TAU
des dieux, et il paraît soutenir les statues divines derrière lesquelles il est placé, ainsi que les momies dans les cercueils où il est peint. Cet emploi est en harmonie avec le sens de stabilué et de conservahon que donne le texte grec de l'inscription de Rosette au mot hiéroglyphique représenté par le tat. Le tat est l'insigne habituel de Ptah, et on le suspendait au cou des dieux et des animaux sacrés. Osiris, dans une de ses formes de résident de l’'Ament, est coiflé de la partie supérieure du tet que surmonte l'insigne A. (Voir, sur le symbolisme du tat, Th. Devéria, Pap. de Neb-qged, p. 6.)
TATKARA. — Voyez Assa.
TATOU, TAT, DAP ou DADOU 76, 1f<@;:
nom de Mendès (voyez ci-dessus, p. 333).
Tatou, souvent cité dans les textes mythologiques, est constamment en rapport avec Osiris. (Voyez Todtenbuch, 1, 4, 9, 21; xvn, 43; xvu. 10,21, 23, etc.)
TAUREAU. Le taureau servait à symboliser le rôle du mâle dans l'acte de la génération. Pour exprimer que le soleil se succède à lui-même
dans ses diverses phases, les Égyptiens disaient qu'il s'engendre, et 1ls rendaient cette idée par une image énergique, en l'appelant le fécondateur de sa mère, littéralement le taureau de sa mère “en = W :—. Cette image est matérialisée par la forme ithyphallique du dieu Khem. C'est à cet ordre d'idées que se rattache le scarabée à tête de taureau, qui d'ailleurs est très-rare. Le taureau est aussi l'emblème de la force et du courage.
Je ne saurais expliquer la représentation, souvent peinte sous les pieds des cercueils, d’un taureau sur le dos duquel est couchée la momie, qu’il semble emporter vers la nécropole. — Voyez Aris et Mxévis. |
TAWNEKHT 7 © Y$, chef des Mashaouash et gouverneur de la ville de] © ©, près de Canope. [1 avait soumis la basse et la moyenne Egypte, lorsqu'il fut vaincu par Piankhi-Mériamon; le conquérant éthiopien lui laissa la vie sauve el le maintint dans ses domaines. Tawnekht est le père de Bokkhoris. (Voyez E. de Rougé, Stèle de Piankhi, p. 21 et suiv.)
TEMPLES. De l'ancien empire nous ne con-
naissons que le temple du grand sphinx, à Gizeh, qui, à en juger parses proportions, semble être plutôt une chapelle qu'un temple. Les temples du nouvel empire étaient ceints d'une muraille en briques crues. Îls étaient précédés d'un pylône ]{, qu'une avenue de sphinx reliait à la porte d'entrée ou double pylône LJ. Cette porte était accompagnée de deux ou quatre colosses, devant lesquels se dressaient d'ordinaire deux obélisques. Le double pylône donnait accès dans une cour que suivait une salle hypostyle ou un autre double pylône. La salle hypostyle était séparée du sanctuaire par des salles de moindre dimension, dans lesquelles s’accomplissaient diverses cérémonies du culte.
Les innombrables sculptures dont les temples étaient ornés étaient distribuées méthodiquement. Sur les murailles extérieures étaient gravés le récit des conquêtes royales, les fastes de l'histoire égyptienne. Les murs intérieurs, les colonnes portaient des représentations religieuses; sur les architraves on mentionnait la dédicace de la construction. On choisissait pour les plafonds les scènes ayant un rapport direct avec les phénomènes célestes, tandis qu'on réservait pour les soubassements les sujets terrestres, c’est-à-
dire les inscriptions géographiques, les défilés de nomes. (Voyez comte du Barry de Merval, Études sur l'architecture égyptienne, p. 210 et suiv.; J. de Rougé, Textes géopr. d'Edfou.)
Dans les temples étaient déposés des vases d’or et d'argent, des statues de dieux, de rois et de particuliers, des barques sacrées, des tables d'offrandes, etc. Au fond du sanctuaire se dressait le naos de granit contenant l'image voilée de la divinité à laquelle l'édifice était consacré.
« Presque tous les temples de la rive gauche du Nil, à Thèbes, avaient été construits en vue du culte à rendre aux pharaons, leurs fondateurs, après leur mort. Geux qui eurent cette destination sont souvent nommés [}7 "7" #, temples des millions d'années; ils devaient être éternels comme la tombe.» (Chabas, Mélanges, NT, 2/79.)
«Le temple nest pas, comme nos églises, un lieu où les fidèles se rassemblent pour dire. la prière. On n'y trouve ni chambres d'habitation pour les prêtres, ni lieux d'initiation, ni traces de‘ divination ou d’oracles, et rien ne peut laisser supposer qu'en dehors du roi et des prêtres une partie quelconque du public y ait jamais été admise. Mais le temple est un lieu de
dépôt, de préparation, de consécration. On y célèbre quelques fêtes à l'intérieur, on s'y assemble pour les processions, on y emmagasine les objets du culte, et si tout y est sombre, s dans ces lieux, où rien n'indique qu'on ait jamais fait usage de flambeaux ou d'aucun mode d'illumination, des ténèbres à peu près complètes règnent, ce n'est pas pour augmenter par l'obscurité le mystère des cérémonies, c'est pour mettre en usage le seul moyen possible alors de préserver les objets précieux, les vêtements divins, des insectes, des mouches, de la poussière du dehors, du soleil et de la chaleur elle-même. Quant aux fêtes principales dont le temple était le centre et le noyau, elles consistaient surtout en processions qui se répandaient au dehors, à la pleine clarté du soleil, jusqu'aux limites de la grande enceinte en briques crues. En somme, le
temple n'était donc pas tout entier dans ses murailles de pierre, et ses vraies limites étaient plutôt celles de l'enceinte. Dans le temple proprement dit, on logeait les dieux, on les habillait, on les préparait pour les fêtes; le temple était une sorte de sacristie où personne autre que les rois et les prêtres n'entrait. Dans l'enceinte, au contraire, fe développaient les longues
TÉT 543
processions, et, si le publie n’y était pas encore admis, au moins pensons-nous que quelques initiés pouvaient y prendre place. » (Mariette, Junéraire des imvités du Khédive.)
TENTKHÉTA , épouse du roi Ama-
sis, que nous a TP connailre une stèle du Sérapéum (Louvre, n° 309 de la salle historique).
TENTYRITES, nome de la haute Égypte.
« Nome ancien f#|Æ, chef-lieu [RW a16 6, Ta-nutn, d'où le Tentyris grec et le Dendérah moderne. Hathor était la grande déesse du nome Tentyrites. Son temple, reconstruit parles Ptolémées, reméntait, quant à son origine, aux premières dynasties égyptiennes. Horus y avait aussi une grande part dans le -culte: » (J: dé Rougé, Monnaies des nomes.)
TERENRA © 4 |. Prénom (os 7 |.
Roi du moyen empire, dont la place est fixée approximativement entre la xn° dynastie et lés Pasteurs. Ses noms sont donnés par la stèle O, 11, du Louvre.
TÉTA (2 Ê deuxième roi de la 1° dynastie.
544 THÈ TÉTA, roi de la ve dynastie.
TETOUN ou DOUDOUN 7 &, dieu adoré en Nubie. C'est une forme de Noum.
TEWNOUT © #$, déesse à tête de lionne, coiflée du disque; elle est dite fille du soleil et souvent associée à Shou.
THÈBES, capitale du iv° nome de la haute Égypte. Son nom égyplien est 5, ous; l'étymologie du nom Gÿ6w, que lui ont donné les Grecs, est difficile à expliquer par les hiéroglyphes. .
« Thèbes s'étend sur les deux rives du Nil. Sur la rive droite sont les temples de Karnak et de Louqsor; sur la rive gauche sont, en marchant du nord au sud, le temple de Gournah, le temple de Deir-el-bahari, le Ramesséum, les colosses, le temple de Deir-el-Medineh, le temple de Medinet-Abou. D'autres temples ornaient, avec les précédents, la rive gauche de Thèbes; ils sont démolis, et quelques-uns d’entre eux ont à peine laissé une trace reconnaissable.
« Sur la rive gauche existent aussi les diverses nécropoles de Thèbes. Derrière le temple de
Gournah est celle qu'on nomme Drah-abou'l- Neggah. En avant de Deir-el-bahari est une seconde nécropole qui s'appelle El-Assassif; enfin, sur la pente des collines situées derrière le Ramesséum, est une troisième nécropole appelée Scheikh-abd-el-gournah et Gournat-mouraï. Nous ne parlerons que pour mémoire de la vallée des Reines et des deux vallées des Rois (Bab-el-molouk) situées assez loin dans le désert, à l’ouest. » (Mariette, lunéraire des inviés du Khédive.)
THINITES, nome de la haute Égypte. « Nome ancien % , chef-lieu "]@, Teni, en grec This, ou plus exactement Thinis. Près de Teni se trouvait Abydos, la ville sainte, où les textes religieux plaçaient le tombeau d'Osiris. Malgré l'importance toujours croissante d'Abydos, le nome conserva son nom de Thimites, parce que Ten était la véritable capitale civile. Aussi n'est-ce pas le dieu d’Abydos, Osiris, mais Anhour, celui de Teni, qui fut considéré comme le dieu principal du nome dans les listes géographiques. » (J. de Rougé, Monnaies des nomes.)
THOTH. Identifié par les Grecs avec Hermès et nommé, par les textes, seipneur des divines pa-
roles, seigneur des écrits sacrés, Thoth est le dieu des lettres. 11 personnifie l'intelligence divine qui a présidé à la création. La légende dit qu'il a conseillé Horus dans sa lutte contre Set, parce que c'est d'après son inspiration que le soleil, vainqueur du Chaos, a organisé le monde et qu'il maintient son œuvre chaque jour; lharmonie universelle, c'est-à-dire le triomphe de la vérité, comme l'a démontré M. Grébaut, provient de lui. Aussi est-il appelé le seigneur de la Vérité, le mari de la Vérité, U À, le prophète de la Vérité; au chapitre xciv du Zodtenbuch, il est dit qu'il fait la vérué. De mème qu'il a mis en fuite les ténèbres primordiales, Thoth ehasse la nuit de l'âme, l’erréur et les mauvais principes, ennemis de l’homme. Il est représenté avec une tête d'ibis {. Get oiseau et le singe cynocéphale lui sont consacrés. « Thoth est identifié avec le dieu Lune. La tête d'ibis, qui le caractérise ordinairement, est surmontée du disque et des deux cornes en croissant. Quelquefois une tête humaine porte pour coiffure la tête d'ibis, avec le diadème atew. De belles figures de bronze, de faience émaillée et de lapis-lazuli le représentent avec ces attributs. Thoth Lune. a quelquefnis le corps entièrèment nu et modelé cpmme celui
d'un enfant aux formes élancées; c'est probablement la lune à son premier quartier. Plus souvent 1l est adulte et vêtu de la schent : il porte alors quelquefois dans ses mains l'œil d'Horus, symbole de la pleine lune. Dans son caractère de dieu Lune, Thoth est souvent identifié avec le dieu Khons, de Thèbes.» (E. de Rougé, Nonce
sommaire.
THOUËRIS, en égyptien 2% — b: Taouert (la grande), déesse appelée aussi Apet, À Sr, et Shepout, “y © e. Représentée avec un corps d'hippopotame à mamelles pendantes 4, elle parait présider à l'allaitement. L'auteur du Traité d'Iss et d'Osris a vu dans Thouëris la compagne de Set, parce que ce dieu, dans sa lutte contre Horus, s'était métamorphosé en hippopotame. — Voyez Aper.
THOUTHMÈS &,fi—, nom porté par quatre rois de la xvni° dynastie.
THOUTHMES I*. Prénom (o | ${] | Ce roi est le premier qui ait fait pénétrer les armées égyptiennes en Asie. Une inscription dit qu'il étendit ses frontières jusqu'en Nubie et jusqu'en
Mésopotamie. Il fut aussi le premier construeteur d’édifices du nouvel empire.
THOUTHMÈS II (ct8—). Thouthmès I"
avait, avant de mourir, nommé rot (sic) sa fille Hatasou, au détriment des deux frères qu'elle avait. Après avoir quelque temps subi sa tutelle, Thouthmès Il parvint à 3 emparer de l'autorité, réprima une révolte en Éthiopie et fit une expédition en Asie. Son règne fut court.
THOUTHMES III (‘© sum $ | Son règne est un
des plus glorieux, sinon le plus glorieux, de toute l’histoire pharaonique. En effet ses annales, inscrites dans le sanctuaire de Karnak, nous apprennent qu'il soumit à l'Egypte une grande partie de l'Asie; les Assyriens, les Khétas, les Phéniciens lui payèrent tribut; 1l érigea en Mésopotamie une stèle dans laquelle il se vante d’avoir élargiles frontières de l'Égypte. H rapporta aussi du Soudan un butin considérable en or, en ivoire et en ébène. Il éleva de nombreux édifices en Nubie, à Éléphantine, à Ombos, à Esné, à Hermonthis et surtout à Thèbes. On sait, par une inscription récemment découverte, que son règne fut de cinquante-quatre ans.
TIS 549 THOUTHMÈS IV (© mu @: ] C’est faire un
suffisant éloge de ce roi que de dire qu'il réussit à “maintenir Îes limites du vaste empire légué par son prédécesseur. La stèle placée devant la poitrine du grand sphinx de Gizeh est à son nom; on en avait conclu que cette image colossale était son œuvre, mais on sait aujourd hui qu'elle est antérieure au roi Chéops, de la 1v° dynastie.
Ti—11\ ff, haut fonctionnaire de la v dynastie, dont le magnifique tombeau, à Sakkarah, est souvent mentionné par les égyptologues.
TIAUMAUTEW ou DUAUMAUTEW, x'm,© , l'un des quatre génies protecteurs des entrailles. Il est représenté avec une tête de chacal.
Tissus. — Voyez Érorres. On a remarqué que la chaîne des tissus égyptiens a presque toujours deux fois plus de fils que la trame, mais que, par contre, les fils de la trame sont beaucoup plus forts et d'une proportion plus avantageuse pour la solidité. Sur quelques spécimens ornementés, les dessins ont été tissés avec l’étoffe. (Voyez Rohault de Fleury, Revue archéol. avril 1870.)
550 TOM TODTENBUCH. — Voyez Live nes Monrs.
TO-KHENS 22, ou Nubu, premier nome de la haute Égypte; chef-lieu, Eléphantine.
TOMBEAUX. «Mettre les morts à l'abri de toute atteinte de linondation a été le principe qui a toujours guidé les Égyptiens dans le choix de l'emplacement réservé aux nécropoles. Dans le Delta, les morts ont été ensevelis soit dans l'épaisseur des murs des villes et des temples, quand ces murs étaient en briques crues, soit dans des tumul élevés au milieu des plaines. La moyenne et la haute Égypte ont profité des avantages que leur offraient les chaînes libyque et arabique qui, des deux côtés, confinent aux plaines cultivées, et les habitants ont pratiqué, dans le rocher qui forme ces deux montagnes, les grottes destinées à recevoir leurs morts. Rarement, les morts ont été confiés à la terre nue. Aux basses époques, les buttes qui marquent le site des villes détruites ont été quelquefois employées comme lieu de sépulture; on se servait aussi pour le même usage des décombres qui s'élèvent, en Îles cachant, au-dessus des tombes plus anciennes.» (Mariette, Catal. du musée de
TOU | . 551 Boulag, dont l'avant-propos sera consulté avec fruit sur l'aménagement des tombes de l’ancien.
et du nouvel empire.) — Voyez Sépurrune.
TORTUE. La tortue était un emblème de mort et de ténèbres; elle se substitue, dans quelques textes, au serpent Apophis. Le chapitre xxxvi du Livre des Morts a pour objet de « repousser la tortue. »
To-SER "+, nom d'une région de l'enfer égyptien que l'on a traduit par terre sainte, terre de la préparahon; 11 désignait aussi une partie
d'Abydos.
TOUM. — Voyez Aroux.
TOUT-ANKH-AMEN (abat Ti} | Pré-
nom (o$i— | Roi de la xvm° dynastie. Les
murs d'une chapelle de Thèbes le représentent recevant les tribus des Rotennou ou des Éthiopiens; c'est tout ce que nous connaissons de’‘son histoire. Ge renseignement n'est pas sans valeur, puisqu'il nous indique que Tout-ankh-amen avait maintenu les limites fixées par les conquêtes de ses prédécesseurs.