‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 99 sur 276 · MED · texte numérisé non relu

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On appelle aussi quelquefois du nom de marqueterie ces espèces de mosaïques en lave ou en pierres colorées qui décorent l'abside d'un grand nombre d'églises en Auvergne. Ce sont plutôt des mosaïques que des marqueteries. Fo//. Lave, Mosaïque.

MARTYRlUM. — Les autels des basiliques furent dès le commencement établis audessus d'une petite crypte ou caveau, où se trouvaient le tombeau et les reliques d'un martyr. Cetle petite crypte, à laquelle on descendait par un double escalier placé derrière l'autel, s'appelait titulus, martyrium, ou confessio. Voy. Crypte, Autel, Basilique.

MASCARON. — En arebitecture, un mascaron est une tête d'animal, ou d'homme, ordinairement grotesque ou fantastique, sculptée sur la clef d'une arcade ou d une voûte, etc. L'architecture romano-byzantine a fait un grand usage des mascarons qu'elle a placés sous les corniches, comme modilions. Voy. Modillons, Corbeaux, Arcature, Corniche. Il y a des mascarons ou têtes plates souvent tout autour des archivolles, aux portes des églises romano-byzantines. Les têtes saillantes sont plus rares que les précédentes. Dans les monuments de la période ogivale, les mascarons sont moins communs qu'à ceux de la période romanobyzantine. Quand ils existent, ils sont ordinairement placés au centre de petites rosaces, et quelquefois les traits de la figure sont mêlés d'une manière bizarre à des feuillages découpés qui les entourent. On en trouve de ce genre à la cathédrale de Paris, à celle de Cologne, au château de Coucy, etc. A la Renaissance, l'emploi des mascarons devient très-fréquent, et ces mascarons sont composés de formes plus ou moins élégantes, plus ou moins singulières.

MASQUE.— Voy. Mascaron.

MASSIF. — Un massif est une construction en maçonnerie pleine et épaisse. Ce mot est employé par opposition à vides et à baies. Les églises du xie siècle et généralement toutes celles de la période romano-byzantine ont des massifs fort considérables, par comparaison avec les baies. Au xve siècle, la disposition contraire eut lieu. Les massifs sont diminués et les vides ou ouvertures des arcades et des fenêtres prennent une trèsgrande importance. Voy. Harmonie.

MÉANDRE.— Voy. Frette.

MÉDAILLE. — Nous avons donné des notions générales sur les médailles à l'article Numismatique (Voy. ce mol).

MÉDAILLON. — I. En architecture, un médaillon est un ornement en forme de médaille, rond ou ovale, où l'on a sculpté en bas-relief une tête ou un sujet historique. On peut dire d'une manière plus générale qu'un bas-relief de peu d'étendue, entouré d'un encadrement, est un médaillon. On en voit de cette espèce assez souvent dans les monuments de la période ogivale, dès le commencement du xme siècle. A l'époque de la Renaissance, les médaillons sont trèsliouibreux. On y voit des tètes ordinaire-

ment bien dessinées, quelquefois même d'un grand caractère.

On est convenu d'appeler médaillons, en numismatique, toutes les pièces qui dépassent sensiblement le poids des monnaies communes. Les médaillons sont, en général, du plus grand intérêt pour l'étude de l'antiquité. Leurs types variés offrent des sujets très-curieux sous le rapport des cérémonies religieuses, des coutumes, de l'art lui-même. On connaît des médaillons antiques, surtout du règne d'Antonin et de quelques-uns de ses successeurs qui peuvent être comparés, comme finesse de travail et délicatesse de modelé, aux pierres hues gravées et à tout ce que l'art ancien nous a laissé de plus parfait. On a publié plusieurs travaux importants sur les médaillons anciens. La plus belle collection de médaillons est celle de la Bibliothèque Nationale, à Paris.

MEMBRE D'ARCHITECTURE.— En architecture, on appelle membre toute partie notable d'un ensemble, comme d'un bâtiment, d'un entablement, d'une corniche, etc. Pour qu'un éditice soit parfait, il faut qu'il y ait harmonie entre le corps et les membres.

MÉMOIRE. — On donne le nom de mémoire (memoria, titulus, ou confessio) au tombeau où l'on déposait les restes d'un martyr, soit à l'endroit où il avait subi le supplice, soit dans sa demeure, soit dans les souterrains des catacombes. Cette expression se trouve communément dans les écrits des anciens écrivains ecclésiastiques. On appelait encore de ce nom la crypte située au-dessous de l'autel principal d'une basilique, dans laquelle était placé le tombeau d'un martyr auquel l'église était dédiée. Voy. Crypte, Rasilique, Martyrium, Autel.

MENEAU. — Les meneaux sont les montants ou traverses en pierre qui divisent une fenêtre en plusieurs parties dans le sens de la hauteur, et une rose en compartiments réguliers. On ne voit pas de meneaux dans les fenêtres de la période romano-byzantine. Les édifices de cette période sont éclairés par des fenêtres rares et étroites. Ce n'est qu'à partir du xnr siècle que l'on voit les meneaux paraître, se multiplier et se compliquer de plus en plus. On a remarqué que les fenêtres à lancettes géminées étaient divisées par une colonnette, ou une espèce de meneau à pans coupés, très-fort. Peu à peu celte colonnette s'effile et devient un meneau proprement dit. Aussi, dans les hautes fenêtres du chœur des grandes églises du xm€ siècle, surtout à partir du règne de saint Louis, les meneaux sont légers et élégants. Us sont encore toriques, ou du moins ils servent d'appui à de très-fines colonnettes, à chapiteaux de feuillages. Us sont réunis les uns aux autres par des arcs trilobés et soutiennent un réseau formé de trèfles, de quatrefeuilles et de rosaces.

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Au xiv* siècle, les meneaux sont plus nombreux qu'au xin' ; les fenêtres, en effet, durant l'époque secondaire du style ogival, prennent plus d'étendue en largeur; elles sont alors divisées en un plus grand nombre de parties. Les meneaux sont encore toriques et souvent en forme de minces colonnettes. Le réseau qui les surmonte est composé de rosaces larges et de quatrefeuilles surperposés avec beaucoup de goût et de symétrie.

Au xv' siècle, les moulures deviennent prismatiques de toriques qu'elles étaient auparavant. 11 en est de même des meneaux. Au lieu de ressembler à une petite colonnette, ils sont formés de moulures prismatiques très-lines, se prolongeant dans les compartiments flamboyants du réseau supérieur. Il est rare de voir les meneaux du xv' siècle couronnés de chapiteaux, comme aux deux époques précédentes : cela se rencontre cependant quelquefois, comme nous en voyons des exemples remarquables à la partie inférieure de la nef de l'église métropolitaine de Tours. Le réseau qui surmonte les fenêtres du style ogival tertiaire est composé de formes flamboyantes, ajustées avec beaucoup d'élégance, selon les caprices de l'imagination de l'artiste. Il serait fort dillicile de déterminer les proportions et les formes consacrées dans la manière de les dessiner.

Il est rare que les meneaux ne s'élèvent pas d'un seul jet jusqu'à la naissance du réseau. On voit cependant au xve siècle , des fenêtres où les meneaux sont interrompus dans le sens de la hauteur par un meneau transversal. Cette modification, qu'on observe rarement en France, se rencontre plus fréquemment en Allemagne, dans les édifices du xve siècle ou du xvr qui ont été bâtis dans les provinces arrosées par le Rhin. En Angleterre cette disposition se voit souvent, et enfin, dans ce pays, naît le style perpendiculaire, où plusieurs meneaux s»,' dirigent horizontalement, de manière à former des entrecroisements nombreux avec les meneaux perpendiculaires. Le style perpendiculaire est particulier à l'Angleterre, et l'on en reconnaît à peine des traces sur le continent. Voy. Anglais (Style).

Dans le style ogival tertiaire, on voit quelquefois des meneaux de fenêtres taillés en forme d'arbre, de manière à figurer la tige de Jessé. Il y en a des exemples fort curieux en Angleterre. Au portail septentrional de la cathédrale de Beauvais, on voit une sculpture analogue. Voy. Fenêtre , Flamboyant, Lancette.

On donne aussi le nom de meneau au tore courant ou autre moulure équivalente, simple ou composée, qui couronne ou forme h:s arêtes d'un pignon, d'une flèche, d'un clocheton.

MENHIR. — Le monument le plus simple parmi les monuments celtiques, qui sont tous fort simples, est le menhir (du celtique ntaen men, pierre, hir, longue). Un menhir est une pierre plus ou moins longue, plan-

tée verticalement en terre. On peut comparer les menhirs à de grossiers obélisques, dont la base ou la partie la plus lourde est tournée tantôt en haut et tantôt en bas. 11 y a des menhirs qui ont jusqu'à 50 pieds de haut et qui doivent peser environ 80 mille livres.

On a observé quelques menhirs portant des traces d'un travail humain et même des traces informes de représentation défigures. Dans les environs de Loudun, département de la Vienne, un menhir a sa partie supérieure dégrossie en forme de visage. On a conjecturé avec quelque vraisemblance que les menhirs de ce genre pouvaient être des espèces d'idoles regardées comme l'emblème de la divinité.

On sait jusqu'à quel point les anciens portaient le respect pour les morts et surtout pour les guerriers tués en combattant pour la patrie ; on sait encore le soin qu'ils prenaient de leur élever des monuments funèbres pour faire connaître à la postérité leur exemple et leur gloire. Le plus grand nombre des antiquaires pense que les menhirs étaient seulement des pierres tumulaires dressées sur la tombe d'un grand personnage. En fouillant à leur base, on a découvert des ossements humains. Quelques passages des poésies d'Ossian confirment cette opinion.

Les instructions du Comité historique des arts et monuments indiquent quelques menhirs comme pouvant offrir une haute importance historique. Certains de ces monolithes isolés semblent avoir été destinés, mais peut-être postérieurement, et après avoir été dépouillés de leur caractère religieux, à fixer d'une manière certaine les frontières des peuples. Un menhir, appelé la haute-borne, dans le département de la Haute-Marne, porte une inscription latine indiquant les anciennes limites des Leuci, habitants du Barrois.

Quelquefois ces pierres, comme les obélisques de l'Egypte, sont ornées de dessins et d'inscriptions. Olaus Magnus en a vu en Suède, qui portaient sur leurs faces des caractères runiques (Historia de gentibus septentrionalibus). On cite en France la Pierre écrite de Saulieu, dont un des côtés présente des figures grossièrement dessinées,, et le menhir ou peulvan de Tredion, en Basse-Bretagne, qui se termine par une tète d'un dessin extrêmement barbare, et à peine dégrossie.

Les menhirs sont connus sous différents noms. On les appelle vulgairement en France pierre-fiche, pierre-fichee , pierreftchade, pierre-pxéc , haute-borne >, pierrepatte, pierre-lait, pierre-fonte, picrre-fittc, pierre-droite, la chaise au diable, etc.

Dulaurc, qui soutient que les menhirs étaient des pierres limitantes, dit les avoir trouvées indiquées dans les chartes des xi* et xii' siècles, sous les noms de petra erecta, de saxum ereclurn, de terminus antimius. Voy. Dkuidique. Nous avons parlé de la destination des menhirs dans un article

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