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sacré, le poisson, l'alpha et l'oméga, les symboles de la sainte Trinité ou des évangélistes, sont tous des ornements propres et convenables, et peuvent être placés dans des arcades, panneaux, niches, trèfles, quatrefeuilles, ou autres dispositions, comme il serait plus commode. Des colonnes plates avec des anges en haut-relief forment de belles divisions pour les compartiments. Des panneaux de simples arcades ou de quatrefeuilles sont toujours beaux. Les trois couleurs primitives, le rouge, le bleu et le jaune (or) sont toutes celles qu'il faut (excepté pour les autels mortuaires, où le noir est désirable); et on doit observer que pour les autels de Notre-Dame le bleu doit prédominer, de même que le blanc dans ceux du Saint-Sacrement; mais tout doit être bien relevé avec de l'or, car sans cette précaution les couleurs ne pourraient pas bien s'harmonier, et produiraient un mauvais effet.
Dans la sculpture on s'efforcera toujours d'atteindre la beauté de la forme : des figures maniérées, difformes et mal proportionnées excitent plutôt le ridicule que la dévotion. Les autels ayant été généralement détruits, nous ne pouvons recourir à d'anciens spécimens que difficilement ; mais beaucoup d'anciennes églises contiennent de vieux tombeaux en forme d'autels, qui peuvent être pris comme modèles. Quelques autels , spécialement ceux sur lesquels le saint sacrement est mis en réserve , sont surmontés d'un riche baldaquin en marbre, en pierre ou en bois, qui peut, à volonté, être ou n'être pas peint et doré. Un tel baldaquin s'appelle ciborium. Un bon spécimen est l'autel du Saint-Sacrement à Saint-Barnabe, de Nottingham.
Le fond le meilleur et le plus convenable pour un autel est un retable en bois ou en pierre, composé de niches remplies de statues de saints et d'anges. On peut voir de beaux exemples en pierre de cette disposition (quoique sans statues) à la cathédrale de Winchester, à Sainte-Marie Overies, South wark; un exemple complet dans la chapelle à Albon Towers, îcomté de Staff; un autre en bois à la cathédrale de Durham, ou à l'église de l'abbaye de Saint-Alban. Ces spéeimens toutefois sont dispendieux, et on ne peut pas toujours les avoir. Une bonne peinture est toujours convenable, mais elle doit être faite avec jugement et bon goût. Il est mieux de la placer dans un triptyque, qui puisse être fermé pendant le temps de la passion. Le sujet de la peinture peut être quelque trait de la vie de notre Sauveur, de sa b enheureuse Mère, ou de quelque saint en rapport avec l'autel ou le lieu. Mais il faut avoir soin que le dessin en soit bon et les formes belles. Surtout il faut soigneusement éloigner ces ligures burlesques, difformes et disproportionnées, qui sont si souvent employées pour représenter Celui qui était le plusbeau des enfants des hommes, et Celle qui était cntreles fïUesdWdam comme un lis au milieu des épines. Pour empruuierle langage attribué; ■•ni pape Adrien I" :
« Notre bienheureux Sauveur doit être représenté avec tous les attributs de la divine beauté que l'art peut lui consacrer ; » et assurément on peut dire la même chose de sa divine mère. C'est une grave et injuste erreur de supposer, parce que quelques-unes des productions du moyen âge échappées aux dévastations du protestantisme et de la Renaissance (paganisme ressuscité) sont mal dessinées et mal exécutées, et peut-être ont été épargnées à cause de leur laideur, que telle est l'école générale de cette période. Dans les œuvres même de Cimabué, de Nicolo Pisano, du Guide de Sienne, et surtout dans les magnifiques compositions de Giotto, Ghiberti, Masaccio et Angelico de Fiesole, les plus grandes beautés de forme et de draperie sont toujours cherchées et souvent obtenues, sans sacrifier aucunement le caractère religieux de la peinture. Des gravures de quelques-unes des œuvres de ces grands maîtres peuvent être achetées à un prix modéré, et peuvent servir comme les meilleurs modèles pour former le bon goût sous le rapport du style religieux. Ces crucifix hideux, disproportionnés et semblables à un squelette, doivent être bannis des églises, comme plus propres à exciter le rire que la dévotion. Ici je rapporterai une pratique trop commune sur le continent, et qui pourrait s'introduire chez nous. Il est convenable et juste que l'autel de notre bienheureuse Dame soit orné d'une statue de la Reine de tous les saints, et il n'y a aucune objection à ce que cette statue soit placée précisément sur l'autel. Mais une telle statue doit être du meilleur travail, et de la matière la plus précieuse et la plus durable, et non une grande poupée de cire, habillée d'une antique parure de bal, couverte de clinquant et de pierreries de toutes couleurs. Qui peut entrer dans le vieil et curieux édifice byzantin, le Munster de Bonn,, sans être indigné en voyant une poupée de cire de 6 pieds de haut, vêtue d'une robe de soie écarlate à la mode d'autrefois, avec des ornements mesquins de dentelles d'argent, et de fausses pierreries qui paraissent avoir été apportées de la foire de Saint- Barthélémy, dans une boîte de verre d'une apparence vulgaire, sur l'autel de la sainte Vierge ? Toutes ces monstruosités, aussi bien en cire qu'en argile, à visages rubiconds, qui parodient les stations de la passion,, sont tout à fait inadmissibles dans le sanctuaire ; tout ce qui apparaît en cet endroit doit être noble, sublime et bon. L'Etre divin esttrine; c'est un deses attributs principaux ; le sanctuaire doit être rempli d'une harmonieuse triade enlevée à la musique des sphères célestes, dont les notes sont la verlu, la beauté, la vérité. La beauté est essentielle à ce qui est bon, et comment, sans irrévérence, placer ce qui n'est pas bon dans le Saint des saints?
Le tabernacle.
Le tabernacle étant le lieu dans lequel le saint sacrement réside réellementr peut être
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aussi riche que nos moyens nous permettent de le l'aire. L'or, l'argent, les pierreries, Témail sont les moyens les plus propres pour établir ces ornements; mais là où ces ornements seront trop dispendieux à obtenir, on pourra sculpter et dorer le tabernacle, ou l'embellir de quelque autre manière, pourvu que ce soit en rapport avec l'architecture et les ornements de l'autel ef de l'église. Cependant, là où le saint sacrement, ou môme des vases de prix sont laissés dans le tabernacle toute la nuit, de crainte de sacrilège ou de profanation, qu'il soit fait solidement en métal et muni d'une serrure qui puisse défier les voleurs. Le tabernacle doit être garni de voiles de soie de couleur canonique, qui soient unis ou brodés d'or et d'argent, pour le couvrir dans les occasions où cela est I ires cri t.
Devants d'autel et rideaux.
Un autel doit être pourvu au moins de cinq devants d'autel des cinq couleurs canoniques. Ils pourront être ornés de broderies en or ou en couleurs. Quelques-uns des emblèmes sacrés pourront bien être brodés, comme symboles convenables. On verra beaucoup de dessins magnifiques dans le Glossaire des ornements d'église par M. Pugin. 11 pourra encore y avoir des rideaux de soie aux côtés de chaque autel, de la couleur du jour, qui naturellement pourront être simples ou enrichis d'ornements.
Les chandeliers et la lampe.
Chaque autel doit être pourvu au moins de deux chandeliers, et l'autel du Saint-Sacrement doit avoir une lampe suspendue par devant, toujours allumée tant que le tabernacle est habité par son hôte divin. Ces objets doivent être en or ou en argent, ou en bronze, ou d'une autre matière, et ils peuvent être ornés d'émail ou de pierreries. Les maigres et hautes proportions et les pesantes décorations de la longue rangée de candélabres maintenant ordinairement placés sur un gradin du retable de l'autel doivent être évitées. Une paire ou plusieurs paires d'élégants candélabres est bien mieux qu'une douzaine de chandeliers élevés, sans caractère, vulgaires, avec des torches en ferblanc élevées à une hauteur absurde et ridicule au-dessus du crucifix.
MEURTRIÈRE. — On appelle meurtrière une ouverture étroite pratiquée dans un mur, afin de se défendre contre les attaques de l'ennemi, sans se découvrir et sans être <-\posé à ses coups.
On a aussi pratiqué dans certaines parties des anciens édifices, d'étroites fenêtres en forme de meurtrière. On en voit de ce genre dans plusieurs églises romano-byzantines.
Dans les Instructions du Comité historique des arts et monuments, on distingue quatre sortes de meurtrières : 1° des trous carrés, toujours assez étroits (Voy. fig. n° 1), quelquefois un peu plus longs que larges (n°2). Ces meurtrières devraient être désignées plutôt sous le nom d'embrasures. Peut-être, en beaucoup de cas, étaient-elles seulement
destinées à donner de l'air et du jour. 2° De longues fentes verticales, hautes de trois à six pieds» très-étroites à l'extérieur, s'élargissent à l'intérieur, terminées à leur sommet par une portion d'arc, que vient quelquefois interrompre, à l'intérieur, la partie supérieure de la paroi où la meurtrière est pratiquée (n° 3). Ce genre de meurtrière a été nommé orchère, parce qu'on suppose qu'il servait au tir de l'arc. 3° Des fentes semblables aux précédentes , mais moins longues, traversées par une fente horizontale : môme disposition à l'intérieur (n° k). Ces meurtrières ont été nommées arbalétrières, parce qu'on a cru qu'elles étaient spécialement disposées pour le tir de l'arbalète, h" Des fentes dont le centre ou la partie inférieure est agrandie et présente un trou circulaire; celles-ci servaient, sans doute, pour les armes à feu, après l'invention de la poudre à canon.
Quelle que fût la destination de ces ouvertures, il est important de remarquer les précautions prises par les ingénieurs pour qu'elles ne servissent point de passage aux traits de l'ennemi. On a vu qu'elles sont élevées au-dessus de l'aire des étages qu'elles éclairent ou qu'elles défendent. Leur amortissement en outre est formé par une portion de voûte dont la courbe est calculée de façon à rencontrer toujours un trait lancé d'en bas et de l'extérieur, à la portée ordinaire.
Soit AB le mur où la meurtrière CAB est percée, CA est la portion de voûte qui forme son amortissement; D est le point d'où l'ennemi peut lancer ses traits. On voit que la voûte CA empêchera qu'ils n'arrivent de but en blanc à l'intérieur, et sa courbe même contribuera à les faire retomber dans l'embrasure, au lieu de leur permettre de ricocher dans l'intérieur. (Instructions du Corn., cah. 3e).
MINIATURES. — Les miniatures sont les peintures qui ornent le texte des manuscrits. On croit que ces peintures ont été ainsi appelées parce que, dans l'origine, elles ont remplacé les lettres ornées marquées simplement par des traits rouges au minium.
Les anciens donnèrent à leurs livres le luxe de la miniature. On sait que Varron avait écrit la vie de 700 illustres Romains, et il y avait joint leurs portraits. Malheureusement les manuscrits des anciens, enrichis de miniatures, ne sont point arrivés jusqu'à nous. Mais on conserve dans les bibliothèques des manuscrits à vignettes qui, moins anciens, nous donnent cependant de bons renseignements sur les époques historiques les plus éloignées. Il est probable, en ettèt, que les figures de ces livres ont été copiées sur des figures qui illustraient des ouvrages perdus.
Les manuscrits à miniatures du moyen âge nous donnent des renseignements précieux sur le mobilier des églises. On conçoit que les meubles ecclésiastiques aient génélement disparu, tant à cause de la matière dont ils étaient formés, que des variations perpétuelles du goût. C'est donc dans les
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