc qu'à l'aide d'un anachronisme trop choquant que nous pourrions faire entrer dans le sujet de la présente dissertation l'étude d'un grand nombre d'édifices analogues à plusieurs que nous avons déjà rencontrés : kalybc sjTiennes,. duir theachs celtiques, cubicula des catacombes, oratorio romains ou francs, etc., cryptes, confessions, ffZ/œ.mausolées, ne pourraient être nommés ici quepar suite d'une confusion regrettable. On ne de^Ta donc pas être surpris de ne trouver dans le présent travail que les textes seuls et point de monuments.

H. Leclerco.

CHAPELLE-SAINT-ÉLOI. — l. La découverte.

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